Un des sujets qui agite la toile est la prochaine décision de la ministre de santé sur l’obligation vaccinale.

 

Nous savons que l’ancienne ministre était pour.

Nous savons aussi que la concertation citoyenne sur le sujet, lancée par Marisol TOURAINE avait abouti à la recommandation de faire passer l’obligation vaccinale de 3 vaccins à 11. Il semble malgré tout, que le Pr FISCHER, président de cette concertation,  ait plus réduit la conclusion qu’il a formulé, à son propre avis qu’à ceux qui en sont ressortis de cette concertation.

Nous croyons savoir que la nouvelle ministre de la santé le Pr Agnès BUSYN penche elle aussi pour l’obligation, mais la décision n’est pas encore prise et communiquée.

 

Sur la toile certains médecins « critiques » ont récemment exprimé ce qu’ils pensaient sur le sujet.

 

Je vous encourage à lire ce qu’a écrit ma consœur le Dr Claudina MICHAL-TEITELBAUM sur le blog du Docteurdu16. C’est une analyse remarquable et référencée.

Mon confrère Dominique DUPAGNE, blogueur et chroniqueur sur France Inter s’est lui aussi exprimé pour dire à quel point rendre obligatoire 11 vaccins est une « fausse bonne idée ».

D’autres se sont également exprimés : Luc PERINO et Sylvain FEVRE.

Ne pouvant ainsi laisser la ministre de la santé seule devant cette « levée de boucliers » contre l’obligation, avec le risque d’obtenir gain de cause, 200 « grands médecins » viennent dans une tribune sur le journal Le Monde, apporter leurs soutiens à notre nouvelle ministre de la santé pour imposer l’obligation.

 

Je ne vais pas dans ce billet reprendre ce qui a été écrit dans ces publications mais apporter mon éclairage sur la forme : l’obligation vaccinale.

 

Obliger, c’est contraindre.

Utiliser la loi pour rendre obligatoire 11 vaccins c’est contraindre.

Pourquoi contraindre? En quoi est-ce important de contraindre? Comme l’a démontré le Dr Sylvain FEVRE, pas pour épargner des vies comme cela nous est pourtant indiqué.

Alors pourquoi?

 

En médecine, la règle qui devrait être celle de tout médecin est la réflexion.

Réfléchir à ce qui est favorable dans la balance bénéfice/risque.

Pour cela, il faut s’appuyer sur ce que la « science » nous dit. Sur ce que les études cliniques nous apprennent.

Point de loi et d’obligation nécessaire ici.

 

Or dans le débat qui nous occupe, les partisans de l’obligation nous disent clairement que nous devons obéir et non réfléchir.

Comment cela est-ce possible, aujourd’hui au 21ème siècle où grâce à internet, tout un chacun peut avoir accès à l’information pour se faire sa propre idée et décider pour lui-même.

L’obligation est quelque chose d’archaïque.

Est-ce une méthode digne d’une démocratie comme la notre ou n’est-ce pas ce que pratiquent d’autres régimes politiques?

 

Il m’apparaît donc que tous les promoteurs de l’obligation sont ceux qui « vénèrent » l’obéissance en opposition à ce qui fait la particularité de l’humain : la réflexion.

Obéir pour éviter de réfléchir.

Obéir par soumission à l’autorité. Ici à l’autorité médicale des « grands professeurs » et médecins hospitaliers comme la tribune du journal Le Monde nous y invite.

Ne pas penser, ne pas réfléchir, d’autres le font pour vous.

Est-ce ainsi que les promoteurs de l’obligation voient l’exercice de la médecine?

Peut-être.

Pour moi dont une des valeurs principales est la liberté, ce type d’attitude est donc intolérable, surtout dans un domaine comme la santé.

 

L’avenir nous dira dans quel « camp » penchera la balance de la décision ministérielle. Le patient au centre de la prise de décision pour sa santé comme les autorités ont plaisir à l’exprimer ou l’avis d’autorité du « mandarinat » médical.

 

Aujourd’hui c’est le député du Finistère Richard FERRAND qui est épinglé par le Canard Enchaîné pour l’emploi d’un de ses enfants et un contrat avec la société de sa compagne quand il dirigeait les mutuelles de Bretagne.

Comme dans un passé proche pour François FILLON, la réponse est : mais c’est légal.

