Les nouvelles recommandations pour la prévention, la détection, et l’évaluation de la prise en charge de l’hypertension artérielle viennent d’être mises à jour.

Elles ont été publiées par « the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines ».

Ce sont donc les recommandations de sociétés savantes américaines qui font autorité sur le sujet.

Un médecin blogueur en a fait un article :

Moins c’est plus, une nouvelle définition de l’hypertension artérielle

On peut y lire :

«  »La tension artérielle normale est définie par une TA systolique inférieur à 120 mm d’Hg et une TA diastolique inférieure à 80 mm d’Hg. »

On y apprend que

« Ceci va augmenter de façon plus que significative le nombre de patients hypertendus, presque la moitié de la population américaine va être hypertendue (45,6% soit 103 millions de personnes). Est ce que tous les hypertendus vont devoir prendre un traitement médicamenteux? Non, « seulement » 36,2% (82 millions) le devront prendre, les 9,4% restant devront suivre des règles hygiéno-diététiques. Par rapport aux dernières recommandations (JNC7), le nombre d’hypertendus augmente de 10%. La raison de cette augmentation spectaculaire? Deux articles, essentiellement, sont responsables et résument bien la philosophie des recommandations, SPRINT et une méta-analyse du Lancet de 2014. »

 

 

 

J’avoue que les modification des recommandations en matière de santé, m’interpellent.

J’ai ainsi vu le « cholestérol normal » passé en moins de 30 ans d’environ 2g/l de sang à moins de 1g.

Il me semble que chaque modification de recommandations se fait toujours dans le même sens : réduire la normalité et donc son corollaire, augmenter le nombre de malades, donc de patients, donc de citoyens que les médecins doivent prendre en charge.

Si l’on continue dans cette évolution, dans quelques dizaines d’années, il n’y aura plus personne en bonne santé, du moins dans la population adulte.

Il reste les enfants, population logiquement en bonne santé. Mais le sont-ils vraiment?

Si l’on se réfère comme critère de bonne santé au recours à un médecin, il semble qu’il n’y ait, dans notre beau pays, pas un seul enfant en bonne santé car je doute que l’on trouve un seul enfant n’ayant jamais consulté un médecin. Vous pourriez me rétorquer que j’exagère sur ce sujet et vous auriez raison.

En fait ce que je veux souligner c’est la médicalisation excessive.

Il y a quelques dizaines d’années tout au plus, les médecins ne s’occupaient que des personnes malades qui avaient vraiment besoin de recourir à leurs services.

Aujourd’hui, du moins dans ma spécialité de médecine générale, il n’est un secret pour personne que nombre de consultations sont inutiles car la pathologie guérira toute seule dans la plupart des cas. Mais le système est ainsi fait que l’on incite la population à consulter pour le moindre rhume et cela d’autant que pour manquer l’école ou le travail, il faut une « attestation » d’un médecin.

 

 

 

Mon propos n’est pas ici de discuter la validité ou non des nouvelles recommandations sur l’ HTA et donc sur l’intérêt de les prendre en compte ou non.

Mon questionnement est de savoir pourquoi presque la moitié de la population américaine se retrouve atteinte d’une maladie chronique comme  l’ HTA?

Comment se fait-il que la moitié d’une population soit considérée aujourd’hui comme malade?

Je pourrais répondre qu’il y a surmédicalisation et que cela profite à l’industrie pharmaceutique qui va vendre plus de médicaments pour faire baisser la tension et cela grâce à la prescription des médecins qui suivent les recommandations.

Il est clair que l’influence de l’industrie pharmaceutique dans le domaine des études cliniques, sur la manipulation des médecins et des recommandations n’est plus à prouver.

Mais ce chiffre, ce pourcentage de population malade peut-il se résumer à une manipulation de chiffres?

Sûrement pas.

C’est donc que vivre dans notre société, vivre de la façon dont nous vivons aujourd’hui, cela a une influence néfaste sur notre santé.

 

 

 

 

En faisant abstraction d’éventuelles manipulations qui ne peuvent pas être complètement évacuées, il n’en reste pas moins que beaucoup de personnes sont hypertendues.

Même si les chiffres du nombre de personnes hypertendues sont possiblement « gonflés », il semble bien que cette pathologie soit en augmentation et que nos ancêtres n’avaient pas ce type de problème.

Il est par ailleurs difficilement contestable que l’hypertension, non traitée, entraîne des problèmes de santé à plus ou moins long terme.

Donc, pourquoi tant d’hypertendus?

La réponse semble évidente : notre mode de vie.

 

 

 

 

Au même titre que le diabète, notre mode et hygiène de vie est grandement responsable de ce type de pathologies chroniques.

 

 

 

 

Dans son billet, mon confrère en est parfaitement conscient car il insiste dès le début de son article sur les mesures non médicamenteuses, qui toutes ont fait la preuve de leur efficacité.

Et c’est bien là que « le bas blesse ».

