Aujourd’hui c’est le député du Finistère Richard FERRAND qui est épinglé par le Canard Enchaîné pour l’emploi d’un de ses enfants et un contrat avec la société de sa compagne quand il dirigeait les mutuelles de Bretagne.

Comme dans un passé proche pour François FILLON, la réponse est : mais c’est légal.

Mais la question est de savoir si c’est moral et non pas légal. La légalité n’a rien à voir avec la moralité.

 

Et c’est bien là qu’est le problème.

Il semble bien que de plus en plus de citoyens, s’interrogent sur la moralité de personnalités qui sollicitent  leurs suffrages pour les « représenter ».

Ainsi, nous avons vu récemment, un ancien premier ministre candidat à la primaire du parti socialiste pour l’élection présidentielle, renier sa signature en ne soutenant pas le vainqueur de cette primaire comme il s’y était engagé par écrit. Il semble qu’il n’y ai rien eu à dire au point de vue légal ( pas de plainte) mais que penser d’un point de vue moral?

La moralité n’a rien à voir avec la légalité.

 

Que penser aujourd’hui de candidats au poste de député qui comme l’ancienne ministre socialiste de la santé Marisol TOURAINE , ne font plus état aujourd’hui de leur appartenance au parti qui était le leur depuis plusieurs dizaine d’années et  se présentent comme soutenant le nouveau président de la république? Rien d’illégal là non plus mais que penser de la morale?

 

Quand on pense qu’il n’y a pas si longtemps, plusieurs dizaines d’années malgré tout, un contrat était conclu par la seule parole des deux contractants qui tout au plus se serraient la main pour conclure. A cette époque, il ne serait venu à l’idée d’aucun des deux de renier leurs paroles. Il n’y avait aucune trace d’acte écrit, juste le respect de la parole donnée, ce qui peut être considéré comme un acte moral.

 

Il ne faut pas croire que ce problème de moralité et de légalité ne concerne que les politiques. Non, c’est un « trait » de notre société actuelle dans son ensemble.

Ainsi dans la société médicale à laquelle j’appartiens, il est parfaitement légal que des experts soit rémunérés par l’industrie pharmaceutique pour leur « expertise ». Mais que penser d’un point de vue moral que ces même experts rémunérés viennent dans les médias expliquer l’intérêt des produits pour lesquels ils ont été rémunéré par les fabricants?

Que penser d’un point de vue moral de ces même experts qui usent de toute leur influence pour rendre obligatoire ces produits alors qu’ils sont rémunérés par les fabricants?

 

La moralité n’a rien à voir avec la légalité.

 

« La morale (du latin moralis « relatif aux mœurs ») désigne l’ensemble des règles ou préceptes, obligations ou interdictions relatifs à la conformation de l’action humaine aux mœurs et aux usages d’une société donnée. »

La morale s’intéresse à la question du bien et du mal, ce qui n’a rien à voir avec la légalité.

Fermer une usine et licencier les salariés pour transférer la production dans un pays permettant plus de bénéfices; cela est légal, mais est-ce moral?

Sur ce sujet, quand des chroniqueurs s’esclaffent quand Philippe POUTOU, candidat à l’élection présidentielle propose l’interdiction des licenciements, cette hilarité vient du fait évident que cette mesure réglementaire n’a pas de sens car il est impossible de légiférer dans un tel cadre. Or cette proposition de Philippe POUTOU était de proposer un cadre légal pour lutter contre un comportement considérer comme immoral.

Il est alors évident que comme la moralité n’a rien à voir avec la légalité, il est impossible de la réglementer.

 

Or aujourd’hui l’actualité est à la loi sur la moralisation de la vie politique.

Je m’étonne de ne voir personne s’esclaffer d’une telle inanité comme dans l’émission avec Philippe POUTOU.

Pas un journaliste, pas un média, pas un politique pour montrer à quel point cette volonté de légiférer sur la moralité n’a aucun sens .

 

Or la moralité est aussi miscible dans la légalité que l’eau dans l’huile.

 

Le plus drôle dans cette annonce de l’urgence de la loi de moralisation de la vie politique est que la communication de cette loi est portée par François BAYROU, nouveau ministre qui fête aujourd’hui ses 66 ans et qui a débuté sa carrière en politique il y a 35 ans. De plus, il est mis en examen pour diffamation.

N’est-ce pas une belle preuve que moralité et légalité n’ont rien à voir. Si moralité et légalité avait quelque chose en commun, ce monsieur n’aurait de toute évidence jamais pu être ministre.

 

Aujourd’hui nous vivons une crise morale que nos politiques où tous ceux qui ont le pouvoir, veulent régler à coup de règlements et de lois voulant nous faire croire que moralité a tout à voir avec légalité.

