Après avoir attaqué les médecins qui pratiquent la médecine alternative dont l’homéopathie, le groupe des Fakemedecine s’attaque maintenant aux facultés de médecine qui enseignent l’homéopathie.

« Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.

ABSENCE DE PROGRÈS
La conférence des doyens d’universités, malgré les sollicitations du conseil national de l’ordre des médecins et la réaffirmation de par l’académie nationale de médecine de l’absence de bases scientifiques de l’homéopathie, est restée muette. A l’heure actuelle plusieurs universités proposent encore des formation de type DU ou DIU d’homéopathie pratiques alternatives… »

Ce groupe de médecins, très virulents sur Twitter, a reçu un soutient de poids en la personne de Martin WINCKLER.

 

 

 

Les questions de Martin WINCKLER sont particulièrement légitimes et il existe en effet, un problème à ce qu’une « entreprise du médicament » enseigne la prescription de sa « production ».

Mais en se focalisant sur le laboratoire BOIRON, n’y-a-il pas un aveuglement « coupable »?

En effet, les facultés qui enseignent la médecine aux étudiants, ne sont-elles pas elles aussi des « Écoles  qui « forment » les médecins à la prescription des médicaments … de l’industriel… »?

Certes, les laboratoires pharmaceutiques ne financent pas directement ces « Ecoles ».

Mais quand les professeurs qui enseignent aux étudiants la pathologie mais surtout la thérapeutique, citent le plus souvent les noms commerciaux des médicaments utilisés, n’est-ce pas là aussi une formation à la prescription des médicaments de l’industriel?

Quand ces même enseignants ne déclarent jamais leurs liens d’intérêt avec les laboratoires qui produisent les médicaments dont ils enseignent la prescription, n’est-ce pas une attitude qui s’apparente à ce qui est dénoncé dans l’article de mon confrère?

Pourquoi alors faire ainsi un « focus » sur l’enseignement de l’homéopathie en semblant ignorer que l’enseignement de la médecine dans son ensemble est soumis à des liens d’intérêt très fort avec les industriels du médicaments?

Comment ignorer que sur le sujet, les facultés ont été notés « très mauvaises » avec pour la meilleure 5/26 points?

Et ce classement n’a strictement rien à voir avec l’enseignement de l’homéopathie et l’influence du laboratoire BOIRON.

 

 

 

Poser la question « Comment les médecins qui suivent ces enseignements ne voient-ils pas qu’ils font l’objet d’une manipulation (coûteuse pour eux, qui plus est) ? » si elle s’adresse à ceux qui suivent une formation en homéopathie; n’est-ce pas à l’ensemble des formations en médecine que cette question de la manipulation peut se poser?

Sur le sujet, si l’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale a lancé la campagne #NoFreeLunch est-ce pour lutter contre la manipulation des étudiants par les laboratoires BOIRON ou contre la manipulation des géants de l’industrie pharmaceutique?

Certes qu’une formation comme celle l’homéopathie soit financée par BOIRON interroge, mais c’est l’ensemble de la formation médicale qui est « corrompue » par les industriels.

 

 

 

 

Par ailleurs, je voudrais moi aussi poser une question. Pourquoi les facultés de médecine, du moins pour un certain nombre d’entre elles fournissent un enseignement de l’homéopathie mais aussi parfois, pour d’autres médecines « alternatives »?

Au lieu de dénoncer, de menacer, de « vilipender » et au final vouloir en imposer de sa seule volonté, n’est-il pas plus « intelligent » de s’interroger sur le sujet ?

Il est en effet, particulièrement surprenant que des facultés de médecine se mettent à accueillir en leur sein des « chantres du charlatanisme ».

Pourrait-on savoir pourquoi ces enseignements existent?

Au lieu d’émettre des injonctions en direction de ces universités, ces signataires se sont-ils entretenus avec ceux qui les ont mis en place? La direction de chaque université est aux mains de médecins expérimentés et de « haut niveau ». C’est leur faire injure que de penser qu’ils ignorent le peu de preuves d’efficacité que la thérapeutique homéopathique possède. Malgré cela un enseignement de cette thérapeutique a été mis en place au sein de ces universités, il y a maintenant de nombreuses années, pourquoi?

Je voudrais avancer une hypothèse.

N’est-ce pas tout simplement pour ne pas laisser à des non-médecins l’enseignement de ces thérapeutiques et donc pour apporter à ces thérapeutiques une vision médicale?

N’est-ce pas une ouverture d’esprit que d’accueillir au sein même de la faculté de médecine, une réflexion et un enseignement sur une médecine non conventionnelle?

N’est-il pas plus judicieux d’apporter un regard médical sur ces pratiques certes non validées, mais qui malgré tout semblent bien soulager bon nombres de patients; que de vouloir exclure, combattre et au final se retrancher sur un « paternalisme » d’un autre âge? N’est-ce pas une sorte « d’inquisition médicale »?

 

 

 

 

A-t-on une preuve que dans l’histoire, la prohibition a jamais apporté un bénéfice?

La prohibition dans la consommation et la vente d’alcool n’a jamais permis de faire régresser et encore moins disparaître la consommation d’alcool et tous les dégâts médicaux et sociaux qu’elle entraîne.

Est-ce que la « prohibition » de l’homéopathie et des médecines alternatives est alors la bonne solution pour une médecine respectueuse de l’éthique et de la « science »?

Nombre de médecins semblent le penser.

Pour ma part, je pense que c’est une grave erreur.

Je pense qu’au contraire, il est bénéfique pour le patient que des médecins s’intéressent aux thérapeutiques alternatives.

 

 

 

 

Je pense également que ce mouvement qui dénonce les médecines alternatives tient beaucoup dans le corporatisme médical qui supporte de moins en moins bien la disparition d’une forme de paternalisme qui était le sien, dans un passé encore proche.

Le monde et la société ont changé.

Avec internet, tout un chacun peut lire des articles qui, par le passé, n’étaient accessibles qu’aux médecins.

Les médecins doivent ainsi faire face à une sorte de « contestation de leur hégémonie » et c’est absolument inacceptable pour nombre d’entre eux.

Voir que de jeunes médecins, juste sortis de la faculté, sans expérience du soin que ce qu’ils ont appris à l’hôpital et sur les bancs de la faculté, soient, pour un certain nombre d’entre eux si virulents contre l’homéopathie, ne manque pas de m’interroger. J’y vois une volonté de montrer leur appartenance à la « caste médicale » et un gage à leurs professeurs et à l’enseignement qui leur a été donné.

 

 

 

 

 

Que le laboratoire BOIRON sponsorise un enseignement de l’homéopathie à l’université crée des liens d’intérêt pattant.

Mais s’indigner de cette « manipulation » en faisant semblant d’ignorer l’influence majeure des industries pharmaceutiques dans la formation médicale, ne manque pas de m’étonner.

Le Formindep est plutôt seul à se battre contre l’influence des industriels sur la santé.

Les signataires de la tribune et tous leurs soutiens depuis sa parution, en se focalisant sur l’homéopathie et les médecines alternatives, portent un combat de « niches » .

Par ailleurs ils ne s’intéressent, ni ne s’interrogent que très peu à qui au final bénéficiera leur action?

Les patients? C’est peu probable.

 

 

 

 

 

Condamnés par l’Inquisition, de Eugenio Lucas Velázquez (1862), Musée du Prado.

 

Il y a quelques billets de cela, j’évoquais la « guerre » que se livrent les médecins pour la suprématie de leur façon de penser et d’exercer.

