Je voudrais vous raconter une histoire qui me touche de près et que je crois emblématique de ce qui se passe dans l’exercice de la médecine en France.

 

 

 

J’ai un ami proche, qui souffre d’un diabète depuis maintenant de nombreuses années.

Cet ami est suivi exclusivement par un endocrinologue qu’il a désigné comme son médecin référent . Il n’a donc pas de médecin généraliste et cela d’autant moins que son diabète est le seul problème pour lequel il consulte.

Mais depuis plusieurs jours et même quelques semaines, cet ami souffre de plus en plus et de façon récente de façon intense, de douleurs articulaires.

Ces douleurs sont parfois intolérables et dans la vie quotidienne, il a besoin depuis peu de l’aide de son épouse pour s’habiller.

il s’en est ouvert à son médecin référent, son endocrinologue, évoquant la possibilité d’un rhumatisme inflammatoire peut-être psoriasique.

Celui-ci a pris donc rendez-vous pour son patient auprès d’un rhumatologue de sa connaissance. Mais le rendez-vous n’aura lieu que dans quelques semaines.

 

 

Cet ami souffre de plus en plus.

Il est retourné voir son médecin référent pour qu’il lui prescrive des médicaments pour être soulagé de ses douleurs qui deviennent par moment difficilement tolérables.

Ce dernier, ne lui a rien donné, au prétexte qu’il ne voulait pas que le traitement en particulier anti-inflammatoire puisse interférer dans la consultation et le diagnostic de son confrère rhumatologue.

Mon ami souffre donc et n’obtient aucun aide pour soulager ses douleurs et doit patienter jusqu’à la consultation du rhumatologue.

Voici donc les faits, du moins dans ce que j’ai pu apprendre.

 

 

Mon questionnement est de savoir pourquoi donc, aucun médecin généraliste n’a été consulté?

Pour répondre à cette question, je vous propose quelques unes de mes réflexions.

 

 

La première est de savoir pourquoi l’endocrinologue dont le patient qu’il suit pour son diabète, devant l’apparition de symptômes qui dépassent sa spécialité, pourquoi n’a-t-il pas conseillé à son patient de consulter un généraliste?

Pourquoi cet endocrinologue a-t-il adressé directement son patient à un confrère rhumatologue alors que notre ministre de la santé réaffirme dès qu’elle le peut, le rôle pivot du médecin généraliste?

Ce spécialiste « d’organe » qu’est le diabétologue semble penser que les seules compétences d’un médecin généraliste est d’orienter les patients qu’il reçoit, dès que la pathologie dépasse « la bobologie », vers un médecin spécialiste du problème évoqué. En ce sens, il est alors assez logique d’éviter la « case » médecin généraliste car prendre rendez-vous est à sa portée et même à celle de n’importe qui.

Il est logique de penser que le médecin diabètologue, par cet acte, semble avoir une piètre opinion des compétences d’un médecin généraliste relégué au rôle d’une simple « secrétaire ».

C’est ne pas avoir conscience que le médecin généraliste a des compétences dans tous les domaines de la médecine dont la rhumatologie.

C’est oublier aussi que gérer la douleur fait partie du quotidien d’un médecin généraliste. Il a une expertise dans le domaine qui est manifestement ignorée par le diabètologue? Par ailleurs laisser croire que l’on ne peut pas soulager dans l’attente de la consultation qui est impossible dans un délai raisonnable, me parait problématique de la part d’un médecin.

 

 

 

Est-ce parce que la vision qui prévaut chez nombre de spécialistes « d’organes » est que le médecin généraliste n’est juste bon à faire des renouvellements d’ordonnances ou remplir des papiers de tous ordres, mais pas suffisamment compétent pour prendre en charge un malade; que cet endocrinologue agit ainsi?

Cet exemple montre à quel point l’arrogance du spécialiste ignorant son confrère généraliste cache de l’incompétence.

Personne ne demande à un diabétologue d’être compétent en douleur rhumatologique, par contre ne pas permettre au patient de faire appel aux compétences d’un généraliste dans ce domaine me parait fautif.

Est-ce que le fait que mon ami n’ait pas de généraliste référent est une raison suffisante pour ne pas consulter un généraliste? En d’autres termes, est-ce qu’un problème administratif (désignation par un patient d’un spécialiste et non un généraliste comme son médecin traitant) lui interdit de consulter un médecin spécialiste en médecine générale?

 

 

 

Pour ce qui est de mon ami qui souffre, comment se fait-il que de lui même, il n’est pas aller consulter un médecin généraliste, même s’il n’en a pas vu depuis de très nombreuses années?

Parce que lui aussi adhère au sentiment largement répandu dans la société et relayé par nombres de médecins spécialistes d’organes, de professeurs de médecine et aussi nombres d’autorités sanitaires diverses et j’en passe; que le médecin généraliste n’a pas de réelles compétences médicales?

Je n’ai pas eu l’occasion d’aborder ce sujet avec lui, mais je ne peux pas m’empêcher de croire que c’est sans doute une part de la « réalité ».

En attendant mon ami continue à souffrir sans prise en charge de cette souffrance.

Il attend avec impatience sa consultation chez le rhumatologue qui est maintenant très proche.

 

 

 

Si j’ai voulu raconter cette « anecdote », c’est qu’elle est, je pense, symptomatique de l’évolution plus ou moins récente de la médecine en France.

J’ai le souvenir d’un de mes patients que j’adressais régulièrement à un gastro-entérologue pour le suivi de sa pathologie digestive et à qui il avait fait part d’une toux qu’il considérait comme persistante. Ce gastroentélogue avait directement adressé mon patient dont j’étais pourtant le médecin généraliste référent, directement à un pneumologue en oubliant sciemment que peut-être je pouvais prendre en charge cette toux pourtant banale. Je pense que nombre de mes confrères généralistes, ont des « anecdotes » similaires dans leurs pratiques.

Alors quand j’entends, dans la bouche des autorités que le médecin généraliste est le pivot du système de soin en France, cet exemple montre à l’envie qu’il n’en est rien. C’est peut-être anecdotique mais c’est à mon sens assez symptomatique de l’état d’esprit assez courant, vis à vis des médecins généralistes.

 

 

 

Si les médecins généralistes étaient reconnus pour ce qu’ils sont : des médecins qui soignent et qui ont les compétences pour cela, nous n’aurions pas de « déserts médicaux ».

Si la spécialité de médecine générale était en France reconnue comme telle, elle ne serait pas la spécialité si méprisée dans l’enseignement de la médecine en France au point que c’est la spécialité, bien que majoritaire en nombre d’étudiants qui a le taux d’encadrement de ses étudiants la plus faible, et largement.