Mais cela n’a rien à voir.

Or tout le monde devrait avoir conscience qu’en utilisant un outil inadapté, aucun problème ne se règle. C’est comme prescrire des médicaments pour un problème dont l’origine est l’hygiène de vie et le comportement.

 

Alors pourquoi, agir en ce sens?

J’ai personnellement une idée sur la question. Et vous ?

 

Je voudrais rebondir aujourd’hui sur une problématique qui semble « enflammer les passions » : comment aborder le problème du surpoids et de l’obésité avec les patients?

J’ai lu avec intérêt le billet du Pr BURTEY.
Je n’ai pas commenté son billet car j’ai un peu le sentiment que c’est un billet : « Voilà ce que je pense et je vous « emmerde » ». En effet, à la différence de ses billets habituels, il n’a pas répondu aux commentateurs. Mais peut-être le fera-t-il?

Un blog est là pour exprimer ce que l’on pense, que cela plaise ou non, mais cela peut se faire sur un ton « apaisé ». Je trouve « bizarre » la tonalité de son billet. J’ai l’expression que l’auteur est irrité sur le fait que l’on puisse contester sa façon de « penser »? Est-ce aussi l’effet « professeur agrégé » qui supporte mal que l’on conteste ses dires? C’est en tout cas, mon sentiment, ce que j’ai ressenti en lisant ce billet.
Tout le monde peut s’exprimer sur tout, mais je trouve que « notre néphrologue préféré » devient nettement moins pertinent quand il s’éloigne de sa spécialité. Je l’ai déjà remarqué à de nombreuses reprises par le passé. J’ai fait le constat qu’il est excellent quand il nous parle de néphrologie, de physiologie, mais nettement moins bon quand il écrit sur d’autres sujets que sa spécialité. Mais c’est aussi le lot de chacun d’entre nous et c’est ce que nous pouvons tous constater chaque jour.

Cependant, son billet a le mérite d’ouvrir le débat et en cela il est utile et intéressant.

Il y a une phrase  dans son billet qui m’a interpellé :
« L’obèse n’est pas une victime, c’est un sujet agissant capable de modifier ses comportements alimentaires. »

Un autre confrère a également réagit à ce billet sur son blog.
J’ai laissé un commentaire qui est l’ossature de ce billet.

 

 

Je rejoins le constat que perdre du poids durablement est quasiment impossible.

Le constat que les méthodes pour maigrir ont des résultats « nuls » sur le moyen et long terme, est un fait incontestable.
Cependant, pour m’être investi sur le sujet depuis des années, je peux témoigner que les patients, si ils ne sont peut-être pas « victimes » au sens où ils ne feraient que « subir » sans action personnelle, sont malgré tout, le plus souvent impuissants à obtenir le poids « idéal » qu’ils souhaitent ou que leur médecin « réclame ».

Parler de leur poids à la consultation médicale comme il semble « nécessaire » pour certains;  est souvent « contre-productif ». Pourtant, il est incontestable que le poids est un facteur de nombreuses maladies chroniques dont le cancer.

 

 

Pourquoi je pense qu’il ne faut-il pas aborder « brutalement » le problème de poids avec un patient ?
Premièrement, parce qu’il sait qu’il est en surpoids. Cela se voit et il n’ est pas « aveugle ». Qui peut méconnaître son surpoids et son obésité? Ce n’est pas quelque chose que l’on peut ignorer comme son taux de cholestérol.
Donc le rappeler est souvent culpabilisant.

C’est d’autant plus culpabilisant que la majorité des patients a essayé de maigrir et n’a pas réussi à le faire. S’ils ont réussi, ils ont, le plus souvent, repris le poids perdu comme chaque médecin peut, soit le constater, soit en être informé.
Deuxièmement, leur parler de leur poids cela revient à leur parler de leur échec, les culpabiliser d’avoir échoué à perdre de ce poids si délétère pour leur santé et cela d’autant plus qu’ils vivent souvent leur reprise de poids avec honte.

Alors comment faire?
Car oui, le poids est un problème de santé qui en amènera d’autres souvent plus grave.

Les inciter à aller consulter une diététicienne, un coach ou même se tourner vers la chirurgie bariatrique comme je le vois écrit de plus en plus souvent ?

Cette dernière solution est, dans la très grande majorité des cas, illusoire. C’est une solution pourtant présentée comme quasi « miraculeuse ». Mais la plupart de ceux qui la proposent, passent sous silence, ou ignorent,  les effets à moyen long terme de cette solution, effets souvent dramatiques. Car comment penser que traiter uniquement les conséquences sans s’attaquer aux causes, peut in fine résoudre le problème? C’est bien ce que l’on fait, pourtant,  avec la chirurgie bariatrique. On mutile souvent gravement et de façon définitive des patients sans avoir le recul nécessaire sur la technique et ses conséquences en particulier psychologiques. Car oui,  cette technique a sans doute un intérêt. Mais comme souvent, comme pour beaucoup de thérapeutiques, cette technique est utile pour un nombre restreint de patient. Et comme souvent, une thérapeutique qui est « une solution » pour quelques patients, on la propose et incite un maximum de patients à y avoir recours.