Plus récemment, je parlais d’un article d’un confrère qui mettait en avant la complexité de la médecine et combien l’arrogance dans son exercice était problématique.

 

 

 

Le conflit entre les médecins qui dénoncent la prescription homéopathique et les médecins homéopathes vient de connaître un nouveau rebondissement.

Vous pouvez lire des points de vue différents, ici, ou encore .

 

 

Que des médecins en viennent à se « battre » ainsi, par médias et Conseil de l’Ordre interposés, me désolent. En effet, cette « division » est un mauvais coup porté à l’exercice de la médecine.

Que des médecins en viennent à s’entre-déchirer n’est bénéfique pour personne.

Et les patients dans tout cela?

Quelle image de l’exercice de la médecine cela donne-t-elle?

Et cela à l’heure où le suicide de médecins ou de personnels soignants, la grève de certains personnels hospitaliers pour pouvoir tout simplement faire leur métier, et le « malaise » des urgences; font la UNE des médias.

Le problème de la prescription de l’homéopathie, de son remboursement, mais aussi de certaines autres pratiques non validées; est-ce vraiment le problème N°1 de la santé en France? Une telle agressivité, de part et d’autre est-elle justifiée?

 

 

 

Cela étant dit, je me pose plusieurs questions sur cette initiative soutenue par nombre de confrères. Questions que je ne vois jamais posées

 

 

 

1) Cette tribune, quelle image de la médecine et des médecins donne-t-elle dans l’opinion publique?

Le fait d’être médecin, autorise-t-il à prononcer de telles injonctions?

Le médecin n’est-il pas celui qui « propose » et non celui qui « ordonne »?

Le médecin ne doit-il pas respecter la vision du monde de l’autre? Doit-il être celui qui impose sa propre vision de la médecine? Et cela au mépris du fait que personne ne détient la vérité.

 

 

 

 

2) L’ambiguïté du Conseil de l’Ordre des médecins se fait jour avec la plainte ordinale des homéopathes.

Les signataires de la tribune en ont appelé au Conseil de l’Ordre des médecins pour qu’il « sanctionne » les médecins homéopathes au nom de la déontologie du soin.

Et maintenant c’est au nom de la déontologie entre les médecins que les homéopathes demandent que les signataires soient sanctionnés.

N’est-il pas temps, plutôt que de s’indigner de telles ou telles plaintes, de s’interroger sur l’ambiguïté du Conseil de l’Ordre des médecins et donc sur son l’existence ?

Combien de pays dans le monde possèdent ce type de « juridiction »? Il semble qu’il n’y en ait pas beaucoup. Pourquoi si cette institution est si « remarquable » tous les pays ne s’en sont-ils pas dotés?

Il semble que l’Ordre des Médecins ne garantissent en rien un exercice de la médecine « éthique ». Alors ne pourrait-on pas s’en passer utilement? Ce type de question me parait plus importante que de savoir qui des homéopathes ou de leurs détracteurs sont à « sanctionner ».

 

 

 

3) Y-a-il l’instauration progressive d’une « police médicale » qui impose telle façon de soigner et « interdit » telle autre?

En expliquant que l’homéopathie n’a aucune preuve d’efficacité et par ce fait doit être écartée comme manière de soigner, les signataires ne laissent-ils pas penser qu’eux ne prescrivent que des thérapeutiques évaluées.

Or il n’en est rien . Et de nombreuses publications en témoignent.

Y-a-t-il malgré tout la création de nouveaux inquisiteurs qui font la promotion de l’autodafé :

 

 

 

 

 

4) Pourquoi des médecins spécialistes de cardiologie, de neurologie, des urgentistes, ont-ils pris part à cette « croisade »?

Ils ne sont en rien confrontés dans leur pratique professionnelle à la prescription homéopathique. Ce sont essentiellement les généralistes qui le sont.

Alors, même si de nombreux généralistes portent ce combat, pourquoi n’est-il pas exclusif de cette spécialité? En d’autres terme pourquoi des spécialistes « non concernés » sont-ils aujourd’hui parmi les plus virulents?

La réponse qui est fournie à chaque fois est la même : »c’est un problème éthique. Il n’est pas éthique de soigner avec une thérapeutique qui n’a pas fait la preuve de son efficacité ».

Si l’on se positionne sur le volet éthique, il est important d’aborder tous les problèmes qui relèvent de l’éthique médicale. Les liens d’intérêt, la corruption sont des problèmes éthiques graves.

Tous ces signataires, sont-ils « à jour » de ces problèmes éthiques? Je n’ai par exemple vu nulle part la déclaration de liens d’intérêt de tous ces médecins qui s’expriment sur le sujet. Or la loi leur en fait obligation. Obéir à la loi n’est-elle pas la première règle éthique?

 

 

 

 

5) Pourquoi ces signataires vouent-ils une telle « haine » à l’effet placebo?

En effet, ce qui apparaît en filigrane dans cette attaque contre l’homéopathie et les médecines alternatives, c’est le refus de l’effet placebo.

L’effet placebo existe dès que l’on soigne.

L’ignorance quand à son fonctionnement est encore aujourd’hui complète.

Cet effet placebo est une « gène » permanente pour qui veut « prouver » qu’une molécule est efficace. C’est la raison pour laquelle l’industrie pharmaceutique ne « supporte » pas l’existence de cet effet qui la contraint donc aux pires « contorsions » pour prouver l’efficacité du moindre médicament.

Cet effet placebo est un « caillou dans la chaussure » de la toute puissance médicale.

Pourtant 30% d’effet, sans aucun principe actif, c’est quand même assez extraordinaire.

Alors pourquoi une telle campagne contre ceux qui utilisent le plus cet effet placebo?

 

 

 

 

Voilà des questions sur lesquelles j’aimerais que l’on puisse débattre et que cette « histoire » met en lumière.

Mais aujourd’hui, le débat n’est pas possible.

Il y a deux camps et si l’on n’est pas dans l’un, on se trouve dans l’autre.

Deux camps qui s’invectivent.

Pourtant la médecine est faite de nuances.

Il semble qu’aujourd’hui toute nuance est interdite. Chacun est « sommé » de choisir son camp.

Et cela est vrai dans tous les champs d’action de la médecine : prévention, vaccination, dépistage, thérapeutiques diverses.

Est-ce cela que l’on nomme le progrès?

 

Nous vivons une triste époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Twitter dont je possède un compte depuis maintenant plusieurs années est un réseau social capable du meilleur comme du pire.

Je voudrais aujourd’hui parler du meilleur.

Il me permet de suivre nombres de mes confrères qui mettent en ligne pour une majorité d’entre eux ( une minorité peut-être) des articles, de textes (avec les liens) qu’ils ont aimés et qu’ils veulent partager.

C’est aussi dans ce but que j’ai ouvert un compte sur Twitter.

L’un de mes confrères ( il se reconnaîtra sans doute, et je l’en remercie pour ce « signalement ») a partagé un article d’un confrère généraliste dont le titre est : « L’evidence based medicine (ebm) et la légitimité du pouvoir de guérir« .

Je voudrais vous parler de cet article aujourd’hui en espérant que nombre d’entre vous le liront. Cet article est d’une rare intelligence et apporte une réponse à notre actualité médicale. Il apporte une réflexion sur la pratique de la médecine aujourd’hui en opposition avec ceux qui veulent limiter la réflexion sur le sujet.

Sans faire un résumé, je voudrais juste citer quelques phrases de cet article certes de 2011 mais d’une actualité « criante ».

