Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les médecins qui s’opposent à l’obligation vaccinale soient menacés par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM). C’est son président, le Dr BOUET qui menace.

C’est à l’occasion d’une interview dans le journal Le Médecin Généraliste que le président du CNOM a proféré ses menaces.

Ce journal professionnel, à l’attention des médecins généralistes comme son nom l’indique, a donc posé des questions, au président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, médecin généraliste lui-même; sur le fait que des médecins s’opposent à l’obligation vaccinale.

Il faut savoir que cette publication possède des liens d’intérêts majeurs avec l’industrie pharmaceutique. Elle y publie par exemple ses publicités mais aussi des articles « à la gloire » de cette industrie. Ce n’est pas une publication pour s’informer de façon indépendante.

Ce n’est sans doute pas un hasard que l’opposition à l’obligation vaccinale de la part des médecins soit évoquée dans cette revue.

Qui plus est, interroger le président du CNOM organe de contrôle et de sanctions des médecins, fait également sens.

Si je publie ce billet, c’est pour que les citoyens puissent lire cette interview et prennent conscience des « dangers » que courent les médecins qui se veulent indépendants.

 

 

 

 

Le préambule est clair :

« le Dr Patrick Bouet remet les pendules à l’heure. ll met en garde : les professionnels qui relaieront des arguments contraires aux données de la science pourront être poursuivis. « Quelles que soient les convictions personnelles d’un professionnel, il se doit de protéger ceux qui l’entourent. Il n’y a pas de débat », clame-t-il dans une interview exclusive au Généraliste. » « Il faut que les médecins sachent que s’ils n’adoptent pas une attitude conforme aux données de la science ou s’ils mettent en danger les patients, ils devront en assumer les responsabilités. »

Les choses sont donc claires, la phrase essentielle est ici :

« Il n’y a pas de débat »

Cela signifie qu’il faut obéir aux ordres des autorités et surtout, il faut se taire.

 

 

 

 

A la question de savoir pourquoi le CNOM soutient l’obligation vaccinale, son président répond :

« Je le redis solennellement et avec conviction, nous soutenons l’initiative de la ministre de la Santé car, dans le climat actuel, il est primordial de protéger l’individu et la collectivité. Créer l’obligation pour ces vaccins dont nous savons qu’ils protègent et sauvent des vies, c’est une action de santé publique »

Je ne reviendrai pas sur ces propos, notre lettre est un réquisitoire contre l’obligation vaccinale, factuel et argumenté.

Il est par ailleurs particulièrement intéressant que le Dr BOUET parle de conviction.

Nous sommes bien ici dans la conviction, donc dans la croyance, donc bien loin de la science.

 

 

 

 

Quant au débat qui a lieu, voici la réponse du président du CNOM :

« Je comprends que des personnes, quelles qu’elles soient, puissent s’interroger sur le médicament, sur le vaccin, sur leurs effets potentiels. Notre société a besoin d’informations. Je comprends moins cependant que des médecins puissent mettre en avant des affirmations infondées pour augmenter le trouble dans la population. »

Qu’il puisse exister des affirmations douteuses, même venant de certains médecins, nul n’en doute. Mais toutes les affirmations des médecins qui s’opposent à l’obligation vaccinale ne sont pas infondées.

Il est ici très surprenant de voir le CNOM s’ériger en défenseur de la « science médicale », de la médecine par les preuves et en combattant des « affirmations infondées ».

En effet, le CNOM n’est pas un organisme qui est en charge de la pertinence des données scientifiques médicales. Le CNOM n’est pas une autorité médicale dans le sens d’experts en science médicale. Ce n’est pas une Haute Autorité de Santé qui évalue et fait des recommandations de bonnes pratiques.

Pourquoi, dans ce cas,  aujourd’hui le Dr BOUET prend-il partie ainsi comme défenseur de la vaccination? Comme si l’intérêt de la vaccination était remise en question. Mais le débat porte sur l’obligation vaccinale. Pourquoi écrire alors ceci :

« Les vaccins sauvent des vies et quand une nouvelle maladie apparaît, que demande-t-on? Où en est le vaccin? C’est tout. » s’exclame le Dr BOUET.

Nous ne savons plus trop, dans ce qui est écrit si c’est l’obligation vaccinale qui est décriée ou la position anti-vaccins de certains. Ce mélange dans le discours est particulièrement troublant. Pourtant c’est bien le sujet de l’obligation vaccinale dont il est question dans cet article : « Au moment où certains praticiens s’opposent à l’extension de l’obligation à 11 vaccins pour les enfants de moins de deux ans, le président de l’Ordre des médecins, le Dr Patrick Bouet remet les pendules à l’heure. »

Ces propos sont d’autant plus surprenants que le Collège National des Généralistes Enseignants, c’est à dire les professeurs de médecine générale, ceux qui enseignent aux étudiants en médecine, donc ceux pour qui les données scientifiques sont la base de leur travail, ces médecins se sont prononcés contre l’obligation vaccinale.

