Nous avons vu dans un premier volet que « le ministère de la vérité » s’occupait de vaccination antigrippale et de dépistage du cancer du sein.

Mais est-ce les deux seuls sujets dont ce ministère s’occupe?

Il n’est est rien. C’est tout le champ de la médecine qui est concerné.

Dans ce deuxième volet nous allons voir que le ministère de la vérité s’occupe aussi de propagande pour les médicaments.

Je voudrais donc attirer votre attention sur cet article publié sur le site du FORMINDEP .

Accès au marché des nouveaux médicaments : pourquoi accélérer ?

Cet article est long à lire et je vais en tirer les « meilleurs feuilles » comme l’on dit dans la presse.

Je vais m’intéresser plus particulièrement au deuxième volet :

Fake innovations de rupture

Le mirage des « innovations thérapeutiques » et les dangers du projet gouvernemental

Mais le premier volet de cet article mérite aussi votre attention car il montre combien nos élus, le premier ministre et même notre président de la république, sont plus intéressés par l’intérêt des firmes que par celui de ceux qui les ont élus.

 

 

« un livre blanc livré le 20 juin 2018 « Médicaments et progrès thérapeutique : garantir l’accès, maîtriser les prix – La contribution de la société civile au débat public en France », 8 associations (Aides, France Assos Santé, La Ligue contre le cancer, Médecins du Monde, Prescrire, UAEM, UFC-Que Choisir) »

De nombreuses associations indépendantes s’interrogeaient sur ce que les industriels, les médias, les autorités sanitaires présentent régulièrement comme des médicaments représentant des progrès thérapeutiques.

Présenter des nouveaux médicaments mis sur le marché comme des innovations et donc des progrès en matière thérapeutique, n’est-ce pas de la propagande dans la plus pure tradition du « ministère de la vérité » du roman d’ORWELL?

Telle est la question de ce billet.

 

 

« Ces retards sont en fait dus au temps de négociation de prix, notamment face aux exigences de prix très élevés des industriels pour des médicaments n’apportant pourtant qu’une amélioration du service médical rendu mineure (IV) ou inexistante (V, soit « absence de progrès thérapeutique)« 

D’entrée, le fait notable est que les nouveaux médicaments n’apportent qu’une amélioration mineure pour le traitement de pathologies. Nous sommes loin d’un qualificatif « d’innovation ».

 

 

La HAS constate peu de progrès parmi les nombreux nouveaux produits et nouvelles indications :

Les produits nouveaux que l’industrie, ses représentants, les leaders d’opinion et nombre de médias à leur suite, mais aussi les autorités sanitaires et nos politiques jusqu’au plus niveau, nous présentent comme des innovations; ont un service rendu INEXISTANT. le rapport de l’HAS qui l’indique est un fait consultable ( page 12). La revue Prescrire mais aussi les agences canadiennes et allemandes ou des cancérologues américains, font le même constat d’absence de progrès thérapeutique.

« En fait,… innovation veut juste dire nouveau. Ça ne veut pas dire progrès, ce dont probablement peu de soignants et surtout peu de patients se doutent. Mais, pour les gens dans les agences, c’est évident, innovation ça veut dire nouveau. La plupart des innovations n’apportent pas de progrès tangible pour les patients et certaines s’avèrent de véritables régressions thérapeutiques. »

 

 

« Dans une synthèse consultable librement, Prescrire estime qu’ « au fil des années, il se confirme que l’évaluation des médicaments en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) est trop souvent bâclée ». »

Cela veut dire que les nouveaux médicaments qui obtiennent l’autorisation de commercialisation et donc de prescription n’apportent aucune garantie de leur intérêt et encore moins une garantie de leur innocuité.

Nous sommes complètement dans le marketing le plus sauvage et cela avec la bénédiction quand ce n’est pas la promotion des autorités sanitaires dont le rôle est pourtant la protection de leurs populations.