 

 

« Ainsi, depuis ce temps, la médecine occidentale scientifique considère que la guérison ne prouve rien. »

Cette phrase très forte, devrait être rappelée et méditée par nombre de mes confrères mais aussi par beaucoup de commentateurs, journalistes etc.

Dans bien des cas, c’est le fait de prendre une causalité pour une cause qui génère beaucoup d’erreurs d’appréciation. Nombre de personnes confondent les deux et affirment une cause là où il n’existe au mieux qu’une causalité. Nos journaux sont pleins de ces articles qui confondent causes et causalités et font dire à certains qu’il s’agit de « stats à la con ».

« Un médecin qui essaye un traitement et qui guérit ses malades est porté à croire que la guérison est due à son traitement. Souvent des médecins se vantent d’avoir guéri tous leurs malades par un remède qu’ils ont employé. Mais la première chose qu’il faudrait leur demander, ce serait s’ils ont essayé de ne rien faire, c’est-à-dire de ne pas traiter d’autres malades ; car, autrement, comment savoir si c’est le remède ou la nature qui a guéri ? » (1)

 

 

« Diminuer la glycémie ou la cholestérolémie n’est pas un objectif de médecin mais de biochimiste. »

Combien de médecins ont en tête cette affirmation?

Combien de médecins fondent leur pratique sur le respect des normes biologiques édictées par des « sociétés savantes », oubliant que c’est un humain qu’ils soignent et non des critères biologiques?

 

 

« 1. La médecine et sa thérapeutique peuvent tout d’abord faire plus de mal que de bien. C’est ce qu’on appelle la iatrogenèse.

2. Ce n’est pas la médecine qui est principalement responsable du déclin des maladies, même des maladies infectieuses. »

Ces affirmations d’une criante vérité, sont contestés tous les jours dans la très grande majorité des publications ou par des affirmations péremptoires des autorités sanitaires et à la suite de celles-ci par nombre de médecins.

Or ces réalités vont même jusqu’à être niées par les tenants de la toute puissance médicale et pharmaceutique dont on sait les intérêts financiers.

Mais aujourd’hui, des mensonges mainte fois répétés deviennent des vérités et cela contre la réalité des faits. Ainsi par exemple l’éradication de la variole à moins à voir avec la vaccination qu’avec les progrès de l’hygiène, or c’est le contraire qui est affirmée comme par exemple par notre ministre de la santé lors de la décision de rendre obligatoire dès janvier 2018, 11 vaccins. Le rapport de 1980 de l’OMS sur le sujet est pourtant clair, il y est écrit : « « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. […] ». Mais qui s’en soucie?

 

 

« Ainsi, avec l’ECR (l’Essai Clinique Randomisé) contre placebo en double-insu, une thérapeutique se définit par sa supériorité à un placebo et non pas par rapport à l’absence de traitement.
Cette définition de la thérapeutique expose à deux risques majeurs :

• Le premier est de discréditer toute thérapeutique qui ne peut pas être évaluée en double-insu, comme des thérapeutiques complexes, les psychothérapies, les régimes, l’activité physique ou certaines médecines dites alternatives…

• Le deuxième risque est celui de discréditer l’effet placebo. En effet, avec l’ECR (l’Essai Clinique Randomisé) en double-insu contre placebo, l’EBM n’accepte au final que les traitements dont l’efficacité spécifique est prouvée et dénigre alors les facteurs que l’on nomme par opposition « non spécifiques », comme la relation médecin-malade ou les composantes symboliques d’un remède. Or, ces facteurs « non spécifiques » peuvent tout à fait guérir. »

 

 

« Pourquoi se priver au nom de la science d’un traitement pour la seule raison
qu’il optimise ce qu’on appelle l’effet placebo ? »

C’est ce que tous ces médecins, les 124 signataires de la tribune contre les Fakemeds mais aussi tous leurs soutiens, ne comprennent pas. Ils seraient utiles que tous lisent cet article. Mais pas sûr que cela change grand chose, tant les croyances que ce soient en médecine ou ailleurs sont fortes.

 

 

« Dans une médecine étroitement scientifique, une EBM que je qualifierais de « restrictive », il ne faut prescrire que des thérapeutiques dont l’efficacité est prouvée par l’essai clinique randomisé en double-insu contre placebo. Dans une médecine soignante, le but est de soulager du mieux possible et donc d’optimiser au mieux cet effet placebo ! »

L’auteur exprime dans des mots simples ce qui me gène dans ce « combat » de confrères : refuser d’admettre que des patients soient soulagés par l’homéopathie, et alors même que cette thérapeutique n’a pas de preuves « scientifiques » de son efficacité. Qui plus est, quand on sait que dans nombres de cas, la médecine « par les preuves » n’a pas de réponses médicamenteuses à apporter à ces patients et quand elle en a, la balance bénéfice/risques est souvent défavorable.

 

 

 

« En effet, l’optimisation de « l’effet placebo » ne peut être légitime que si la thérapeutique n’est pas dangereuse pour les malades. Il s’agit de connaître son rapport bénéfice/risque. Théoriquement, si son risque tend vers zéro, le rapport bénéfice/risque tend vers l’infini, ce qui permet de l’utiliser en pratique, même si son efficacité « spécifique » est minime, voire nulle, car ce qui importe au final pour les patients, c’est bien l’efficacité « globale ».

Cette phrase est capitale et ignorée par la majorité des confrères : le risque de la prise d’homéopathie tend vers zéro.

Et vouloir le nier en argumentant avec un possible retard au diagnostic et donc d’un possible retard à la prise d’un médicament « efficace » donc capital, est spécieux.

D’ailleurs à ce propos j’aimerai bien que ces médecins me fournissent une preuve scientifique de l’existence de ce retard qu’ils mettent en avant partout!

 

 

L’auteur conclut par cette phrase :

« Face à la maladie et la souffrance, en médecine soignante, toutes les thérapeutiques définies ainsi sont légitimes.
La médecine ne peut se fonder uniquement sur les preuves du niveau exigé par l’EBM, car elle s’amputerait alors elle-même de thérapeutiques potentiellement utiles. Ce n’est pas la recherche de la preuve qui légitime la thérapeutique, mais bien l’Homme malade qui l’appelle à son secours…
 »

 

 

Merci à Rémy Boussageon, Médecin généraliste, Docteur en médecine et en philosophie pour ce texte. Il est pour moi, un rayon de soleil dans la noirceur du ciel de l’exercice actuel de la médecine.

Ce texte devrait être étudié chaque année de la formation des médecins en France pour qu’il imprègne l’esprit des futurs médecins.

Il devrait aussi être le « livre de chevet » de tout médecin en exercice.

 

 

 

 

 

1- Cl. BERNARD, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865), Paris,
Flammarion, 1984, p. 272-273.

Si vous ne le savez pas, sachez que le Pr JOYEUX s’est vu annulé sa radiation de l’ordre des médecins .

 

 

Cette décision de la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des Médecins est surprenante. Ce fait n’est en effet pas banal.

Il faut rappeler que le Conseil de l’Ordre National des médecins s’est positionné clairement, très tôt, comme soutien de la vaccination et de l’obligation décidée par la ministre de la santé.

Ainsi en annulant la radiation du Pr JOYEUX considéré par beaucoup comme un antivaccinaliste notoire, radiation décidé par un comité département soutenue par les dirigeants de l’ordre national, la chambre disciplinaire a fait preuve d’une rare indépendance.

