A la veille du lancement d’Octobre Rose , je voudrais rappeler une réalité: le dépistage du cancer du sein ne sauve pas de vie mais en détruit certaine.

Marcelle m’a appelé.

Elle est seule. Elle se sent mal, angoissée . Elle subit actuellement la radiothérapie.

Celle-ci a été prescrite dans les suites de la découverte de son cancer du sein qui a été traité par chirurgie partielle. C’est ce que l’on appelle un traitement complémentaire destinée à tuer les éventuelles cellules cancéreuses qui persisteraient après la chirurgie.

Ce qui me met en colère c’est que la souffrance de cette femme est sans doute inutile . Elle est du au surdiagnostic dont elle a fait l’objet . En effet, en pratiquant la mammographie de dépistage elle a mis le doigt dans un engrenage dont il est impossible aujourd’hui de sortir.

Ce qui me met en colère c’est qu’elle s’est retrouvée dans cet engrenage sans n’avoir jamais eu le choix de l’éviter . En effet, est-elle informée que la mammographie de dépistage n’était pas obligatoire ? Vous connaissez la réponse .

Ce qui me met en colère , c’est que tous les médecins qui l’ont fait rentrer dans cet engrenage sont absents pour la soutenir. Elle est seule . Je suis le seul vers qui elle peut se tourner et suis bien impuissant à soulager sa souffrance.

Ce qui me met en colère c’est que cet exemple ne servira à rien . Ces médecins ont la certitude de la « toute puissance » du dépistage  . Ces médecins me répondront sans doute que le cas de Marcelle et sa souffrance ne vaut rien face à leurs études cliniques qui justifient ce dépistage . Ils auront raison dans le sens où la médecine ne doit pas être basée sur la compassion et que faire appel aux bons sentiments n’est pas le gage d’une bonne médecine . Mais ce que je veux dire et exprimer dans l’exemple de Marcelle c’est que le dépistage organisé du cancer du sein entraîne  des souffrances inutiles . Ceux ne sont pas des chiffres froids et impersonnels , mais des femmes qui souffrent . Cette souffrance aurait pu être évitée.

Ce qui me met en colère c’est que la souffrance de Marcelle va mettre du temps à s’atténuer et surtout qu’il y aura beaucoup d’autres Marcelle .

Qu’y puis-je , à part être en colère ?

Car qu’y s’en soucie dans nos décideurs qui font la promotion cette année encore, d’Octobre Rose ?

PS : je voudrai rajouter ce lien sur le texte de Nicole Delepine cancérologue :

http://www.nicoledelepine.fr/nicoledelepine-desinformation-depistage-cancer-du-sein-233.html#.UlW0iXizWgg

Un commentaire

  1. Nous sommes dans la même colère. la grande kermesse-foire d’automne a commencé avec les flyers, les médias, les communes, les hopitaux, les gentils docteurs etc qui relaient les bons sentiments parce que ça fait bien, ça donne l’illusion de s’intéresser aux patientes, ça brasse du vent…Euh, non, si ça ne brassait que du vent, il n’y aurait pas de problème. J’observe que depuis deux mois les annonces d’un bienfait du dépistage à quarante ans surgissent. Tiens donc, serait-ce un hasard? Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Et nos institutions ne savent pas faire autre chose que de caresser l’opinion dans le sens du poil. Ce n’est pas comme ça que j’imaginais la politique de santé publique. Se questionner, douter, regarder de près, analyser et essayer de comprendre n’est pas à l’ordre du jour. les théories du complot m’agacent. j’ai peine à croire que nos institutions mesurent leur négligence à dessein afin de donner au coup de pouce à l’industrie du cancer, et pourtant…Je préfère penser que c’est juste de l’incompétence, mais cela n’excuse rien.

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