Et que dire du prix de la consultation de médecine générale qui est la plus faible de toutes les spécialités? N’est-ce pas en soit une marque visible du mépris et du peu de considération de la « société » pour ses médecins généraliste?

 

 

 

Voilà en quoi cet exemple est je crois symptomatique d’un des « maux » dont souffrent notre système de santé actuel.

 

 

 

Mais loin de ces considérations sociétales, voire corporatistes,  ce qui est à mon sens le plus grave; c’est qu’en agissant ainsi,  le médecin laisse souffrir un patient au seul prétexte de ne pas « perturber » la future consultation d’un confrère.

Exercer la médecine, est-ce de l’entre soi médical ou du soin aux patients?

N’est-ce pas n’avoir également aucune considération pour son patient que de le laisser souffrir et être par le comportement décrit,  maltraitant?

 

 

 

Mise à jour du 17/07/2018

Mon ami a été consulter le rhumatologue.

Malgré l’espoir mise dans cette consultation aucun diagnostic n’a été porté mais un bilan prescrit et des antalgiques sans « particularité » prescrits.

En fait, ce rhumatologue, spécialiste, a fait exactement ce qu’un médecin généraliste aurait fait s’il avait été consulté. Rien de plus et sans doute même moins.

Tout cela pour ça?

 

Mise à jour du 19/07/2018

Docteurdu16, apporte son propre éclairage : c’est ici .

 

Twitter dont je possède un compte depuis maintenant plusieurs années est un réseau social capable du meilleur comme du pire.

Je voudrais aujourd’hui parler du meilleur.

Il me permet de suivre nombres de mes confrères qui mettent en ligne pour une majorité d’entre eux ( une minorité peut-être) des articles, de textes (avec les liens) qu’ils ont aimés et qu’ils veulent partager.

C’est aussi dans ce but que j’ai ouvert un compte sur Twitter.

L’un de mes confrères ( il se reconnaîtra sans doute, et je l’en remercie pour ce « signalement ») a partagé un article d’un confrère généraliste dont le titre est : « L’evidence based medicine (ebm) et la légitimité du pouvoir de guérir« .

Je voudrais vous parler de cet article aujourd’hui en espérant que nombre d’entre vous le liront. Cet article est d’une rare intelligence et apporte une réponse à notre actualité médicale. Il apporte une réflexion sur la pratique de la médecine aujourd’hui en opposition avec ceux qui veulent limiter la réflexion sur le sujet.

Sans faire un résumé, je voudrais juste citer quelques phrases de cet article certes de 2011 mais d’une actualité « criante ».

 

 

« Ainsi, depuis ce temps, la médecine occidentale scientifique considère que la guérison ne prouve rien. »

Cette phrase très forte, devrait être rappelée et méditée par nombre de mes confrères mais aussi par beaucoup de commentateurs, journalistes etc.

Dans bien des cas, c’est le fait de prendre une causalité pour une cause qui génère beaucoup d’erreurs d’appréciation. Nombre de personnes confondent les deux et affirment une cause là où il n’existe au mieux qu’une causalité. Nos journaux sont pleins de ces articles qui confondent causes et causalités et font dire à certains qu’il s’agit de « stats à la con ».

« Un médecin qui essaye un traitement et qui guérit ses malades est porté à croire que la guérison est due à son traitement. Souvent des médecins se vantent d’avoir guéri tous leurs malades par un remède qu’ils ont employé. Mais la première chose qu’il faudrait leur demander, ce serait s’ils ont essayé de ne rien faire, c’est-à-dire de ne pas traiter d’autres malades ; car, autrement, comment savoir si c’est le remède ou la nature qui a guéri ? » (1)

 

 

« Diminuer la glycémie ou la cholestérolémie n’est pas un objectif de médecin mais de biochimiste. »

Combien de médecins ont en tête cette affirmation?

Combien de médecins fondent leur pratique sur le respect des normes biologiques édictées par des « sociétés savantes », oubliant que c’est un humain qu’ils soignent et non des critères biologiques?

 

 

« 1. La médecine et sa thérapeutique peuvent tout d’abord faire plus de mal que de bien. C’est ce qu’on appelle la iatrogenèse.

2. Ce n’est pas la médecine qui est principalement responsable du déclin des maladies, même des maladies infectieuses. »

Ces affirmations d’une criante vérité, sont contestés tous les jours dans la très grande majorité des publications ou par des affirmations péremptoires des autorités sanitaires et à la suite de celles-ci par nombre de médecins.

Or ces réalités vont même jusqu’à être niées par les tenants de la toute puissance médicale et pharmaceutique dont on sait les intérêts financiers.

Mais aujourd’hui, des mensonges mainte fois répétés deviennent des vérités et cela contre la réalité des faits. Ainsi par exemple l’éradication de la variole à moins à voir avec la vaccination qu’avec les progrès de l’hygiène, or c’est le contraire qui est affirmée comme par exemple par notre ministre de la santé lors de la décision de rendre obligatoire dès janvier 2018, 11 vaccins. Le rapport de 1980 de l’OMS sur le sujet est pourtant clair, il y est écrit : « « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. […] ». Mais qui s’en soucie?

 

 

« Ainsi, avec l’ECR (l’Essai Clinique Randomisé) contre placebo en double-insu, une thérapeutique se définit par sa supériorité à un placebo et non pas par rapport à l’absence de traitement.
Cette définition de la thérapeutique expose à deux risques majeurs :

• Le premier est de discréditer toute thérapeutique qui ne peut pas être évaluée en double-insu, comme des thérapeutiques complexes, les psychothérapies, les régimes, l’activité physique ou certaines médecines dites alternatives…

• Le deuxième risque est celui de discréditer l’effet placebo. En effet, avec l’ECR (l’Essai Clinique Randomisé) en double-insu contre placebo, l’EBM n’accepte au final que les traitements dont l’efficacité spécifique est prouvée et dénigre alors les facteurs que l’on nomme par opposition « non spécifiques », comme la relation médecin-malade ou les composantes symboliques d’un remède. Or, ces facteurs « non spécifiques » peuvent tout à fait guérir. »

 

 

« Pourquoi se priver au nom de la science d’un traitement pour la seule raison
qu’il optimise ce qu’on appelle l’effet placebo ? »

C’est ce que tous ces médecins, les 124 signataires de la tribune contre les Fakemeds mais aussi tous leurs soutiens, ne comprennent pas. Ils seraient utiles que tous lisent cet article. Mais pas sûr que cela change grand chose, tant les croyances que ce soient en médecine ou ailleurs sont fortes.