 

 

 

Quelque soit ce que l’on peut penser du Pr JOYEUX et je ne fais pas partie de ses soutiens je tiens à l’affirmer, il est clair que les pétitions dont il s’est fait le porte parole et le signataire ne comportaient pas ce pour quoi il était accusé, condamné et sanctionné. Ces pétitions n’étaient pas comme beaucoup l’ont affirmé, contre les vaccins. Le dire et l’écrire est de l’interprétation et de l’amalgame à propos du personnage et de nombre de ses positions; et non une lecture factuelle de ces pétitions.

Il est heureux que la chambre disciplinaire d’appel se soit concentrée sur les faits et non l’interprétation que beaucoup en ont fait.

Car aujourd’hui travestir les faits et les interpréter dans le sens de ce que l’on croit est la règle. Le Pr JOYEUX d’ailleurs, n’y déroge pas lui aussi en affirmant « Je ne suis pas du tout radié, je n’ai pas de blâme. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que j’ai raison! ». En effet cette décision ne lui donne pas raison, elle signifie juste que les éléments mis en avant pour le condamner n’étaient pas de nature à le faire.

De la même façon, ceux qui soutenait la radiation du Pr JOYEUX, et qui voit dans le pourvois en cassation de Conseil de l’Ordre National, la volonté de contester les positions antivaccinalistes du Pr JOYEUX, ne font qu’interpréter les faits dans le sens de leur croyance. En effet, il n’y a pas appel de la décision mais présentation en cassation. Or le tribunal qui juge en cassation ne juge pas sur la fond du dossier mais sur la forme. En d’autre terme, le tribunal ne va juger que sur le fait que le droit a été respecté dans la forme et non rejuger des motifs de la condamnation de son annulation.

A ce propos que penser de l’Ordre des Médecins qui « porte plainte » contre sa propre juridiction. C’est pour le moins « hallucinant ». Imagine-t-on, par exemple,  un organisme du gouvernement annuler une des décisions de celui-ci et ensuite le gouvernement porter plainte contre une de ses propres structures.

Peu semble surpris de cet état de fait.

 

 

Et que penser du coup de gueule du médecin français sans doute le plus médiatique, j’ai nommé le Dr CYMES. Il affirme devant les caméras de l’émission qu’il anime: « Être médecin, Monsieur Joyeux, c’est être responsable ». Je suis complètement d’accord avec lui mais je crois que la responsabilité il devrait, avant de vouloir faire la leçon au Pr JOYEUX, se l’attribuer à lui-même. En effet, il semble avoir oublié qu’il y a quelques années il s’est fait le chantre du dépistage du cancer de la prostate en lançant une campagne d’affichage pour le moins originale. Or déjà à cette époque, les études indépendantes, qui l’ont confirmé depuis, montraient que le dépistage du cancer de la prostate faisait « plus de mal que de bien ». Ce dépistage, qui continue à être proposé encore aujourd’hui par de nombreux médecins à la suite du Dr CYMES, est responsable d’incontinence et d’impuissance chez les hommes qui s’y soumettent,  au point que l’HAS dont nous savons la lenteur dans sa prise de décision ne recommandait pas le dépistage et cela des 2012. Donc oui Mr CYMES être médecin c’est être responsable et nous attendons donc de vous que vous expliquiez que vous vous être trompé en 2011 en médiatisant une campagne de promotion de dépistage du cancer de la prostate. Or vous ne l’avez jamais fait. Et pour vous paraphraser, tous les patients qui sont devenus incontinents et impuissants en suivant vos conseils médiatiques pourraient vous demander des comptes car être médecin Mr CYMES, c’est être responsable.

 

 

Enfin, pour terminer, je voudrais vous faire prendre connaissance de ce qu’à dit un confrère étranger , John Ioannidis:

« In most developed countries and clearly in the US, we’re just spending so much and we’re wasting so much that healthcare is one of the leading public dangers for health….. I think at some point we need to fight against medicine. »

Cela pourrait se traduire ainsi :

« Dans la plupart des pays développés et clairement aux États-Unis, nous dépensons tellement et nous gaspillons tellement que les soins de santé sont l’un des principaux dangers pour la santé publique … Je pense qu’à un moment donné nous devons nous battre contre la science médicale qui consiste à donner des médicaments« .

Que croyez vous qui pourrait arriver à ce médecin s’il était français?

Que lui arriverait-il après avoir affirmé que les soins en santé sont un danger important et qu’il est important de lutter contre la prescription de médicaments?

En mettant en perspective les ennuis du Pr JOYEUX avec l’Ordre des médecins, il est plus que probable que ce médecin risquerait la radiation!

 

PS : mise à jour du 30/06/2018

« Les six académies, dans leur devoir de protection de la santé des populations, déclarent solennellement que la liberté d’expression a des limites et qu’elle n’excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé »

La liberté d’expression a des limites !Oui mais qui décident de ce qui peut se dire ou ne pas se dire? Qui décide de la « vérité » et des « mensonges »? Les autorités autoproclamées sans doute, les académies?

Que viennent faire l’académie de l’agriculture de France ou celle de chirurgie dentaire dans cette histoire de vaccination?

Cela ne les empêchent pas, malgré tout,  de signer cette dénonciation du Pr JOYEUX.

Tout cela me donne l’impression comme d’un parfum d’inquisition!

 

 

 

Dans le dernier bulletin que l’Ordre des Médecins adresse à chaque médecin, on peut lire à la p27 du n° 55, à la question « Les parents ont-ils le droit de refuser de faire vacciner leur enfant? » ce conseil :

« Le Cnom conseille ainsi aux médecins confrontés à cette situation d’indiquer sur le carnet de santé de l’enfant que c’est à la demande des parents que celui-ci n’est pas vacciné et de porter cette information dans le dossier médical. Le médecin peut par ailleurs contacter la cellule départementale de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (CRIP) qui a pour mission d’évaluer la situation d’un mineur et de déterminer les actions de protection et d’aide dont il peut bénéficier. »

Je vous laisser méditer ce conseil et diffuser largement cet écrit au plus grand nombre pour que chacun soit informé du comportement qu’ils doivent pouvoir s’attendre des médecins dans le cadre de l’obligation vaccinale.

 

PS : Merci au Docteurdu16 qui a signalé cette publication sur Twitter.

La ministre de la santé vient d’annoncer le déremboursement des médicaments sensés lutter contre la maladie d’Alzheimer.

Enfin !

Il aura fallu de très nombreuses années pour arriver à un tel dénouement. Mais n’oublions pas ce qui s’est passé.

Il a fallu dans cette histoire, la pression du Formindep pour abroger la recommandation de l’ HAS de 2008. Mais la nouvelle mouture de 2011 n’apportait pas ce qui était attendu :

« La recommandation sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer est une très large reprise de celle de 2008 élaborée sous influences industrielles. La tentative de la HAS en 2011 d’améliorer à la marge l’indépendance de l’expertise, et le non-respect des critères de rigueur d’élaboration des Recommandations n’ont pas permis l’amélioration de la recommandation qui n’est au final qu’un ravalement de façade d’un bâtiment de plus en plus insalubre, aux charpentes vermoulues par les intérêts industriels.

