Je retransmets la lettre qu’un collectif vient d’adresser à la ministre de la santé et au directeur de l’INCA (Institut National du Cancer)

Cette lettre est une lettre d’indignation car l’INCA, autorité d’état, en charge comme son nom l’indique des problématiques liées au cancer, vient de mettre en ligne il y a quelques semaines, un nouveau site d’information sur le dépistage du cancer du sein par mammographie.

La concertation sur le sujet qui a eu lieu en 2015 et la publication du rapport en 2016, a formulé des recommandations. Ce site de l’INCA, bien que nouvellement remanié, reste sur ses errements antérieurs, ignorant totalement les conclusions de la concertation citoyenne.

Le site et sa brochure au lieu d’informer de façon neutre et indépendante les femmes à propos de la mammographie de dépistage, poursuit son marketing en faveur de ce dépistage dans la plus pure tradition du marketing pharmaceutique.

C’est inadmissible de la part d’autorités sanitaires.

 

Le collectif Cancer-Rose, alerte depuis des années sur le sujet.

Mais il reste presque inaudible.

Pourtant c’est la santé des femmes qui est en jeu.

Espérons que cette nouvelle initiative soit mieux prise en compte que les précédentes.

J’invite tous les lecteurs à se faire les porte-paroles de cette lettre pour qu’enfin, les choses bougent. Car en attendant, ce sont des seins que l’on enlève, des chimiothérapies, des radiothérapies que subissent les femmes alors que la majorité d’entre elles n’auraient jamais due être inquiétées et encore moins traitées de façon si « lourde ».

Vous pouvez télécharger la lettre en suivant ce lien.

 

 

Je retranscris les termes de cette lettre :

 

Formindep

Association pour une formation et une information médicales indépendantes de tout autre intérêt que celui des personnes

Dr Dupagne

Médecin généraliste et blogueur français, gère le site médical Atoute.org

Cancer Rose

Collectif militant pour une information loyale sur le dépistage du cancer du sein.

Groupe Princeps

Groupe militant pour la meilleure information en matière de surmédicalisation et surtraitements

UFC Que Choisir

Association au service des consommateurs pour les informer, les conseiller et les défendre. 

Mars 2018

L’institut national du cancer vient de rendre public son nouveau site d’information « Prévention et dépistage du cancer du sein »i.

Les reproches formulés en 2016 lors de la concertation citoyenneii sur le dépistage du cancer du sein à propos de son précédent site sont malheureusement toujours d’actualité. La concertation citoyenne demandait qu’une information claire, précise, complète, loyale et neutre sur le dépistage soit fournie aux femmes, leur permettant de décider ou non d’y participer. Or la communication publicitaire de l’Inca exagère les bénéfices du dépistage, et minimise voire passe sous silence ses inconvénients. En outre, le site ne mentionne aucune source ni référence à l’appui de ses affirmations.

Voici les informations qui devraient être données aux femmes selon l’état actuel des connaissances médicales.

Sur 1000 femmes de 50 ans dépistées pendant 10 ans, 4 décéderont d’un cancer du sein.
Sur 1000 femmes de 50 ans non dépistées pendant 10 ans, 5 décèderont d’un cancer du sein.

Il est maintenant établi que pour 1 à 6 décès par cancer du sein évités, 19 iii femmes seront diagnostiquées avec un cancer qui n’aurait jamais menacé leur vie (surdiagnostic). Ces femmes subiront donc inutilement l’annonce d’un cancer, ses conséquences et ses traitements.

Environ 200 femmes seront faussement alertées, avec un impact physique et psychique important.

En terme de mortalité globale, le bénéfice du dépistage n’est pas démontré . En effet, les décès consécutifs aux traitements et aux cancers radio-induits par les mammographies répétés pourraient contrebalancer le faible effet positif du dépistage.

Le Royaume Uni a précédé la France dans l’exercice de concertation citoyenne et a pris des mesures pour améliorer l’information des femmes notamment sur le surdiagnosticiv.

Le contraste avec la communication obsolète de l’INCa français est frappant.

Comme le rappelle l’OMS v, l’objectif de l’information doit être de permettre aux femmes de prendre une décision personnelle éclairée, et non de remplir des quotas de participation:

« La recherche d’un fort taux de participation à un programme organisé de dépistage ne devrait jamais prendre le pas sur des décisions éclairées, fondées sur les données de la science et les valeurs et préférences de la personne »

Nous déplorons que l’INCa persiste à mésinformer les femmes, au risque de leur santé et au mépris de leurs droits les plus élémentaires. Nous demandons donc la révision du site et du livret d’information de l’INCa, présentant tous deux les mêmes insuffisances.

