Le délit d’opinion semble être devenu, en médecine, une réalité .

délit de pensée

La preuve en est la radiation du Pr Joyeux par le conseil de l’ordre des médecins dont il dépendait.

Dans le domaine de la médecine, il y a un organisme chargé de veiller à ce que les médecins appliquent des règles dites « déontologiques ». Une sorte de « tribunal d’exception »police pensée pour les citoyens qui exercent,  en France, la profession de médecin. Cet organisme qui surveille les médecins se nomme le conseil de l’ordre des médecins. Il est régi en instances départementales qui « gèrent » l’ensemble des médecins dans chaque département ou territoire. Il a été crée sous L’État Français du Maréchal Pétain.

Pour mémoire, le candidat à la présidence de la république qu’était François Mitterrand, avait mis la suppression de cet ordre à son programme pour l’élection de 1981. Ce dernier qualifiait même l’institution ordinale « d’offense pour la démocratie ». Rien moins que cela !!

Chacun peut constater de ce qu’il est advenu de sa promesse électorale.

Il est clair que « cette offense pour la démocratie » est toujours en vigueur et continue de s’exercer. Le Pr Henri Joyeux, vient d’en faire les « frais ».

D’autres avant lui, pour des raisons assez similaires, avaient été sanctionnés de la même façon mais plus « légèrement ».

Par contre, tous les médecins ne sont pas jugés de la même façon. Ainsi il est intéressant de lire la décision du conseil de l’ordre d’île de France à propos de la plainte du Dr Dominique Dupagne, médecin généraliste , contre le Pr Michaël Peyraumore Debord Broca médecin urologue. On remarquera que la liberté d’expression est reconnue au Pr Peyraumore mais que celle-ci est refusée et même sanctionnée pour le Pr Joyeux. Or les deux sujets de fond sont des sujets controversés en médecine : d’un coté le dépistage du cancer de la prostate par PSA, de l’autre certaines vaccinations. Je vous laisse conclure, mais il est intéressant de mettre les deux décisions en perspective.pensée unique

Mon propos n’est cependant pas de rentrer dans le débat sur le fond. Je voudrais par contre citer les propos du Dr Patrick Bouet, président de l’Ordre des Médecins,  à l’origine de la plainte et qui ont motivé cette sanction très lourde :  « des propos non appuyés sur des bases scientifiques qui, aujourd’hui, posent atteinte à la profession de médecin ».

Il est clair que chaque médecin doit appuyer sa pratique et ses propos sur des bases scientifiques. Cependant, seul un naïf peut croire qu’aujourd’hui la science en général et la médecine dans son exercice, sont basées sur des « preuves » solides. Les « bases scientifiques », dont fait références le Dr Bouet ne sont pas solidement établies pour beaucoup d’entre elles. Qui plus est, elles sont aussi l’objet de fraudes. Il ne faut pas chercher longtemps sur internet pour avoir des éléments « solides et sérieux » sur ces fraudes . Par ailleurs, n’y-a-t-il pas des formes d’exercice de la médecine qui ne sont pas elles non plus appuyées sur ces bases scientifiques dont il est question ? Par exemple  l’homéopathie et l’ostéopathie.

Loin de moi l’idée de contester à mes confrères qui pratiquent ces deux disciplines, le droit d’exercer. Cependant en tenant compte de la « jurisprudence Pr Joyeux », certains pourraient être tentés de porter plainte contre eux auprès du conseil de l’ordre des médecins . Que serait alors la décision de ce même conseil qui vient de condamner le Pr Joyeux à la radiation ?

Tout cela pour dire que les arguments qui ont amené à condamner le Pr Joyeux sont à « géométrie variable ». Des controverses en médecine, il y en a beaucoup et condamner quelqu’un sur les seuls arguments présentés, tient plus de la sanction contre un dogme ( Madame la ministre de la santé n’a-t-elle pas déclaré : » La vaccination ne se discute pas «  ) que vouloir la défense d’une médecine véritablement « scientifique ».délit blasphème

N’y-t-il pas alors , une dérive dangereuse ?

De plus, consultant différents articles sur le sujet, je n’ai vu personne s’interroger sur la gravité de la sanction : radiation. Cela signifie interdiction d’exercer, en France, le métier de médecin. Sous prétexte que le Pr Joyeux est en retraite, cette sanction ne compterait pour rien ?

Il est clair, que comme les Pr Even et Debré dans un passé récent, la sanction qui touche le Pr Joyeux ne va pas beaucoup l’ennuyer. Mais est-ce une raison suffisante pour l’infliger ?

Certains affirment même, que le Pr Joyeux n’aura plus le droit de faire état de son statut de médecin. Le conseil de l’ordre des médecins a juste radié le Pr Joyeux de cet ordre, l’empêchant ainsi d’exercer. Cet instance n’a, d’après mes connaissances, aucune « compétence » pour annuler des diplômes universitaires dûment acquis. Alors pourquoi affirmer une telle chose ?

