Les médias se sont fait largement l’écho de la révélation de 2 cas mortels après vaccination contre la gastro-entérite par Rotarix® et Rota Teq®.

 

Cette exemple montre, s’il en était besoin que tout traitement ( et la vaccination en est un ) expose à des risques .

Il faut donc peser le pour et le contre ce que l’on appelle la balance bénéfice/risque.

A la lumière de ces informations diffusées dans le grand public , que penser de cette balance pour ce qui est de ces vaccins ?

Il est ainsi fait mention de :” …508 notifications d’effets indésirables médicalement confirmées, dont 201 graves », ont été recueillies et analysées, souligne l’agence du médicament.

Parmi les observations graves, 47 cas d’invaginations intestinales aiguës, survenues dans le mois suivant la vaccination, ont été rapportés, dont deux fatals.”

Je voudrais juste rappeler pour ceux  qui “minimisent” ces effets en rappelant le million de vaccinations; un fait :  la pharmacovigilance est dramatiquement sous évaluée d’un facteur sans doute proche de 100.

Donc baser sa réflexion sur ce qui est “connu” ne peut que biaiser les conclusions.

De plus chacun sait également qu’il est rarissime que des effets secondaires graves soient attribués aux vaccins . Ce n’est pas être anti-vaccinaliste de l’écrire , ce sont juste des faits.

 

Par ailleurs cet effet secondaire grave est bien connu , un autre vaccin du même type (Rotashield® ) n’a pas pu être commercialisé pour ces même raisons.

 

Quel est alors l’intérêt de ce vaccin ?

Il protège d’un virus responsable de diarrhée aiguë qui non traité correctement  peut entraîner une déshydratation du nourrisson pouvant le conduire à être hospitalisé.

Ce vaccin a donc pour but d’ éviter la survenue d’hospitalisation coûteuse pour la société .

La santé du nourrisson est alors accessoire.

C’est écrit noir sur blanc dans l’avis du HCSP du 23/11/2013 : “Le Haut Conseil de la santé publique a pris en considération l’impact bénéfique, dans les pays industrialisés, de cette vaccination des nourrissons qui réduit le taux d’hospitalisation de plus de 80 %”

Pourtant cette même autorité ne recommandait pas ce vaccin en 2010:

 

Que s’est-il passé pour qu’il change d’avis ?

D’après ce qui est écrit :”d’un impact désormais limité des campagnes d’incitation à mieux utiliser les solutés de réhydratation orale pour le traitement des diarrhées aiguës du nourrisson âgé de moins de un an”

C’est donc parce que le traitement de la diarrhée est mal fait .

Avez vous souvenir d’une quelconque campagne d’incitation à utiliser les solutés de réhydratation ? Moi pas .

 

Résumons :

La vaccination serait inutile si le traitement simple de la diarrhée du nourrisson était bien appliqué .

Des campagnes d’incitation ont été inefficaces.

N’ont-elles pas été inefficaces parce que passées inaperçues ?

En d’autre terme n’est-ce pas un simple prétexte pour recommander un vaccin inutile ?

Cela me rappelle la recommandation du Gardasil® pour la prévention du cancer du col de l’utérus car les campagnes de promotion du frottis sont peu efficaces pour réduire le risque . ( Pour mémoire les campagnes de dépistage par frottis ne sont pas des campagnes nationales comme peut l’être la mammographie de dépistage , pourquoi ?)

 

Est-il vraiment “raisonnable” de faire courir un risque mortel à un bébé en le vaccinant, sous prétexte de faire des économies sur les hospitalisations?

D’autant plus qu’il existe des moyens simples d’éviter les hospitalisations.

Dans des pays où l’accès à l’hospitalisation est précaire, cela peut se concevoir ( et encore !) , mais en France, cela n’a pas de sens .

N’aurait-il pas mieux valu faire une vraie campagne de prévention des gastro-entérites virales : mesures d’hygiène, connaissance du traitement à mettre en route sans tarder etc ?

Pour mémoire une solution de réhydratation c’est :

Diluer :

6 cuillères à café de sucre et

1/2 cuillères à café de sel

dans 1 litre d’eau.

Boire autant que le volume des diarrhées.

Il est surprenant que l’ INPES ( Institut de prévention et d’éducation pour la santé) n’explique que le “médicament” ( Solution de Réhydratation Orale : SRO) nulle part sur son site il n’est fait mention de la possibilité d’autre chose .

Par ailleurs sa brochure “Diarrhée du jeune enfant , éviter la déshydratation” ne parle que de sachets SRO

Dans la dernière page de sa brochure  elle explique en effet comment préparer une solution de réhydratation orale :

préparation SRO

Aucune mention d’une préparation “maison” .