Avec cette nouvelle imposture, la HAS a réussi le tour de force de maintenir sur une recommandation au service des intérêts des firmes en la faisant signer par des experts présentés sans liens d’intérêts majeurs avec ces firmes. Déclinaison du « ghostwriting » appliqué à des documents officiels ? Instrumentalisation de l’indépendance et mauvais coup en tout cas porté de nouveau à l’intérêt de la santé des patients. »

Donc dès 2011, il était pourtant une évidence pour tous ceux qui se sont penchés sur ce « problème » que les médicaments prescrits dans la maladie d’Alzheimer étaient inutiles et dangereux.

Il aura fallu près de 7 années pour qu’une ministre de la santé prenne la décision que tous les acteurs indépendants appelaient de leurs vœux.

7 ans !

Combien d’argent dépensé en pure perte du moins pour le budget de la santé, pendant toutes ces années?

Mais certains trouvent encore aujourd’hui, cela indigne et font entendre leurs voix.

 

 

Pour ma part, je considère que cette décision arrive bien tard. Je ne conteste pas qu’il s’agisse d’une bonne décision mais pourquoi tant de temps pour enfin la mettre en place?

Déjà l’affaire Médiator avait montré combien les autorités avaient tardé à retirer du marché le médicament qu’était le Médiator.

A cette époque, les autorités nous avaient affirmé que l’affaire Médiator faisait partie du passé et que dorénavant les choses changeraient, que plus jamais un médicament inutile et dangereux ne pourraient continuer à être commercialisé. Nous étions en 2009.

Aujourd’hui en 2018, l’affaire des médicaments contre la maladies d’Alzheimer nous montre que rien n’a changé puisque que près de 10 ans après le Médiator et plus de 7 ans après que nous sachions que les médicaments contre la maladie d’Alzheimer sont inutiles et dangereux, ils sont enfin déremboursés mais non retirés du marché.

 

 

Passé ce préambule, la réponse à la question est que la médecine est devenue aujourd’hui un moyen de gagner de l’argent, beaucoup d’argent même. L’intérêt du patient n’est jamais au centre des décisions. Et que l’on ne vienne pas me dire le contraire avec cette actualité. En effet si cela avait le cas, c’est dès 2011 que les médicaments contre la maladie d’Alzheimer auraient dus être déremboursés et retirés du marché; pas en 2018. Il n’est certes pas trop tard pour bien faire, mais que l’on ne me dise pas que c’est l’intérêt du patient et les études scientifiques qui ont motivé nos autorités. Un tel retard montre qu’il n’en est rien.

Car si l’intérêt des patients et les études scientifiques indépendantes guidaient les décisions des autorités, le dépistage du cancer du sein par mammographie serait depuis longtemps abandonné en France comme c’est le cas dans de nombreux pays, or il n’en est rien.

Pourquoi alors tant de retard et tant de décisions non prises ?

Parce que l’argent et l’intérêt des lobbys font la loi. Mais qui le dit?

Parce que la dérégulation du marché du médicament permet tous les excès.

 

 

Le problème c’est « la bride laissée libre » aux intérêts financiers pharmaceutiques dont cette histoire des médicaments anti-alzheimer en est la triste preuve et que la décision récente de la ministre de la santé ne change rien à l’affaire.

Comment ne pas s’indigner que quasiment personne dans le société médicale française ne se lève contre de tels scandales.

Tout simplement car ce qui préoccupe aujourd’hui un certain nombre de médecins et de médias français , c’est l’homéopathie et les médecines alternatives et non les réels problèmes de la prise en charge de la santé et la corruption de la médecine .

Mais quel aveuglement !

 

 

Le Quotidien du Médecin titre : « Les médecins pro-baclofène contre-attaquent après l’avis négatif du comité scientifique temporaire de l’ANSM ».

La médecine est-elle devenue un guerre avec ses attaques, ses contre-attaques?

C’est en effet ce que peut laisser évoquer cet article avec l’emploi de termes guerriers.

Il semble malgré tout que la « bataille » entre médecins est aussi vieille que la profession.

Si l’on remonte dans l’histoire, les « polémiques » entre les médecins ont toujours existé. Par contre il ne faut pas croire que les tenants de la médecine « académique », ceux qui défendent les connaissances propres à chaque époque, ont eu à chaque fois raison, ce serait plutôt le contraire. En effet les vérités d’aujourd’hui sont rarement celles de demain. Le  docteur SEMMELWEIS est l’exemple parfait et son rejet par l’institution médicale symptomatique du fonctionnement de celle-ci.

Cependant, de tout temps, l’arrogance des médecins a fait partie du comportement le plus habituel de la société médicale. Défendre avec véhémence, les connaissances de son temps et critiquer voir menacer les autres membres de la profession qui ne pensaient ou n’agissaient pas suivant les « règles » de l’époque; a été, de tout temps le comportement courant de la profession.

L’arrogance dans la certitude de détenir la vérité et le manque d’humilité a toujours été l’une des caractéristiques de nombres de médecins.

Les comédies de MOLIÈRE ou le Dr KNOCK de Jules ROMAIN  sont là pour attester de ce que les médecins ont été moqués dans notre histoire plus ou moins récente.

 

 

Mais jusqu’à une époque récente, les médecins disposaient de peu d’outils thérapeutiques performants.

C’est l’avènement de la chimie et à sa suite le développement de médicaments par l’industrie pharmaceutique qui a donné aux médecins des « outils » efficaces comme les antibiotiques.

 

 

Il n’empêche, que bien que nous disposions aujourd’hui de médicaments efficaces, de techniques chirurgicales avancées, d’outils technologiques performants, force est de constater que la santé de tout un chacun n’a pas fait les progrès espérés et que même si notre vie humaine a été allongée, elle est encore limitée et de plus en plus nous atteignons l’âge de notre mort avec des handicaps de plus importants quand nous ne sommes pas complètement dépendants et cela grâce aux fameux progrès de la médecine.

Mais qu’attend-on  de la médecine? De vivre le plus vieux possible mais pas dément et grabataire, bien évidemment. Or ce n’est pas ce qui se profile à l’horizon? J’ai le sentiment que la médecine produit plus de patients dépendants d’elle que de patients autonomes. Et cela pour le plus grand bénéfice de ceux qui tirent profit de l’allongement de la durée de vie.

 

 

Malgré ce constat de l’efficacité, somme tout très relative de la médecine et des médecins, ces derniers continuent de manquer, pour le plus grand nombre, d’humilité et font, pour une grande majorité d’entre eux preuve d’une arrogance rare en laissant penser que la médecine est toute puissante et peut tout.

 

 

L’exemple aujourd’hui du Baclofène, montre que le patient est peu pris en compte surtout par nos autorités sanitaires. Ainsi 41 cliniciens se sont levés contre la récente analyse d’inefficacité du médicament et la publication par l’ANSM des conclusions de son comité d’expert. Comme le dit l’article, ces « polémiques » entre experts, médecins, autorités sanitaires n’aident pas les patients qui souffrent. Si le Baclofène coûtait des milliers d’euros chaque mois de traitement, je suis persuadé que les autorités, avec les même données le traiterait très différemment.Mais voilà c’est un traitement qui ne rapporte rien ou presque.

 

 

Et que penser alors de cette tribune de 124 médecins dénonçant ce qu’ils appellent les fake Médecines; tribune soutenue aujourd’hui par 2387 personnes dont 872 médecins.

L’arrogance de cette tribune et aujourd’hui les soutiens de celle-ci qui se sont répandus dans les médias, trop contents de faire de l’audience et du buzz; m’a profondément attristé.

Car c’est bien ici,l’expression d’une arrogance issue du passé dont il est question.

Arrogance de ceux qui croient détenir la vérité oubliant que la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain.