 

 

« Dans une médecine étroitement scientifique, une EBM que je qualifierais de « restrictive », il ne faut prescrire que des thérapeutiques dont l’efficacité est prouvée par l’essai clinique randomisé en double-insu contre placebo. Dans une médecine soignante, le but est de soulager du mieux possible et donc d’optimiser au mieux cet effet placebo ! »

L’auteur exprime dans des mots simples ce qui me gène dans ce « combat » de confrères : refuser d’admettre que des patients soient soulagés par l’homéopathie, et alors même que cette thérapeutique n’a pas de preuves « scientifiques » de son efficacité. Qui plus est, quand on sait que dans nombres de cas, la médecine « par les preuves » n’a pas de réponses médicamenteuses à apporter à ces patients et quand elle en a, la balance bénéfice/risques est souvent défavorable.

 

 

 

« En effet, l’optimisation de « l’effet placebo » ne peut être légitime que si la thérapeutique n’est pas dangereuse pour les malades. Il s’agit de connaître son rapport bénéfice/risque. Théoriquement, si son risque tend vers zéro, le rapport bénéfice/risque tend vers l’infini, ce qui permet de l’utiliser en pratique, même si son efficacité « spécifique » est minime, voire nulle, car ce qui importe au final pour les patients, c’est bien l’efficacité « globale ».

Cette phrase est capitale et ignorée par la majorité des confrères : le risque de la prise d’homéopathie tend vers zéro.

Et vouloir le nier en argumentant avec un possible retard au diagnostic et donc d’un possible retard à la prise d’un médicament « efficace » donc capital, est spécieux.

D’ailleurs à ce propos j’aimerai bien que ces médecins me fournissent une preuve scientifique de l’existence de ce retard qu’ils mettent en avant partout!

 

 

L’auteur conclut par cette phrase :

« Face à la maladie et la souffrance, en médecine soignante, toutes les thérapeutiques définies ainsi sont légitimes.
La médecine ne peut se fonder uniquement sur les preuves du niveau exigé par l’EBM, car elle s’amputerait alors elle-même de thérapeutiques potentiellement utiles. Ce n’est pas la recherche de la preuve qui légitime la thérapeutique, mais bien l’Homme malade qui l’appelle à son secours…
 »

 

 

Merci à Rémy Boussageon, Médecin généraliste, Docteur en médecine et en philosophie pour ce texte. Il est pour moi, un rayon de soleil dans la noirceur du ciel de l’exercice actuel de la médecine.

Ce texte devrait être étudié chaque année de la formation des médecins en France pour qu’il imprègne l’esprit des futurs médecins.

Il devrait aussi être le « livre de chevet » de tout médecin en exercice.

 

 

 

 

 

1- Cl. BERNARD, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865), Paris,
Flammarion, 1984, p. 272-273.

La ministre de la santé vient d’annoncer le déremboursement des médicaments sensés lutter contre la maladie d’Alzheimer.

Enfin !

Il aura fallu de très nombreuses années pour arriver à un tel dénouement. Mais n’oublions pas ce qui s’est passé.

Il a fallu dans cette histoire, la pression du Formindep pour abroger la recommandation de l’ HAS de 2008. Mais la nouvelle mouture de 2011 n’apportait pas ce qui était attendu :

« La recommandation sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer est une très large reprise de celle de 2008 élaborée sous influences industrielles. La tentative de la HAS en 2011 d’améliorer à la marge l’indépendance de l’expertise, et le non-respect des critères de rigueur d’élaboration des Recommandations n’ont pas permis l’amélioration de la recommandation qui n’est au final qu’un ravalement de façade d’un bâtiment de plus en plus insalubre, aux charpentes vermoulues par les intérêts industriels.

Avec cette nouvelle imposture, la HAS a réussi le tour de force de maintenir sur une recommandation au service des intérêts des firmes en la faisant signer par des experts présentés sans liens d’intérêts majeurs avec ces firmes. Déclinaison du « ghostwriting » appliqué à des documents officiels ? Instrumentalisation de l’indépendance et mauvais coup en tout cas porté de nouveau à l’intérêt de la santé des patients. »

Donc dès 2011, il était pourtant une évidence pour tous ceux qui se sont penchés sur ce « problème » que les médicaments prescrits dans la maladie d’Alzheimer étaient inutiles et dangereux.

Il aura fallu près de 7 années pour qu’une ministre de la santé prenne la décision que tous les acteurs indépendants appelaient de leurs vœux.

7 ans !

Combien d’argent dépensé en pure perte du moins pour le budget de la santé, pendant toutes ces années?

Mais certains trouvent encore aujourd’hui, cela indigne et font entendre leurs voix.

 

 

Pour ma part, je considère que cette décision arrive bien tard. Je ne conteste pas qu’il s’agisse d’une bonne décision mais pourquoi tant de temps pour enfin la mettre en place?

Déjà l’affaire Médiator avait montré combien les autorités avaient tardé à retirer du marché le médicament qu’était le Médiator.

A cette époque, les autorités nous avaient affirmé que l’affaire Médiator faisait partie du passé et que dorénavant les choses changeraient, que plus jamais un médicament inutile et dangereux ne pourraient continuer à être commercialisé. Nous étions en 2009.

Aujourd’hui en 2018, l’affaire des médicaments contre la maladies d’Alzheimer nous montre que rien n’a changé puisque que près de 10 ans après le Médiator et plus de 7 ans après que nous sachions que les médicaments contre la maladie d’Alzheimer sont inutiles et dangereux, ils sont enfin déremboursés mais non retirés du marché.

 

 

Passé ce préambule, la réponse à la question est que la médecine est devenue aujourd’hui un moyen de gagner de l’argent, beaucoup d’argent même. L’intérêt du patient n’est jamais au centre des décisions. Et que l’on ne vienne pas me dire le contraire avec cette actualité. En effet si cela avait le cas, c’est dès 2011 que les médicaments contre la maladie d’Alzheimer auraient dus être déremboursés et retirés du marché; pas en 2018. Il n’est certes pas trop tard pour bien faire, mais que l’on ne me dise pas que c’est l’intérêt du patient et les études scientifiques qui ont motivé nos autorités. Un tel retard montre qu’il n’en est rien.

Car si l’intérêt des patients et les études scientifiques indépendantes guidaient les décisions des autorités, le dépistage du cancer du sein par mammographie serait depuis longtemps abandonné en France comme c’est le cas dans de nombreux pays, or il n’en est rien.