De la même façon, la Société Française de Santé Publique (SFSP) s’est également prononcée contre l’obligation.

Il est donc particulièrement paradoxal qu’un organisme de contrôle des médecins dont la mission ne comporte pas de « dire la science médicale » menace de sanctions, par la voix de son président, ceux dont c’est le métier.

Par le passé, tous ceux qui connaissent le rôle et la fonction du CNOM savent bien qu’il ne s’engage jamais dans des débats scientifiques médicaux. Le CNOM s’est-il par exemple saisi des débats sur le dépistage du cancer du sein par mammographie? A aucun moment et pourtant il aurait pu le faire. Mais jamais il ne s’en est mêlé. Voir par exemple ici ou . Je pourrais vous citer beaucoup d’autres exemples de controverses médicales où le CNOM reste muet.

Pourquoi alors aujourd’hui s’engager aussi violemment pour l’obligation vaccinale?

Cette prise de position du CNOM et ses menaces vis à vis des médecins critiques de l’obligation vaccinale sont particulièrement déplacées.

Au point où l’on pourrait se demander si ces propos ne pourraient pas  s’apparenter à une forme d’abus d’autorité?

 

 

 

 

Cela est d’autant plus vrai et je voudrais vous citer l’article 5 du code de déontologie ( Art R-4125-5 du code de la santé publique )

Le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit.

En menaçant ainsi de sanctions ordinales qui peuvent aller jusqu’à la radiation et donc l’interdiction d’exercer le métier de médecin; les médecins qui s’opposent à l’obligation,  le Dr BOUET président du CNOM ne veut-il pas faire pression sur les médecins pour qu’ils aliènent leur indépendance professionnelle au profit de la soumission aux autorités?

Proférer des menaces est particulièrement troublant, surtout quand il semble que les convictions l’emportent sur la raison comme cela a été indiqué.

 

 

 

Un dernier élément m’interpelle.

Le Dr BOUET a été élu, il y a peu à l’académie de médecine.

Comme cela est noté, c’est le premier médecin généraliste élu à cette illustre institution.

Les propos reportés dans cette interview sont faits d’amalgames entre l’opposition à la vaccination et l’opposition à l’obligation vaccinale. En parlant de l’encéphalite rougeoleuse ces propos tendent à invoquer la peur.  Il existe des affirmations comme considérer l’obligation vaccinale comme une mesure de santé publique qui sont en contradiction avec les experts en santé publique. Le Dr BOUET nous parle de convictions alors qu’il est question de science médicale. Cette façon de présenter les choses sont-elles correctes pour un médecin, membre de l’académie de médecine?

Le Dr BOUET se défend par ailleurs de toute influence.

« En disant cela, je n’ai pas le sentiment de me « mettre à genoux devant le gouvernement » ou d’être à la solde des laboratoires, comme certains l’ont affirmé. »

Cette l’affirmation est habituelle chez ceux qui ont justement des liens d’intérêt. Ils ont toujours « le sentiment » d’être indépendant. Mais la majorité de ceux qui sont sous influences affirment toujours leur indépendance, comme par exemple la ministre de la santé. Mais n’y a-t-il pas aveuglement de leur part et ne sont-ils pas les plus mal placés pour en juger?

 

 

 

 

 

Pour conclure, je m’interroge sur ce qui peut pousser le président de l’ordre des médecins à tenir de tels propos?

C’est une interrogation que chacun peut légitimement se poser?

Ses convictions sur le bien fondé de cette obligation, sont sans doute une des explications.

Mais baser des menaces de sanctions des médecins qui contestent l’obligation vaccinale sur les convictions du président du CNOM, même si ces convictions, sont partagées par d’autres médecins, cela me semble pour le moins problématique.

Personnellement, bien qu’il s’en défende, je pense que les liens d’intérêt du Dr BOUET ont aussi à voir avec ces propos.

Il existe des liens d’intérêts plus forts que ceux que l’on peut avoir avec les industries pharmaceutiques.

Ce sont les liens d’intérêts vis à vis de ceux qui valorisent votre ego. Ainsi en devenant académicien, le nouveau membre veut sans doute être digne de cette société qui l’honore. Il veut être digne de l’honneur qui lui est fait. Donc soutenir sa ministre de tutelle, même si elle n’a pas eu de lien direct avec sa nomination, c’est montrer à quel point il sait être digne de sa nouvelle appartenance à l’élite de la société.