Mais la question est de savoir si c’est moral et non pas légal. La légalité n’a rien à voir avec la moralité.

 

Et c’est bien là qu’est le problème.

Il semble bien que de plus en plus de citoyens, s’interrogent sur la moralité de personnalités qui sollicitent  leurs suffrages pour les « représenter ».

Ainsi, nous avons vu récemment, un ancien premier ministre candidat à la primaire du parti socialiste pour l’élection présidentielle, renier sa signature en ne soutenant pas le vainqueur de cette primaire comme il s’y était engagé par écrit. Il semble qu’il n’y ai rien eu à dire au point de vue légal ( pas de plainte) mais que penser d’un point de vue moral?

La moralité n’a rien à voir avec la légalité.

 

Que penser aujourd’hui de candidats au poste de député qui comme l’ancienne ministre socialiste de la santé Marisol TOURAINE , ne font plus état aujourd’hui de leur appartenance au parti qui était le leur depuis plusieurs dizaine d’années et  se présentent comme soutenant le nouveau président de la république? Rien d’illégal là non plus mais que penser de la morale?

 

Quand on pense qu’il n’y a pas si longtemps, plusieurs dizaines d’années malgré tout, un contrat était conclu par la seule parole des deux contractants qui tout au plus se serraient la main pour conclure. A cette époque, il ne serait venu à l’idée d’aucun des deux de renier leurs paroles. Il n’y avait aucune trace d’acte écrit, juste le respect de la parole donnée, ce qui peut être considéré comme un acte moral.

 

Il ne faut pas croire que ce problème de moralité et de légalité ne concerne que les politiques. Non, c’est un « trait » de notre société actuelle dans son ensemble.

Ainsi dans la société médicale à laquelle j’appartiens, il est parfaitement légal que des experts soit rémunérés par l’industrie pharmaceutique pour leur « expertise ». Mais que penser d’un point de vue moral que ces même experts rémunérés viennent dans les médias expliquer l’intérêt des produits pour lesquels ils ont été rémunéré par les fabricants?

Que penser d’un point de vue moral de ces même experts qui usent de toute leur influence pour rendre obligatoire ces produits alors qu’ils sont rémunérés par les fabricants?

 

La moralité n’a rien à voir avec la légalité.

 

« La morale (du latin moralis « relatif aux mœurs ») désigne l’ensemble des règles ou préceptes, obligations ou interdictions relatifs à la conformation de l’action humaine aux mœurs et aux usages d’une société donnée. »

La morale s’intéresse à la question du bien et du mal, ce qui n’a rien à voir avec la légalité.

Fermer une usine et licencier les salariés pour transférer la production dans un pays permettant plus de bénéfices; cela est légal, mais est-ce moral?

Sur ce sujet, quand des chroniqueurs s’esclaffent quand Philippe POUTOU, candidat à l’élection présidentielle propose l’interdiction des licenciements, cette hilarité vient du fait évident que cette mesure réglementaire n’a pas de sens car il est impossible de légiférer dans un tel cadre. Or cette proposition de Philippe POUTOU était de proposer un cadre légal pour lutter contre un comportement considérer comme immoral.

Il est alors évident que comme la moralité n’a rien à voir avec la légalité, il est impossible de la réglementer.

 

Or aujourd’hui l’actualité est à la loi sur la moralisation de la vie politique.

Je m’étonne de ne voir personne s’esclaffer d’une telle inanité comme dans l’émission avec Philippe POUTOU.

Pas un journaliste, pas un média, pas un politique pour montrer à quel point cette volonté de légiférer sur la moralité n’a aucun sens .

 

Or la moralité est aussi miscible dans la légalité que l’eau dans l’huile.

 

Le plus drôle dans cette annonce de l’urgence de la loi de moralisation de la vie politique est que la communication de cette loi est portée par François BAYROU, nouveau ministre qui fête aujourd’hui ses 66 ans et qui a débuté sa carrière en politique il y a 35 ans. De plus, il est mis en examen pour diffamation.

N’est-ce pas une belle preuve que moralité et légalité n’ont rien à voir. Si moralité et légalité avait quelque chose en commun, ce monsieur n’aurait de toute évidence jamais pu être ministre.

 

Aujourd’hui nous vivons une crise morale que nos politiques où tous ceux qui ont le pouvoir, veulent régler à coup de règlements et de lois voulant nous faire croire que moralité a tout à voir avec légalité.