Nul besoin dans la très grande majorité des cas, de traitement pour prendre en charge une HTA. Il faut juste s’intéresser à la cause et la « traiter ». En effet chacun sait que seul le traitement de la cause est réellement efficace. Nous n’en doutons pas quand nous avons de la fièvre pour une infection bactérienne. Il faut des antibiotiques pour tuer les bactéries et se contenter de médicaments pour faire baisser la fièvre ne suffira souvent pas.

Alors pourquoi, quand il s’agit d’HTA, la majorité des patients n’acceptent pas de traiter la cause mais se contente de traiter la conséquence?

Parce que la cause ne se traite pas avec 1 comprimé 3 fois par jour comme pour une infection mais par la modification de sa façon de vivre, de son hygiène de vie.

 

 

 

 

Et c’est bien le problème auquel sont confrontés les médecins : les patients préfèrent majoritairement consommer des médicaments que de changer leurs habitudes de vie. Et cela d’autant plus que le message véhiculé dans notre société peut-être résumé à « Faites vous plaisir et si un problème de santé survient, il y a aura un médicament pour le résoudre ».

 

 

 

 

 

Changer ses habitudes de vie est difficile. Tout le monde le sait.

Mais pour faire face à cette difficulté, sommes nous aidés?

Ceux qui nous dirigent font-ils ce qu’il faut pour aider chacun à modifier son hygiène de vie?

La réponse est clairement non.

Pourtant tous les hauts dirigeants n’ont qu’un seul mot à la bouche quand il s’agit de santé : PRÉVENTION.

Mais les bonnes intentions sont-elles suivies d’actes en rapport?

Je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire que rien n’est fait pour améliorer la prévention (je ne parle pas de dépistage qui n’a jamais été de la prévention comme beaucoup veulent le faire croire). Beaucoup de paroles, beaucoup de communication mais pas d’actes concrets. Prenez les « Approches non pharmacologiques pour réduire la pression artérielle » citées dans cet article et donnez moi les mesures gouvernementales misent en œuvre véritablement dans ce cas ?

 

 

 

 

Nous avons une nouvelle ministre de la santé, qui plus est médecin, quelles décisions a-t-elle annoncé pour prévenir et traiter sans médicament, cette pathologie dont la prise en charge génère beaucoup de dépenses?

Pourtant le dernier axe de communication de madame la ministre est « la pertinence des soins ».  Le but : faire des économies.

Aujourd’hui où les recommandations en matière de prise en charge de l’ HTA sont d’actualité, ne serait-il pas pertinent de porter l’action du ministère sur l’aide à la prise en charge non médicamenteuse de l’ HTA?

Cela à n’en pas douter générait de substantielles économies.

 

 

 

Or il semble bien qu’en terme de pertinence il y a beaucoup à dire sur les choix de madame la ministre.

 

Je viens de découvrir grâce à ma liste tweeter  un article de blog du BMJ ( British Medical Journal).

Cet article, écrit par une ingénieure informatique,  a pour sujet l’obligation qu’ont les femmes uruguayennes à se soumettre à une mammographie de dépistage tous les 2 ans à partir de 40 ans. C’est le seul pays au monde à avoir rendu obligatoire, le dépistage du cancer du sein par mammographie.

Mais cet article, dont on pourrait croire qu’il ne s’intéresse qu’au dépistage du cancer du sein par mammographie, va en fait beaucoup plus loin.

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C’est hier soir que l’article 34 qui rend obligatoire à compter du premier janvier 2018, 11 vaccins au lieu de 3; a été votée.

Un article du journal Le Monde nous relate ce vote.

63 députés ont voté pour, 3 ont voté contre et 9 se sont abstenus.

Au total, ils étaient 75 députés en séance pour voter l’extension de l’obligation vaccinale.

75 députés sur 577 que comptent l’assemblée nationale.

13% des députés ont participé à un vote d’une loi qui rend obligatoire pour tous les enfants français nés à compter du 1er janvier 2018, 11 vaccins.

Où étaient les 502 autres députés?

Où étaient 87% des députés?

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Une commentatrice a cité, sur le blog d’un confrère,  une étude scientifique qui m’a interpellé.

Je la remercie pour sa veille scientifique.

 

Je suis allé lire cet article.

Il est publié dans une revue d’immunologie, revue très spécialisée. Cet article pose le problème de réactions croisées entre les gènes des virus utilisés dans certaines vaccinations et les gènes humains.

Le titre de cet article est le suivant :

From HBV to HPV: Designing vaccines for extensive and intensive vaccination campaigns worldwide.

Ce qui signifie : « Du HBV (virus de l’hépatite B) au HPV ( Papilloma virus humain) : conception de vaccins pour des campagnes de vaccination  intensives et à grande échelle dans le monde entier. » Plus »

Nous avons décidé de nous regrouper entre médecins généralistes blogueurs pour adresser cette lettre en commun.

Vous pouvez vous aussi relayer cette lettre au député de votre circonscription. Vous pouvez la télécharger au format PDF en cliquant sur le lien suivant que vous trouverez ici.