De plus la boite de 20 sachets d’Adiaril® ( cette fameuse solution SRO ) coûte 6,2 euros  .

Cela fait cher la cuillerée de sucre et de sel !!!!

Et pourtant le prix de ces sachets de SRO n’a aucune commune mesure avec le prix des vaccins , par exemple  2 doses de Rotarix®  coûtent aux environs de 140 euros .

 

 

Au terme de cette analyse, il me parait évident que les autorités ont tout fait pour favoriser l’utilisation des vaccins .

En effet comment comprendre autrement la minimisation des effets secondaires graves connus.

Par ailleurs l’invisibilité d’une campagne d’information sur la prise en charge de la diarrhée du nourrisson fait sens.

Qui plus est comment comprendre que les autorités n’expliquent pas qu’avec une solution composée d’eau , de sucre et de sel; on peut éviter les complications d’une maladie virale commune.

 

Mis en parallèle ces 3 éléments éclairent sur la stratégie réelle.

 

De plus mettre en avant le coût de l’hospitalisation pour favoriser des vaccins chers est assez paradoxal. Il est vrai que dans un premier temps ils n’étaient pas remboursés mais justement cette question devait, comme par hasard  se poser à nouveau dans les semaines à venir.

Quelle sera maintenant la décision ?

 

Je rappelle enfin que malgré la révélation des décès de nourrissons en lien avec la vaccination  la ministre de la santé affirme malgré tout que la balance bénéfice/risque reste favorable pour ce vaccin .

PS du 21/04/2015

Mon confrère Luc Perino vient de faire paraître un billet sur son blog dont je suis à quelques nuances près en accord avec lui :

http://expertiseclinique.blog.lemonde.fr/2015/04/21/vaccins-en-general-et-en-particulier/#xtor=RSS-32280322

12 commentaires

  1. Lionel MICHEL

    Alors que tout le monde sait qu’avec du Coca-Cola, on règle bien des problèmes ;-)))

    • Je ne suis pas sur que la composition du Coca Cola soit adapté à un nourrisson.
      Cependant il y a fort à parier que dans ce cas les avantages liés à la réhydratation d’un nourrisson surpassent les inconvénients liés à la composition.

      Beaucoup d’adultes prêtent même au Coca des vertus contre la diarrhée alors que ce n’est qu’un liquide qui hydrate

  2. Merci pour cet article malheureusement trop réaliste. Les parents de jeunes enfants doivent avoir une attitude irréprochable et des réflexes de base comme hydrater un bébé qui a une diarrhée ou se laver les mains. Les médecins doivent aussi répondre présents et parfois mieux conseiller les jeunes parents. Je ne comprends pas que nous devions, en France, faire vacciner un enfant contre la gastro.

    • Le problème des parents de jeunes enfants est de savoir comment pouvoir mettre en doute l’avis d’autorité d’un médecin qui recommande un vaccin.
      D’autant plus qu’il peut jouer sur l’angoisse naturelle des parents devant l’éventuelle maladie d’un nourrisson.

      Je serai curieux de savoir combien de médecins informent correctement sur ce vaccin.
      Combien indiquent le risque d’invagination intestinale aiguë.
      Combien indiquent que ce vaccin ne protège que du rotavirus et non de tous les virus qui provoquent des diarrhées.
      Combien également informent sur la conduite à tenir chez un nourrisson qui souffre de diarrhée et sur la possibilité d’un liquide de réhydratation simple à faire chez soi .

      Mon analyse et ce constat se basent sur des éléments factuels repris de ceux qui ont une conclusion différente de la mienne.
      Je présente des éléments simples sans chiffre, juste du bon sens.

      Mais il est tellement plus facile de suivre la recommandation des experts pourris de conflits d’intérêts sans prendre la peine de s’interroger sur le « pourquoi du comment »

  3. Bonjour,

    Vous dites que le vaccin est mis en avant dans le but de réaliser des économies en évitant les hospitalisations, au détriment de la santé des enfants. C’est pourtant le « contraire » qui s’est produit. Le vaccin a une balance bénéfice-risques favorable (la réduction du nombre d’hospitalisations et de décès par rotavirus surpasse le sur-risque d’IIA) mais sa balance bénéfices-coûts est jugée défavorable en France (vacciner les enfants est plus cher que de les hospitaliser quand nécessaire). C’est donc la santé des enfants qui n’est pas parfaitement prise en compte, car les moyens financiers sanitaires ne sont pas illimités. Les sources que vous mentionnez confirment d’ailleurs cela… voir les extraits suivants

    http://www.docvadis.fr/andreas-werner/page/mon_guide_prevention/vaccinations/vaccin_anti_rotavirus_et_invagination_intestinale_aigue.html