Pourquoi alors tant de retard et tant de décisions non prises ?

Parce que l’argent et l’intérêt des lobbys font la loi. Mais qui le dit?

Parce que la dérégulation du marché du médicament permet tous les excès.

 

 

Le problème c’est « la bride laissée libre » aux intérêts financiers pharmaceutiques dont cette histoire des médicaments anti-alzheimer en est la triste preuve et que la décision récente de la ministre de la santé ne change rien à l’affaire.

Comment ne pas s’indigner que quasiment personne dans le société médicale française ne se lève contre de tels scandales.

Tout simplement car ce qui préoccupe aujourd’hui un certain nombre de médecins et de médias français , c’est l’homéopathie et les médecines alternatives et non les réels problèmes de la prise en charge de la santé et la corruption de la médecine .

Mais quel aveuglement !

 

 

Je relaie ici, la lettre que le collectif Cancer-Rose a envoyé à madame SCHIAPPA la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pourquoi une telle lettre ? Pourquoi à cette ministre?

Tout simplement car la dernière lettre à la ministre de la santé et au directeur de l’INCA, est restée à ce jour sans réponse. Comme d’ailleurs tous les appels que ce collectif a pu émettre en direction des autorités.

Ce silence persistant des autorités concernant l’information des femmes quand au dépistage organisé du cancer du sein par mammographie, fait le jeu de tous les lobbys qui gagnent de l’argent sur le sujet au détriment de la santé des femmes.

Ce collectif considère que la santé des femmes est gravement en jeu dans notre pays par le comportement promotionnel de la mammographie de dépistage, faite par les autorités et l’INCA.

Il lui a donc semblé important d’interpeller la ministre chargée de la défense des femmes et de l’égalité de ces dernières vis à vis des hommes.

Vous pouvez lire cette lettre, la télécharger et la faire circuler directement sur le site de ce collectif :

Lettre ouverte à Mme Schiappa, chargée du ministère pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Je retransmets la lettre qu’un collectif vient d’adresser à la ministre de la santé et au directeur de l’INCA (Institut National du Cancer)

Cette lettre est une lettre d’indignation car l’INCA, autorité d’état, en charge comme son nom l’indique des problématiques liées au cancer, vient de mettre en ligne il y a quelques semaines, un nouveau site d’information sur le dépistage du cancer du sein par mammographie.

La concertation sur le sujet qui a eu lieu en 2015 et la publication du rapport en 2016, a formulé des recommandations. Ce site de l’INCA, bien que nouvellement remanié, reste sur ses errements antérieurs, ignorant totalement les conclusions de la concertation citoyenne.

Le site et sa brochure au lieu d’informer de façon neutre et indépendante les femmes à propos de la mammographie de dépistage, poursuit son marketing en faveur de ce dépistage dans la plus pure tradition du marketing pharmaceutique.

C’est inadmissible de la part d’autorités sanitaires.

 

Le collectif Cancer-Rose, alerte depuis des années sur le sujet.

Mais il reste presque inaudible.

Pourtant c’est la santé des femmes qui est en jeu.

Espérons que cette nouvelle initiative soit mieux prise en compte que les précédentes.

J’invite tous les lecteurs à se faire les porte-paroles de cette lettre pour qu’enfin, les choses bougent. Car en attendant, ce sont des seins que l’on enlève, des chimiothérapies, des radiothérapies que subissent les femmes alors que la majorité d’entre elles n’auraient jamais due être inquiétées et encore moins traitées de façon si « lourde ».

Vous pouvez télécharger la lettre en suivant ce lien.

 

 

Je retranscris les termes de cette lettre :

 

Formindep

Association pour une formation et une information médicales indépendantes de tout autre intérêt que celui des personnes

Dr Dupagne

Médecin généraliste et blogueur français, gère le site médical Atoute.org

Cancer Rose

Collectif militant pour une information loyale sur le dépistage du cancer du sein.

Groupe Princeps

Groupe militant pour la meilleure information en matière de surmédicalisation et surtraitements

UFC Que Choisir

Association au service des consommateurs pour les informer, les conseiller et les défendre. 

Mars 2018

L’institut national du cancer vient de rendre public son nouveau site d’information « Prévention et dépistage du cancer du sein »i.

Les reproches formulés en 2016 lors de la concertation citoyenneii sur le dépistage du cancer du sein à propos de son précédent site sont malheureusement toujours d’actualité. La concertation citoyenne demandait qu’une information claire, précise, complète, loyale et neutre sur le dépistage soit fournie aux femmes, leur permettant de décider ou non d’y participer. Or la communication publicitaire de l’Inca exagère les bénéfices du dépistage, et minimise voire passe sous silence ses inconvénients. En outre, le site ne mentionne aucune source ni référence à l’appui de ses affirmations.

Voici les informations qui devraient être données aux femmes selon l’état actuel des connaissances médicales.

Sur 1000 femmes de 50 ans dépistées pendant 10 ans, 4 décéderont d’un cancer du sein.
Sur 1000 femmes de 50 ans non dépistées pendant 10 ans, 5 décèderont d’un cancer du sein.

Il est maintenant établi que pour 1 à 6 décès par cancer du sein évités, 19 iii femmes seront diagnostiquées avec un cancer qui n’aurait jamais menacé leur vie (surdiagnostic). Ces femmes subiront donc inutilement l’annonce d’un cancer, ses conséquences et ses traitements.

Environ 200 femmes seront faussement alertées, avec un impact physique et psychique important.

En terme de mortalité globale, le bénéfice du dépistage n’est pas démontré . En effet, les décès consécutifs aux traitements et aux cancers radio-induits par les mammographies répétés pourraient contrebalancer le faible effet positif du dépistage.

Le Royaume Uni a précédé la France dans l’exercice de concertation citoyenne et a pris des mesures pour améliorer l’information des femmes notamment sur le surdiagnosticiv.

Le contraste avec la communication obsolète de l’INCa français est frappant.

Comme le rappelle l’OMS v, l’objectif de l’information doit être de permettre aux femmes de prendre une décision personnelle éclairée, et non de remplir des quotas de participation:

« La recherche d’un fort taux de participation à un programme organisé de dépistage ne devrait jamais prendre le pas sur des décisions éclairées, fondées sur les données de la science et les valeurs et préférences de la personne »

Nous déplorons que l’INCa persiste à mésinformer les femmes, au risque de leur santé et au mépris de leurs droits les plus élémentaires. Nous demandons donc la révision du site et du livret d’information de l’INCa, présentant tous deux les mêmes insuffisances.