Médecins généralistes  concernés par le projet d’obligation vaccinale pour les nourrissons.

16 octobre 2017

A Mesdames et Messieurs les députés

Copie à : Monsieur le premier Ministre

Copie à la Ministre des solidarités et de la santé

Copie aux présidents de groupes parlementaires

Copie au Président de la République française M. Macron

Lettre ouverte aux députés contre le projet d’extension de l’obligation de vaccination des nourrissons

Mesdames et Messieurs les député(e)s :

Nous, médecins généralistes, vous demandons de ne pas voter l’article 34 du PLFSS 2018 élargissant les obligations vaccinales à huit vaccins supplémentaires chez les nourrissons de moins de 2 ans à compter du premier janvier 2018 pour une durée indéfinie. Nous estimons que cette obligation groupée est injustifiée, contraire aux données de la science, aux droits des patients et aux principes du Droit en démocratie. Plus »

Lors de son interview du 26 septembre au micro de Jean-Jacques BOURDIN, madame la ministre de la santé a parlé, en fin d’émission de l’obligation vaccinale à venir.

Le CNOM, dans un communiqué du 28 septembre, « …se félicite de l’extension prochaine de l’obligation vaccinale à 11 vaccins… »

 

La ministre de la santé

 

Je suis atterré par les propos tenus par la ministre de la santé au sujet de la rougeole et de sa vaccination. Elle est ministre de la santé, qui plus est médecin et elle affirme des éléments qui montrent une méconnaissance totale du sujet. Vous me direz que ce qu’elle dit est aussi exprimé par un certain nombre de confrères ce qui fait que des mensonges répétés deviennent des vérités.

Que dit-elle?

« C’est un enjeu planétaire, les épidémies, ce n’est pas un enjeu français…. dans notre pays reviennent des épidémies qui ont disparu ailleurs dans le monde. Vous vous rendez compte, en Amérique latine ils ont éradiqué la rougeole et nous nous avons eu 10 enfants qui sont morts de la rougeole ces 10 dernières années. En Amérique latine, grâce à la vaccination, il n’y a plus de rougeole. En France grâce à la vaccination, il n’y a plus de variole et dans le monde, grâce à la vaccination il n’y a plus de variole. Il faut éradiquer les maladies. » Plus »

Je voudrais pour faire suite à mes billets précédents revenir sur l’interview du 15 septembre 2017 sur l’antenne de France Inter, du Pr Agnes BUZYN ministre de la santé :

« J’ai reçu l’association des malades, la semaine dernière, vendredi dernier très exactement, je leur ai dit que nous mettions tout en œuvre pour qu’il y ait des alternatives thérapeutiques et donc déjà depuis toujours il existe une alternative en goutte à laquelle les malades ont accès. Ensuite nous avons fait en sorte et j’ai demandé à l’agence du médicament qu’il fasse en sorte que l’ancien Lévothyrox soit accessible, de façon à ce que ceux qui le réclament puissent le prendre et ce sera disponible dans 15 jours. »

 

Madame la ministre a donc entendu les malades. Mieux vaut tard que jamais! Plus »

Je reviens sur les dernières informations sur le sujet.

Tout d’abord j’ai parcouru le site d’un pharmacien travaillant dans l’industrie pharmaceutique. Il m’a appris pas mal de choses intéressantes.

J’aborderai dans un autre billet, ce que madame la ministre de la santé nous a dit le 15 septembre. .

 

Dans un billet, ce pharmacien nous apprend que le billet de Dominique DUPAGNE est faux, du moins, il se trompe.

 » Donc non, on ne peut pas dire comme il le fait que la bioéquivalence n’est pas démontré.  Au contraire. Et cet argument tombant, tout le reste des affirmations du billet tombe avec lui. »

J’aurai aimé qu’il explicite plus en détail pourquoi, Dominique DUPAGNE a tord. Plus »

Je voudrai compléter les deux précédents billets que j’ai publié sur « l’affaire Lévothyrox ».

 

 

Tout d’abord, revenir sur l’article de mon confrère le Dr Dominique DUPAGNE

En suivant le fil des commentaires sous son article, il apparaît que pour la mise sur le marché d’un nouveau médicament en général et pour ce nouveau Lévothyrox en particulier; il n’y a pas de recherches concernant la véritable biodisponibilité du médicament, la biodisponibilité individuelle.

Ce problème de biodisponibilité est connu depuis longtemps. Plus »

A la lueur des dernières publications et réactions, je publie la réponse que j’ai faite à un confrère, réponse qui approfondit mes réflexions sur le sujet.

 

Vous trouverez ici l’article de blog de ce  confrère.

J’ai écrit ceci :

« Vous rappelez et synthétisez les éléments scientifiques et je ne peux être que d’accord avec vous.

Cependant le problème qui fait tant de buzz est ailleurs et vos dernières copies d’écran de la Voix du Nord en témoignent : écouter les patients. Plus »