Ici non plus la chirurgie bariatrique n’est pas LA solution, alors que faire ?

 

 

Peut-être faire le constat que le poids n’est pas seulement la conséquence d’un problème d’alimentation ou de sédentarité. Qu’il y a beaucoup d’autres causes même si elles sont aujourd’hui ignorées.

Il faut sans doute ne pas renvoyer à chaque fois le patient vers les diététiciennes et autres nutritionnistes focalisés sur l’alimentation.
L’alimentation est un facteur important de la prise de poids, c’est indéniable mais ce n’est pas le seul et unique comme cela  semble être la conviction de nombre de professionnels de santé.

 

 

Ainsi, par exemple,  de plus en plus de publications font un lien entre le « sucre » et une possible addiction.
Le sucre et certains aliments se comporteraient comme des « drogues ».
D’ailleurs,  chacun d’entre nous peut porter témoignage que « manger » n’est pas fait uniquement pour se nourrir. Nous mangeons parfois pour d’autres raisons.

Donc pourquoi nous nous « focalisons » ainsi sur l’alimentation quand nous évoquons le problème du poids avec nos patients?

 

 

J’ai bien lu que dans le billet de ce confrère il parle d’activité physique, de son importance, mais là aussi les patients savent bien qu’il faut bouger. C’est donc un message qui « enfonce des portes ouvertes » . C’est typiquement le discours « y-a qu’à, faut qu’on… ».

Donc, OUI le poids est un problème de santé, OUI les médecins doivent le prendre en charge, NON il ne faut pas avoir un discours « simpliste » sous prétexte que nous sommes confrontés à un sujet complexe.

Ce sujet nous renvoie d’ailleurs à nos problématiques de médecin : l’injonction à agir, à prescrire, à faire, et son corollaire : notre impuissance à tout traiter, notre impuissance à apporter à chaque fois « LA solution » .

Cette problématique du poids et de l’obésité  remet en question notre « toute puissance médicale » dans laquelle beaucoup de médecins se complaisent.

Remettre en question cette « toute puissance » médicale est pour beaucoup de médecins inacceptable. Il est tellement plus « confortable » de pointer du doigt la responsabilité du patient que d’admettre notre impuissance à « soigner ».

 

 

Donc pour terminer, arrêtons de faire de l’alimentation mais aussi de l’activité physique les seuls facteurs de la prise de poids et de l’obésité.
Arrêtons de renvoyer ainsi chaque patient obèse et en surpoids, à chaque fois, à sa « responsabilité ».
Si ce problème ne trouve pas de solutions c’est qu’il est complexe et que les solutions sont en dehors du champ de la simplicité.  Arrêtons donc de « proposer » uniquement des solutions simples qui ne marchent pas et qui laissent le patient seul face à sa « détresse »,  face à son poids.

Qui plus est, le médecin envoie souvent aux patients des messages type injonction paradoxale : perdre du poids mais sans lui proposer aucune autre solution en dehors de celles qu’il connaît déjà, et qu’il a essayé, dans la plupart des cas, sans succès.

 

 

Enfin, n’est-il pas possible d’échanger sereinement sans se renvoyer le constat d’une possible « maltraitance »? Car dans ce domaine pourquoi vouloir nier à tout prix le ressenti et l’expression de la souffrance des patients ? Agir ainsi, n’est-ce pas une des caractéristiques de la « toute puissance médicale » et de l’ego souvent surdimensionné d’un certain nombre de médecins? Nous sommes tous perfectibles, même les médecins, et admettre que l’on peut se tromper dans son discours, dans sa façon de conduire une consultation, dans ses idées et croyances, est simplement « être humain ».

 

 

Pour terminer sur une note « positive », que faire alors?
Je pense qu’il faut écouter les patients, les faire exprimer leur souffrance. Les accompagner. Explorer tout le champ des possibles.
Trouver le juste équilibre : ni victimisation ni culpabilisation.
Pas simple en effet.

PS : mise à jour du 12/03/2017, la réaction de mon « confrère » néphrologue à mon billet :

Nourrissons le troll.

Cette notion de risque relatif et de risque absolu ne vous dit sans doute rien de prime abord.

Et pourtant vous y êtes confrontés en permanence.

Dès que l’on vous cite un pourcentage de bénéfice ou de risque, il ne vous est jamais précisé s’il s’agit de risque absolu ou de risque relatif.