Et comme dans les temps anciens, ces médecins signataires veulent sanctionner leurs confrères qui ne soignent pas comme eux.

 

 

 

Dans leurs explications ils oublient que nombres de patients continuent de souffrir et cela malgré leurs thérapeutiques à principes actifs.

Ils oublient que ces patients qui souffrent s’adressent aux médecins et leur demandent de les soulager. Or dans bien des cas, le nombre pourtant impressionnant de médicaments disponibles en pharmacie n’est que de peu d’aide pour ces patients.

Alors que font-ils?

Ils se tournent vers les charlatans, nous disent ces médecins signataires, stigmatisant au passage ceux de leurs confrères qui prescrivent des médicaments homéopathiques. En effet, chaque médecin sait que ces médicaments homéopathiques ne contiennent aucun principe actif et par là même ne peuvent pas prouver leur efficacité dans des études taillées pour prouver l’efficacité d’un médicament à principe actif.

L’effet est donc celui de l’effet placebo.

Cet effet placebo est estimé à 30% de bénéfice.

Mais ces médecins, ces signataires, ces auteurs de cette tribune considèrent qu’une efficacité de 30%, essentiellement dans des soins de maladies qui guériraient seules, n’est pas acceptable.

 

 

 

Apporter du soin et donc du soulagement dans certains cas, avec l’aide de l’effet placebo n’est donc pas acceptable. Et cela parce que ce n’est pas éthique d’utiliser un placebo pour apporter du soin et du soulagement.

Ce n’est pas éthique, d’utiliser une thérapeutique qui n’a pas de preuve d’efficacité au delà de l’effet placebo.

Ces médecins oublient complètement ce que les anglo-saxons appellent le « care », prendre soin.

 

 

A les en croire la médecine se limite à l’obtention de la guérison ou du moins de soins exclusivement apporté par des médicaments à principe actif. Je n’emploie pas à dessein le terme allopathique qui correspond pourtant au terme classique de la prescription de ces médicaments à principe actif, car ces signataires critiquent l’emploi de ce terme à la seule raison qu’il a été inventé par les homéopathes désireux de différentier leurs médicaments de ceux des médecins « traditionnels ». L’arrogance de ces derniers va jusqu’à contester l’emploi de certains termes.

 

 

Cette « guerre » entre médecins amènent ces médecins détenteurs de « la vérité en médecine »,jusqu’à traiter de charlatans leurs confrères qui ont l’outrecuidante d’utiliser des thérapeutiques n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité. Or c’est oublier que la médecine ne se résume pas à la prescription. Elle est un tout qui va de l’écoute, interrogatoire, l’examen clinique, l’hypothèse d’un diagnostic et enfin un traitement. Or même si les médecins homéopathes prescrivent des « granules de sucre », ils ont suivi avant cette prescription la démarche médicale qui leur a été enseigné à la faculté de médecine. Pourquoi alors leur dénier l’exercice de la médecine au seul fait que l’acte final ne correspond pas aux critères « normaux »?

 

 

Par ailleurs que vont penser les patients qui font appel à ces médecins, qui sont traités par d’autres de leurs confrère de médecins pratiquant une médecine ésotérique? Ils ne vont sans doute pas paniquer comme certaines plaintes ordinales le laisse entrevoir, mais ils vont s’interroger, pour le moins, sur la corporation médicale.

 

 

Quelle arrogance de croire détenir la vérité et qui plus est de vouloir imposer comme unique sa propre pratique.

La vie n’est-elle pas complexe et avec elle l’exercice de la médecine?

 

 

Quelle arrogance de vouloir lutter contre nombres de pratiques de confrères surtout quand l’on sait que la majorité des médicaments dont ces médecins défendent l’efficacité est souvent très faible et que les médicaments vraiment efficaces sont un très petit nombre. De plus que penser de tous ces scandales pharmaceutiques qui par le passé ont montré que nombre de médicaments prescrits étaient dangereux pour les patients. Ne faut-il donc pas faire preuve de plus d’humilité dans l’exercice de la profession médicale?

 

 

De plus, quand je vois des médecins urgentistes, cardiologues, neurologues être les leaders de la contestation d’une médecine pratiquée presque exclusivement par des médecins généralistes, je m’interroge.

Et ce n’est pas le soutien de certains de mes confrères généralistes qui effacent mes questionnements.

En effet, la médecine générale est contestée depuis plusieurs dizaines d’années.

Et ce n’est pas le fait qu’elle soit devenue une spécialité soi-disant à part entière, enseignée à l’hôpital qui change quoique ce soit.

Comment d’ailleurs peut-on enseigner la médecine générale à l’hôpital et par des professeurs agrégés hospitaliers alors que cette médecine après les bases acquises à la facultés, s’apprend exclusivement en dehors de l’hôpital. Mais là est un autre débat.

 

 

Je ne comprends donc pas que des confrères généralistes peuvent ainsi soutenir une tribune et applaudir des confrères qui ne sont jamais confrontés aux patients qui fréquentent les cabinets de médecine générale.

Et cela ne peut pas se résumer à une question d’éthique de prescription d’un placebo.

En effet, la médecine est complexe.

Cette tribune est pour moi, un mauvais coup porté à la médecine, à la médecine générale et aux patients qui souffrent. Les signataires n’ont sans doute pas compris la portée de leur tribune en se drapant ainsi dans la défense de l’éthique médicale de la médecine par les preuves, elle même très corrompue.

Jamais aucun patient n’a tiré bénéfice des « guerres » entre médecins, ni hier, ni aujourd’hui, alors pourquoi avoir « allumer cette guerre »?

Je relaie ici, la lettre que le collectif Cancer-Rose a envoyé à madame SCHIAPPA la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pourquoi une telle lettre ? Pourquoi à cette ministre?

Tout simplement car la dernière lettre à la ministre de la santé et au directeur de l’INCA, est restée à ce jour sans réponse. Comme d’ailleurs tous les appels que ce collectif a pu émettre en direction des autorités.

Ce silence persistant des autorités concernant l’information des femmes quand au dépistage organisé du cancer du sein par mammographie, fait le jeu de tous les lobbys qui gagnent de l’argent sur le sujet au détriment de la santé des femmes.

Ce collectif considère que la santé des femmes est gravement en jeu dans notre pays par le comportement promotionnel de la mammographie de dépistage, faite par les autorités et l’INCA.

Il lui a donc semblé important d’interpeller la ministre chargée de la défense des femmes et de l’égalité de ces dernières vis à vis des hommes.

Vous pouvez lire cette lettre, la télécharger et la faire circuler directement sur le site de ce collectif :

Lettre ouverte à Mme Schiappa, chargée du ministère pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Une année de plus de passée.

Je souhaiterai, alors que la nouvelle année commence,revenir sur cette année 2017.

Que s’est-il passé en cette année écoulée, qui soit notable dans l’évolution de la santé? Jetons un coup d’œil dans le « rétroviseur ».

 

Dès le début de l’année, les décisions et comportement du Conseil de l’Ordre des Médecins m’interpellait . Toute l’année 2017, me verra m’interroger à plusieurs reprises sur cette institution avec en point d’orgue, la menace du président national de l’Ordre des Médecins, vis à vis des médecins qui oseraient s’interroger sur l’obligation vaccinale.

 

Dans la droite ligne de ce qui sous-tend le comportement de l’Ordre des médecins: l’obéissance à l’ordre établi, l’obéissance aux autorités, la remise en cause d’une pensée critique;  la contestation de la différence et jusqu’à l’interdiction même de penser différemment s’exprimait dans les écrits de 2017 de confrères. Je m’en étonnais.