Mais cela n’a rien à voir.

Or tout le monde devrait avoir conscience qu’en utilisant un outil inadapté, aucun problème ne se règle. C’est comme prescrire des médicaments pour un problème dont l’origine est l’hygiène de vie et le comportement.

 

Alors pourquoi, agir en ce sens?

J’ai personnellement une idée sur la question. Et vous ?

 

Je viens de lire un article que je considère comme particulièrement important. Vous n’en avez sans doute pas entendu parlé car beaucoup vont le considérer comme « anecdotique ».

C’est en effet, le récit d’une « anecdote » médicale. Mais il faut aller plus loin que la simple « curiosité » que relate cet article.

Cet article nous interpelle sur 3 éléments :

  1. Aucun médicament quel qu’il soit est sans « danger »
  2. Mais surtout, et c’est pour moi le message le plus important de cet article : toute perturbation de notre flore intestinale, peut avoir des conséquences qui peuvent être dramatiques.
  3. Que savons nous de l’influence sur notre organisme de tous les « produits » que nous incorporons dans notre milieu intérieur?

Ces deux derniers points sont capitaux car ils sont quasiment inconnus de la très grande majorité des médecins et encore plus du grand public. Or cette méconnaissance nous rend aveugle et sourd.

L’article est le suivant :

Quand un antibiotique vous envoie en psychiatrie

Les prescriptions de médicaments ne sont jamais sans risque.

Il faut savoir que la plupart des médecins considèrent les antibiotiques comme les médicaments qui ne présentent quasiment aucun risque en dehors des problèmes d’allergie.Cet article montre qu’il n’en est rien.

Tous les médicaments peuvent être « dangereux », même les antibiotiques.

 

Des 3 hypothèses recensées en fin d’article pour expliquer la raison de cet effet secondaire chez cette patiente; je retiendrai la 3ème qui est pour moi la plus « probable » : l’effet sur le microbiote.

En effet, le microbiote ou encore appelé flore intestinale, est un vrai mystère encore aujourd’hui.

Cela parait incroyable mais nous ignorons quasiment tout de ces micros organismes qui vivent en nous et sans lesquels nous ne pourrions survivre très longtemps.

Ce microbiote est influencé par ce que nous ingérons. Des questions se posent sur la relation entre la perturbation de notre flore intestinale et  des maladies très diverses comme la maladie d’Alzheimer, des maladies chroniques auto-immunes, la maladie de Parkinson, mais aussi l’autisme ou l’obésité.

 

Pour le moment, il n’y a que des questionnements sur la relation entre la flore intestinale et toutes ces pathologies. Ce ne sont aujourd’hui que des interrogations, nous n’avons aucune réponse. Mais ces pistes sont sérieuses et ne manquent pas d’interpeller.

 

Comment fonctionne le système médical actuel?

Notre système médical ignore complètement aujourd’hui ces interrogations.

Le marketing pharmaceutique règne en maître et il amène à croire que pour un problème de santé il existe un médicament qui apporte la solution ou s’il n’existe pas aujourd’hui, l’avenir proche nous l’apportera.

Nombre de médecins ont cette opinion.

Une autre opinion qui a cours dans les milieux médicaux est que le bénéfice du médicament est très supérieur à ses risques.

Or les études indépendantes sont catégoriques : les médecins surévaluent de façon très importantes les bénéfices et sous-évaluent de façon encore plus importante les risques. Et encore je ne parle que des risques qui sont évalués et connus. Ainsi combien de médecins savent que la classe des statines (médicaments qui baissent le cholestérol) provoquent dans 25% des cas l’apparition d’un diabète?

Par ailleurs, de très nombreux effets secondaires « ennuyeux » ne sont connus que des fabricants et non communiqués sous le prétexte de la protection du secret industriel.

Enfin, que savons nous des effets à long terme de la prise de médicaments? Presque rien.

Aucun médicament, quel qu’il soit n’est sans aucun risque pour celui qui le prend, comme cet exemple en témoigne.

 

Nous ignorons tout des effets des composés que nous ingérons ( perturbateurs endocriniens, additifs alimentaires, polluants en tout genre etc).