 

Pour en savoir plus

  • Analyse critique du site de l’Inca : https://www.cancer-rose.fr/2175-2/
  • Bleyer A, Welch HG. Effect of Three Decades of Screening Mammography on Breast-Cancer Incidence. New England Journal of Medicine. 2012 Nov 22;367(21):1998–2005.
  • Dépistage des cancers du sein par mammographie Deuxième partie Comparaisons non randomisées : résultats voisins de ceux des essais randomisés. Rev Prescrire. 2014 Nov;34(373):842–6.
  • http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5224 Effectiveness of and overdiagnosis from mammography screening in the Netherlands: population based study P.Autier,M.Boniol et col.

v WHO position paper on mammography screening, 2014 http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/137339/1/9789241507936_eng.pdf

 

Une année de plus de passée.

Je souhaiterai, alors que la nouvelle année commence,revenir sur cette année 2017.

Que s’est-il passé en cette année écoulée, qui soit notable dans l’évolution de la santé? Jetons un coup d’œil dans le « rétroviseur ».

 

Dès le début de l’année, les décisions et comportement du Conseil de l’Ordre des Médecins m’interpellait . Toute l’année 2017, me verra m’interroger à plusieurs reprises sur cette institution avec en point d’orgue, la menace du président national de l’Ordre des Médecins, vis à vis des médecins qui oseraient s’interroger sur l’obligation vaccinale.

 

Dans la droite ligne de ce qui sous-tend le comportement de l’Ordre des médecins: l’obéissance à l’ordre établi, l’obéissance aux autorités, la remise en cause d’une pensée critique;  la contestation de la différence et jusqu’à l’interdiction même de penser différemment s’exprimait dans les écrits de 2017 de confrères. Je m’en étonnais.

 

Peu de temps après ces réflexions, la « saga » de l’obligation vaccinale commençait. Ce sera un des grands sujets de santé qui agitera la fin de l’année 2017. Preuve s’il en est, ce sera même un sujet d’actualité car le quotidien le Monde en fera sa Une du 31 décembre 2017 comme avec lui Le Figaro. Les sujets santé sont dans mon souvenir, rarement à la Une des quotidiens nationaux. Il est donc clair que cette problématique de l’obligation soulève un questionnement qui va au delà de la seule santé.

 

Une autre « saga » qui semble en ce début d’année 2018 s’être estompée, fut sans nul doute, la « saga » du Lévothyrox. Elle s’étala sur plusieurs semaines, fit couler beaucoup d’encre et montra, une fois de plus l’incompétence de l’ANSM, agence qui succéda à l’ AFSSAPS après l’affaire du Médiator. Mais, il semble que l’incompétence et les liens d’intérêt soient consubstantiels au fonctionnement de nos autorités sanitaires.

 

Les débats sur l’obligation vaccinale feront les beaux jours de la fin d’année. Ils nous montreront à quel point, le dogme et l’autoritarisme médical est plus fort que la réalité scientifique.

Ce qui est malgré tout notable dans cette histoire d’obligation vaccinale, c’est cette volonté de contraindre. La volonté des autorités d’imposer leur vision et cela sur un sujet qui touche l’intimité des familles. C’est la prise de pouvoir de l’état sur le corps des enfants en négation totale de la responsabilité personnelle et parentale mais aussi en contradiction avec les lois de bioéthique qui disent que l’on ne peut pas se passer du consentement quand on « touche » au corps.

 

Les propos pour l’obligation vaccinale n’ont été qu’une succession d’avis d’autorité dont le but est la soumission. A aucun moment, il n’a été fait appel à l’intelligence de tout un chacun. Notre appel en ce sens aux députés avant le vote de cette obligation, est resté lettre morte. A croire que lorsque l’on débat de problème de santé publique, l’intelligence et l’esprit critique pointent aux abonnés absents chez nombres de personnes en particulier dans les hautes sphères décisionnelles.

 

Pourtant de réelles questions se posent, en particulier sur l’innocuité des produits de santé. Mais ce type de questionnement semble complètement ignoré par bon nombre de responsables médicaux avec à leur tête notre actuelle ministre de la santé.

