Madame la Ministre de la Santé

Vous annoncez dans un entretien au journal Le Parisien daté du 1er août 2015, un grand débat national sur la vaccination (1).

Vous souhaitez: « que s’engage un débat public sur le sujet. Les modalités restent à fixer, mais il est capital qu’il y ait des échanges et des réponses aux questions des citoyens, dans une complète transparence. Ne rien cacher est la meilleure manière de combattre ceux qui jouent sur des peurs scientifiquement infondées. »

Vous ajoutez : « Pour ce travail, je souhaite avancer avec les médecins : s’ils sont massivement favorables à la vaccination, et ils en sont des acteurs essentiels, ils ont eux-mêmes besoin d’être informés, formés, accompagnés. »

En tant que médecin généraliste, je ne peux qu’être d’accord avec vous sur le sujet, en particulier sur la transparence. Pour ce qui est de la formation et de l’information, je vous remercie mais elle est pour ma part constante et indépendante.

Pour initier le débat, j’aurai des questions à soumettre:

1) Tous les vaccins qui sont sur « le marché » sont systématiquement recommandés ce qui fait au total 13 vaccins différents pour chaque enfant avant sa majorité. Ne trouvez vous pas que cela fait beaucoup pour un pays comme le notre qui a un niveau d’hygiène élevé et une couverture médicale importante. Tous les vaccins ont-ils le même intérêt ?

2) Le vaccin contre la gastro-entérite à rotavirus, longtemps non recommandé, puis recommandé en 2013, est de nouveau non recommandé. Pourquoi ce vaccin dont depuis sa commercialisation on connaissait les risques, dont ont été malheureusement victime récemment des nourrissons, a-t-il été malgré tout recommandé en 2013? Recommandation, défendue encore aujourd’hui par le Pr Floret, président du Comité Technique des Vaccinations.

3) Pour faire suite à cette question, est-il normal que les experts qui prennent des décisions et vous conseillent; aient des liens très importants avec l’industrie pharmaceutique qui fabrique les vaccins ?

4) Quand, la transparence totale, en particulier sur les contrats que ces même experts ont avec les fabricants; sera-t-elle mise en place réellement ? Vous insistez sur la nécessité d’une transparence complète. Quand sera-t-elle effective?

5) Un nourrisson vient de décéder récemment suite à une double vaccination conformément au calendrier vaccinal. Il est parfaitement noté dans les RCP, que l’association de ces deux vaccins est susceptible de majorer la survenue d’une fièvre post-vaccinale. Etait-il judicieux, alors que ce risque était connu, de décider l’association de ces deux vaccins lors d’un même geste vaccinal? Par ailleurs après ce tragique accident, ne serait-il pas judicieux de différer l’un des deux vaccins ? Le Pr Floret, là dessus  reste inflexible et ne souhaite pas modifier le calendrier de vaccination. Cette attitude est-elle « transparente » ?

6) Tous les experts l’affirment et vous reprenez leurs discours : tous les vaccins sont sûrs et sans danger. Or, comme tout médecin, je sais que tout traitement, quel qu’il soit, soumet celui qui le reçoit à un risque d’effet secondaire, parfois grave. Les vaccins ne font pas exception à la règle comme semble l’affirmer les experts. Comment peut on affirmer contre toute forme de bon sens une telle « bêtise » ?

Vous écrivez enfin :

« Le doute est beaucoup plus élevé en France que dans la plupart des pays européens. C’est un climat dont il faut tenir compte. C’est pourquoi je souhaite un débat. »

Ne croyez vous pas que ce doute est la résultante d’affirmations et d’une communication qui font plus la part au marketing qu’à la transparence que vous appelez de vos vœux ?

Ne croyez vous pas que l’adage « il ne faut pas désespérer Billancourt » a assez duré et que les français sont suffisamment adultes pour recevoir une information claire, indépendante et non biaisée.

A force d’affirmer des vérités contredites par l’actualité, les experts loin d’amener la confiance,  entretiennent un doute sur des traitements qui je vous le rappelle s’adressent à des personnes en bonne santé, qui plus est des enfants. Ne faudrait-il pas changer diamétralement cette stratégie?

A toutes ces questions et bien d’autres, je souhaiterai Mme La Ministre de la Santé, des réponses transparentes .

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de recevoir Mme La Ministre, l’assurance de mes sincères salutations.

(1) L’interview de Mme Marisol Touraine au Parisien

3 commentaires

  1. couturier annie

    Bonjour marisol touraine semble psychorigide, je doute fort qu elle vous entende. ….personnellement je n ai plus confiance dans la médecine ayant ete victime du distilbene.l industrie pharmaceutique come toute industrie doit d aborg générer des profits et rémunérer le plus possible ses actionnaires….tout médicament ou vaccin doit faire retour sur investissement.

  2. Je vois que ces déclarations vous ont fait bondir aussi!!!

    bravo pour votre coup de gueule

  3. Juste… merci !
    Pour votre objectivité et votre mesure, et pour votre parfaite compréhension des réticences (voire des blocages) des patients.
    Si seulement MT pouvait lire cette lettre et en tenir compte.

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