 

Pour en savoir plus

  • Analyse critique du site de l’Inca : https://www.cancer-rose.fr/2175-2/
  • Bleyer A, Welch HG. Effect of Three Decades of Screening Mammography on Breast-Cancer Incidence. New England Journal of Medicine. 2012 Nov 22;367(21):1998–2005.
  • Dépistage des cancers du sein par mammographie Deuxième partie Comparaisons non randomisées : résultats voisins de ceux des essais randomisés. Rev Prescrire. 2014 Nov;34(373):842–6.
  • http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5224 Effectiveness of and overdiagnosis from mammography screening in the Netherlands: population based study P.Autier,M.Boniol et col.

v WHO position paper on mammography screening, 2014 http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/137339/1/9789241507936_eng.pdf

 

A été publié dans le journal Le MONDE daté du 7 mars 2018, un article remarquable sur le vaccin contre la dengue que SANOFI a commercialisé depuis 2015, en Asie et au Mexique.

Cet article est un éclairage rare, du comportement de l’industriel pharmaceutique SANOFI et de ses relations avec le monde politique et les autorités chargées de la santé. Mais compte tenu de ce qui est déjà connu des comportements de l’industrie pharmaceutique dans son ensemble, il n’est pas illusoire de pouvoir généraliser ce qui s’est passé chez SANOFI, à l’ensemble de l’industrie pharmaceutique.

 

Cet article commence par rapporter une manifestation aux Philippines où l’on peut lire : « Les enfants philippins ne sont pas des cobayes ».

C’est pourtant la façon dont SANOFI, avec son vaccin appelé « DENGVAXIA », s’est comporté avec les enfants aux PHILIPPINES. L’industriel a réalisé une expérimentation en grandeur réelle dans ce pays.

Comment se fait-il que cela ait pu avoir lieu?

Dès lors qu’un vaccin est commercialisé, il doit normalement répondre à un cahier des charges qui en fait un produit utile et sans danger pour celui à qui il est administré.

L’exemple de ce qui s’est passé avec ce vaccin n’est-il pas l’arbre qui cache la foret des pratiques « délictueuses » de l’industrie pharmaceutique?

N’y-a-t-il pas, par cet exemple, une mise en lumière de pratiques opaques de l’industrie pharmaceutique?

 

 

C’est fin 2017, que nous avions appris que la commercialisation de ce nouveau vaccin de SANOFI était arrêtée. D’après mon souvenir, les médias se sont faits, à l’époque, l’écho de cette information mais sans y insister outre mesure.

Or l’information de l’arrêt de la commercialisation d’un vaccin appelé à se généraliser, est un fait rare, dans une industrie réputée pour son marketing, son opacité, et ses liens étroits avec les autorités sanitaires publiques. Cette information peu médiatisée a malgré tout donné lieu à quelques publications dans des journaux médicaux prestigieux.

Pourquoi cette information est-elle si importante à mes yeux et a une portée capitale?

Car elle démontre que l’industrie pharmaceutique n’a comme objectif que le développement de son chiffre d’affaire et cela même si la vie des personnes et même des enfants, est en jeu.

Que les autorités sanitaires ne jouent en rien le rôle de filtre pour protéger les citoyens.

Au contraire même, car la proximité avec l’industrie pharmaceutique, des dirigeants nationaux, des élites et des autorités sanitaires; favorise les bénéfices de cette industrie au détriment de la santé des populations.

 

 

Quelles sont donc ces informations mises en lumière dans le journal Le Monde?

Dès le départ, vers 2009, SANOFI a été alerté de la survenue de possibles problèmes avec son nouveau vaccin : « Mais des chercheurs s’inquiètent déjà. « Lorsque Sanofi a lancé les essais cliniques chez l’homme, nous l’avons alerté sur différents risques potentiels, comme celui d’une interférence possible entre les différentes souches de dengue, mais surtout celui d’une réaction immunitaire spécifique qui permet au virus d’entrer encore plus facilement dans les cellules cibles après une première exposition », rappelle Frédéric Tangy, chef de l’unité de génomique virale et vaccination à l’Institut Pasteur. »

En d’autres termes, SANOFI n’est pas sans savoir, dès les premières phases de tests, que son futur vaccin interroge. Ce sont ces craintes émises dès le départ qui viennent d’être confirmées en situation réelle.

SANOFI nie alors le problème en ces termes : »« Les chercheurs de Sanofi nous répondaient qu’il s’agissait là d’un risque théorique, d’une connerie de laboratoire. Ils n’y croyaient pas », poursuit Frédéric Tangy, »

Non content de nier ces possibles risques, SANOFI poursuit le développement du vaccin, comme si de rien n’était et se lance très tôt (mai 2009) dans la construction de l’usine à le produire.  Je rappelle que le vaccin n’est alors, qu’en phase de test à petite échelle.

A cette époque (2009) la seconde phase de tests cliniques vient d’être lancée et les résultats ne sont attendus qu’en 2012.

« « Si l’on avait attendu d’être certain d’avoir un vaccin avant de construire une unité de production, cela aurait trop retardé les choses. Il faut cinq à sept ans pour construire une unité comme celle-ci », commente Vincent Hingot, directeur de la production chez Sanofi-Pasteur, la branche vaccin de Sanofi »

 

 

C’est donc le profit à venir, et cela le plus rapidement possible, qui motive toute l’entreprise avant même de savoir si son vaccin est vraiment efficace.

Les résultats des tests sont publiés en septembre 2012, ils sont très décevants quand à l’efficacité du vaccin mais aucun danger n’est mis en évidence, « « Le vaccin était moins performant que nous le souhaitions, mais il n’était pas dangereux pour autant », modère un des chercheurs impliqués dans le développement du vaccin ».

Pas dangereux?

Mais, pour affirmer cela, est-ce que les tests ont été pensés pour mettre en évidence la dangerosité du vaccin et pas seulement son efficacité?

Sur cette interrogation nous avons une indication  : « Par conséquent, l’efficacité et la sécurité du vaccin pour les enfants séronégatifs ne sont basées que sur 2 % des participants », admettent les chercheurs du laboratoire dans une publication de 2015. « Une population insuffisante pour détecter des effets indésirables de façon significative. »

 

 

« En 2011, Sanofi lance la troisième phase des essais cliniques, la dernière avant la commercialisation. Elle est conçue sans attendre les résultats de l’essai thaïlandais. Sanofi assure que ce choix a été fait en concertation avec la communauté scientifique, l’OMS et les autorités de santé concernées. »

Que l’on lance une dernière phase avant d’attendre les résultats de la phase précédente, montre l’impatience de SANOFI à commercialiser son vaccin. Et cela au mépris des règles scientifiques de bon sens.

