Cette citation de H.L.MENCKEN est très connue et souvent citée.
La problématique de la thérapeutique homéopathique a occupé une partie de l’année 2018, chez les médecins depuis la tribune de 124 médecins dénonçant l’absence de preuves de l’homéopathie.
Je m’en suis fais largement l’écho : ici, ici ou encore ici
La « guerre » a continué pendant toute l’année 2018.
Vous trouverez une dernière synthèse chez un médecin blogueur, connue pour son calme et son recul. Il n’empêche que lui aussi n’échappe pas à ses croyances et ses convictions.
Je ne vais pas faire une rappel exhaustif de cette « guerre entre médecins » mais voudrais attirer votre attention sur un article du Huffingtonpost qui me parait essentiel.

Il rappelle que les deux camps se sont affrontés de manière violente : « les camps du oui et du non s’affrontent, parfois de manière virulente. »
« les Français semblent être très attachés à cette forme de médication. »
Cette question est essentielle.
Il semble bien que le camp de médecins qui ont dénoncé cette thérapeutique, enfermé dans leurs certitudes que leur confèrent leur diplôme de médecine et la formation qu’ils ont suivi; il semble donc qu’ils ne se soient pas posés la question de savoir pourquoi tant de patients font appel à cette thérapeutique.
Les raisons sont énoncés dans cet article :
« Je reconnais les bienfaits des médicaments traditionnels quand on n’a pas d’autre choix, confie la trentenaire. Mais on a tendance à les consommer à outrance, ce qui n’est évidemment pas bon pour le corps, ni pour notre environnement. »
Consommation à outrance !
Telle est l’une des raisons.
Il n’y a pas négation des bénéfices des traitements « allopathiques » , médicaments prescrits par tous médecins non homéopathes et ayant une « preuve » d’efficacité sur la pathologie présentée; mais bien un excès de ce type de thérapeutique.
« Une idée de douceur pour le corps, doublée du sentiment d’absence d’effet secondaires. Des critères pour les aficionados de l’homéopathie qui sont justement au cœur des critiques de ses détracteurs. »
Cet argument est majeur : la thérapeutique n’entraîne pas d’effets secondaires. En effet, les tenants de la médecine « traditionnelle allopathique » sous-estiment gravement les effets secondaires des thérapeutiques qu’ils prescrivent, ce que nombres de scandales sanitaires ont mis à jour. Il y a donc une perte de confiance sur l’innocuité des thérapeutiques allopathiques. Il parait évident que cette suspicion est légitime, tant le manque de transparence des autorités, dès qu’il s’agit d’un médicament ou d’un vaccin est patent.
« …c’est surtout pour ne pas faire le jeu des grands laboratoires pharmaceutiques pour qui, d’après elle, « l’argent passe avant les malades ».
Cette accusation est difficilement réfutable.
« Ce qui joue le plus, c’est comment le médicament est prescrit, assure cette dernière. L’aspect relationnel qui lie le médecin au patient a une efficacité symbolique. »
« L’homéopathe prend le temps. Les consultations peuvent durer plus d’une heure. On est loin des rendez-vous parfois expédiés chez un généraliste. Un côté « sur-mesure » qui séduit. »
Même si un nombre de plus en plus important de médecins essaient de consacrer du temps à leurs patients, il est clair que les médecins homéopathes prennent du temps pour écouter les patients qui font appel à eux.
Et c’est bien là aussi le problème des médecins non  homéopathes et de secteur 1.
Que vous passiez 5 minutes ou 1 heure avec un patient, la consultation est facturée 25 euros.
Nombres de médecins homéopathes, ne sont pas en secteur 1 et donc facturent la consultation en fonction du temps passé avec leurs patients. Le coût de cette consultation dépasse les 25 euros conventionnels.
De nombreux médecins non homéopathes de secteur 1 passent le temps qu’il faut avec leur patients, mais cela au détriment des autres patients qui se plaignent de devoir attendre comme en témoigne la vidéo en fin de cet article.
Les médecins non homéopathes se retrouvent donc dans une logique d’injonction paradoxale : passer du temps avec leurs patients, voir tous les patients, et être payés la même chose s’ils passent 5 minutes ou 1 heure avec leur patients.
Comment voulez vous qu’ils ne soient pas frustrés?
Comment voulez vous qu’ils ne soient pas en colère?
Comme à chaque fois que l’on est confronté à un problème, il est plus facile d’attaquer un bouc émissaire que de s’attaquer à la cause réelle du problème.
Ici cet article montre à quel point, les médecins qui se sont lancés dans le combat contre l’homéopathie au prétexte que cette thérapeutique n’a aucune preuve d’efficacité, se sont complètement trompés de cible.
Ce n’est pas l’homéopathie et son manque de preuves qui est le problème.
C’est le manque d’écoute, d’empathie et de temps que les médecins traditionnels passent avec leurs patients, qui est  problème.
C’est donc le système actuel qui est le problème.
Le système qui rémunère de la mème façon la thérapeutique pour un rhume ou celle pour la prise ne charge d’un cancer.
Le problème de notre système est globalement ce manque de temps à consacrer aux patients, et ce n’est pas la gestion actuelle des hôpitaux et des services d’urgence qui me contredira.
Mais force est de constater, que nos dirigeants, ceux qui nous gouvernent ne font rien pour que cela évolue dans le bon sens. Bien au contraire.
Je voudrais donc pour terminer que mes confrères qui pour la très grande majorité d’entre eux veulent le meilleur pour le système de soin et pour leurs patients, comprennent que ce n’est pas en s’opposant les uns aux autres que les choses changeront mais en s’unissant et cela au delà de leurs différences.

3 commentaires

  1. Médecin du travail donc inutile

    Tout à fait d’accord avec vous. Le problème c’est l’approche comptable appliquée à son paroxysme qui donne cela. Déjà dans l’industrie cela n’est pas terrible mais quand cela touche à l’humain… Quand les jeunes diplomés des écoles de santé parlent de lean management dans les hôpitaux… « Supprimez moi donc tout ce temps perdu ». Si personne ne prend le temps d’expliquer au patient (prendre soin?) cela multiplie les examens complémentaires et les prescriptions médicamenteuses… et les effets secondaires.

  2. Le déremboursement est quasi acté, à quand l’interdiction comme en GB ? Ce qui est rigolo, c’est que la médecine dite « classique » se déconsidère par ses outrances chaque fois un peu plus.
    Mais bon …

  3. merci beaucoup de ce message de paix et de ponderation pour debuter l’année auquel je souscris totalement

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