Cette question m’est venue à la suite du billet précédent .

En effet, que s’est-il passé pour Marcelle ? Elle a fait confiance aux médecins . Elle ne se plaignait ni ne souffrait d’aucun maux. Elle a juste suivi les recommandations médicales qui lui préconisaient de passer une mammographie de dépistage d’un éventuel cancer du sein . Ces recommandations étaient d’autant plus fortes que non contente de subir les campagnes promotionnelles à la télévision et dans les journaux, elle a reçu un courrier personnel de l’organisme de protection sociale  lui intimant l’ordre l’encourageant à se soumettre à un dépistage gratuit qui plus est . Comment peut-on résister à cela ? Comment peut-on imaginer que ce qui est proposé est néfaste pour la santé . Cela n’a pas de sens ( n’est-ce pas ?) .

Elle a donc fait confiance à son médecin généraliste, à sa gynécologue et aux médecins de santé publique , qui tous délivrent le même message.

Comment imaginer que ce dépistage pose problème? Comment savoir qu’il existe une polémique sur l’intérêt de ce dépistage ? Car c’est logique : plus on détecte tôt un cancer , plus on a de chance de chance de le guérir, non ?

Il est clair qu’il est quasiment impossible pour beaucoup de patients d’avoir accès à des éléments d’informations leur permettant de se poser des questions . Qui lit, par exemple, le journal Le Monde, qui très récemment s’est fait l’écho de cette polémique ? Sûrement pas Marcelle et avec elle de nombreuses françaises.

Car c’est bien là que « le bât blesse » . D’un coté , 85% des français font confiance à leur médecin ( d’après une étude récente ) et de l’autre on s’aperçoit quand on cherche de l’information indépendante dans le domaine de la santé que les préconisations de la plupart des médecins sont erronées et potentiellement « dangereuses » pour la santé . L’affaire du Médiator ( prescrit par des médecins) montre bien que ces derniers ne sont pas si fiables qu’il y parait . Si cette affaire est caricaturale, elle n’en démontre pas moins que la volonté de gagner de l’argent prend le pas sur la volonté d’améliorer la santé .

De plus , alors que de nombreuses études montrent l’influence néfaste de la proximité de l’industrie pharmaceutique et des médecins , la plupart de ces derniers nient haut et fort cette influence.

Comment aujourd’hui alors faire confiance à cette profession? Car non contente de préconiser dans bien des cas des comportements nuisibles pour la santé ( certaines vaccinations, de nombreux médicaments, du dépistage etc …) elle n’est même pas consciente de sa propre « dangerosité », comme un chirurgien qui opérerait sans se laver les mains ni mettre de gants stériles .

Pour conclure, il est évident qu’il ne faut jamais faire confiance aveuglément à personne même pas à son médecin . Il faut garder son libre arbitre .

Bien sûr que bon nombre de médecins sont sérieux et tâchent de soigner au mieux . Mais aujourd’hui ce n’est pas suffisant pour leur faire confiance .

Je préconise donc deux mesures simples pour une relation de confiance avec son médecin :

1) savoir s’il est sous l’influence des firmes pharmaceutiques

2) chercher par soi-même les différentes informations médicales disponibles .

Ainsi chacun pourra dialoguer avec son médecin pour savoir si ce qu’il propose ( acte thérapeutique, traitement médicamenteux, acte de prévention ou de dépistage) est bien adapté .

 

12 commentaires

  1. Je me retrouve complètement dans votre approche. Il y a encore trop de maltraitante médicale qui ont des conséquences inéluctables sur les refus de soin ultérieur des patients. Pour ma part les médecins et chirurgiens m’ont fait vivre des douleurs traumatisantes (douleurs inimaginables post opératoires au moment du réveil non anticipées et très peu soulagées, lors du moment de la reprise de conscience et ensuite pour soulager les douleurs atroces de la cicatrice, actes de barbarie durant des opérations sous anesthésies locales (8 ans après je revis encore les hurlements que j’ai poussé quand le chirurgien m’a fait à 2 reprises une incision dans une zone qui n’était pas anesthésiée lors de la pose d’un port à cath, le chirurgien n’arrivait pas à me le poser et a paniqué et voulant finir son geste il n’a plus tenu compte du fait que je n’était pas sous anesthésie générale , je l’ai supplié d’arrêter et d’appeler un anesthésiste ce qu’il n’a pas fait, lui et son assistante m’ont crié dessus pour que mes cris cessent, j’étais terrifiée mais n’est-ce pas légitime?), introduction sans anesthésie ou presque d’un drain abdominal sous contrôle radio pour drainer un abcès, là aussi hurlements sans que les médecins ne me soulagent et en plus l’interne qui a pratiqué sur moi a osé me dire que ça s’était bien passé. Je vous jure que je n’exagère en rien ce qui s’est passé. Tous ces traumatismes et la perte de confiance dans le corps médical me conduisent aujourd’hui à refuser de faire les examens médicaux qui vont probablement conduire à une intervention chirurgicale. Je préfère encore ne pas savoir pour ne pas revivre l’enfer. De toute façon je n’accepterai plus jamais de me faire opérer alors à quoi ça sert de savoir?