 

 

C’est à partir de ce moment que l’on voit apparaître les rôles et responsabilités des autorités sanitaires et de l’OMS présenté souvent comme le garant de la santé mondiale des populations. A la lumière de cette information l’on peut raisonnablement se demander l’intérêt de l’OMS à vouloir garantir la sortie rapide de ce vaccin.

Je rappelle que si la dengue a un impact très fort sur les populations de certaines parties du monde, ce n’est pas très différent de l’impact qu’à la grippe chez nous. Impact qui est géré depuis de nombreuses années et sans augmentation notable. Pourquoi donc participer à cette urgence?

 

 

Les résultats tombent ensuite, les uns à la suite des autres :

« En septembre 2015, les premières données de suivi sur trois ans sont rendues publiques. Dans
l’essai mené en Asie, le groupe des 2 à 5 ans montre un risque d’hospitalisation pour dengue sévère 7,45 fois plus élevé chez les vaccinés que chez les non-vaccinés. »

Comme l’écrit une spécialiste :

« « la preuve indiscutable que les choses pourraient ne pas du tout se passer comme prévu. Ceci aurait peut-être pu être évité s’ils avaient attendu les résultats de la phase 2 avant de lancer la phase 3 ».

Que croyez vous qu’il se passe?

SANOFI ne modifie pas son calendrier de sortie de son vaccin, il met uniquement une restriction à son vaccin avant l’âge de 9 ans.

Pourtant des voix s’élèvent à nouveau :

« « Le fait qu’ils aient établi un âge limite pour justifier le lancement du vaccin était aussi problématique que les incertitudes sur l’origine de ce qui se passait », poursuit Isabel Rodriguez-Barraquer. »

 

 

Le vaccin est commercialisé dans un premier, pays, au MEXIQUE en décembre 2015.

Que les études préalables aient montrées que c’est dans ce pays que l’efficacité du vaccin soit la plus faible (30%) n’y change rien.

Mais pourquoi ce pays qui semble, pour quelqu’un de bon sens, le plus mauvais choix, est-il choisi pour inaugurer la commercialisation de ce vaccin?

Les journalistes auteures de cet article apportent une hypothèse :

« « Mais les dés étaient déjà jetés », estime Hugo López-Gatell, de l’Institut national de santé publique. Le Mexique s’était engagé dès avril 2014, lors d’une visite du président François Hollande, à soutenir l’introduction du vaccin. Une déclaration d’intention confidentielle, à laquelle Le Monde a eu accès, révèle que cet engagement a été renouvelé en juillet 2015. »

Et voilà donc l’entrée dans le jeu de SANOFI des autorités françaises. Et non des moindres.

Ainsi Marisol TOURAINE alors ministre de la santé, en visite de la nouvelle usine de SANOFI,  disait à cette époque, tout le bien qu’elle pensait de ce nouveau vaccin.

 

 

Cette information confirme les intérêts financiers en jeu, et met en lumière les liens d’intérêt avec SANOFI de nos dirigeants et des autorités . Là non plus, aucune place pour l’intérêt des citoyens de tous les âges.

« « Les messages envoyés par nos responsables politiques à nos agences de régulation censées
évaluer de manière indépendante les médicaments étaient clairs et forts », remarque Mauricio
Hernández-Ávila, à l’époque directeur de l’Institut national de santé publique du Mexique. »

 

 

Tout se poursuit suivant le plan de commercialisation élaboré par SANOFI :

« Après le Mexique, c’est au tour des Philippines d’approuver le Dengvaxia, le 22 décembre 2015. »

« Le Brésil est le troisième pays à autoriser le Dengvaxia, en décembre 2015. « Ce vaccin n’est
pas très bon et nous ne l’aurions pas autorisé si nous avions eu une alternative », raconte un
ancien dirigeant de l’agence de santé brésilienne. »

Pas très bon ce vaccin et pourquoi pas d’alternative?

Y avait-il une nécessité impérieuse à utiliser ce vaccin? Est-ce parce qu’il était le premier contre la dengue et qu’il n’en existait pas d’autres?

 

 

Tout se passe donc pour le mieux pour SANOFI .

La commercialisation de ce vaccin promis à plus d’1 milliards d’euros de bénéfice par an, poursuit sa route.

« Au même moment démarrait la première vaccination de masse aux Philippines chez 830 000 enfants. »

 

 

Mais comme je l’ai évoqué, beaucoup s’interrogent :

« « Je n’ai pas compris comment les choses ont pu aller si vite après les résultats des essais cliniques de phase 3, s’interroge encore aujourd’hui Scott Halstead, spécialiste américain de la dengue. Et j’ai été choqué également par le feu vert donné par l’OMS en avril 2016. » »

Je rappelle que la première inquiétude et alerte remontent à 2009!

 

 

Cette « belle histoire » peuplée de milliards s’arrête brutalement le 29 novembre 2017 par le communiqué de SANOFI où les responsables nous expliquent :

« « Ces nouvelles informations viennent d’une réanalyse du suivi à long terme des participants aux essais cliniques, cinq à six ans après leur vaccination », indique Su-Peing Ng. Dans la foulée, les Philippines suspendent leur campagne de vaccination. »

2 ans de commercialisation pour des effets suspectés puis confirmés dès septembre 2015  mais ignorés  par l’industriel et les autorités.

Combien de morts pourrait-on dire en plagiant le sous-titre du livre qui a lancé chez nous l’affaire Médator?

 

 

Pour terminer, une question est également posée:

Pourquoi les territoires d’Outre-Mer français où sévissent des épidémies de dengue, n’ont-ils pas bénéficié dès fin 2015 du vaccins DENGVAXIA, pourtant produit par une firme française?

Les philippins s’interrogent aussi sur ce sujet :

« Si la France, pays fabricant du Dengvaxia, n’en veut pas pour sa propre population, c’est bien qu’il y a un problème avec ce vaccin et que Sanofi nous prend pour ses cobayes ! » L’accusation revient en boucle dans les médias et sur les réseaux sociaux philippins. »

Cette question est très pertinente.

Dès fin 2016, le Haut Comité de Santé Public, ne recommandait pas ce vaccin dans les territoires français d’outre-mer.

Cette décision ne manque pas de surprendre quand on sait la propension de cet organisme à recommander tous les vaccins qui sont disponibles sur le marché.

