Nous croyons plus ce que nous ne voyons pas que ce que nous voyons .

 

Une grande partie des résultats de l’action d’un médecin aujourd’hui est invisible. Il ne voit pas l’effet de sa prescription comme il peut le voir quand il prescrit un antibiotique dans une maladie d’origine bactérienne . Dans ce cas les symptômes à l’origine de la prescription disparaissent rapidement .

Aujourd’hui bon nombre de médicaments administrés aux patients sont dans le registre de la prévention d’évènements graves.

Si ces médicaments “préventifs” ne sont pas prescrit, ceux qui dénoncent la non prescription emploie le vocable “perte de chances” car bien que nous ne voyons pas l’effet celui-ci est alors considéré comme certain.

Ces médicaments s’ils sont efficaces , font que le médecin ne verra pas la survenue de l’accident redouté .

Or malgré tous les traitements possibles et inimaginables, l’accident survient malgré tout un jour et le médecin le constate .

Le médecin pourrait alors conclure légitimement que le traitement qu’il a prescrit est inefficace.

Pourtant dans la grande majorité des cas, ce n’est pas ce qui se produit .

Le médecin continue à prescrire le médicament .

En effet de doctes confrères, souvent professeurs lui ont expliqué que ce médicament ne supprime pas le risque mais le réduit fortement.

 

Le médecin a donc plus confiance en un effet qu’il ne verra jamais : la réduction d’un risque qu’en ce qu’il peut constater par lui même.

 

Un exemple est caricatural : les médicaments de la classe des statines.

Ce sont des médicaments qui baissent le cholestérol et protégeraient le coeur de l’infarctus.

Or chaque médecin a l’expérience de patient qui ont fait un infarctus malgré la prise d’un médicament de cette classe.

Chaque médecin connaît aussi certains effets secondaires particulièrement invalidants de ces statines : les douleurs musculaires .

Que font alors ces médecins devant la survenue de douleurs musculaires qui empêchent parfois le patient de parcourir quelques centaines de mètres au point de réduire considérablement sa qualité de vie ?

Devant cet effet qu’il peut constater car le patient s’en plaint , il continue à prescrire pour le préserver d’un hypothétique effet beaucoup plus grave qu’il ne peut pas constater.

 

N’est-on pas aujourd’hui tombé sur la tête en privilégiant souvent un potentiel effet invisible au détriment d’un effet réel “visible”?

 

Quoiqu’on en dise cela s’appelle une croyance .

 

Je ne dis pas que tous les médicaments qui n’ont pas d’effets visibles sont inutiles.

Je dis seulement qu’il faut être dans ce cas beaucoup plus prudent .

 

Les statines diminuent le cholestérol sanguin, cet effet est parfaitement visible .

Protègent-t-elles pour autant le coeur ?

C’est ce qui est affirmé “haut et fort” .

Mais est-ce “vrai” ?

Il y a des milliers d’études qui l’affirment .

Est-ce suffisant ?

Cela le serait s’il n’y avait pas un doute sur ce qu’affirment toutes ces études, s’il n’existait pas des études pour contester les bienfaits quasi “merveilleux” de cette classe de médicament .

De plus la fiabilité des études est de plus en plus contestée comme le montre ces deux articles :

Le déni de la pollution des publications… très inquiétant, mais nous sommes passifs

la moitié de la littérature scientifique est tout simplement fausse….écrit  Richard Horton, rédacteur en chef du LANCET

 

Et malgré cela les leadeurs d’opinion nous expliquent que les études cliniques nous disent la vérité vraie.

 

C’est un peu la même chose pour les vaccins .

Pour des maladies infectieuses on peut présumer d’un effet quand ces infections ne se rencontrent plus .

Cependant il est des cas où malgré la vaccination des infections réapparaissent ou même que des infections supposées évitées par la vaccination augmentent.

Dans ce cas , les autorités accusent les anti-vaccinalistes et le manque de couverture vaccinale.

N’y-a-t-il pas d’autres raisons ?

 

Quand quelque chose ne peut pas être observé, affirmer son efficacité est une croyance.

Et ce ne sont pas les statistiques et les chiffres mis en avant qui en font pour autant une preuve solide.

Chacun sait que l’on peut faire dire à des chiffres ce que l’on veut .

 

La médecine et les médecins n’échappent pas aux croyances.

Ils échappent d’autant moins que les certitudes en médecine n’existent quasiment pas .

Nous avons tout au plus parfois de fortes présomptions.

Mais ces présomptions peuvent également être manipulées dans un sens ou dans un autre , mais là c’est une autre question.

 

Ce qui me gène, c’est le manque d’esprit critique, le manque de recul sur nos connaissances , sur nos “certitudes” .

Croire que parce que c’est écrit, qu’il y a une étude qui le prouve , c’est incontestablement vrai.

Certain fait ne provoque aucune réflexion .

Que penser ainsi dans le cas des statines où elles sont considérées comme favorable pour un diabétique alors qu’elle sont susceptibles de provoquer cette maladie.

Moi cela me choque. Il semble que je sois un des seuls .

 

En son temps  le philosophe Bertrand Russel s’était penché sur ce problème.

Il en avait tiré une réflexion intéressante.

 

Notre temps est-il celui de la soumission volontaire aux experts ?

Notre temps est-il celui de l’abolition de tout esprit critique , de toute réflexion ?

 

2 commentaires

  1. Notre temps est surtout le temps du rêve, voire de l’utopie pour échapper à la dépression, au désenchantement et aux constats d’échec….mais c’est à explorer.
    merci

    • En effet, notre temps est celui du rêve voire des utopies.
      Nos rêves, voire nos utopies deviennent plus réel que le réel lui même qui lui alors n’a pas existé .
      Michel Onfray en fait une de ses explications de notre temps.
      Il n’aborde pas le volet santé et médecine mais je crois que cela existe aussi dans ce domaine comme le montre les exemples que j’ai pris.

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