Aujourd’hui une de nos plus haute juridiction vient de dire que l’interdiction des autotests de dosage des PSA est illégale.

En prenant cette position, le Conseil d’Etat permettra à tous les hommes de se tester en suivant les sirènes de la médicalisation de la société.

Car si ce test est positif il se précipitera chez son médecin ou chez son urologue et le rouleau compresseur des multiples examens et interventions sera lancé.

 

Son médecin généraliste préalablement pouvait informer le patient de la balance bénéfice/risque du dépistage du cancer de la prostate par PSA.

Son médecin généraliste pouvait préalablement à cette décision juridique lui expliquer que les autorités  déconseillaient fortement ce dosage au point qu’ils ont interdit l’autotest de PSA.

Son médecin généraliste pouvait lui expliquer pourquoi les autorités déconseillaient cette prise de sang.

Il pouvait également lui parler de toutes les études scientifiques indépendantes qui expliquent la “dangerosité” pour le patient de ce test.

 

Aujourd’hui le médecin généraliste ne pourra plus faire tout cela.

En effet, le Conseil d’Etat nous dit dans cette décision que le médecin est inutile.

Le patient peut décider seul de connaître son niveau de Prostate Spécific Antigen ( PSA)  . A quand la radiographie, les scanners, les IRM en accès libre ?

Si quelqu’un doutait qu’aujourd’hui la santé est un bien de consommation comme les autres , il en a par cette décision, une preuve évidente.

4 commentaires

  1. Bonjour, h&p si je me mets dans le point de vue du citoyen je peux trouver cette décision du conseil d’état absolument légitime. C’est un abus de pouvoir que de m’interdire d’acheter un auto-test. Il faut être soit patient, soit médecin pour comprendre les effets pervers pouvant être induits par ce test. Cela dit nombre de vos collègues continuent à prescrire des PSA, des dépistages etc et nbre de patients se sentent rassurés une fois diagnostiqués positifs!! Puisque c’est pris à un stade précoce, ils sont sauvés même si en fait ils n’étaient pas vraiment malades!!
    Cela dit, cette bataille me semble perdue. les auto-tests vont se multiplier. Si le PSA a tant de succès c’est aussi parce que ce n’est qu’une prise de sang, c’est moins contraignant qu’une mammographie ou une coloscopie. S’il suffit d’une goutte de sang ou d’un peu de pipi pour savoir un tas de trucs… J’ai vu un peu dans le même esprit une prescription systématique et inutile de marqueurs sanguins en suivi de cancer du sein. Si les médecins sont khons, il est difficile de penser que le non-médecin le soit moins. Car vous dites que du coup le médecin ne peut plus informer le patient du risque qu’il prend à faire ce test, mais comment l’informait- il?
    Vous, oui…d’autres qui vous lisent oui…
    Les auto-tests vont arriver en masse et globalement la société s’auto-testera. Et le mg ramassera les morceaux. Certains comme vous et d’autres que je connais déploreront cette dérive mais progressivement j’ai l’impression que cela va s’imposer. Les mutuelles, les cpam, voire les labos vont salarier des mg en maisons de santé qui suivront des protocoles où le patient rétif aux dépistages sera exclus de l’assurance. Le patient rétif au traitement systématique type statines, anti cholestérol et anti-alzheimer etc sera exclus ou paiera son assurance plus cher. J’imagine qu’il resterait quelques mg forts en lecture critique, experts en iatrogénie et en épidémiologie qui seraient des médecins non conventionnés car exclus du système marchand qui soigneront les « bobo » ( les bourgeois bohême et non pas les petits bobos) de demain quand l’évolution des mentalités fera germer enfin les inconvénients liés à la surmédicalisation. Car maintenant on enquiquine le pauvre et sans dents qui boit du soda devant sa télé quand les autres font du vélo, parce qu’il surbouffe…un jour le pauvre sans dents sera privé de coca sous peine de perdre son assurance et surbouffera des médicaments pour ne pas perdre son assurance et nourrir les actionnaires de big pharma. Ce n’est pas très optimiste mais je ressens comme vous la fin d’une certaine médecine générale si celle-ci ne sait pas se renouveler mais surtout la fin des mg si la conscience collective de cette surmédicalisation ne se fait pas. Car pour moi le mg de demain serait vraiment celui qui saurait organiser le meilleur soin du patient a minima, pour ne pas lui nuire. Je pense que sa formation en faculté devrait être très différente, dans un tout autre état d’esprit.

    • Votre analyse est juste et je la partage.

      Les autorités en interdisant l’autotest avaient été courageuses mais l’on peut considérer qu’elles ont été paternaliste.
      Un peu comme les parents qui interdisent aux enfants de toucher aux allumettes pour les protéger des brûlures ou de mettre le feu à la maison.
      Le CE l’a sans doute jugé ainsi.
      Tant pis pour ceux qui se « brûleront » ou pire .
      Ainsi en va notre société .
      L’interdiction de vente est intolérable .

  2. C’est plus compliqué. Le CE considère que les examens dangereux qui suivent un test positif ne peuvent être prescrits ou réalisés que par un médecin, ce qui constituerait une protection du patient. Au contraire, le CE considère que c’est grâce aux médecins que cet autotest n’est pas dangereux.

    Il faut donc que l’ANSM aille plus loin pour caractériser le danger de l’autotest, en expliquant noir sur blanc :
    – Que le dépistage par PSA n’est pas seulement limité dans son intérêt, mais réellement délétère pour la santé.
    ET
    – Qu’un résultat positif, même s’il n’est pas synonyme de cancer, va générer chez le patient une inquiétude qui ne pourra être éteinte par le médecin, et conduira quasi automatiquement à des examens invasifs.

    En fait, l’ANSM a clairement mal rédigé son refus.

    • Le CE a une drôle de façon de raisonner .

      Comme je l’écrivais, faire un test , le trouver positif c’est mettre le doigt dans l’engrenage : angoisse, examens supplémentaires pour « rassurer » , examens qui ne rassurent pas mais incitent à d’autres examens qui finiront par trouver des cellules cancéreuses etc.

      Que va pouvoir faire l’ ANSM ?
      Pour une fois qu’une telle institution prenait une décision courageuse.

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