Mais justement ce vaccin n’a jamais obtenu son autorisation de mise sur le marché, tant en Europe qu’aux USA, malgré une demande faite dès 2015. Ce fait, lui aussi ne manque pas, lui non plus d’interrogations.

 

 

Enfin que penser, à la lumière de ce cas,  des affirmations de la ministre de la santé, des autorités sanitaires et de nombres de médecins, affirmant que les vaccins sont sûr et sans danger? En effet, cette histoire nous montre que les fabricants ne cherchent pas à tester les effets délétères des nouveaux vaccins mais seulement leur efficacité.

 

 

PS : Je voudrais dire un grand merci aux deux journalistes, Lise BARNEOUD et Chloé HECKETSWEILER qui ont menées l’enquête et qui l’ont publiée dans les pages du journal Le Monde. Elles font honneur à leur profession si souvent décriée.

De plus leur travail redore le blason de pages santé de ce journal  où une rubrique nommée pompeusement « Les décodeurs, venons en au fait » a produit des articles sur la vaccination et les vaccins d’une rare médiocrité.

PS 2 : vous pouvez lire l’article intégral en le téléchargeant ici.

 

Les médias font leur Une sur l’épidémie de rougeole qui sévit actuellement dans le sud-ouest de la France.

Mais s’agit-il vraiment d’une épidémie? Je vous engage à lire le court  billet de ce confrère sur ce questionnement.

Mais pour rester factuel l’INVS nous apprend qu’en 2017, il y a eu 519 cas de rougeole déclarés sur le territoire national. Est-ce que cela en fait une épidémie ou n’est-ce pas plutôt des cas sporadiques qui correspondent à la circulation d’un virus?

Il est intéressant de noter que dans ce document publié sur le site de l’INVS, qui affirme l’actualisation des données au 12/02/2018, il n’est pas possible de savoir le nombre de cas déclarés en 2018. Une partie de l’information manquante nous est fournie par le journal Sud Ouest (269 cas pour 209 cas en Gironde) au 13/02/2018. Pour mémoire, la Gironde compte une population de plus de 1.5 millions d’habitants ce qui fait si mes calculs sont exacts 0.014% de sa population touchée par la rougeole. Épidémie vraiment?

 

La ministre de la santé après avoir imposé l’obligation vaccinale pour les nouveaux nées, recommandent maintenant à tous les adultes qui ignorent leur statut vaccinal vis à vis de la rougeole ( et qui sont trop vieux pour avoir été vaccinés dans leur enfance)  de se faire revacciner.
Mes confrères se font les porte-paroles des recommandations des autorités sanitaires et incitent leurs patients à se faire revacciner contre la rougeole.

J’ai sur le sujet plusieurs questions dont j’aimerai avoir des réponses.

 

 

 

1) La vaccination contre la rougeole est un traitement préventif reconnu pour éviter la survenue d’une rougeole.
En est-il de même quand une épidémie est en cours?
En d’autres terme, vacciner en cours d’épidémie de rougeole, a-t-il la même efficacité que quand il n’y a pas de cas de rougeole?
La vaccination de la rougeole est-elle en capacité d’interrompre une épidémie en cours?

 

 

 

2) Une étude de l’INVS de 2013 nous apprends que 99.5% des adultes de plus de 40 ans ont des anticorps protecteurs contre la rougeole (tableau 3 page 530). Or la vaccination contre la rougeole n’existait pas dans leur enfance.

Qu’attend-on comme bénéfice en recommandant la vaccination de ces même personnes?
En d’autres terme que nous dit la science sur l’intérêt de vacciner les adultes de plus de 40 ans sachant que 99.5% d’entre eux sont protégés contre cette maladie?

 

 

 

3) La vaccination contre la rougeole est une vaccination avec un vaccin contenant un virus vivant atténué.
Il est reconnu que après vaccination contre la rougeole il se produit une période de plusieurs semaines où il existe une diminution des défenses immunitaires chez le sujet vacciné. Cela est vrai pour toutes les vaccinations mais surtout pour celles avec un virus vivant.

Pour une information complète sur le sujet, lire l’article de CMT sur le blog de Docteurdu16.

J’aurai aimé pouvoir citer un article aussi bien documenté  émanant de nos autorités sanitaires mais il n’existe pas.

Pour les anglophone, l’étude la plus complète sur le sujet se trouve ici.

Quel est l’intérêt de provoquer une baisse de l’immunité du fait de la vaccination dans toute une population où circule un vaccin sauvage très contagieux et très virulent?
En d’autres terme, y-a-t-il un bénéfice réel à vacciner plutôt qu’à ne pas le faire?

 

Voilà mes interrogations.

Je souhaiterai avoir des réponses en particulier de nos autorités sanitaires.

Une année de plus de passée.

Je souhaiterai, alors que la nouvelle année commence,revenir sur cette année 2017.

Que s’est-il passé en cette année écoulée, qui soit notable dans l’évolution de la santé? Jetons un coup d’œil dans le « rétroviseur ».

 

Dès le début de l’année, les décisions et comportement du Conseil de l’Ordre des Médecins m’interpellait . Toute l’année 2017, me verra m’interroger à plusieurs reprises sur cette institution avec en point d’orgue, la menace du président national de l’Ordre des Médecins, vis à vis des médecins qui oseraient s’interroger sur l’obligation vaccinale.

 

Dans la droite ligne de ce qui sous-tend le comportement de l’Ordre des médecins: l’obéissance à l’ordre établi, l’obéissance aux autorités, la remise en cause d’une pensée critique;  la contestation de la différence et jusqu’à l’interdiction même de penser différemment s’exprimait dans les écrits de 2017 de confrères. Je m’en étonnais.

 

Peu de temps après ces réflexions, la « saga » de l’obligation vaccinale commençait. Ce sera un des grands sujets de santé qui agitera la fin de l’année 2017. Preuve s’il en est, ce sera même un sujet d’actualité car le quotidien le Monde en fera sa Une du 31 décembre 2017 comme avec lui Le Figaro. Les sujets santé sont dans mon souvenir, rarement à la Une des quotidiens nationaux. Il est donc clair que cette problématique de l’obligation soulève un questionnement qui va au delà de la seule santé.

 

Une autre « saga » qui semble en ce début d’année 2018 s’être estompée, fut sans nul doute, la « saga » du Lévothyrox. Elle s’étala sur plusieurs semaines, fit couler beaucoup d’encre et montra, une fois de plus l’incompétence de l’ANSM, agence qui succéda à l’ AFSSAPS après l’affaire du Médiator. Mais, il semble que l’incompétence et les liens d’intérêt soient consubstantiels au fonctionnement de nos autorités sanitaires.

