Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je me sens étranger dans mon propre monde.

Cela ne veut pas dire que je serais sans doute mieux ailleurs, cela veut dire que je ne me reconnais pas dans les « gens » que je côtoie et dans le fonctionnement de notre société.

Ce sentiment d’altérité m’habite depuis fort longtemps. Depuis toujours sans doute. Mais je n’en ai vraiment pris conscience que ces dernières années.

Un des ouvrages qui m’a le plus aidé pour comprendre que je suis « différent » est le livre de Dominique DUPAGNE, la revanche du rameur. Cet ouvrage m’a aussi permis de comprendre que je n’étais pas « unique ». Qu’il y avait d’autres comme moi mais que nous faisons partie d’une minorité.

Apprendre que je n’étais pas seul, cela m’a mis du « baume au cœur » mais cela n’a rien changé dans ma réalité quotidienne et dans le fait d’être confronté quotidiennement à des difficultés en lien avec cette altérité. Cela m’a aussi éclairé sur  la pratique de mon métier, la médecine, en ce sens où j’ai compris pourquoi mes confrères agissaient pour la plupart comme ils le font  et non comme je le fais.

 

Le « train » de l’obligation vaccinale poursuit sa route sans ralentir. Et pourtant, de nombreux confrères ont montré à quel point cette décision gouvernementale n’a pas de sens, du moins d’un point de vue santé publique et intérêt des patients. Il est aussi à noter que de nombreux journalistes dans des médias de premier plan, n’ont compris dans cette problématique d’obligation vaccinale que ce que les autorités sanitaires leur ont expliqué; aucun esprit critique ou du moins une vision très restreinte de la « réalité ».

Et que dire de l’actuelle « crise Lévothyrox »? Elle n’est que le résultat d’une politique sanitaire qui depuis des décennies allie opacité, proximité avec l’industrie pharmaceutique, autoritarisme des experts et responsables sanitaires « aux ordres » des lobbies au point de ne pas voir que l’intérêt des citoyens en terme de santé est à l’opposé des décisions de cette politique. Cela est d’autant plus vrai que chaque tentative de critique est au mieux ignorée au pire immédiatement vilipendée quand elle ne donne pas lieu à des insultes.

Tout cela, dans une sorte de cécité incapable de recul. Car aujourd’hui ce qui est notable, c’est la croyance que la médecine est toute puissante face à la « nature ». Croire que dans l’avenir le progrès médical va finir par vaincre toutes les maladies dont souffrent les hommes. L’aveuglement va même jusqu’à faire croire que la mort pourra grâce aux progrès de la médecine, être elle aussi vaincue. Comment en est-on arrivé à une telle conclusion fautive? Tout simplement en croyant que notre ignorance est minime par rapport à notre savoir alors que c’est tout le contraire.

 

 

Enfin, je suis effaré de lire des commentaires et affirmations de toutes sortes où je vois personnellement, aveuglement, « enfermement » et déni.

J’ai l’impression d’une société évoluant dans un espace fermé, ignorant tout de ce qui existe en dehors de cet espace et même souvent niant même qu’il existe « autre chose » en dehors de cet espace.

 

Ainsi, dans le domaine de la santé c’est ce qui se passe pour la vaccination mais aussi pour l’exercice de la médecine avec toujours plus de traitements, sans voir que la majorité de ceux-ci sont inutiles quand ils ne sont pas dangereux.

Et que penser de la promotion de dépistages en tout genre?

Que penser également de la médecine génomique que l’on nomme personnalisée qui tente de faire croire que tout est géré par notre ADN, nos gènes. Niant en cela tout effet de ce qui est environnemental ou tout simplement hygiène de vie .

Mais également, que penser de mes confrères qui généralisent à l’ensemble de leurs patients le résultat positif tiré d’une étude scientifique conçue pour rendre un résultat positif. Quid de la réflexion sur des traitements où l’étude montre ainsi qu’il faut traiter 150 patients pour espérer un effet favorable pour seulement une personne, oubliant donc que 149 sont traités sans aucun  bénéfice (NNT). Quid dans tout cela de la réalité de la vie et de la diversité des patients très éloignés de ceux sélectionnés pour l’étude?

 

 

Quid par ailleurs de ce qui ne rentre pas dans « les cases »? De ce qui est « incompréhensible ».