 

Peu de temps après ces réflexions, la « saga » de l’obligation vaccinale commençait. Ce sera un des grands sujets de santé qui agitera la fin de l’année 2017. Preuve s’il en est, ce sera même un sujet d’actualité car le quotidien le Monde en fera sa Une du 31 décembre 2017 comme avec lui Le Figaro. Les sujets santé sont dans mon souvenir, rarement à la Une des quotidiens nationaux. Il est donc clair que cette problématique de l’obligation soulève un questionnement qui va au delà de la seule santé.

 

Une autre « saga » qui semble en ce début d’année 2018 s’être estompée, fut sans nul doute, la « saga » du Lévothyrox. Elle s’étala sur plusieurs semaines, fit couler beaucoup d’encre et montra, une fois de plus l’incompétence de l’ANSM, agence qui succéda à l’ AFSSAPS après l’affaire du Médiator. Mais, il semble que l’incompétence et les liens d’intérêt soient consubstantiels au fonctionnement de nos autorités sanitaires.

 

Les débats sur l’obligation vaccinale feront les beaux jours de la fin d’année. Ils nous montreront à quel point, le dogme et l’autoritarisme médical est plus fort que la réalité scientifique.

Ce qui est malgré tout notable dans cette histoire d’obligation vaccinale, c’est cette volonté de contraindre. La volonté des autorités d’imposer leur vision et cela sur un sujet qui touche l’intimité des familles. C’est la prise de pouvoir de l’état sur le corps des enfants en négation totale de la responsabilité personnelle et parentale mais aussi en contradiction avec les lois de bioéthique qui disent que l’on ne peut pas se passer du consentement quand on « touche » au corps.

 

Les propos pour l’obligation vaccinale n’ont été qu’une succession d’avis d’autorité dont le but est la soumission. A aucun moment, il n’a été fait appel à l’intelligence de tout un chacun. Notre appel en ce sens aux députés avant le vote de cette obligation, est resté lettre morte. A croire que lorsque l’on débat de problème de santé publique, l’intelligence et l’esprit critique pointent aux abonnés absents chez nombres de personnes en particulier dans les hautes sphères décisionnelles.

 

Pourtant de réelles questions se posent, en particulier sur l’innocuité des produits de santé. Mais ce type de questionnement semble complètement ignoré par bon nombre de responsables médicaux avec à leur tête notre actuelle ministre de la santé.

 

Pour terminer l’année 2017, des indicateurs comme quoi la santé est un vaste marché libéral où l’argent est le seul moteur, ont vu le jour. Faire de chaque personne en bonne santé des malades soumis à un traitement, suivre la bonne observance du traitement prescrit, en un mot, la main mise par les autorités médicales sur notre vie, est semble-t-il le chemin qui s’annonce.

 

Cette analyse ne serait pas exhaustive ( mais l’est-elle vraiment?) sans évoquer la publication de l’INCA « Dépistage des cancers du sein, s’informer et décider ». Ce livret est paru en août 2017. « Son objet est de délivrer à chacune toutes les informations utiles pour décider de réaliser un dépistage. Il explique aussi les risques à ne pas se faire dépister et indique par ailleurs quelques conseils de prévention des cancers du sein. Ce livret a vocation à être joint au courrier d’invitation. » Venant d’une autorité de l’état, l’on en attendait une position « neutre » et informative sur le sujet.

Ce livret est tout sauf un document indépendant et qui délivre une information équilibrée sur le sujet. Malgré des publications de plus en plus nombreuses , ce livret est encore une fois un livret de propagande pour la mammographie de dépistage. Le collectif Cancer-Rose l’a analysé, comme il le fait de toutes les publications qui sortent sur le sujet. En se basant sur une grille de lecture de la qualité de l’information Cancer-Rose a noté la qualité de ce document. Il reçoit la note de 6/20.

6/20 pour la qualité d’une publication d’une agence de l’état !!!!

Comment l’état peut-il publier un document d’une qualité si médiocre?

Ici encore, le dogme, la croyance, les liens d’intérêt et les avis d’autorité ont plus de poids que l’analyse critique et indépendante des publications scientifiques.

 

 

 

Je m’interroge donc sur ce que sera l’année 2018.

L’obligation vaccinale ouvre la boite de Pandore de la contrainte. Divers articles indépendants ont montré à quel point cette obligation n’a aucune justification quand on réfléchit en terme de science médicale en interrogeant la balance bénéfice/risque. Seul le dogme dans la croyance d’un bénéfice par définition non démontré est le moteur de nos autorités et de nombres de médecins.

En effet, comme le montre le sujet sur la vaccination, mais aussi le dépistage du cancer du sein; l’analyse critique, les connaissances, les études scientifiques indépendantes, tout est balayé au profit de croyances qui laissent de coté tout ce qui dérange. Les mensonges souvent par approximation et simplification extrême se retrouvent dans la bouche des autorités et tous ceux qui les soutiennent. La communication et le marketing ont largement pris la place de l’information. Nous nous moquons des États Unis et de leur président avec ses « fake news ». Mais nos autorités sanitaires n’ont pas de discours différents quand ils affirment sans sourciller que « l’obligation c’est la confiance » juste après avoir nié qu’il puisse exister des effets secondaires avec par exemple les vaccins. Et que penser de notre ministre de la santé qui dans une interview récente parle de bénéfice énorme (49mn21s) pour des traitements récents et cela en reprenant les mots même de l’industrie pharmaceutique, son discours marketing complètement déconnecté de la réalité. L’industrie pharmaceutique n’a, en effet, pas produit ces 25 dernières années la moindre molécule vraiment innovante et indispensable comme ont pu l’être les antibiotiques ou les neuroleptiques.

 

Cette obligation votée sans réelle opposition ni manifestation du plus grand nombre, va rendre possible l’extension de l’obligation pour un vaccin comme le Gardasil, pour les filles comme pour les garçons. Pas besoin là non plus de preuves scientifiques, la conviction des autorités suffira, associé aux lobbys de toutes sortes.

L’obligation de la vaccination antigrippale pour les professionnels de santé verra aussi sans doute le jour dans un contexte identique : pas de preuve scientifique de son intérêt, dogme et toute puissance.

Et quoi d’autre encore?

L’avenir nous le dira.

La réelle gravité de ce qui s’est passé en 2017 est d’initier la contrainte en matière de santé non sur des faits scientifiques indiscutables mais sur des croyances.

Dans ce cas, le pire peut être à craindre.

 

 

 

Après ces mots pleins d’inquiétudes, je voudrais malgré tout terminer ce premier billet de l’année sur des mots d’espoir.

« soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » Cette maxime de La Boétie est aujourd’hui d’une actualité criante.

Et ces quelques dessins que je trouve personnellement  plus inspirant que de longs discours

 

Je vais aujourd’hui vous raconter une histoire.

Ce n’est pas un conte de Noël, loin s’en faut.

 

C’est l’histoire d’un chef d’une entreprise privée qui est en instance de divorce.

Comme souvent dans de pareils cas, il a fait des rencontres.

Il a même des rapports sexuels avec certaines d’entre elles.

Tout cela se fait dans l’intimité mais a lieu parfois au sein de son entreprise, dans ses propres bureaux mais en dehors de son activité professionnelle. Personne à part sa femme avec laquelle il est en train de divorcer et ses associés professionnels, ne sont au courant de sa ou ses  liaisons. Personne dans son activité professionnelle, ses clients et clientes ne savent quoique se soit. Cela se fait dans la discrétion la plus totale sauf pour ses associés.