 

Les débats sur l’obligation vaccinale feront les beaux jours de la fin d’année. Ils nous montreront à quel point, le dogme et l’autoritarisme médical est plus fort que la réalité scientifique.

Ce qui est malgré tout notable dans cette histoire d’obligation vaccinale, c’est cette volonté de contraindre. La volonté des autorités d’imposer leur vision et cela sur un sujet qui touche l’intimité des familles. C’est la prise de pouvoir de l’état sur le corps des enfants en négation totale de la responsabilité personnelle et parentale mais aussi en contradiction avec les lois de bioéthique qui disent que l’on ne peut pas se passer du consentement quand on « touche » au corps.

 

Les propos pour l’obligation vaccinale n’ont été qu’une succession d’avis d’autorité dont le but est la soumission. A aucun moment, il n’a été fait appel à l’intelligence de tout un chacun. Notre appel en ce sens aux députés avant le vote de cette obligation, est resté lettre morte. A croire que lorsque l’on débat de problème de santé publique, l’intelligence et l’esprit critique pointent aux abonnés absents chez nombres de personnes en particulier dans les hautes sphères décisionnelles.

 

Pourtant de réelles questions se posent, en particulier sur l’innocuité des produits de santé. Mais ce type de questionnement semble complètement ignoré par bon nombre de responsables médicaux avec à leur tête notre actuelle ministre de la santé.

 

Pour terminer l’année 2017, des indicateurs comme quoi la santé est un vaste marché libéral où l’argent est le seul moteur, ont vu le jour. Faire de chaque personne en bonne santé des malades soumis à un traitement, suivre la bonne observance du traitement prescrit, en un mot, la main mise par les autorités médicales sur notre vie, est semble-t-il le chemin qui s’annonce.

 

Cette analyse ne serait pas exhaustive ( mais l’est-elle vraiment?) sans évoquer la publication de l’INCA « Dépistage des cancers du sein, s’informer et décider ». Ce livret est paru en août 2017. « Son objet est de délivrer à chacune toutes les informations utiles pour décider de réaliser un dépistage. Il explique aussi les risques à ne pas se faire dépister et indique par ailleurs quelques conseils de prévention des cancers du sein. Ce livret a vocation à être joint au courrier d’invitation. » Venant d’une autorité de l’état, l’on en attendait une position « neutre » et informative sur le sujet.

Ce livret est tout sauf un document indépendant et qui délivre une information équilibrée sur le sujet. Malgré des publications de plus en plus nombreuses , ce livret est encore une fois un livret de propagande pour la mammographie de dépistage. Le collectif Cancer-Rose l’a analysé, comme il le fait de toutes les publications qui sortent sur le sujet. En se basant sur une grille de lecture de la qualité de l’information Cancer-Rose a noté la qualité de ce document. Il reçoit la note de 6/20.

6/20 pour la qualité d’une publication d’une agence de l’état !!!!

Comment l’état peut-il publier un document d’une qualité si médiocre?

Ici encore, le dogme, la croyance, les liens d’intérêt et les avis d’autorité ont plus de poids que l’analyse critique et indépendante des publications scientifiques.

 

 

 

Je m’interroge donc sur ce que sera l’année 2018.

L’obligation vaccinale ouvre la boite de Pandore de la contrainte. Divers articles indépendants ont montré à quel point cette obligation n’a aucune justification quand on réfléchit en terme de science médicale en interrogeant la balance bénéfice/risque. Seul le dogme dans la croyance d’un bénéfice par définition non démontré est le moteur de nos autorités et de nombres de médecins.

En effet, comme le montre le sujet sur la vaccination, mais aussi le dépistage du cancer du sein; l’analyse critique, les connaissances, les études scientifiques indépendantes, tout est balayé au profit de croyances qui laissent de coté tout ce qui dérange. Les mensonges souvent par approximation et simplification extrême se retrouvent dans la bouche des autorités et tous ceux qui les soutiennent. La communication et le marketing ont largement pris la place de l’information. Nous nous moquons des États Unis et de leur président avec ses « fake news ». Mais nos autorités sanitaires n’ont pas de discours différents quand ils affirment sans sourciller que « l’obligation c’est la confiance » juste après avoir nié qu’il puisse exister des effets secondaires avec par exemple les vaccins. Et que penser de notre ministre de la santé qui dans une interview récente parle de bénéfice énorme (49mn21s) pour des traitements récents et cela en reprenant les mots même de l’industrie pharmaceutique, son discours marketing complètement déconnecté de la réalité. L’industrie pharmaceutique n’a, en effet, pas produit ces 25 dernières années la moindre molécule vraiment innovante et indispensable comme ont pu l’être les antibiotiques ou les neuroleptiques.

 

Cette obligation votée sans réelle opposition ni manifestation du plus grand nombre, va rendre possible l’extension de l’obligation pour un vaccin comme le Gardasil, pour les filles comme pour les garçons. Pas besoin là non plus de preuves scientifiques, la conviction des autorités suffira, associé aux lobbys de toutes sortes.

L’obligation de la vaccination antigrippale pour les professionnels de santé verra aussi sans doute le jour dans un contexte identique : pas de preuve scientifique de son intérêt, dogme et toute puissance.

Et quoi d’autre encore?

L’avenir nous le dira.

La réelle gravité de ce qui s’est passé en 2017 est d’initier la contrainte en matière de santé non sur des faits scientifiques indiscutables mais sur des croyances.

Dans ce cas, le pire peut être à craindre.

 

 

 

Après ces mots pleins d’inquiétudes, je voudrais malgré tout terminer ce premier billet de l’année sur des mots d’espoir.

« soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » Cette maxime de La Boétie est aujourd’hui d’une actualité criante.

Et ces quelques dessins que je trouve personnellement  plus inspirant que de longs discours

 

Les nouvelles recommandations pour la prévention, la détection, et l’évaluation de la prise en charge de l’hypertension artérielle viennent d’être mises à jour.

Elles ont été publiées par « the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines ».

Ce sont donc les recommandations de sociétés savantes américaines qui font autorité sur le sujet.

Un médecin blogueur en a fait un article :

Moins c’est plus, une nouvelle définition de l’hypertension artérielle

Plus »

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les médecins qui s’opposent à l’obligation vaccinale soient menacés par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM). C’est son président, le Dr BOUET qui menace.

C’est à l’occasion d’une interview dans le journal Le Médecin Généraliste que le président du CNOM a proféré ses menaces. Plus »