Je viens de lire le dernier livre de Rachel Campergue : « Octobre rose mot à maux, pour une réelle liberté de choix ».

Elle en parle sur son blog.

Son livre précédent « No Mammo » m’avait beaucoup intéressé.

Ce dernier livre montre avec beaucoup d’humour combien la promotion du dépistage organisé du cancer du sein par mammographie, dit et écrit n’importe quoi.

Les promoteurs de ce dépistage veulent sensibiliser les femmes et les informer. C’est ce qu’ils affirment.

C’est une vaste blague : point d’information ni sensibilisation mais du pur marketing comme pour l’utilisation d’un savon.

Tout est parfaitement expliqué et décortiqué dans ce livre.

Sous le prétexte de démarches scientifiques qui sont absentes , d’énormes moyens tant financiers que humains sont mis en œuvre.

Dans quel but ? Faire pratiquer par chaque femme une mammographie de dépistage.

Toute cette lourde machine affirme avoir la santé des femmes comme préoccupation.

Quels sont les chiffres des études indépendantes dont ces « promoteurs » ne parlent jamais ?

Si 2000 femmes se soumettent au dépistage du cancer du sein par mammographie pendant 10 ans ( une tous les 2 ans ) ;

1 aura un bénéfice réel ;

10 seront opérées et subiront un traitement lourd pour RIEN ( aucun bénéfice mais des séquelles graves, des mutilations, des effets secondaires très pénibles et au final un statut de cancéreuse)

200 subiront les désagréments d’annonces anxiogènes et d’une biopsie qui au final sera négative.

Au total , l’espérance de vie au bout de 10 ans pour celles qui se seront soumises au dépistage sera de 90,20 % et celles qui auront fait un dépistage avec mammographie tous les 2 ans : 90,25 %.

Vous avez bien lu : une différence de 0,05 %.

Voilà les chiffres bruts.

Mais que perçoivent comme bénéfices les femmes qui se disent bien informées ?

Elles surestiment d’un facteur 100 les bénéfices pour 48% d’entre elles et d’un facteur 50 pour 22%. (http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/11/gagner-la-guerre-contre-le-cancer-mais-qui-est-l-ennemi_3158498_1650684.html)

C’est comme si elles estimaient que la durée de trajet entre leur domicile et leur travail est de 10 minutes alors qu’il est en réalité d’environ 16 heures ( 10X100 = 1000 ; 1000 minutes = 16,6666 heures) dans le premier cas et environ 8 heures dans le deuxième.

Explique-t-on dans les sites institutionnels les causes de cancer du sein pour que l’on puisse agir pour éviter sa survenue, en un mot : le prévenir ?

Sur http://www.e-sante.fr : site de l’ INCA , l’Institut National du Cancer : « La cause de ce dérèglement n’est pas connue » .

Sur cancerdusein.org ( organe d’Octobre Rose) , on peut lire l’affirmation suivante :

« Peut-on éviter la venue d’un cancer du sein ?

 « Non, on ne peut pas encore pas encore véritablement « empêcher » la survenue d’un cancer du sein. Il faut en effet reconnaître que nous ne savons pas encore bien déterminer les différents facteurs qui feront qu’une femme – et non une autre – développera un cancer du sein. » »

Cette affirmation n’est pas fausse . Mais elle laisse sous-entendre une fatalité : on ne peut rien faire à part se faire dépister.

Passer sous silence les facteurs de risques connus autres que ceux génétiques, c’est faire montre d’une partialité dont on comprend bien l’intérêt.

C’est ce qu’ils appellent informer : dire ce qui va dans le sens de l’incitation à la mammographie de dépistage, taire ce qui pourrait inciter certaines femmes à ne pas se faire dépister.

Vous pouvez consulter la plupart des sites « pro Octobre Rose » : fatalisme , on n’y peut rien, la génétique est le plus souvent mise en avant.

Et pourtant il est des circonstances favorisantes bien connues .

Quelles sont elles ?

L’information la plus sérieuse , je l’ai trouvée sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cancer_du_sein

Non fécondité ou fécondité tardive : en d’autres termes plus vous avez eu des enfants tôt moins vous êtes à risque de développer un cancer du sein . Les femmes les plus à risques : celles qui n’ont jamais eu d’enfants.

Les traitements hormonaux , en particulier ceux de la ménopause.

L’irradiation : faire des radiographies n’est donc pas bon pour les seins ( et on préconise les mammographies!!)