 

 

« Les autorisations expéditives de médicaments, posent le problème d’une information manquante sur leur sécurité et leur efficacité, qui potentiellement majore les risques pour les patients. »

 

 

« La littérature rapporte de façon récurrente qu’un grand nombre d’anticancéreux n’ont jamais démontré qu’ils allongeaient la vie. »

« Ces médicaments ne sont malheureusement pas retirés du marché. L’autorisation accélérée de mise sur le marché devrait être contrebalancée par un retrait accéléré lorsque le médicament ne confirme pas un bénéfice sur la survie globale ou la qualité de vie dans les essais post-AM »

« L’utilisation par les leaders d’opinion, hélas reprises dans les médias, de superlatifs inappropriés au sujet de ces nouveaux médicaments est un lieu commun. »

« De surcroît, les prix astronomiques observés ces dernières années n’ont aucune justification. »

« Ces médicaments* peuvent s’avérer efficaces avec de substantiels gains de survie, mais uniquement chez un très petit nombre de patients, alors qu’ils sont prescrits à tous. Il en résulte que si l’on peut parfois s’émerveiller devant une différence de médianes de survie entre le groupe de patients traités par ces médicaments et un comparateur actif, il aura fallu pour cela traiter inutilement 83% à 94% des patients qui eux n’ont bénéficié d’aucun allongement de leur vie. A contrario, 14% des patients auront malheureusement subi une « hyperprogression tumorale » associée à un raccourcissement significatif de leur vie ! »

Est-ce alors des innovations comme cela nous est présenté le plus souvent?

Pour un très petit nombre de patient sans doute, mais aucunement pour tous les patients. Or ces « innovations » sont administrés à tous les patients atteints de la maladie éligible et cela avec la bénédiction des autorités sanitaires et avec les fonds de la Sécurité Sociale.

Ainsi :

« Le gain absolu de survie globale après 5,6 années de suivi n’est que de 5,3%, il faut traiter 19 patients (NNT) pour éviter un seul décès au surcoût de près de 5 millions d’euros par rapport au comparateur actif. Dans le même temps, 87% des patients traités par carfilzomib subissent un effet indésirable de grade 3 ou supérieur, c’est-à-dire ayant entraîné une hospitalisation, des séquelles, ou menacé la vie du patient. »

 

 

 

Voilà la conclusion de l’article :

« Quel intérêt auraient les patients à accéder encore plus vite à ces soit-disant innovations alors qu’ils sont si nombreux déjà à être surtraités inutilement sans gain de survie ni de qualité de vie ?

Quel intérêt aurait notre système de santé à rembourser encore plus vite et plus longtemps, et dans l’ignorance totale de leurs effets positifs comme négatifs, des médicaments aux prix exorbitants ?

Quel autre secteur industriel est autorisée à commercialiser à des prix aussi astronomiques une production aussi défectueuse ?

A quelle autre industrie l’État garantit-il une hausse annuelle de son chiffre d’affaires ?

Notre Ministre de la santé, Agnès BUZYN, déclarait le 15 décembre 2017 : « On peut rassurer les français, aujourd’hui il n’y a pas un citoyen français qui n’a pas accès à un médicament parce qu’il serait trop cher. Pas un ! Et ça va continuer. C’est mon engagement. On n’est pas l’Angleterre… Tous les français accéderont à tous les médicaments s’ils sont utiles quelque soit le prix ». Utiles pour qui ?« 

Et l’on retrouve notre « ministère de la vérité » en la personne de sa ministre, le Pr Agnes BUZYN, qui défend « bec et ongle » l’intérêt non pas des citoyens français mais des industriels tout cela en faisant miroiter à ces même citoyens qu’ils pourront bénéficier de médicaments hors de prix car innovants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 commentaires

  1. Au CHU, entre les mails d’incitation à la vaccination contre la grippe et les mails pour promouvoir l’innovation thérapeutique, je ne sais plus où donner de la tête!
    Du coup, j’hésite… je pensais aller à cette invitation pensant naivement que toute cette innovation était formidable! (blague, ai-je besoin de le préciser?)

    Ci-joint, une invitation de notre chef de pôle au CHU, aussi président du COMEDIMS

    « Cher(e)s Collègues, Cher(e)s Ami(e)s

    La qualité de la prise en charge des malades dans notre établissement est la valeur qui nous rassemble. Parmi les éléments de cette qualité de prise en charge, l’accès aux médicaments ou aux dispositifs innovants constitue probablement l’une des principales préoccupations. Mais comment se finance l’innovation? Quel est son coût?…et, in fine, comment se forme le prix d’un médicament?