Sa femme a eu connaissance de ses agissements en piratant illégalement et à son insu  sa boite mail personnelle.

Tout cela aurait pu s’arrêter là si sa femme accompagnée de ses associés n’avaient saisi la juridiction d’état dont dépend l’exercice professionnel de ce chef d’entreprise. Cette juridiction l’a condamné à 6 mois d’interdiction de l’exercice de sa profession dont 3 mois avec sursis. L’instance qui l’a condamné n’a pourtant rien trouvé à lui reprocher sur le plan de sa pratique professionnelle ni sur ses relations avec les clientes et clients dont il n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucune plainte. Le motif de la sanction est « un comportement jugé contraire « au principe de moralité » et « de nature à déconsidérer la profession »

 

Ce monsieur a donc été lourdement condamné, pour une faute jugée immorale et non une faute professionnelle.

 

A la lecture de cette histoire, vous vous dites sûrement qu’elle se passe dans un pays très éloigné de la France. Dans un pays ou la morale en particulier religieuse fait la loi. En effet, l’adultère n’est en aucun cas punissable dans notre législation française. Pas plus que d’avoir des relations sexuelles consenties dans un cadre strictement privé. En effet l’utilisation des locaux d’une entreprise privée, pour une activité non délictueuse, qui plus est en dehors des horaires professionnels,  ne sont pas à mon sens sous le contrôle de quelque organisme que ce soit.

 

Et bien détrompez vous, cette histoire est française.

Elle s’est passée en Ariège et c’est un médecin généraliste libéral qui en a été victime. C’est le Conseil Régional de l’Ordre des Médecins  qui l’a sanctionné sur plainte du Conseil Départemental de L’Ordre des Médecins.

Vous pouvez lire sur le site du Quotidien du Médecin, la retranscription sommaire de l’affaire.

 

Cela montre, une fois de plus combien les médecins sont soumis à l’arbitraire du Conseil de l’Ordre des Médecins.

En effet, que nous apprend cette histoire?

Que la morale peut être une raison invoquée pour sanctionner un médecin.

Pourtant nous sommes en France dans une république laïque où les questions morales n’ont normalement pas lieu de citer. Donc invoquer la morale, ici l’adultère, mais aussi semble-t-il le fait que ce médecin ait eu des relations sexuelles dans son cabinet médical privé, a constitué un faute grave pour les membres de l’instance ordinale.

Mais qui sont-ils pour s’ériger ainsi en « donneurs de leçons » morales? Et cela d’autant plus que ces faits étaient ignorés des patients du cabinet et plus généralement de la population de la région.

De plus il est intéressant de se souvenir de l’affaire AZOUT et du comportement de l’instance ordinale d’alors. Cette affaire concerne un médecin gynécologue célèbre dont les patientes victimes de viols avaient saisi le Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris pour ces délits et que celui-ci avait fermé les yeux et blanchi le praticien. Par ailleurs, il est à noter que ce médecin était très en vue sur la place de Paris et bénéficiait de nombreux soutiens dans la profession et ailleurs.

Ce qui est relaté ici est l’opposé de cette histoire : un médecin « lambda » sans notoriété ni soutiens, sanctionné pour des faits où il ne devrait pas l’être.

Mais l’on perçoit ici aussi, le « parfum » des liens d’intérêts de ceux qui ont jugé. On y retrouve ainsi un médecin associé du  médecin condamné; à la plus haute fonction de l’Ordre des Médecins de son département. Effet, parmi ces deux confrères, figure l’actuel président du Conseil départemental de l’Ordre des Médecins de l’Ariège.

Il me parait clairement évident que cette décision est l’expression d’un arbitraire. Comment peut-on penser que la décision de sanctionner ce médecin a une peine très lourde ( interdiction d’exercer) s’est faite sans pression et sans influence? Ce n’est pas parce que le Conseil Régional de l’Ordre des Médecins qui l’a sanctionné affirme que « L’ancienne associée du médecin visé s’était récusée, comme le veut la procédure, et n’a donc pas pris part à ce vote.  » que cela change quelque chose à l’influence de cette personne sur le vote. Chacun sait que dans notre société, il est rare qu’un dirigeant d’un échelon inférieur soit désavoué par l’échelon supérieur.

Les protestations du conseil de l’ordre dans cette affaire comme la précision « Il est par ailleurs important de préciser que l’actuelle présidente du CDOM de l’Ariège a été élue à cette fonction le 5 juillet 2016, soit postérieurement à la décision de porter plainte. Le fait qu’elle ait été l’associée du médecin condamné est donc nul et non avenu pour ce qui concerne cette décision. » ne change rien à l’affaire. Ceux qui connaissent le fonctionnement de l’instance ordinale savent bien que le fait d’être élu postérieurement n’est pas une preuve d’indépendance de l’institution. Au contraire c’est la preuve que l’élue est quelqu’un d’influent. Par ailleurs il est de notoriété dans le milieu médical que ne se présentent à l’élection des conseils de l’ordre, que ceux qui ont un intérêt personnel à le faire. Ainsi la participation à ces élections professionnelles sont très inférieures à 50% des inscrits ( je n’ai pas trouvé de références) car la confiance dans cette instance est « minimale » chez les médecins.

Cette histoire et la mémoire du passé illustre la célèbre maxime de La FONTAINE :

“Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.”

 

D’ailleurs, cette influence manifeste dans la décision qui a été prise, est confirmée par le fait que le médecin n’a pas souhaité faire appel de la décision de cette institution.

Pourquoi accepte-il cette décision parfaitement arbitraire? Il le dit : « Je souhaite définitivement tourner la page et oublier toute cette affaire ». C’est aussi la preuve qu’il sait qu’il n’obtiendra sans doute jamais justice, même au prix d’un combat long et épuisant, tant le conseil de l’ordre des médecins est tout sauf une institution impartiale et  démocratique.

A ce propos je rappelle souvent que François MITTERRAND candidat à la présidence de la république en 1981, qualifiait le conseil de l’ordre des médecins d’offense à la démocratie et voulait supprimer cette institution. Près de 40 ans plus tard, cette institution est toujours là et rien n’a changé.

 

Pour terminer, le Conseil de l’Ordre des Médecins s’est-il inquiété du sort des patients qui se voient privés de médecin pendant 3 mois?

Il n’est pas impossible de penser que ceux-ci se verront contraint de s’adresser aux médecins à l’origine de l’interdiction d’exercer de leur médecin. Pour le coup, n’y-t-il pas un problème de moralité dans cette décision de l’instance ordinale?

 

Au final, pouvons nous espérer qu’un jour, les médecins soient « libérés » d’une telle « épée de Damoclès »?

C’est peu probable. Le médecin « lambda » sera toujours seul et sans défense  face à la puissance du système.

Mais c’est aussi vrai pour tous les citoyens. C’est une des raisons principales de tant de souffrance au travail.

Cette histoire est anecdotique. Mais les anecdotes nous disent souvent beaucoup sur le fonctionnement de notre société.

 

PS : d’autres exemples du comportement de conseil de l’ordre :

Le Conseil de Ordre des Médecins : une juridiction « d’exception » ? (2)

Et maintenant la menace vis à vis des médecins

PS2 : Je n’ai aucun lien d’intérêt particulier avec le médecin condamné, je ne le connais pas ni ne sais qui il est.