Je voudrais vous présenter un article caricatural illustrant la toute puissance médicale. Tout y est , à croire que c’est un gag. Et pourtant il n’en est rien .

L’article est publié par le Pr Vallancien sur le site internet du grand quotidien Le Monde . Son titre : Pradaxa : la plainte de trop ….

Pour vous dire que le personnage est important , il a sa biographie ( avec sa photo) sur Wikipédia.  Un résumé en est fait à la fin de l’article .

Ce grannnnnnnnnnnnnnnd professeur est en colère .

Que nous dit-il ? Il s’insurge contre les plaintes déposées suite au décès de 4 personnes qui prenaient du Pradaxa. C’est un nouveau médicament qui fait parti des Nouveaux AntiCoagulants Oraux ( NACO) . Ils sont nouveaux car ils tendent à remplacer les anciens anticoagulants connus depuis de très nombreuses années et que l’on appelle les AVK ( anti-vitamine K ) . Si vous voulez avoir une vision la plus complète possible sur ces nouveaux médicaments , je vous encourage à lire le site du Dr Vailloux, cardiologue . Vous lirez que ces nouveaux médicaments suscitent une polémique qu’il ne faut pas rayer d’un trait de plume comme le fait le Pr Vallancien.

Désolé pour ce préambule un peu long, mais analysons quelques lignes :

Il écrit : « En pratique : A partir des protocoles réalisés sur les malades utilisant le Pradaxa, on sait que le risque d’accident hémorragique est moindre avec ce nouvel anticoagulant qu’avec  les anti vitamine K. »

Justement non, on ne sait pas .

Ce que les études menées par les laboratoires ont prouvé , n’est pas un savoir , une certitude . D’autant que nous savons bien que ces laboratoires ne sont pas à un mensonge prêt pour vendre leurs médicaments .

« Le fait que les Nouveaux Anticoagulants Oraux exposent à moins de risques hémorragiques est donc un réel progrès. » Même remarque que plus haut : c’est que qu’affirme les laboratoires fabricants , mais est-ce une certitude ? Il est trop tôt pour le dire.

Il avoue lui même que l’on n’a pas suffisamment de recul : « On sait aussi qu’entre les protocoles qui portent au mieux sur quelques milliers de patients sélectionnés et la prescription dans la  vie médicale réelle de patients non triés, il existe une différence de risque dans le type, la sévérité et le pourcentage des complications observées qui ne se mesure qu’au fur et a mesure que le nombre de malades traités augmente. »

Le « grand publicitaire  » entre alors en jeu : « Le laboratoire Bohringer peut être remercié d’avoir développé une molécule innovante …. » Il y a toute une tirade à la gloire du médicament que l’on croirait sortie directement des services marketings du laboratoire . Nous avons même droit au couplet des pauvres laboratoires qu’on écrase de procédures les empêchant ainsi de travailler. Il nous assène alors la phrase magnifique :  » Nous n’accèderons peut-être plus demain en temps voulu, grâce aux protocoles thérapeutiques initiés dans nos pays,  aux produits innovants qui nous soulagent voire nous guérissent. N’est-ce pas en faire un peu trop ? Non il en rajoute contre les « Les grands inquisiteurs  qui se parent dans leur vertu d’indépendance et de pères la morale » .

Je parle de risque sanitaire à faire l’apologie de médicaments mal évalué et le Pr Vallancien parle de morale et d’inquisition. Elle est où l’outrance ?

La conclusion est « à tomber par terre » . Juste une phrase : « Oui, nous devons, au sens du devoir éthique,  prendre des risques pour améliorer la qualité de nos soins. » Qui prend les risques ? Le Pr Vallancien , bien au chaud dans ses croyances, dans sa dénégation et enveloppé dans sa toute puissance , ou le malade à qui le médecin prescrit des médicaments nouveaux dont la puissance marketing des laboratoires pharmaceutiques en fait des innovations ?

Voilà ma réflexion sur ce texte et j’ai été heureux de voir que certains commentateurs ont été aussi critique que moi.

Bonne lecture .

 

Un commentaire

  1. Bonjour, et merci pour ce nouveau Billet bien intéressant !

    Albert Camus disait : « C’est facile, c’est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre. »

    Le sujet du Pradaxa a également été développé, en 2012, par Michel de Lorgeril, ici :
    http://michel.delorgeril.info/prevention-des-maladies-cardiovasculaires/nouveaux-anticoagulants-alerte-plus-d-infarctus
    Sur ce site, il y a plein d’articles intéressants sur le sujet.

    « Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand son salaire repose d’abord sur la nécessité qu’il ne la comprenne pas. » (Upton Sinclair)

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