Aucune épidémie comme celle de fièvre hémorragique due au virus Ebola , n’a jamais provoqué autant de « fièvre » médiatique.

Le médecin américain rapatrié d’ Afrique a été le sujet d’un véritable show télévisuel sans précédent.

Dans les médias on apprend presque tous les jours des informations nouvelles en particulier sur de possibles « traitements miracles » contre le virus ébola.

Ces traitements sont fournis aux pays touchés dans un grand élan de générosité .

Ces traitements n’ont pourtant aucunement la preuve d’être efficace. Dans ce cas les malades touchés ne sont-ils pas tout simplement des cobayes ?

Mais chacun pourtant, devrait savoir que ce ne sont pas des traitements qui régleront le problème de cette épidémie.

Or tout ce « cirque médiatique » masque un certain nombre de réalités :

Ce virus Ebola a été découvert il y a prêt de 40 ans ( 1976)

Pas grand chose n’a été fait dans le domaine de la recherche sur ce virus depuis cette date .

Pourquoi un laps de temps si long sans aucune réaction ?

Certain évoque que ce virus touche des populations pauvres et donc investir dans la solution de ce problème ne fournira aucun espoir de bénéfice rapide . A titre de comparaison , le vaccin contre le virus HPV ( Gardasil) lui est très rentable . Sauve-t-il des vies ? Aujourd’hui on n’en sait rien.

En tout cas il rapporte beaucoup à ses fabricants.

Pourquoi alors aujourd’hui , tout d’un coup, il y a urgence ?

Parce que les chiffres de décès progressent vite et vont bientôt atteindre les 2000 morts, disent certains.

Mais qui se souvient des 547322 morts de 2010 suite à une épidémie de diarrhée ( décès qui auraient pu être évités avec un traitement simple, peu coûteux et un accès à de l’eau potable )

A-t-on parlé dans les médias des 222767 morts de pneumonie bactérienne qui auraient pu être sauvés par la prise d’antibiotique ? (1)

Ce n’est donc pas le nombre de morts qui provoque l’indignation et la couverture médiatique .

Quel est alors la raison d’un tel « battage » médiatique ?

J’ai une hypothèse : montrer à quel point la recherche médicale et son corollaire l’industrie pharmaceutique sont deux éléments essentiels pour la santé des population.

Mais n’est-ce pas alors tout simplement du marketing sous couvert de science et de compassion ?

En effet, on parle de traitements expérimentaux « miraculeux », de futur vaccins, de traitement oral préventif alors que les moyens d’éviter la propagation sont bien connus depuis longtemps . Ils consistent en mesures d’hygiène simples, dans l’isolement des malades, de la fourniture de masque et de gants pour le personnel soignant . Il s’agit donc tout simplement de posséder un système de santé basique mais fonctionnel.

L’organisation rigoureuse de structures de soins est la mesure qui a fait ses preuves dans les précédentes épidémies.

Mais ces solutions ne font pas rêver .

Mais ces solutions ne peuvent apporter aucun bénéfice substantiel.

Non, vraiment la gestion médiatique de cette épidémie a quelque chose d’insensé.

(1) http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2961315-5/fulltext

2 commentaires

  1. J’ai une hypothèse, certes cynique mais…je me souviens avoir vu un reportage il y a quelques années concernant Ebola, Sras etc
    Une équipe de scaphandriers complètement masqués, gantés, bottés débarquaient en courant d’un hélicoptère et entrait quasi militairement dans un village en pleine jungle, isolait le village et s’intéressaient au virus des malades et repartaient aussitôt. le commentaire associé aux images disait que l’équipe de « recherches » tenaient à identifier et circonscrire le virus afin d’éviter une contamination mondiale. Le commentaire faisait l’apologie de la modernité, de la scientificité, de l’expertise, de l’efficacité américaine. Il ne fallait surtout pas que le virus s’étende et de fait, surtout pas que le virus s’exporte en occident. Qui protège t’on réellement? La terreur est de voir Ebola débarquer à Atlanta, se répandre et se réenvoler aussitôt vers L. A. ou Chicago!
    La photo parue dans le Monde il y a peu me faisait le même effet. On s’intéresse à l’Afrique équatoriale quand ce qui lui arrive peut nous nuire. Quand ce qui lui arrive ne nous nuit pas ou se soigne bien chez nous, cela a peu d’importance. Il y a sans doute une prise de conscience des populations locales de l’intérêt réel de l’aide apportée d’où la défiance devant les équipes soignantes. C’est dommage. Il reste que l’on ressent confusément ce que c’est en tant que malade que de passer d’un côté à l’autre de la tente des soignants. cela veut dire être soudain entièrement seul, pestiféré, sans contact possible avec les siens, presque mort. Et cela sous cellophane, dans un univers totalement étranger…

    • Merci pour ce commentaire.

      Certain évoque que les produits développés pour lutter contre le virus ébola l’ont été dans une perspective de lutte contre le bio-terrorisme et non pour soulager les malades africains.

      Par ailleurs , l’utilisation du Mzapp comme il a été fait n’a aucun sens scientifique. En effet à l’issue de son administration on ne pourra tirer aucune conclusion ni sur son effet possible ni sur d’éventuels effets secondaires. Pourquoi avoir alors ainsi « gâché » de précieuses doses? Tout simplement dans un but promotionnel. Pour s’en convaincre il n’y a qu’a voir l’envolée de l’action de la société fabricante.
      Nous ne sommes donc pas dans l’action santé mais dans le business.
      Le problème c’est que l’on nous fait croire le contraire.

      Un autre problème est que l’ OMS devrait ne pas participer à cette « mascarade » or il l’encourage .
      Pourquoi une telle action de l’ OMS ?

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