Je suis toujours très surpris de ce que je peux lire dans certains articles de « confrères » médecins. Je voudrais par exemple analyser celui-ci :

NASH : la maladie dite du la « foie gras humain » est en plein essor

Cet article est une représentation « caricaturale » de ce qu’est majoritairement la communication médicale aujourd’hui. Sous un abord factuel, la façon d’écrire fait plus penser à du « marketing médical » qu’à une présentation « neutre » et informative.

Tout d’abord, la description de la maladie sous son appellation anglo-saxonne ignore son appellation française : «  la maladie du ou des sodas« . Pourquoi cette omission?

Il y a juste une petite phrase qui fait le lien entre la maladie et le mode de vie.

« Il faut donc tout faire pour ne pas en arriver là et cela passe par des interventions sur le mode de vie, en privilégiant la perte de poids, action qui n’est pas toujours suffisante. »

Or cette maladie est l’aboutissement ultime d’une hygiène de vie qui fait la part belle aux produits actuels de l’industrie agro-alimentaire en particulier les sodas sucrés.

Au lieu de développer dans l’article ce que le mode de vie actuel a de mauvais pour la santé avec au final cette maladie, l’auteur développe ce qui peut être considéré comme une promotion de la médicalisation à outrance :

« Ce qui est important c’est que la prise en charge se fasse de façon pluridisciplinaire.
Articulée autour du médecin de famille, elle doit impliquer divers intervenants médicaux et paramédicaux et des intervenants autres. »

Presque aucun professionnel de santé n’est oublié. Même les chirurgiens et la chirurgie bariatrique a le droit à son « petit mot ».

Enfin, cerise sur le gâteau, l’annonce de traitements médicamenteux avec une mention particulière pour une société qui est dite de « grande qualité » car elle a défendu ce journaliste médecin qui aurait été « agressé » sur les réseaux sociaux.

 

C’est quand même hallucinant que ce journaliste médecin fasse la promotion du traitement des conséquences de cette maladie sans quasiment évoquer la prévention de cette maladie : l’abus de boissons sucrées.

Pour prendre une image, c’est comme si vous aviez un récipient qui fuit, et que vous fassiez  la promotion du remplissage pour solutionner le problème, sans même parler de la réparation de la fuite?

En quoi est-ce important pour l’auteur que cet article soit écrit de cette façon?

 

Il semble qu’aujourd’hui tout soit bon pour favoriser « le business » . Ici celui des professionnels de santé et celui des laboratoires.

Pas un mot contre l’industrie agro-alimentaire qui par les produits proposés et la promotion de ces même produits, favorise l’émergence du diabète et du NASH. N’est-ce pas surprenant que ce médecin journaliste n’en parle pas ?

D’ailleurs une commentatrice de cet article s’en étonne après avoir vu l’intervention télévisuelle. Elle écrit :

« Je tenais à vous dire que j’ai été très surprise et déçue de vous entendre terminer en disant que de nombreuses molécules médicamenteuses étaient en cours d’étude pour traiter cette maladie. Pourquoi chercher des médicaments pour traiter cette maladie alors qu’ils auront des effets secondaires néfastes et j’en sais quelque chose car je suis pharmacien. Il aurait été plus judicieux de rappeler aux téléspectateurs les règles d’hygiène alimentaire de base et de leur dire que le soda et les hamburgers doivent rester épisodiques dans leur alimentation afin qu’ils ne développent pas cette maladie. »

La réponse de l’auteur : « la chronique fait une minute trente secondes. Et parler 2 minutes d’un aspect me semble donc difficile. »

Il est vrai que quand le temps est compté, il faut aller à l’essentiel. Je vous laisse juge de ce qui est donc essentiel pour l’auteur de l’article et de la chronique télévisuelle.

Comme disait une célèbre publicité : « Nous n’avons pas les même valeurs »

 

 

Voilà donc un exemple caricatural de communication médicale et cela sur une grande chaîne nationale.

 

PS : mise à jour du 21/04/2017

http://www.lerevenu.com/bourse/valeurs-en-vue/genfit-les-big-pharmas-sagitent-dans-la-nash

 

 

 

7 commentaires

  1. Non, je persiste : je parlais de longévité à l’antenne. Les résultats de la chirurgie de l’obésité sont catastrophiques si l’on envisage le point de vue des opérées. Mais c’est une impression personnelle qui demande des essais au long cours.

  2. On me signale qu’une nouvelle fois j’ai les honneurs de votre blog sans toutefois y être cité nommément ! La première fois c’était après que vous aviez mis sur mon blog un lien qui était un hoax.
    Je m’abstiendrai de juger de votre style. Mais je voudrais vous faire juste remarquer votre malhonnêteté quant aux médicaments et au laboratoire français.

    J’ai signalé sans en nommer aucun les 173 produits pour montrer la folie de ce marché.
    Dans l’heure des dizaines de posts sur le forum Boursorama me reprochaient de ne pas avoir cité Genfit, des messages de boursicoteurs charognards.
    J’ai donc fait une actualisation du billet.
    Vous êtes assez malhonnête pour en faire une défense de Genfit alors que je cite aussi Intercept son concurrent.

    Je ne sais pas quelles sont vos valeurs mais le courage et l’honnêteté intellectuelle semblent ne pas en faire partie.

  3. Pardonnez moi mais j’ai lu l’article en question et vu l’intervention en replay. Aucun médicament ni laboratoire n’a été mentionné. Ce que vous citez est un addendum suite à des reactions d’investisseurs lui reprochant justement de ne pas avoir cité Genfit.

    Je ne comprends pas bien non plus en quoi parler de la chirurgie est un souci .

    • Il est bien question de 173 médicaments en essai pour traiter cette maladie.
      Faut-il des médicaments pour cette maladie qui est une maladie de « civilisation »?
      Traiter les conséquences et pas la cause, cela a-t-il une utilité?
      Proposer la chirurgie pour une maladie de l’hygiène ne vie, vous ne voyez pas où est le soucis?

      Si vous pensez comme l’auteur de cet article, c’est que « nous n’avons pas les même valeurs ».

      • La chirurgie bariatrique dans les obésités morbides n’est pas une panacée mais un moyen. Elle permet également de voir des diabètes T2 s’améliorer voire  » disparaitre ».
        Plusieurs programmes de recherches sont en cours dans le cadre du NASH.

        Je ne vois pas comment vous pouvez etre aussi péremptoire et catégorique. Sauf peut-être à masquer votre hostilité envers Le Dr Flaysakier derrière ces arguments.

  4. Parfaitement d’accord. Le Michel Drucker de la santé est sans intérêt et dangereux.

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