    « … ce danger d’IIA est infiniment moins important que le bénéfice attendu (et démontré) de la vaccination en particulier dans les pays en développement. Manish Patel et coll. qui signent cette étude dans le New England Journal of Medicine évaluent le nombre d’hospitalisations pour diarrhées à rotavirus évitées grâce au vaccin chaque année dans ces deux pays à 80 000 et le nombre de décès épargné à 1 300 soit plus de 200 fois plus que la mortalité due aux IIA induites par le vaccin. Sur ces bases, l’OMS et les autorités sanitaires mexicaines, brésiliennes et américaines ont décidé de façon unanime de maintenir leurs recommandations de vaccination systématique des enfants de moins de 3 mois.  Rappelons qu’en France, bien que les deux vaccins aient obtenu l’AMM, cette vaccination n’est pas intégrée aujourd’hui au calendrier vaccinal en raison des doutes émis par le Conseil supérieur d’hygiène publique sur leurs rapports coût-efficacité. »

    http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=404
    « Le Haut Conseil de la santé publique a pris en considération l’impact bénéfique, dans les pays industrialisés, de cette vaccination des nourrissons qui réduit le taux d’hospitalisation de plus de 80 %, les données en faveur d’une immunité de groupe, en cas de couverture vaccinale élevée et l’évaluation désormais précise du risque de survenue d’invaginations intestinales aiguës post-vaccination, pour les deux vaccins existants. Il recommande, sous réserve d’une politique tarifaire conduisant à des ratios coût/efficacité acceptables pour ces deux vaccins, la vaccination contre les rotavirus des nourrissons âgés de moins de 6 mois »

    • Merci pour ce commentaire qui développe les arguments marketings et conclue à la balance bénéfice/risques positive.

      Vous prenez pour argent comptant les arguments des spécialistes et experts sans vous interroger sur leurs liens d’intérêts.
      Oublié aussi que l’ OMS n’est plus financé par les états mais par des fondations privées telle celle de Bill et Mélissa Gates largement investie dans la promotion des vaccins . Pourquoi ne pas mettre cet argent dans l’accès à l’eau potable qui elle aurait un effet excessivement positif sur la réduction des maladies infectieuses en général et sur les diarrhées en particulier.

      Vous affirmez la balance bénéfice risque positive balayant d’un revers de main les effets secondaires connus de ces vaccins . Un liquide fait d’eau potable de sel et de sucre n’a à ma connaissance pas d’effet secondaire mortel .

      De la même façon vous ne dites pas un mot du traitement simple de la déshydratation .
      Car c’est bien de cela qu’il s’agit .
      Pourquoi aucune campagne d’information grand public sur l’hydratation des nourrissons en cas de diarrhée.
      Pourtant la solution est simple et quasiment gratuite.

      Il est simple ensuite de se désoler du nombre d’hospitalisation pour diarrhée du nourrisson quand rien n’a été fait pour l’éviter.

      Vous considérez comme les autorités que seul le vaccin protège.
      On sait depuis longtemps que c’est l’amélioration de l’hygiène et l’accès à l’eau potable qui est efficace et cela bien avant que n’apparaisse la vaccination.
      Or rien n’est fait dans ce domaine.
      Chez nous où l’accès à l’eau potable n’est pas un problème, il suffirait d’informer correctement la population sur les règles d’hydratation des nourrissons en cas de diarrhée.
      Cela n’est pas fait, pourquoi ?

      • Je ne fais que vous rappeler le contenu des sources que vous aviez mentionnées. Vous ne pouvez pas y piocher ce qui vous arrange, pour ensuite conclure à l’opposé de ces dernières. Si vous n’êtes pas du même avis que ce qui y est dit ou conclus, il faut alors indiquer clairement au lecteur ce qui relève de votre avis et ce qui relève d’informations sourcées.

        Je ne balaye pas les risques. Je rappelle que vos sources, en connaissance des risques, concluent à une balance bénéfices-risques positives. Je n’y peux rien, ce n’est pas moi qui le dit, ce sont bien vos sources !

        Je n’ai rien contre les autres moyens de prévention que sont l’hygiène et les SRO, que du contraire. Vous faites du procès d’intention. Pour moi, si il existe plusieurs moyens de prévention, ils doivent être « prioritarisés » en fonction de la leur balance bénéfices-coûts. C’est d’ailleurs ce qui a été fait par les autorités françaises qui avaient décidé de mettre en avant les SRO au lieu des vaccins… (le vaccin n’est toujours pas recommandé aux parents par le ministère, pour rappel). L’estimation de la balance bénéfices-coûts est différente en fonction des pays, ce qui explique que certains recommandent la vaccination généralisée et d’autres pas.