 

Pour terminer l’année 2017, des indicateurs comme quoi la santé est un vaste marché libéral où l’argent est le seul moteur, ont vu le jour. Faire de chaque personne en bonne santé des malades soumis à un traitement, suivre la bonne observance du traitement prescrit, en un mot, la main mise par les autorités médicales sur notre vie, est semble-t-il le chemin qui s’annonce.

 

Cette analyse ne serait pas exhaustive ( mais l’est-elle vraiment?) sans évoquer la publication de l’INCA « Dépistage des cancers du sein, s’informer et décider ». Ce livret est paru en août 2017. « Son objet est de délivrer à chacune toutes les informations utiles pour décider de réaliser un dépistage. Il explique aussi les risques à ne pas se faire dépister et indique par ailleurs quelques conseils de prévention des cancers du sein. Ce livret a vocation à être joint au courrier d’invitation. » Venant d’une autorité de l’état, l’on en attendait une position « neutre » et informative sur le sujet.

Ce livret est tout sauf un document indépendant et qui délivre une information équilibrée sur le sujet. Malgré des publications de plus en plus nombreuses , ce livret est encore une fois un livret de propagande pour la mammographie de dépistage. Le collectif Cancer-Rose l’a analysé, comme il le fait de toutes les publications qui sortent sur le sujet. En se basant sur une grille de lecture de la qualité de l’information Cancer-Rose a noté la qualité de ce document. Il reçoit la note de 6/20.

6/20 pour la qualité d’une publication d’une agence de l’état !!!!

Comment l’état peut-il publier un document d’une qualité si médiocre?

Ici encore, le dogme, la croyance, les liens d’intérêt et les avis d’autorité ont plus de poids que l’analyse critique et indépendante des publications scientifiques.

 

 

 

Je m’interroge donc sur ce que sera l’année 2018.

L’obligation vaccinale ouvre la boite de Pandore de la contrainte. Divers articles indépendants ont montré à quel point cette obligation n’a aucune justification quand on réfléchit en terme de science médicale en interrogeant la balance bénéfice/risque. Seul le dogme dans la croyance d’un bénéfice par définition non démontré est le moteur de nos autorités et de nombres de médecins.

En effet, comme le montre le sujet sur la vaccination, mais aussi le dépistage du cancer du sein; l’analyse critique, les connaissances, les études scientifiques indépendantes, tout est balayé au profit de croyances qui laissent de coté tout ce qui dérange. Les mensonges souvent par approximation et simplification extrême se retrouvent dans la bouche des autorités et tous ceux qui les soutiennent. La communication et le marketing ont largement pris la place de l’information. Nous nous moquons des États Unis et de leur président avec ses « fake news ». Mais nos autorités sanitaires n’ont pas de discours différents quand ils affirment sans sourciller que « l’obligation c’est la confiance » juste après avoir nié qu’il puisse exister des effets secondaires avec par exemple les vaccins. Et que penser de notre ministre de la santé qui dans une interview récente parle de bénéfice énorme (49mn21s) pour des traitements récents et cela en reprenant les mots même de l’industrie pharmaceutique, son discours marketing complètement déconnecté de la réalité. L’industrie pharmaceutique n’a, en effet, pas produit ces 25 dernières années la moindre molécule vraiment innovante et indispensable comme ont pu l’être les antibiotiques ou les neuroleptiques.

 

Cette obligation votée sans réelle opposition ni manifestation du plus grand nombre, va rendre possible l’extension de l’obligation pour un vaccin comme le Gardasil, pour les filles comme pour les garçons. Pas besoin là non plus de preuves scientifiques, la conviction des autorités suffira, associé aux lobbys de toutes sortes.

L’obligation de la vaccination antigrippale pour les professionnels de santé verra aussi sans doute le jour dans un contexte identique : pas de preuve scientifique de son intérêt, dogme et toute puissance.

Et quoi d’autre encore?

L’avenir nous le dira.

La réelle gravité de ce qui s’est passé en 2017 est d’initier la contrainte en matière de santé non sur des faits scientifiques indiscutables mais sur des croyances.

Dans ce cas, le pire peut être à craindre.

 

 

 

Après ces mots pleins d’inquiétudes, je voudrais malgré tout terminer ce premier billet de l’année sur des mots d’espoir.

« soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » Cette maxime de La Boétie est aujourd’hui d’une actualité criante.

Et ces quelques dessins que je trouve personnellement  plus inspirant que de longs discours

 

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les médecins qui s’opposent à l’obligation vaccinale soient menacés par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM). C’est son président, le Dr BOUET qui menace.

C’est à l’occasion d’une interview dans le journal Le Médecin Généraliste que le président du CNOM a proféré ses menaces. Plus »

Je viens de découvrir grâce à ma liste tweeter  un article de blog du BMJ ( British Medical Journal).

Cet article, écrit par une ingénieure informatique,  a pour sujet l’obligation qu’ont les femmes uruguayennes à se soumettre à une mammographie de dépistage tous les 2 ans à partir de 40 ans. C’est le seul pays au monde à avoir rendu obligatoire, le dépistage du cancer du sein par mammographie.

Mais cet article, dont on pourrait croire qu’il ne s’intéresse qu’au dépistage du cancer du sein par mammographie, va en fait beaucoup plus loin.

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C’est hier soir que l’article 34 qui rend obligatoire à compter du premier janvier 2018, 11 vaccins au lieu de 3; a été votée.

Un article du journal Le Monde nous relate ce vote.

63 députés ont voté pour, 3 ont voté contre et 9 se sont abstenus.

Au total, ils étaient 75 députés en séance pour voter l’extension de l’obligation vaccinale.

75 députés sur 577 que comptent l’assemblée nationale.

13% des députés ont participé à un vote d’une loi qui rend obligatoire pour tous les enfants français nés à compter du 1er janvier 2018, 11 vaccins.

Où étaient les 502 autres députés?

Où étaient 87% des députés?

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Sous le titre : « 49 s’engagent pour la protection des enfants », le lobby de santé en grande majorité médical, apporte son soutien plein et entier à la décision d’obligation vaccinale annoncée par la ministre de la santé.

C’est un manifeste :

« Écrit public par lequel un prince, un État, un parti… fait connaître ses vues sur tel ou tel sujet ou explique sa conduite dans une affaire importante. « 

« LE MANIFESTE DES 49 SOCIÉTÉS SAVANTES POUR LES 11 VACCINS OBLIGATOIRES DE L’ENFANT »

L’affaire est donc d’importance.

Il faut contraindre. Plus »

Je voudrais pour faire suite à mes billets précédents revenir sur l’interview du 15 septembre 2017 sur l’antenne de France Inter, du Pr Agnes BUZYN ministre de la santé :

« J’ai reçu l’association des malades, la semaine dernière, vendredi dernier très exactement, je leur ai dit que nous mettions tout en œuvre pour qu’il y ait des alternatives thérapeutiques et donc déjà depuis toujours il existe une alternative en goutte à laquelle les malades ont accès. Ensuite nous avons fait en sorte et j’ai demandé à l’agence du médicament qu’il fasse en sorte que l’ancien Lévothyrox soit accessible, de façon à ce que ceux qui le réclament puissent le prendre et ce sera disponible dans 15 jours. »

 

Madame la ministre a donc entendu les malades. Mieux vaut tard que jamais! Plus »

A la lueur des dernières publications et réactions, je publie la réponse que j’ai faite à un confrère, réponse qui approfondit mes réflexions sur le sujet.

 

Vous trouverez ici l’article de blog de ce  confrère.

J’ai écrit ceci :

« Vous rappelez et synthétisez les éléments scientifiques et je ne peux être que d’accord avec vous.

Cependant le problème qui fait tant de buzz est ailleurs et vos dernières copies d’écran de la Voix du Nord en témoignent : écouter les patients. Plus »

Aujourd’hui c’est le député du Finistère Richard FERRAND qui est épinglé par le Canard Enchaîné pour l’emploi d’un de ses enfants et un contrat avec la société de sa compagne quand il dirigeait les mutuelles de Bretagne.

Comme dans un passé proche pour François FILLON, la réponse est : mais c’est légal.

Mais la question est de savoir si c’est moral et non pas légal. La légalité n’a rien à voir avec la moralité. Plus »

Je viens de lire un article que je considère comme particulièrement important. Vous n’en avez sans doute pas entendu parlé car beaucoup vont le considérer comme « anecdotique ».

C’est en effet, le récit d’une « anecdote » médicale. Mais il faut aller plus loin que la simple « curiosité » que relate cet article. Plus »