Bonjour

Le temps passe . Cela fait bientôt deux mois que je n’ai pas fait le moindre billet.

Je viens de rencontrer aujourd’hui un des patients que je suivais quand j’étais libéral. Il est maintenant suivi par un confrère.

Je lui demande donc comment il va .

Il va bien , mais pas grâce à son nouveau médecin.

En effet ce dernier , prenant ma suite lui a fait réaliser un nombre important d’examens . En effet lui a-t-il dit, vous avez 55 ans et « la maladie vous guette » . Ce monsieur ne se plaint pourtant de rien et est en bonne forme.

Tous les examens , plus ou moins « agressif  » se sont révélés tous strictement normaux. Il a juste un taux de globules blancs un peu bas . Ce taux a beaucoup inquiété ce médecin. Il a ainsi expliqué à mon ancien patient que la dernière personne qu’il avait vu avec un taux similaire avait une leucémie . Pour angoisser un patient , il n’y a pas mieux que de le comparer à quelqu’un ayant une maladie grave. Ce médecin a donc voulu pousser plus avant les explorations pour « dépister » une éventuelle leucémie . Il a donc programmé un myélogramme et pris rendez-vous à l’hôpital pour le faire . Il faut savoir qu’un myélogramme est un examen « assez barbare » où on enfonce dans le sternum d’un patient une grosse aiguille . On y réfléchit donc à deux fois avant de programmer un tel examen. C’est ce qu’à fait le spécialiste consulté à l’hôpital . Ce dernier reprenant les bilans des dernières années de mon ancien patient lui a fait remarqué que son taux de globule blanc était inférieur à la normale mais stable depuis plus de 10 ans, rajoutant que s’il avait du avoir une leucémie cela fait bien longtemps qu’elle se serait déclarée. Ce médecin spécialiste a donc refusé la réalisation du myélogramme et rassuré mon patient.

La morale de cette histoire vous l’avez sûrement déduite vous même.

Je suis profondément choqué de l’attitude de ce médecin généraliste  . Hélas il est loin d’être l’exception et je crains même qu’il soit la règle . En effet, combien de médecin aujourd’hui soigne des bilans sanguins ( ici un taux de globule blanc inférieur à la norme) au lieu de soigner des individus ? Car la première question qu’il devait se poser était de savoir comment se sentait ce monsieur, s’il avait des signes cliniques évoquant un problème de santé .

La clinique est ce qui aujourd’hui passe au second plan quand elle n’est pas complètement absente . Il n’y a plus que les examens complémentaires qui comptent . C’est oublier que justement ces examens sont complémentaires .

Oui, mais la clinique seule ne rapporte rien et n’est pas très valorisante alors que les examens complémentaires le sont.

Cet exemple montre à quel point aujourd’hui la pratique de la médecine marche sur la tête .

5 commentaires

  1. Le 23 juin 2014 mon père est mort d’une insuffisance rénale qui a entraîné une crise cardiaque. Depuis 4 ans son nouveau médecin un charlatan du village d’a côté lui administrait 19 comprimés par jour a consommer. Sur un mois 570 comprimés sur un an 6840 pilules censées le guérir . Pour comblé de malhonnêteté le médecin avant même l’annonce de sa mort a demandé à ce que tout ce qui restait soit apporte à la pharmacie avant « que la famille s.en mêle »
    Nous vivons dans un drôle de monde ou les tueurs de vie ont pignon sur rue
    Ce qui est le plus triste c’est qu’il s’agit d’un homme qui vous reçoit en blouse blanche derrière ses 45 ans en paraissant 60 et vous parle « docte » comme dans la pièce de Molière pitoyable et terriblement dangereux dans un pays où l’ignorance et la bêtise se côtoie
    Pire encore je n’ai pu rien faire face à ces doctes qui se sont érigés comme des coqs que l’on vient bousculer dans leurs certitudes et leurs usages
    La phrase la plus assassine cela a été « il est mort ce que vous faite et soulevez ne le ramènera pas !!!! »
    Comme quoi vaut mieux ne pas être malade ou trouver un bon médecin et laisser les docteurs entre eux
    Cordialement

    • Merci pour votre témoignage.

      Cela fait deux ans que j’ai écrit cet article et rien n’a changé, bien au contraire.

      Cela me désole de voir combien la médecine est devenue un simple « outil » de notre monde libéral où seule la recherche du profit compte.
      De plus, sans vouloir généraliser, un nombre important de médecins sont, comme votre exemple le montre, dans la « toute puissance ». L’empathie devrait être la règle alors que bien souvent elle est l’exception.
      Il ne faut pas que les patients baissent les bras. Leur corps et leur santé leur appartiennent. Il faut donc qu’ils fassent valoir ses droits.
      Internet permet aujourd’hui de s’informer au mieux, mais encore faut-il savoir chercher et faire la part des choses.
      Comme j’ai pu l’écrire, il faut savoir garder son bon sens et son jugement.
      Un avis d’autorité est toujours le signe d’un avis « problématique ».

      Courage, car comme je l’écrivais dans mon dernier billet, il faut savoir « se battre » pour exprimer sa liberté.

      Bien cordialement

  2. Hello, bien content de te lire à nouveau. Net, précis, et surtout pas trop long contrairement à certains 😉

  3. vous l’avez dit. On soigne des symptômes, même pas des symptômes -des indicateurs- au lieu de soigner des patients.

  4. et ça fait des pelles de plus pour creuser le trou de la sécu!

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