    • Votre témoignage est édifiant.
      Je me suis dit que peut-être que vous pourriez contacter Martin Winckler et témoigner suite au billet qu’il vient de faire paraître

      http://wincklersblog.blogspot.com/2017/11/la-douleur-raison-contre-le-medecin-par.html

      • Merci pour ce lien, le livre en préparation de Martin Winckler sur les maltraitances médicales permettra, je l’espère, une prise de conscience du corps médical et surtout l’intégration de mesures pour soulager la souffrance des patients lors de certains protocoles. De nombreux témoignages de maltraitance médicale sont enfin révélés. La relation entre le médecin et son patient a changé. Oui la médecine a fait des progrès mais faut-il tout accepter au nom de la performance? Pour ma part, les sentiments que j’éprouve sont ambivalent : à la fois la colère que j’éprouve à l’égard des médecins qui m’ont infligé ces douleurs inutiles est toujours vivace, mais je sais que les gestes chirurgicaux ont été parfaitement réalisé alors où situer le curseur? Longtemps je ne me sentais pas la légitimité de témoigner, persuadée que j’étais plus douillette que les autres, que j’étais en grande partie responsable de ce qui s’était passé en raison de la gêne causée par mes cris, à la fois terriblement angoissée par ces souvenirs qui se manifestent encore et à la fois (et c’est là tout le paradoxe), reconnaissante envers ces praticiens qui m’ont tiré d’un mauvais pas, car c’est bien de cela dont il s’agit, j’étais en très mauvaise posture et ils m’ont tiré d’affaire. Pour autant, et c’est bien là où légitimement les choses doivent changer : si avant la réussite des actes même douloureux pouvait conduire à faire accepter l’inacceptable au patient, voire même sa reconnaissance, cela n’est plus acceptable aujourd’hui au vu des moyens mis à la disposition des médecins. La prise en charge de la douleur fait partie intégrante de la réussite des actes. Comment accepter que tout ne soit pas mis en œuvre pour soulager ?
        Aujourd’hui quand une consultation médicale pointe le bout de son nez une bataille intérieure mêlée de sentiments d’angoisse et de repli sur soi s’opère malgré moi, où je me dis mais pourquoi tu y retournes? Est-ce que changer de praticiens te permettrait de retrouver davantage confiance? Au vu de nombreux témoignages, ce sentiment est partagé par de plus en plus de personnes, il s’est banalisé. Combien de temps faudra-t-il pour que la parole des patients soit enfin prise en considération par le corps médical ? Comment avoir confiance dans les prescriptions médicales alors que les médecins eux-mêmes ne se soignent pas avec les médicaments qu’ils prescrivent (combien refusent les chimio?) et n’acceptent pas pour la plupart de se faire vacciner (encore plus fort! comme ça en plus ils contaminent leur patient). Comment alors accepter la pression psychologique exercée par les médecins pour obtenir le consentement des patients pour qu’ils se soumettent, les culpabilisant de ne pas faire ce qui est bon pour leur santé alors que les médecins eux-mêmes ne font pas ce qu’il faut pour la leur? Pour ma part ce constat m’attriste, car les patients et les médecins eux-mêmes en souffrent.

  2. Pingback: médecins | médecin

  3. Que faire quand votre généraliste vous fait quasiment « la gueule » quand vous ne voulez pas adhérer (et pour de bonnes raisons) à une intervention qu’il vous propose, alors que d’autres praticiens vous conseillent tout autre chose ??
    ADL

  4. En raison de tristes (au pluriel) expériences personnelles ou de proches, je n’ai plus aucune confiance dans le « corps médical ».
    Deux prof. de santé m’ont mis dans une situation que je paie très cher aujourd’hui (traitement inadapté, intervention chirurgicale pas vraiment nécessaire (pognon encore ???).
    Aujourd’hui, j’ai vu un radiologue, un généraliste et un spécialiste pour un problème bien précis : trois diagnostics différents… En qui dois-je avoir confiance ?? Je n’ai plus aucune confiance !
    Quant au dépistage, comme cadeau d’anniversaire de la CPAM pour mes 50 ans : dans les 3 jours qui ont suivi : courrier courrier courrier : dépistage…Relances, harcélements… NON ! Moins on les voit, mieux on se porte…

    ML.