Comme ces éléments n’ont, la plupart du temps,  aucun effet visible à court terme nous imaginons qu’ils n’en ont aucun. Or nous ne savons rien sur les effets des « petites doses » à moyen et long terme. Nous ne pouvons mettre en évidence que les effets à court terme et encore dans de faibles proportions.

Nous ignorons tout de ce qui se passe dans notre organisme soumis à des xénobiotiques, c’est à dire des substances étrangères à nous et qui entre dans notre organisme.

Or, toutes ces substances ( parmi elles également les médicaments)  qui entrent par ingestion, inhalation mais aussi à travers notre peau, nous ignorons toutes les perturbations qu’elles entraînent. Nous n’avons qu’une connaissance très réduite des effets produits qui pour la plupart peuvent être discrets et aussi très retardés dans le temps. Pour mémoire, combien de temps nous a-t-il fallu pour apprendre les effets nocifs du tabagisme sur la santé?

Nous sommes réduit, dans la plupart des cas à ne constater que des « signaux » sans signification explicite.

Ainsi nous constatons que la fertilité humaine diminue pourquoi? Mystère

Nous constatons l’épidémie d’obésité et de diabète, pourquoi? La sucre et tous ses dérivés, certes apportent une explication mais cela n’explique pas tout. Il est évident qu’il y a d’autres intervenants, mais lesquels? Mystère.

Le nombre de personnes âgées de plus en plus dépendantes, avec une dégradation de leurs facultés supérieures, pourquoi? Le vieillissement de la population n’est qu’un élément mais qui est loin d’expliquer cette « épidémie ».

L’augmentation exponentielle des cancers? Certes le dépistage des cancers qui n’en sont pas n’explique pas l’augmentation de ceux-ci, pas plus que le vieillissement de la population. Alors quoi d’autres? Mystère.

 

Ainsi la question que ne pose pas cet article, est le risque à long terme de la prise d’antibiotiques.

C’est une évidence pour tout un chacun que les antibiotiques « tuent » les bactéries. Quelle est l’influence de la prise d’antibiotiques sur notre flore intestinale, non pas à court terme comme pour la survenue de diarrhée après un traitement, mais à long terme?

Nous l’ignorons complètement mais nous pouvons nous interroger raisonnablement quand nous connaissons le mécanisme d’action des antibiotiques.

Nous pouvons nous interroger quand il est mis en évidence des perturbations de la flore intestinale par certains additifs alimentaires « réputés anodins » et que nous consommons sans même le savoir parfois quotidiennement.

 

Toutes ces perturbations agissent « à bas bruit » sans que nous en ayons même la moindre connaissance. Mais ce n’est pas parce que nous ne constatons rien qu’il ne se passe rien.

 

Cet article est pour moi, un article majeur car il montre de façon exceptionnelle un effet secondaire surprenant mais interrogateur.

Surtout quand on le met en perspective avec certains résultats obtenus dans la recherche en particulier sur la flore intestinale.

Mais qui en parle ?

Qui réfléchit sur le sujet?

Qui alerte?

Sûrement pas certain de mes confrères médiatiques. Cela devrait être pourtant leur rôle, non ?

 

Je m’interroge aujourd’hui sur l’acceptation d’une opinion qui soit différente.

Chacun d’entre vous a pu faire l’expérience de la difficulté d’échanger.

Difficulté d’échanger avec quelqu’un qui a une opinion différente. Cette difficulté, elle se rencontre dans tous les domaines mais plus particulièrement dans certains où les passions sont exacerbées. Nous sommes actuellement dans une période d’élection, et il n’y a qu’à ouvrir son journal ou s’informer sur internet pour lire les comportements violents uniquement générés par des divergences d’opinions. De plus, certains instrumentalisent cette violence pour leur seul bénéfice.

 

En médecine, qui est un domaine « scientifique », la violence devrait donc être absente. Et pourtant il n’y a qu’à aborder certains sujets pour qu’aussitôt la violence, en générale verbale mais aussi écrite se manifeste.

Ainsi ce week-end, je discutais avec une jeune consœur qui me disait sa difficulté à échanger sur le sujet de la vaccination. L’irrationnel dès que l’on aborde la vaccination atteint des « sommets » au point que nous sommes quelques médecins à avoir qualifié les personnes qui défendent sans réserve la vaccination,  d’église de vaccinologie.