Mais quel crime a donc commis le Pr Joyeux pour recevoir une sanction si lourde ? Un meurtre, un assassinat, une euthanasie, un viol ou tout autre crime ? Non, il a émis un avis , il a exprimé son opinion. C’est donc clairement un délit d’opinion car on lui interdit son métier, non par ce qu’il a fait mais pour ce qu’il a dit et écrit. N’est-ce pas choquant ?

Un certain confrère rappelle que « Pour l’heure nous sommes toujours en démocratie « . Moi je n’en suis pas si sûr quand aujourd’hui notre société par ses institutions sanctionnent aussi gravement un citoyen pour ce qu’il a dit et écrit. Ne sommes nous pas, plutôt dans ce que François Mitterrand qualifiait justement « d’offense à la démocratie » ?

Il n’y a donc pas grand monde, pour s’indigner comme moi de cette grave sanction infligée au Pr Henri Joyeux. Mais ne nous y trompons pas, c’est aussi un avertissement de la « police médicale » pour les autres médecins qui voudraient suivre cet exemple.police pensée 2 C’est un avertissement pour tous les médecins qui exercent. Le message me semble clair : ne remettez pas en cause les décisions et les avis des autorités même si celles-ci sont « gangrenées » par des conflits d’intérêts. Il y a malgré tout, certain journaliste pour s’indigner et s’interroger sur les conflits d’intérêts qui semblent perceptibles sous cette décision.

Malgré tout le message adressé aux médecins est clair : Taisez vous et obéissez.chut 2

Je perçois, chaque jour un peu plus l’évolution de notre société française vers moins de liberté et aussi plus de sanctions pour ceux qui veulent malgré tout exprimer leur liberté et ce n’est pas les exemples de l’état d’urgence en vigueur actuellement et le recours au « 49.3 » qui me démentiront.

La fiction décrit dans « 1984″, « le meilleur des mondes » et plus récemment « SOS bonheur » devient de plus en plus une réalité.

Que faire ?

Ce que l’on croit juste.

 

 

 

10 commentaires

  1. Apparemment, les méandres de cette affaire sont assez compliquées. Le délit d’opinion n’est pas si éloigné de ce que l’on peut appeler : délit d’atteinte à la vie privée puisqu’il s’agit toujours d’un contrôle abusif de la vie des gens.
    Cette atteinte à la vie privée, Etat, et médecins souvent, la pratiquent allègrement. Mais comme on ne fait jamais le mal sans s’autoriser du bien, on a inventé la prévention et les campagnes médiatiques d’éducation. Quelle belle trouvaille que la prévention ! (le dépistage etc) Elle permet de s’ingérer dans la vie des gens, de les culpabiliser s’ils ne respectent pas toutes les recommandations, de les harceler autant qu’on veut (sous prétexte qu’ils couteraient chers à la sécu. Je connais d’autres moyens de faire des économies. )
    Car la grande fierté, le grand idéal de notre époque serait de vivre le plus longtemps possible !
    Quant à l’omniprésence des sujets de santé dans les magazines, les médias j’en ai ras la casquette !
    Je préfère mon garagiste. Quand je lui amène ma voiture pour réparation ou entretien, au moins lui, il ne s’occupe pas de la façon dont je conduis.

  2. Tout à fait d’accord avec toi; sans même me prononcer sur le fond, ce qui m’atterre, c’est cette décision ordinale qui reflète le glissement de cette France qui n’est plus qu’une République empêtrée dans des filets réglementaires de plus en plus nombreux et contestables. Avec ses abus autoritaires qui font paraître le mot liberté de sa devise de plus en plus petit au fronton.

  3. Je ne suis pas médecin et mon commentaire n’aura donc pas beaucoup de poids….
    Je souhaite juste rappeler que le Pr Joyeux ne critique pas la vaccination en tant que telle mais qu’il s’insurge contre le fait que le choix du vaccin n’existe plus et que ce non choix implique l’utilisation de vaccin hexavalent.

    • Merci pour ce rappel.
      Vous avez raison, il a, dans sa pétition demandé à ce que les parents d’enfants puissent bénéficier d’un vaccin qui suive les obligations vaccinales, soit un Diphtérie Tétanos Polio qui plus est sans adjuvant.
      C’est un raccourci qui est utilisé le plus souvent.

      Par ailleurs, il n’y a pas, dans mon esprit, une hiérarchie sur le « poids » des commentaires.
      Un commentaire d’un non médecin vaut autant que celui d’un médecin.