En fait il s’agit toujours de risque relatif car celui-ci est « plus vendeur ».

Pour être plus compréhensible, je vais tâcher de vous expliquer la différence avec deux exemples. En effet, faire la différence est capital pour avoir une vision la plus « fiable » possible de la réalité. Plus »

Cette question m’est venue à l’esprit en découvrant , le rapport de la concertation citoyenne sur la vaccination.

Le comité « indépendant » présidé par le Pr Alain FISCHER, dans son rapport final, propose d’étendre l’obligation vaccinale.

Tout d’abord, évacuons la déclaration des liens d’intérêt, car là n’est pas mon propos. Juste pour son président, la consultation du site transparence santé trouve ceci: capture-du-2016-12-03-10-59-40Que signifie étendre l’obligation vaccinale?

Il s’agit d’imposer à tout un chacun des vaccinations. Plus »

Bonjour

Comme je l’ai déjà écrit, une étude a montré que le patient français sortait de sa consultation médicale avec une ordonnance dans 91% des cas.

En effet, faire acte médical, c’est agir.call-to-action-social-media

C’est donc prescrire : des médicaments bien sur, mais aussi des bilans biologiques, des radiographies, mais aussi des actes de kinésithérapie etc.

Il ne faut pas oublier que quand la personne n’est pas malade, qu’aucun examen complémentaire n’est utile pour faire un diagnostic, il reste encore les dépistages car comme chacun sait, tout bien portant est un malade qui s’ignore et tout vivant est un mort en sursis. Plus »

Vous devez vous demander pourquoi un titre aussi énigmatique. En fait il m’est venu en lisant tout ce qui a été écrit sur certains blogs à propos du livre de Martin WINCKLER « Les brutes en blanc » .

Je tiens tout de suite à préciser que le titre n’a rien à voir avec un roman d’un écrivain célèbre et controversé.

Je ne vais pas faire dans ce billet, un nième commentaire sur ce livre. Beaucoup l’ont fait. Non, je vais développer un élément qui ne l’a été nulle part. Un élément qui a été évoqué mais pour passer rapidement dessus , ainsi je citerai la dernière phrase de ce confrère :

« Les médecins sont bien attentionnés dans leur immense majorité, leur formation ne les prépare ni à la relation avec un malade, ni à l’analyse critique des données de la science et des affirmations parfois péremptoires des leaders d’opinion. Ils sont souvent maladroits avec les patients, et souvent en souffrent. Former les médecins à l’empathie est indispensable, pour les patients, pour eux, pour la société. » Plus »

Tous les vaccins qui sont mis sur le marché sont-ils efficaces, indispensables ?

A en croire les autorités, c’est le cas.

Pourtant, le bon sens, le simple bon sens ne peut que douter que cela soit vrai. Qui pourrait penser que tous les médicaments sont utiles, que tous les médicaments ont un rapport bénéfice/risque favorable ? Personne car chacun sait qu’il y a des médicaments plus utiles que d’autres. Cela parait une évidence.

Et pourtant, il semble que les vaccins bénéficient d’un statut particulier en France qui fait dire à notre ministre de la santé la chose suivante :

« La vaccination : cela ne se discute pas » Marisol Touraine , ministre de la santé 29 mai 2015. Plus »

Il ne faut pas confondre prévention et dépistage.

Pourtant, beaucoup d’articles, vous présente le dépistage comme une prévention. Juste un exemple trouvé sur le net : Préserver votre santé : dépistages et action de prévention pour tous.

Cet article est assez caricatural car il fait un amalgame de choses aussi différentes que le dépistage du cancer du sein, la vaccination anti-grippale et l’arrêt du tabac.

La prévention est une mesure qui permet d’éviter la survenue d’un événement médical. Faire du sport permet d’avoir une action préventive sur les événements cardio-vasculaire, le cancer, les infections. Plus »

Dans mon précédent billet, ASK a écrit en commentaire, ceci  :

« Les choses étaient-elles différentes lorsque tu as débuté ta carrière ? Est-ce le contexte qui s’est empiré ou toi le docteur qui le supporte moins ? »

Dans ce billet, je vais lui répondre, car son commentaire m’a interpellé et fait réfléchir.

J’ai commencé à exercer en 1984. Plus »

Je viens de lire un article sur l’importance du magnésium dans notre corps.

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Cet article a été écrit par un confrère néphrologue. Il est long, développé, complexe, mais je vais vous résumer l’essentiel ou du moins ce qui m’a interpellé personnellement en tant que médecin généraliste. En effet, cet article est basé sur une conférence que l’auteur a fait au profit de ses confrères néphrologues. Ainsi une grande partie de cet article aborde des problématiques spécifiques de la spécialité comme la dialyse. Plus »