 

Cependant, il semble bien que tous les sujets médicaux sont touchés par la violence dans les échanges. Cela tient alors plus à la personnalité des individus et des médecins qu’au sujet lui-même. Ainsi, un certain nombre de mes confrères ne supportent pas que l’on puisse émettre le moindre commentaire critique à l’encontre de ce qu’ils ont dit ou écrit.

J’en ai fait l’expérience dans deux billets récents avec deux personnes différentes.

Dans le premier cas, il était question de surpoids et d’obésité et je contestais l’affirmation selon laquelle les patients en surpoids et obèses n’avaient qu’à se prendre en charge. J’expliquais que le problème de l’obésité était un problème complexe qui ne se résumait pas à pointer du doigt l’hygiène de vie de ces patients et leur manque d’implication.

Vous pouvez retrouver ce que j’ai écrit dans mon billet : « Problème de poids, mais encore ? »

Voilà ce qu’écrit en partie en réponse, ce confrère dans un billet intitulé « Nourrisson le troll »

« J’espère avoir bien nourri le troll et l’avoir fait un peu grossir. J’adore qu’on m’attaque sur mon titre que je mets rarement en avant, je suis professeur des universités, manifestement pour cette personne, une forme d’incarnation du mal absolu. Je n’en tire pas une gloire, je n’en ai pas honte.  J’adore quand on veux à tout prix me faire rentrer dans une boite. Soit néphrologue et pour le reste laisse parler ceux qui savent, du  moins qui s’autoproclament expert de tout et n’importe quoi. Le début de la note est un espèce de mélange de flagornerie hypocrite et de détestation assez amusant à lire.Le plus drôle est que sous la note obésité et rein, les donneurs de leçon ne sont pas venus commenter. »

Je ne conteste pas avoir exprimé un jugement de valeur issu de mon expérience face à mes confrères professeurs des universités, mais globalement, cet auteur interprète mes propos dans un sens qui n’est absolument pas le mien.

Vous imaginez facilement qu’il est alors difficile d’échanger dans de telles conditions.

 

Dans le second, il est question des thérapeutiques à mettre en œuvre dans une pathologie encore récente qu’est le NASH ou la cirrhose du foie non alcoolique. Dans ce billet j’indique ma surprise sur la façon de traiter le sujet. J’explique que cette « maladie » est une maladie de civilisation et qu’à ce titre, l’interrogation et l’action doit porter sur l’hygiène de vie, la façon de se nourrir et non les traitements qui existent ou existeront dans l’avenir, ainsi que le recours à tous les professionnels de santé possibles jusqu’aux chirurgiens. L’essentiel est de prévenir et non de guérir.

Vous pouvez retrouver ce que j’ai écrit dans mon billet : « Nous n’avons pas les même valeurs !!! ».

Voilà la réponse en commentaire de mon billet, de l’auteur de l’article analysé,  :

« On me signale qu’une nouvelle fois j’ai les honneurs de votre blog sans toutefois y être cité nommément ! La première fois c’était après que vous aviez mis sur mon blog un lien qui était un hoax.
Je m’abstiendrai de juger de votre style. Mais je voudrais vous faire juste remarquer votre malhonnêteté quant aux médicaments et au laboratoire français.

J’ai signalé sans en nommer aucun les 173 produits pour montrer la folie de ce marché.
Dans l’heure des dizaines de posts sur le forum Boursorama me reprochaient de ne pas avoir cité Genfit, des messages de boursicoteurs charognards.
J’ai donc fait une actualisation du billet.
Vous êtes assez malhonnête pour en faire une défense de Genfit alors que je cite aussi Intercept son concurrent.

Je ne sais pas quelles sont vos valeurs mais le courage et l’honnêteté intellectuelle semblent ne pas en faire partie. »

Répond-il à mon analyse ? Non. Juste une attaque personnelle.

 

Qu’est-ce que cela démontre ?

Que la violence prend le pas sur les échanges et cela dans toutes les parties de notre société.

Il ne faut sans doute pas généraliser mais force est de constater qu’il est de plus en plus difficile de porter une parole critique car derrière tout cela il y a « la norme » de la pensée. La « dictature de la pensée dominante » ou son expression;  réagit violemment sans apporter, le plus souvent, d’éléments de discussion ?

Car dans ces deux exemples, quel a été mon tord pour ces deux contradicteurs?

J’explique que je n’adhérais pas à leur façon d’aborder ces deux sujets de médecine et développait une argumentation.