    C’est pour tenter de répondre au moins partiellement à cette question que nous vous invitons à une réunion d’information le … à 18h à l’amphi …), avec le soutien du laboratoire Janssen

    Merci de venir nombreux… »

    C’est beau l’innovation…
    Et merci au laboratoire Janssen!

    • Bon courage
      Pour l’instant pas d’incitation à la vaccination contre la grippe. .jusqu’à maintenant seul le médecin de la structure ou je travaille se vaccine…Et tombe malade. ..Ça fait souvent rire mon entourage mais c’est tout les ans ou presque le même scénario. ..

    • Merci pour ce témoignage.

      Le plus grave problème de la corporation médicale est que la quasi totalité des médecins voient l’industrie pharmaceutique comme la source des « miracles » de la médecine dont de part leur fonction ils sont les « prêtres » par la rédaction d’ordonnance de médicaments.
      De ce fait, travailler en coopération avec BigPharma est vécu comme nécessaire et obligatoire.
      Et cela d’autant plus que sans possibilité de prescription, les médecins ne sont plus rien.

      De plus, du médecin libéral « de base » au professeur agrégé de médecine, chacun voit le comportement ampathique de l’industrie à leur égard, comme allant de soit car « ils le valent bien ».
      Ainsi, des petits cadeaux, de pots, des repas ici et là payés par BigPharma, jusqu’aux rémunérations directes parfois importantes; les médecins considèrent ces « marques d’attention » comme normale.
      Ils ne voient pas, pour la plupart que ce n’est ni plus ni moins que de la corruption le plus souvent déguisée.
      D’ailleurs quand on le leur fait remarquer, ils s’offusquent immédiatement affirmant qu’ils sont tous indépendants et que l’industrie ne les influence pas.
      D’ailleurs les plus corrompus, ceux qui touchent de tous les laboratoires n’hésitent pas d’affirmer sans rire que le nombre de leurs liens d’intérêts est une garantie de leur indépendance.

      De nombreuses publications montrent combien les liens d’intérêt avec les laboratoires est problématique et délétère pour les patients.
      Mais les médecins continuent à être aveuglé et à nier l’influence négative de ces liens.

      La dernière publication en date est pour fois française :
      https://www.bastamag.net/webdocs/pharmapapers/

      Tout le monde devrait lire ce qui y est écrit.

  2. Je ne suis qu’un simple patient, mais l’oncologie, c’est vraiment une des disciplines les plus immondes en compagnie du secteur vaccinal en terme de mise sur le marché de tout et surtout n’importe quoi…

    Avez-vous vu que dengvaxia est en cours d’approbation à l’EMA ?

  3. un tel systeme ne peut exister que p)ar la complaisance des médecins.
    Pas de collectif de médecins signant une pétition demandant le retrait de tous les médicaments n’ayant pas fait la preuve de leur éfficacité.
    Par contre on en trouve120 pour signer une pétition contre l’homéopathie
    L’homéopathie ce problème de santé majeur.
    Avant on disait « la vérité n’interesse personne »
    Maintenant on est au delà « les faits n’intéresse personne »
    Je vous souhaite bon courage mais surtout ne vous retournez pas,je crains que vous soyez seul.
    Voir les réaction a votre billet.

    • Il est clair que l’on peut voir beaucoup de complaisance dans le comportement des médecins.
      Surtout quand on voit l’action d’un certain nombre contre la thérapeutique homéopathique.
      Mais le sujet est complexe et ne peut pas se résumer à de la complaisance, loin s’en faut.

      « Les faits n’intéressent personnes ».
      C’est tout à fait vrai.
      Michel ONFRAY en a fait un ouvrage que je vous encourage à lire :
      https://www.lexpress.fr/culture/livre/le-reel-n-a-pas-eu-lieu-soutient-michel-onfray_1510776.html

      Enfin, je sais bien que je suis seul, ou quasiment.
      Qui pour voir la réalité comme elle est?

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