Peu de personne savent garder du recul quand ils atteignent les « sommets ».

 

 

 

Voilà mon analyse de l’interview menaçante du président du Conseil National de l’Ordre des médecins.

Vous trouverez d’autres réactions :

Lettre ouverte au Dr Bouet, président du CNOM

Ou encore :

http://michel.delorgeril.info/ethique-et-transparence/vaccins-sciences-medicales-et-ordre-des-medecins

 

A vous de juger.

 

Il existe dans les médias, des interrogations sur pas mal d’institutions, des enquêtes, des réflexions, mais il n’existe pas grand monde pour s’interroger sur le rôle et le fonctionnement du Conseil de l’Ordre des médecins. Il est vrai que cette institution ne concerne pas tout un chacun. Je voudrais malgré tout partager mes réflexions.

Ainsi, je voudrais mettre en parallèle 3 événements de l’actualité récente et essayer de réfléchir de façon transversale  pour essayer de répondre à la question que je pose dans le titre.

Tout d’abord, le dictionnaire Larousse dans sa définition de la justice fait apparaître la notion d’équité. Le Conseil de l’Ordre des médecins possède une chambre disciplinaire qui juge et sanctionne. Cet organisme ne juge ni ne sanctionne que les médecins. Chacun pourrait donc croire que cette « justice » ne s’applique que pour tout ce qui a trait à l’exercice de la médecine. C’est en effet, ce qui serait « logique ». Plus »

Quelle la définition de maltraitance ?

D’après Larousse il s’agit de mauvais traitement au profit d’une catégorie de personnes.

Par ailleurs, j’entends par « monde médical » l’ensemble des acteurs de la médecine en France : les autorités sanitaires, le monde du soin médical : hôpitaux, médecins quelque soit leurs statuts, instance ordinale médicale etc.

Ceci étant posé, pourquoi cette question ?

Tout d’abord, le dépistage du sein par mammographie.

Sous l’égide de l’ Institut National du Cancer ( INCA) , une concertation citoyenne et scientifique a été lancé le premier semestre 2016. Le but affiché : Améliorer le dépistage du cancer du sein. Vous trouverez sur ce site, le rapport final ( 166 pages). Plus »

Voilà ce que je lui ai écrit :

Mme La Ministre de la Santé

Bonjour
J’ai pris connaissance de la sanction qui touche le Pr Henri Joyeux à propos de ses positions sur la vaccination DTP.
Je suis choqué, en tant que médecin, qu’il puisse être sanctionné pour avoir émis une opinion sur le sujet.
Le délit d’opinion n’existe pas dans notre législation.
Or c’est clairement ce qu’il vient de se produire.
Le code de déontologie qui régit l’exercice des médecins comporte un article qui exprime que chaque médecin doit préserver son indépendance de jugement et d’exercice.
Cette sanction va à l’encontre de cet article.
Quel que soit l’opinion que l’on a sur la vaccination, cette sanction ne peut être acceptable.
La médecine est une science où le débat fait parti de la règle.
Sanctionner une opinion est un déni de science et un déni de démocratie.
Quelque soit l’opinion que l’on défend, elle doit être entendue, et cela dans le respect de la législation, ce qui n’est pas le cas dans cette décision d’exception.
Je vous demande donc d’user du pouvoir  qui est le votre pour rétablir la démocratie dont l’expression d’opinion contradictoire est une des règles.

D’avance je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à ce mail.

Le délit d’opinion semble être devenu, en médecine, une réalité .

délit de pensée

La preuve en est la radiation du Pr Joyeux par le conseil de l’ordre des médecins dont il dépendait.

Dans le domaine de la médecine, il y a un organisme chargé de veiller à ce que les médecins appliquent des règles dites « déontologiques ». Une sorte de « tribunal d’exception »police pensée Plus »

Les Pr Debré et Even viennent d’être condamnés par le Conseil de l’Ordre des médecins d’Île de France à 1 an d’interdiction d’exercer dont 6 mois avec sursis.

Quel délit ont-ils pu commettre pour une sanction si lourde ? Pour mémoire , le Dr Cahuzac n’avait été condamné qu’à 6 mois dont 3 avec sursis.

Ils ont été condamné pour « manquement à la confraternité ». Ce qui veut dire qu’ils ont critiqué certain de leurs confrères. Donc critiquer des confrères est plus grave pour le Conseil de l’Ordre des médecins, que le comportement du Dr Cahuzac . Information intéressante de l’état d’esprit d’un tel conseil. Plus »