Cela justifie-t-il la façon dont ils m’ont critiqué?

 

Je trouve regrettable cette façon de se comporter.

 

C’est pourtant aujourd’hui la majorité des comportements. Les lieux d’échanges « non violents » sont minoritaires. Il en existe encore mais ils tendent à disparaître.

Ces deux confrères sont des « autorités médicales ». L’un est  professeur agrégé de médecine, l’autre journaliste ayant une tribune à la télévision nationale. Leur position respective justifie-elle une telle expression?

 

Je trouve inquiétant ce type de comportement. Il met un « frein » à toute expression d’une parole critique. Combien de personnes oseront exprimer leurs différences par crainte d’être « stigmatisés » ainsi?

 

Je revendique le droit à la « différence », à penser différemment, à exprimer ma façon de voir les choses. Je n’accepte pas ce type de réaction, ni à mes propos, ni à ceux des autres.

Ce droit à exprimer « sa différence » par rapport à la norme de la société, chacun d’entre nous devrait pouvoir en bénéficier. Or comme je viens de le démontrer, il semble qu’au prétexte d’une position « dominante », ce droit soit contesté. Je trouve ce comportement dommageable .

 

 

 

Je suis toujours très surpris de ce que je peux lire dans certains articles de « confrères » médecins. Je voudrais par exemple analyser celui-ci :

NASH : la maladie dite du la « foie gras humain » est en plein essor

Cet article est une représentation « caricaturale » de ce qu’est majoritairement la communication médicale aujourd’hui. Sous un abord factuel, la façon d’écrire fait plus penser à du « marketing médical » qu’à une présentation « neutre » et informative.

Tout d’abord, la description de la maladie sous son appellation anglo-saxonne ignore son appellation française : «  la maladie du ou des sodas« . Pourquoi cette omission?

Il y a juste une petite phrase qui fait le lien entre la maladie et le mode de vie.

« Il faut donc tout faire pour ne pas en arriver là et cela passe par des interventions sur le mode de vie, en privilégiant la perte de poids, action qui n’est pas toujours suffisante. »

Or cette maladie est l’aboutissement ultime d’une hygiène de vie qui fait la part belle aux produits actuels de l’industrie agro-alimentaire en particulier les sodas sucrés.

Au lieu de développer dans l’article ce que le mode de vie actuel a de mauvais pour la santé avec au final cette maladie, l’auteur développe ce qui peut être considéré comme une promotion de la médicalisation à outrance :

« Ce qui est important c’est que la prise en charge se fasse de façon pluridisciplinaire.
Articulée autour du médecin de famille, elle doit impliquer divers intervenants médicaux et paramédicaux et des intervenants autres. »

Presque aucun professionnel de santé n’est oublié. Même les chirurgiens et la chirurgie bariatrique a le droit à son « petit mot ».

Enfin, cerise sur le gâteau, l’annonce de traitements médicamenteux avec une mention particulière pour une société qui est dite de « grande qualité » car elle a défendu ce journaliste médecin qui aurait été « agressé » sur les réseaux sociaux.

 

C’est quand même hallucinant que ce journaliste médecin fasse la promotion du traitement des conséquences de cette maladie sans quasiment évoquer la prévention de cette maladie : l’abus de boissons sucrées.

Pour prendre une image, c’est comme si vous aviez un récipient qui fuit, et que vous fassiez  la promotion du remplissage pour solutionner le problème, sans même parler de la réparation de la fuite?

En quoi est-ce important pour l’auteur que cet article soit écrit de cette façon?

 

Il semble qu’aujourd’hui tout soit bon pour favoriser « le business » . Ici celui des professionnels de santé et celui des laboratoires.

Pas un mot contre l’industrie agro-alimentaire qui par les produits proposés et la promotion de ces même produits, favorise l’émergence du diabète et du NASH. N’est-ce pas surprenant que ce médecin journaliste n’en parle pas ?