La plupart des personnes préfèrent, carrément,  dans ce cas, dire que cela n’existe pas. C’est en effet tellement dérangeant quand on doit admettre son ignorance. Comme l’écrivait un confrère récemment : « Il vaut toujours mieux être du côté du manche, c’est plus sympa, plus rémunérateur et on dort mieux la nuit. » Oui, c’est tellement plus confortable d’être dans « la norme », suivre le flot de « ce qui se fait ».

Voilà quelques réflexions.

 

Je vais donc devoir continuer à faire avec qui je suis, rester moi-même dans une société qui rejette des individus comme moi.

En tout cas, des événements récents de ma propre vie m’ont fait réfléchir plus avant. Je vais continuer à avancer car ce qui est important c’est le chemin et non le but car pour tout un chacun le but de chaque vie (but dans le sens de fin et non de finalité) est la mort. Il faut donc vivre chaque jour le plus pleinement possible en n’oubliant pas que « En prenant la rue « plus tard » nous arrivons à la place « jamais » ».

 

PS : un article d’un confrère qui parle de la « malédiction d’être médecin »  que je mets en lien avec l’aveuglement de la croyance en « la toute puissance médicale ». Ne pas oublier de lire aussi son apostille à cet article.

 

 

 

6 commentaires

  1. Je vous rejoins sur le fond mais je peux pas quitter le navire car j’ai trois enfants dont un petit bébé de 10 mois bientôt ….De retour de vacances et me revoilà replongé dans une réalité qui m’effraie et me réveille la nuit. ..Onze vaccins pour 2018..?l’horreur ! !!!!
    La lutte est rude et souvent silencieuse mais je refuse ce totalitarisme ou je n’aurais rien à dire….

  2. Dencuff Françoise

    Merci. Le sentiment d’être en dehors, différente m’a conduite il y a déjà fort longtemps à abandonner mon exercice. C’est en faisant des formations que j’essaye de faire bouger les lignes Bien modestement mais avec persévérance.
    Heureuse de rejoindre une communauté de résistants

  3. bonjour, gastro enterologue liberal à Nice depuis 28 ans, je me sens dans le même monde que le tien et j’ai été aussi été éveillé par une dizaines d’auteurs, notamment Dominique Dupagne et la revanche du rameur mais aussi Celine Lefeve par son devenir medecin, Pierre Le Coz et son petit traité de la decision medicale, Philippe Barrier et son patient autonme, Rita Charon et la medecine narrative, Katrin Solhdju et l’epreuve du savoir…J’essaie pour ma part de diffuser ces references critiques à Nice au sein d’une sorte d’univerCité du soin
    cordialement
    jmbenattar

    • Bonjour

      Je me doute bien que je ne suis pas unique mais comme je l’écrivais, nous sommes malgré tout une très petite minorité. Et comme toutes les minorités, nous devons « faire avec » la majorité.
      Et cela d’autant plus que cette majorité est satisfaite d’elle-même sans prendre en compte les « autres ».
      C’est l’attitude de toutes les majorités face aux minorités, ou presque.
      Cela fait ainsi plaisir de se sentir moins seul, malgré tout, comme l’écrit Natacha et je crois qu’elle a raison : c’est aussi une richesse.

      Je ne connais aucun de ces ouvrages et merci pour ces références.

      Notre monde médical est assez « déprimant » pour ceux qui ne sont pas dans la servitude volontaire qui est la norme.
      Qui plus est, cette majorité dans « la norme » n’a même pas conscience d’être dans cette servitude volontaire si bien décrite par La Boétie.

  4. C’est lorsque je lis des textes comme les vôtres que je me sens moins isolée.
    Merci pour vos points de vue éclairés et objectifs.
    C’est difficile de faire partie d’une minorité, mais est aussi une richesse.

  5. Bonjour,
    Merci de partager ainsi vos réflexions.
    Le constat est tristement lucide, je le fais mien aussi, de manière générale, et plus particulièrement en ces temps de confusion totale sur la politique vaccinale et son lot de vérités simplistes et de « conforting lies »….
    Je vais découvrir donc « la revanche du rameur », à la quête d’un peu d’espoir dans le “silicolithique”!
    Didier Lambert
    Président Association E3M

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