        J’ai l’impression que vous diabolisez un peu beaucoup les autorités en leur faisant dire ce qu’elles ne disent pas ou en prétendant qu’elles ne disent pas ce que vous dites.
        http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1119.pdf

  4. Bonjour,
    bel article qui met en lumière quelques points essentiels de ce fiasco vaccinal. Par exemple l’inlassable lobbying effectué par les laboratoires pharmaceutiques auprès des autorités, qui finit toujours par infléchir les positions de celles-ci. Ce qu’on peut dire qu’ils ont les moyens de faire ce lobbying, d’innombrables salariés qui se consacrent full-time à cette tâche.

    Au-delà de cet aspect il faut comprendre que ce sont les fondements mêmes des décisions qui sont mauvais.C’est à dire que non seulement les études sur lesquelles se fondent les décisions sont souvent biaisées ou interprétées abusivement, mais que les études négatives sont très souvent occultées.

    Le collectif all-trials, mené, entre autres par Ben Goldacre, un psychiatre britannique qui a popularisé la critique du mésusage des statistiques en médecine a lui aussi fait son lobbying. Il revendique l’obligation pour les promoteurs de publier tous les essais cliniques, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ce collectif a réussi à rendre cet revendication « tendance » et de nombreux organismes y ont adhéré,y compris certains laboratoires comme GSK, non sans une immense hypocrisie (GSK, fabriquant du Rotarix, est l’un des 5 plus gros fabricants et distributeurs de vaccins dans les pays occidentaux).

    L’OMS a finalement décidé de suivre le mouvement et a pris position, il y a quelques jours, pour que toutes les études servant à évaluer l’efficacité et les risques de médicaments ou vaccins soient enregistrées sur des registres officiels ad hoc avec un numéro identifiant, et que leurs résultats soient systématiquement publiés.

    Pour prendre cette position elle se fonde sur analyse de diverses etudes, qui arrivent à la conclusion qu’une proportion importante des études effectuées pour évaluer des médicaments ou vaccins ne sont pas publiées. CETTE PROPORTION EST LA PLUS IMPORTANTE POUR LES VACCINS car pour 5 maladies visées par des vaccins étudiées, SEULS 29% de ces études avec leurs résultats ont été publiés https://www.plos.org/wp-content/uploads/2013/05/plme-12-4-Moorthy.pdf . Ce qui signifie que les décisions des autorités, en plus d’être biaisées par les conflits d’intérêts et le lobbying et les pressions insistantes des fabriquants, se sont basées sur seulement le tiers des études randomisées effectivement menées pour ces 5 maladies. Et on peut parier que ce sont les études négatives qui ont été occultées.

    Néanmoins, un arsenal juridique existe déjà en théorie pour sanctionner ces comportement et l’absence de publication d’études relatives à un médicament ou vaccin serait punissable aux Etats-Unis par une amende de 10 000 dollars par jour de retard, que la FDA pourrait réclamer aux laboratoires. Mais les laboratoires sont aussi les clients et les financeurs de la FDA, comme ils sont les clients et financeurs de l’ANSM. C’est sans doute pourquoi le paiement de cette amende ne leur a jamais été réclamée.

    • Je n’avais pas de référence concernant les études non publiées . Je savais juste leurs existences.
      Ainsi j’ai souvenir d’avoir lu qu’une étude faite en Inde à propos du Gardasil qui avait provoqué de nombreux décès suspects .
      Les médecins libéraux de ville promoteurs de ce vaccin en ont ils eu connaissance . C’est peu probable car ils ne connaissent des « produits » que ce que les laboratoires leur en disent .
      Le plus triste c’est qu’ils s’en contentent.
      Ainsi ma fille m’a rapporté la promotion faite par son pédiatre pour qu’elle vaccine ma petite fille par un des deux vaccins anti gastro.
      Comme je l’avais informé de la problématique bien avant que ne sorte ces informations, elle a refusé le vaccin.

  5. Merci pour cet article. Il y a eu, il me semble, un glissement de la stratégie des laboratoires pharmaceutiques avec les vaccins, il y a un peu plus de 10 ans (je me rappelle alors les premiers articles sur le sujet). Je suis convaincue (sans vouloir aller dans le tout-complot) qu’ils ont anticipé la perte des brevets et re-axé une partie de leurs efforts sur ce secteur.
    Je serais curieuse d’avoir une vision plus globale (mondiale), mais je pense que ce qui est fait en France est à peu près identique ailleurs, dans les pays développés.
    En tout cas, merci pour vos articles. Je ne commente (quasiment) jamais, mais je vous lis (quasiment) toujours…

  6. Le prix de l’Adiaril est un prix imposé à 6.20, le passage sur « sans doute plus cher en pharmacie » est en trop!

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