D’ailleurs une commentatrice de cet article s’en étonne après avoir vu l’intervention télévisuelle. Elle écrit :

« Je tenais à vous dire que j’ai été très surprise et déçue de vous entendre terminer en disant que de nombreuses molécules médicamenteuses étaient en cours d’étude pour traiter cette maladie. Pourquoi chercher des médicaments pour traiter cette maladie alors qu’ils auront des effets secondaires néfastes et j’en sais quelque chose car je suis pharmacien. Il aurait été plus judicieux de rappeler aux téléspectateurs les règles d’hygiène alimentaire de base et de leur dire que le soda et les hamburgers doivent rester épisodiques dans leur alimentation afin qu’ils ne développent pas cette maladie. »

La réponse de l’auteur : « la chronique fait une minute trente secondes. Et parler 2 minutes d’un aspect me semble donc difficile. »

Il est vrai que quand le temps est compté, il faut aller à l’essentiel. Je vous laisse juge de ce qui est donc essentiel pour l’auteur de l’article et de la chronique télévisuelle.

Comme disait une célèbre publicité : « Nous n’avons pas les même valeurs »

 

 

Voilà donc un exemple caricatural de communication médicale et cela sur une grande chaîne nationale.

 

PS : mise à jour du 21/04/2017

http://www.lerevenu.com/bourse/valeurs-en-vue/genfit-les-big-pharmas-sagitent-dans-la-nash

 

 

 

Le Conseil de l’Ordre des Médecins « a encore frappé »

Deux condamnations qui interpellent.

Du moins, moi je m’interroge sur cette juridiction que je qualifie « d’exception »car le silence est par ailleurs assourdissant sur cette problématique.

Dans la première, nous apprenons que le Pr EVEN a été radié de l’Ordre des Médecins.

A 84 ans, ne plus pouvoir exercer, car telle est la sanction, il s’en moque.

Cependant, quel est le motif de la radiation ?

Il  « a manqué à ses obligations de moralité et à son devoir de confraternité et  a gravement déconsidéré la profession médicale »

Il est donc radié de l’Ordre des Médecins pour des propos tenus dans un livre où il dénonçait la corruption de la médecine française.

Il est donc intolérable pour le Conseil de l’Ordre des Médecins d’exprimer et de dénoncer des comportements qui sont potentiellement graves pour les patients. Cette corruption est connue, dénoncée et délétère pour la santé des patients.

Cette condamnation est symbolique : condamner un médecin de 84 ans à ne plus exercer, cela ne vous parait pas surprenant?

Car cette condamnation est le symbole de la volonté de « museler » les médecins qui voudraient dénoncer le système. Tous les médecins l’auront analysé ainsi. Le « message » sera passé et « reçu 5/5 ».

Et vous l’avez vous perçu ainsi?

 

La deuxième condamnation est elle aussi très surprenante et interpelle sur le motif ordinal de sanction.

Il s’agit de la condamnation d’un médecin, là aussi lourde condamnation car il n’a plus droit d’exercer son métier pendant quelques mois. Le motif est pour « charlatanisme » ou pour le dire autrement, d’avoir employé pour soigner des « méthodes non conventionnelles » et cela dans le cadre de la maladie de Lyme.

Première remarque : La maladie de Lyme est une maladie où les incertitudes sont plus nombreuses que les certitudes.

Deuxième remarque: depuis quand le Conseil de l’Ordre des Médecins est une instance scientifique médicale?

Troisième remarque : l’utilisation de « méthodes non conventionnelles » sont légions en médecine, cela va de thérapeutiques non « prouvées » scientifiquement, jusqu’à l’utilisation de médicaments pour des indications non conforme. C’est ce que l’on appelle dans le jargon, une utilisation hors AMM ( Autorisation de Mise sur le Marché).

Pourquoi ici, dans ce cas, sanctionner un médecin? Pourquoi lui? Pourquoi sur cette thématique?

Cela montre à quel point le Conseil de l’Ordre des Médecins agit de façon plus que partiale. Et je ne vous parle pas du silence de cette juridiction dans bien des domaines « scientifique » où elle devrait alors  intervenir.

Avez-vous entendu le Conseil de l’Ordre des médecins s’élever contre les prescriptions d’ UVESTEROL ?

Même après la mort d’un bébé suite à une prescription médicale, qu’à fait le Conseil de l’Ordre?

Rien.

Rappelez vous aussi, que de nombreux médecins ont tenté , par l’intermédiaire de plaintes au Conseil de l’Ordre de museler Irène FRACHON qui dénonçait les pratiques mortelles de ses confrères dans le cadre du MEDIATOR.