Les polluants chimiques de toutes sortes ( Bisphénol A et les perturbateurs endocriniens)

La cigarette : les femmes qui fument ont plus de risques de cancer du sein.

La consommation d’alcool de la même façon.

Obésité et surpoids favorisent également le cancer du sein

Les acides gras trans que l’on trouve dans beaucoup d’aliments « transformés » font également partie des causes favorisantes .

Avez vous jamais entendu tous ces médecins et autres qui se targuent d’aider les femmes à se préserver du cancer du sein énoncer ces éléments ?

Et pourtant, il y a moyen de limiter les risques en adoptant des comportements sains. Encore faut-il le savoir.

Il est remarquable que les sites qui n’ont aucun intérêt au dépistage par mammographie délivrent des informations plus complète, ainsi le site eurekasante.fr explique en conclusion de sa page sur les facteurs de risques du cancer du sein  : http://www.eurekasante.fr/maladies/cancers/cancer-sein.html?pb=facteurs-risque

Peut-on prévenir la survenue d’un cancer du sein ?

Les mesures de prévention du cancer du sein sont, pour la plupart, peu spécifiques et concernent tous les cancers :

  • ne pas fumer ;

  • adopter une alimentation équilibrée et lutter contre l’embonpoint ;

  • limiter le plus possible sa consommation de boissons alcoolisées ;

  • pratiquer régulièrement une activité physique.

Même le site Doctissimo fournit une information plutôt exhaustive .

A-t-on par ailleurs expliqué aux femmes qui ont eu des enfants qu’elles ont des risques excessivement faibles par rapport à d’autres de développer un cancer du sein ?

En aucune manière : toutes les femmes sont considérées comme identiques, toutes devant pratiquer une mammographie de dépistage du cancer du sein tous les 2 ans à partir de 50 ans ( on me dit dans l’oreillette que même certains le préconisent à partir de 40 ans sans que cela n’émeuve d’aucune manière les autorités sanitaires).

En conclusion :

Lisez le livre de Rachel Campergue .

Le dépistage de masse du cancer du sein par mammographie n’a aucun sens à part celui de rendre malade des biens portantes et d’être un formidable outil financier .

Pourquoi vouloir absolument soumettre toutes les femmes ?

La raison se trouve sans doute dans ce qu’écrivait le Dr Rodriguez en mars 2014 :

« Le niveau scientifique des données remettant en cause l’utilisation de la mammographie dans le dépistage organisé du cancer du sein est trop faible pour conduire à une modification des pratiques, selon le Dr Rodrigues. Il rappelle que des essais et méta-analyses ont clairement démontré une réduction de la mortalité spécifique liée au cancer du sein grâce à cette politique de dépistage. Revenir en arrière, serait un « énorme échec ». »

Manuel Rodrigues est oncologue médical à l’Institut Curie à Paris. Son activité y est orientée sur les cancers du sein, gynécologiques et les mélanomes de l’uvée. Il est membre du comité scientifique d’Eurocancer, le principal congrès francophone de cancérologie, et de plusieurs sociétés savantes françaises et internationales.

Déclaration d’intérêts (au cours des 12 derniers mois) :

Le Dr Rodrigues a reçu des subventions pour la recherche de la part de Chugai et une aide au déplacement en congrès de la part de Roche.

Oser dire que l’on s’est trompé est donc inenvisageable.

Remettre en question des décisions à la lumière de nouvelles études, est inconcevable.

Pourtant chacun sait que « Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique » Saint Augustin.

Qu’en pensent les femmes ?

Bonne réflexion.

2 commentaires

  1. Petites remarque :
    n’y aurait-il pas une petite erreur dans cette phrase?
    « Au total , l’espérance de vie au bout de 10 ans pour celles qui se seront soumises au dépistage sera de 90,20 % et celles qui auront fait un dépistage avec mammographie tous les 2 ans : 90,25 %. »
    ….merci de votre réponse !

    • Oui, je sais que ce chiffre peut surprendre mais il n’y a, à priori pas d’erreur.

      C’est une autre présentation des chiffres d’espérance de vie différente de celle qui est fait normalement.
      C’est basée sur l’espérance de vie « brute » des femmes et non sur un calcul en sous groupe.
      En fait, le dépistage organisé du cancer du sein augmente bien l’espérance de vie mais de façon minime.
      Je n’ai plus la référence en tête.

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