Ce matin, je découvre un « fait divers » dramatique : un vieil homme de 94 ans a assassiné sa femme à coups de marteau avant de se donner la mort par défenestration. C’est ce que l’on appelle paraît-il un suicide altruiste. En effet, sa femme était atteinte de la maladie d’Alzheimer.

« C’est un drame de la vieillesse » aurait simplement indiqué le procureur de la république.

Je m’insurge devant ce qualificatif .

La vieillesse fait partie de la vie et est l’aboutissement de chaque vie. Si c’était vraiment un drame de la vieillesse, ce ne serait pas un fait divers mais un fait courant et non exceptionnel, or il n’en est rien.

C’est pour moi un drame de la déshumanisation de notre société et non celui de la vieillesse.

Qu’un vieil homme soit amené à tuer sa femme, qui plus est, à coups de marteau , montre à quel point la souffrance qu’il endurait dans l’accompagnement de sa femme malade lui était devenue insupportable.

Que fait la société et les structures médicales pour soulager de telles souffrances ?

Rien ou du moins pas grand chose .

Ce fait divers est en cela symptomatique.

Car nous avons aujourd’hui les moyens de répondre à la volonté d’en finir de façon sereine et dans la dignité. Les possibilités existent mais elles ne sont pas disponibles dans notre société française.

On sait que certaines personnes sont obligées de s’exiler dans d’autres pays ou dans certains états ( États Unis) pour pouvoir mourir dans la dignité .

Ce fait divers montre à quel point la question de l’euthanasie et du suicide assisté ne sont abordées que de façon théorique aujourd’hui dans notre pays mais qu’en pratique rien n’est possible.

Ces questions interrogent le médecin que je suis, d’autant plus quand un fait comme ce dernier se produit.

La médecine ne doit-elle pas essayer de répondre à la souffrance ?

La médecine doit-elle faire miroiter la pleine santé jusqu’à l’immortalité comme on le voit parfois dans les médias au point d’occulter la maladie et la mort, seules certitudes de notre humanité ?

Je ne suis pas naïf au point de ne pas vouloir qu’il y ait des garde-fous législatifs pour éviter les excès et les dérives en tout genre.

Mais ces garde-fous doivent-ils, parce qu’ils existent être le prétexte à des souffrances si intenses ?

J’ai mon opinion sur la question.

Cependant ce que je constate, quand un tel fait divers existe, c’est que la société d’aujourd’hui est inhumaine.

L’est-elle plus qu’avant ?

Quand on voit à quel point l’Homme et le corps de l’ Homme ne sont devenus que prétexte à marchandisation.

Je le pense.

Un commentaire

  1. Pérusset Josette

    Je suis horrifiée, mais je dois dire que tout ce qui est dit dans cet article reflète bien ce qui se passe. Nous fermons les yeux, nous laissons le droit aux propriétaires d’animaux de les faire euthanasier lorsque la vie n’est plus ce qu’elle devrait être pour eux, et là….
    En suisse, peut être un peu plus de facilité, bien que ce ne soit pas le mot qui convienne, si l’on a pris soin avant d’être trop malade de faire savoir ce que l’on souhaite.

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