  4. La réflexion sur la liberté d’expression est nécessaire mais l’exemple choisi inadapté.
    Le Pr Joyeux n’a pas seulement émis une opinion, ce que d’autre ont fait sur le même sujet. Il a diffusé largement ses idées, non d’une critique argumentée mais d’un avis quasi sectaire en argaunt de sa position de médecin pour lui donner du poids. On se demande d’ailleurs quelles expertises la pratique de la chirurgie gynécologique apporte à la vaccination.
    Ce qui est le plus dérangeant n’est pas la sanction que son motif . On peut quand même rappeler que sur son blog on trouve des préconisations pour prévenir l’homosexualité.
    Se pose aussi la question de la place du conseil de l’ordre mais qui nécessite plus qu’un commentaire

    • Ce commentaire amène des réflexions intéressantes.

      Il me semble qu’il y a un malentendu que l’on retrouve dans pas mal d’articles.
      Ce n’est pas le Pr Joyeux qui est l’objet de ma réflexion , mais la sanction qui le touche.
      C’est la raison pour laquelle je suis d’accord que « l’exemple est mal choisi ».
      Mais ce n’est pas un « exemple » , c’est un fait : la sanction qui touche le Pr Joyeux.
      C’est de cela qu’il est question : la sanction pour un avis émis et la défense de cet avis quel qu’en ont été les modalités n’est pas la question.

      L’erreur est de ramener cette histoire à la personne du Pr Joyeux.
      Il n’est que l’expression d’une injustice.
      La personne qu’il est, les croyances qu’il développe ne sont pour la plupart pas « respectables ».
      N’en faisons pas le sujet de cette problématique sinon, c’est passer à coté du problème et c’est ce qui se passe dans la plupart des réflexions.

      Je conteste que ce qui est plus dérangeant c’est le motif et non la sanction.
      Justement c’est le contraire.
      Il est sanctionné pour un délit d’opinion sur un sujet « tabou » : la vaccination.
      C’est la sanction qui est dérangeante pas le motif.
      Les Pr Even et Debré ont été aussi sanctionnés pour leurs opinions sur le statines.

      Le conseil de l’ordre sanctionne donc pour des « opinions » et c’est cela qui est « dérangeant » et problématique.
      Que cette sanction soit infligée à une personne qui par ailleurs défend des idées « indéfendables » n’est pas le sujet.
      Cette amalgame qui est fait systématiquement ne permet pas d’appréhender clairement les choses.
      C’est comme affirmer qu’un assassin ne peut pas être victime d’une injustice car justement c’est un assassin.

      Que les choses soient parfaitement claires : je ne défends pas la personne du Pr Joyeux, je m’insurge contre la décision « inique » du conseil de l’ordre à son encontre.

      La place du conseil de l’ordre est un autre sujet bien plus complexe mais qui montre dans cet exemple précis qu’il est une juridiction d’exception dont l’existence dans notre société du 21è siècle peut être discutée.
      Mais ce n’est pas l’objet de cet article même si c’est un élément important.

  5. Salut,
    Grosso modo je suis d’accord avec toi. Il y a deux poids et deux mesures. Mais comme dans toutes les activités humaines.
    Le professeur Joyeux est un crétin. On en fait un martyr.
    Bonne journée.

    • C’est ton opinion. Rien à dire sur le fait que c’est ton opinion.
      Je ne suis pas d’accord avec ta façon d’exprimer les choses.
      Je crois que proférer des insultes vis à vis de quelqu’un et « crétin » n’est pas un compliment, n’est pas la meilleure façon de « débattre ».

      Bonne journée à toi aussi

  6. Bonjour,
    Contrairement à vous je suis persuadée que cette condamnation est une bonne chose. Les arguments qu’avancait Dr Joyeux contre la vaccination ont été largement médiatisés, alors même que pour qui a fait un petit peu d’immunologie, il y avait beaucoup de choses fausses et dangereuses. Même dans le domaine scientifique, où chaque vérité l’est jusqu’à ce qu’on prouve le contraire, il y a des gens pour dire avec aplomb des énormités qui sont fausses, juste fausses et sans argument fondé. Il faut bien à un moment les arrêter…

    • « Il faut bien à un moment les arrêter », dites vous .
      Croyez vous que c’est la bonne manière ?
      Croyez vous que sanctionner toutes les personnes qui disent des bêtises, soit la « bonne manière » ?
      Qui décide de ce qui est une « bêtise  » et ce qui ne l’est pas ?
      Dans ce cas , pourquoi il serait le seul à être sanctionné ?
      Sanctionner ce n’est pas débattre. S’il dit des choses fausses , il faut donc argumenter contre lui.
      Qui décide de ce qui est juste et faux sur des sujets où il y a autant d’incertitudes ?
      Le Pr Peyromaure a « dit des bêtises » sur l’intérêt du PSA dans le dépistage du cancer de la prostate en affirmant son intérêt contre par exemple l’ HAS ( elle n’est pas la seule).
      Si je suis votre résonnement il aurait du être sanctionné pour ses « bêtise » il ne l’a pas été, pourquoi ?

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