  5. martine bronner

    les femmes en général sont très surprises d’un discours critique face au dépistage. Pour tous l’idée que « plus on dépiste tôt mieux on soigne » est à présent une évidence associée au cancer du sein. Mais toute évidence peut se renégocier à la lumière de nouvelles « découvertes scientifiques » et c’est effectivement ce pourquoi il existe cette controverse.
    Or depuis quelques années émerge une revendication d’étendre le dépistage aux femmes de 40 ans, et ceci dans le contexte d’ une controverse qui critique le dépistage organisé dans son ensemble. On voit bien là que l’on tire à hue et à dia.
    je dirais méchamment que c’est là le fonds de commerce du gynécologue mais il faut dans la foulée adoucir mes mots. C’est la voix officielle se surajoutant à sa formation et à ses intérêts qui les pousse à faire cette proposition…Critiquer la parole de la plupart des maîtres, remettre en question son propre exercice y compris sa propre logique de fonctionnement est difficile et nécessite en tous les cas une propension à une pensée « libertaire ». Pas facile…
    j’ai observé les derniers temps que au vu de cette critique, selon les recos de la HAS qui pour l’instant n’étend pas l’âge du dépistage on a trouvé une parade oratoire et on propose un premier cliché à 40 ans pour un état des lieux. J’aimerais connaître les éléments scientifiques justifiants cette attitude…mais pourquoi pas si toutefois on peut argumenter rationnellement.
    En tous les cas je respecte l’attitude telle que la vôtre:- c’est à dire en parler, et rendre les femmes attentives à ce sujet. Je le fais moi aussi depuis peu et prends mon courage à deux mains mais ce n’est pas toujours facile. En tous les cas, ci qui n’est pas correct c’est de dire qu’il faut le faire comme s’il n’y avait pas d’alternative.

    • J’en parle avec beaucoup de précautions, il est difficile de remettre en cause le discours médical et médiatique.

      Mais je m’aperçois que passé la surprise, mes amies sont sensibles à mes explications notamment concernant les dangers de l’irradiation, et aussi de l’apparition de tumeurs après l’écrasement du sein par la mammographie.

      J’ai réalisé à leur réaction que ça leur a fait parfois tellement mal qu’elles sont bien senti, au fond, que cette manipulation pouvait blesser profondément le sein.
      Beaucoup de femmes pleurent de douleur lors des mammographies.
      Comment peut-on trouver cela anodin dans le cadre d’une prévention peu ou pas justifiée ?

      Je leur parle ensuite du sur-diagnostic et des traitements qui s’ensuivent, en soulignant que la médecine n’a jamais été une science exacte… et je laisse l’idée faire son chemin.

      • Merci pour ce témoignage.

        Il ne faut pas se décourager et continuer à faire avancer les choses . « Semer » est une excellente méthode ;-))

  6. Pour moi et pour la totalité de mes amies, ma sœur et mes collègues, c’est à 40 ans qu’on nous « propose » la mammographie !
    Et si je mets « propose » entre guillemets, c’est que les gynécologues la prescrivent directement sans discussion préalable mais avec un péremptoire « vous avez 40 ans, il FAUT faire une mammographie »…

    Déjà que les recommandations à partir de 50 ans ne sont pas forcément justifiées, que penser de la pratique médicale dès 40 ans ???
    Sachant que plus le sein est « jeune », plus les effets secondaires de la mammographie peuvent être importants ?!

    Quand elles m’en parlent (généralement après avoir eu les résultats rassurants d’un examen aussi douloureux qu’angoissant), elles sont toujours très surprises quand je leur dit qu’officiellement ce n’est pas recommandé avec 50 ans… et elles sont souvent très curieuses lorsque j’évoque une controverse au sujet de ce dépistage.

  7. martine bronner

    Et oublié de préciser avant que le billet de martine bronner wordpress est:
    -comment j’ai voulu croire au dépistage du cancer du sein
    On est souvent maladroit dans ces messages d’auto-promotion!

  8. martine bronner

    J’ai été très touchée par l’histoire de Marcelle qui témoigne de la complexité de la situation. Vous dites qu’elle vous répond: « je veux guérir ». Ce qui montre bien que plus rien n’est faisable, elle est dedans, elle est devenue « patiente » avec toute cette spécificité mentale que cela présuppose et que je comprends d’autant mieux que j’ai été patiente. La perfidie est cette pseudo-invitation par courrier où la patiente n’a donc qu’un bout de papier face à elle et aucune possibilité de poser des questions afin de mesurer les tenants et les aboutissants de cette démarche. Je sais bien que selon le médecin face à soi le discours est radicalement différent face au dépistage et c’est là que j’en viens à ce post-là et la confiance que l’on peut accorder au médecin. En fait, vous comme moi savez très bien que la relation de confiance est essentielle dans la relation patient-malade. On ne se posait pas trop la question il y a quelques années, je crois, car le patient-lambda imaginait qu’il n’y avait qu’une seule manière d’exercer la médecine, à partir de la science et que tout ça était là pour notre bien commun. C’est simpliste comme réflexion mais je crois que même la plupart des médecins en étaient là. Maintenant nous sommes dans un contexte « désenchanté » par rapport à cette notion de confiance. Le charme est rompu et c’est très déstabilisant. La proximité d’octobre rose me terrifie par avance avec ce mélange absolument explosif et nuisible des émotions et de la pseudo-science. Sur mon blog martine bronner wordpress, j’ai tenté d’expliquer comment cette condition de patiente influe sur nos comportements….
    merci pour vos posts mb

    • Merci pour ce commentaire.

      Vous avez raison, la confiance en son médecin est essentielle.
      Aujourd’hui, c’est aux médecins d’être digne de la confiance des patients .
      Pour cela, ils doivent se libérer des influences néfastes .
      Ce n’est pas gagné !!!!!!

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