Cette semaine le magazine Que Choisir a fait paraître une enquête sur les documents que les patients trouvent à lire dans les salles d’attente des médecins libéraux .

Il ressort de cette enquête que plus de la moitié des documents disponibles sont issus du marketing pharmaceutique ou agro-alimentaire .

Le magazine pointe ainsi du doigt les liens d’intérêt des médecins avec ces industries et par voie de conséquence leur effet délétère.

Suite à cette enquête parue , la réaction du milieu médical ne s’est pas faite attendre . Le syndicat CSMF , majoritaire dans la profession médicale a fait entendre sa voix par l’intermédiaire d’un communiqué .

Utilise-t- il cette enquête et ce qu’elle révèle pour s’interroger sur la pratique et l’éthique médicale ?

Bien évidemment non . Au contraire même il s’en offusque et le communiqué rédigé m’a scandalisé .

Ce communiqué pour le moins méprisant pour le magazine Que Choisir affirme haut et fort ( et en couleur de peinture !) que les médecins , par la voix de ce syndicat n’ont pas de leçon à recevoir d’un magazine de consommateurs. Il affirme , que les médecins sont chez eux dans leurs cabinets et donc y font ce que bon leur semble.

Mais qui le conteste ?

Cependant en agissant ainsi , ce syndicat affirme haut et fort et revendique même leurs liens avec l’industrie, en particulier pharmaceutique.

Ces médecins lisent-ils autre chose que la littérature fourni par les laboratoires ?

En lisant ce qui est écrit , on peut en douter .

En effet, s’ils lisaient autre chose, ils sauraient à quel point ces liens sont délétères pour leurs patients .

Ils sauraient à quel point le stylo qui écrit l’ordonnance ne prescrit pas la meilleure thérapeutique pour les patients mais pour l’industrie pharmaceutique.

Ce syndicat se dit représentatif de la majorité des médecins .

Il fait donc la triste preuve que la majorité des médecins a encore un long chemin à parcourir pour pouvoir être indépendant .

J’ai honte de partager la même profession que ceux qui ont écrit ce communiqué .

Je suis donc minoritaire dans ma propre profession , ce n’est pas une surprise mais cela me fait mal d’être assimilé , en tant que médecin à ces « con frères ».

6 commentaires

  1. Je crains que le syndicat dont vous parlez connaisse mieux le sujet que vous. Vous voyez le monde depuis la petite salle d’attente qui est mise à votre disposition (où j’imagine des affiches vantant les mérites de compléments alimentaires de perlimpinpin), tandis qu’il dispose des témoignages de nombreux adhérents.
    Mon propre témoignage: Je n’ai jamais eu de proposition pour mettre une pub pour un labo dans ma salle d’attente. J’ai parfois vu des plaquettes d’information qui étaient sponsorisées par un labo. Par exemple une marque de préservatifs peut proposer une plaquette d’information sur la prévention du sida (c’est un exemple). Quand je reçois ce genre de plaquette je veille à deux choses: 1) que le nom du produit du labo n’y figure pas, 2) ne pas mettre les plaquettes dans la salle d’attente mais sur le comptoir. Dans ce dernier cas cela me permet de remettre une plaquette d’information aux patients concernés quand ils sortent de la consultation, plutôt que voir le stock de plaquettes disparaître en une journée piqué par les les enfants qui auront traîné leurs fesses dans ma salle d’attente.

  2. Je crains que le syndicat dont vous parlez connaisse mieux le sujet que vous. Vous voyez le monde depuis la petite salle d’attente qui est mise à votre disposition (où j’imagine des affiches vantant les mérites de compléments alimentaires de perlimpinpin), tandis qu’il dispose des témoignages de nombreux adhérents.
    Mon propre témoignage: Je n’ai jamais eu de proposition pour mettre une pub pour un labo dans ma salle d’attente. J’ai parfois vu des plaquettes d’information qui étaient sponsorisées par un labo. Par exemple une marque de préservatifs peut proposer une plaquette d’information sur la prévention du sida (c’est un exemple). Quand je reçois ce genre de plaquette je veille à deux choses: 1) que le nom du produit du labo n’y figure pas, 2) ne pas mettre les plaquettes dans la salle d’attente mais sur le comptoir. Dans ce dernier cas cela me permet de remettre une plaquette d’information aux patients concernés quand ils sortent de la consultation, plutôt que voir le stock de plaquettes disparaître en une journée piqué par les les enfants qui auront traîné leurs fesses dans ma salle d’attente.

  3. A mon grand désespoir, il m’est impossible de maîtriser efficacement ce qui est à lire dans ma salle d’attente.
    J’ai pourtant réussi à annuler l’installation d’un écran diffusant des messages publicitaires, fourni gratuitement par??? , dont les branchements avaient pourtant été prévus par l’architecte qui a conçu mon cabinet.
    J’ai réussi à empêcher l’installation « gratuite » d’un mur de prospectus proposé gracieusement par une obscure entreprise de « communication » qui me vantait le fait que j’avais à m’occuper de rien…
    J’ai bouté les visiteurs médicaux hors de mes murs. Certains s’infiltrent parfois pendant les consultations et en dehors des heures de présence de la secrétaire pour déposer de la lecture dans la salle d’attente.
    J’aurais aimé pouvoir choisir les lectures mises à disposition, !ais ce sont les patients qui viennent déposer eux-mêmes leurs vieux « Paris-Match »…

    • Merci Armance pour ce commentaire qui montre combien il est difficile de lutter contre le marketing même quand on est sensible à son influence néfaste .
      Il ne faut donc pas s’étonner qu’un syndicat qui « milite » pour les liens avec les industriels réagisse violemment quand on pointe du doigt ces liens qui rappelons le sont délétères pour les patients.

  4. puisque toutes les formations en oph sont organisées avec la participation des labos / j’ai regardé ma salle d’attente : le canard enchainé , la revue de la LICRA, quelques Prima (nuisances de la secrétaire) les affiches du SNOF quelques bouquins de coloriage pour les gamins offerts par un fabriquant de montures spéciales momes, des planches d’anatomie ou d’explication des maladies oculaires (une seule avec le logo du labo)… pas l’ombre d’une pub de la sécu ou autre institutionnel.
    justement ce truc m’a tellement agacé que je vais chercher exprès des pubs à mettre dans mon cabinet mais pas des pubs pharmaceutiques plutôt des trucs politiques histoire de montrer que je fais ce que je veux chez moi/par contre chacune de mes prescriptions est réfléchie et qd j’ai le choix entre plusieurs molécules j’essaie d’être équitable et de ne pas céder au réflexe du stylo et je suis conscient de la difficulté de cette attitude

  5. j’ai été choqué par cet article de « que choisir » pourtant je sais que je ne suis pas « labo free » http://lerhinocerosregardelalune.blogspot.fr/2013/05/vendre-son-ame.html puisque toutes

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