 

 

Pour terminer, message sur twitter d’un confrère citant un article du site Egora (lecture réservée aux abonnés médecins) :

Soyons clair : je ne défends en rien ce médecin que j’estime être un délinquant social.

Quand j’écris que le Conseil de l’Ordre des Médecins est une justice d’exception, pensez vous que j’exagère?

Quelle a été la sanction de ce même conseil dans l’affaire du Dr CAHUZAC? 3 mois d’interdiction mais pas de radiation. Quelle mansuétude pour des faits bien plus graves. Quelle disproportion dans les sanctions, pourquoi?

Ce dernier exemple montre que le Conseil d’Etat semble penser comme moi : justice injuste, d’exception.

Tous ces faits montrent combien l’affirmation que le Conseil de L’Ordre des Médecins est une « honte pour la démocratie » comme l’écrivait François MITTERRAND, n’est pas excessive.

Qui le dénonce ? Personne.

 

 

Je suis triste à propos de la mort de ce nourrisson de 10 jours suite à l’ingestion de gouttes d’Uvéstérol.

Je suis triste en pensant à ses deux parents qui sont dans la douleur et la souffrance peu de temps après la joie de la naissance. Mes pensées les accompagnent dans cette épreuve redoutable.

 

Je suis en colère car ce bébé n’aurait jamais du mourir.

Il est mort parce que ses parents ont fait confiance au médecin ou à la sage-femme qui ont prescrit ce médicament.

Je suis en colère car ces professionnels de santé n’auraient jamais dû prescrire à ce bébé de l’Uvestérol.

Le danger et les risques étaient connus depuis plus de 10 ans. Il y avait une surveillance renforcée de ce médicament car les signaux de pharmacovigilance étaient sans contestation.

De plus, il y a d’autres spécialités pour la même indication qui n’ont jamais montré le moindre problème. Pourquoi alors continuer à prescrire Uvéstérol jusqu’à ce drame ? Plus »

Cette question m’est venue à l’esprit en découvrant , le rapport de la concertation citoyenne sur la vaccination.

Le comité « indépendant » présidé par le Pr Alain FISCHER, dans son rapport final, propose d’étendre l’obligation vaccinale.

Tout d’abord, évacuons la déclaration des liens d’intérêt, car là n’est pas mon propos. Juste pour son président, la consultation du site transparence santé trouve ceci: capture-du-2016-12-03-10-59-40Que signifie étendre l’obligation vaccinale?

Il s’agit d’imposer à tout un chacun des vaccinations. Plus »

Il existe dans les médias, des interrogations sur pas mal d’institutions, des enquêtes, des réflexions, mais il n’existe pas grand monde pour s’interroger sur le rôle et le fonctionnement du Conseil de l’Ordre des médecins. Il est vrai que cette institution ne concerne pas tout un chacun. Je voudrais malgré tout partager mes réflexions.

Ainsi, je voudrais mettre en parallèle 3 événements de l’actualité récente et essayer de réfléchir de façon transversale  pour essayer de répondre à la question que je pose dans le titre.

Tout d’abord, le dictionnaire Larousse dans sa définition de la justice fait apparaître la notion d’équité. Le Conseil de l’Ordre des médecins possède une chambre disciplinaire qui juge et sanctionne. Cet organisme ne juge ni ne sanctionne que les médecins. Chacun pourrait donc croire que cette « justice » ne s’applique que pour tout ce qui a trait à l’exercice de la médecine. C’est en effet, ce qui serait « logique ». Plus »

De plus en plus le médecin est confronté dans sa pratique aux « exigences » des patients.

L’exercice de la médecine, comme je l’ai appris et comme elle s’enseigne sans doute encore aujourd’hui doit se pratiquer de la façon suivante :

Un patient vient avec des signes, symptômes, qui le plus souvent l’inquiètent et qu’il relate au médecin. Celui-ci après avoir écouté, pose des questions pour « affiner » les éléments recueillis par le patient, c’est ce qui constitue l’interrogatoire qui est le premier temps d’un acte médical.

Le deuxième temps est constitué par l’examen clinique. Dans cet examen, le médecin recherche des signes qui vont s’ajouter aux éléments de l’interrogatoire.medecin-patient

A partir de là, le médecin émet une hypothèse diagnostique. C’est à dire qu’il va évoquer une maladie qui « colle » avec les éléments de l’interrogatoire et ceux de l’examen clinique. Plus »