Avant de commencer et pour  faire suite au billet de la semaine dernière , non content d’être sourds et aveugles, les gynécologues français le revendiquent .

 

Je suis parfois atterré par ce que je peux lire à droite et à gauche . Des éléments pertinents côtoient des approximations, des éléments simples pour ne pas dire simplistes , des désinformations et même des mensonges éhontés. Comment faire la part des choses?

Je vous le dis tout de suite, je n’ai pas la solution miracle .

Moi même, je ne détiens pas la vérité et la meilleure façon que j’ai trouvé de faire la part des choses c’est de lire en essayant  de garder mon bon sens .

Le bon sens : c’est pour moi la qualité essentielle.

Par exemple , ne trouvez vous pas curieux que l’on prescrive un médicament qui a pour propriété de faire baisser le cholestérol à des patients qui ont un cholestérol dans les normes ? De la même façon, quand j’entends l’affirmation que plus le cholestérol est bas mieux c’est , je sursaute : comment peut on considérer qu’un composant essentiel fabriqué par notre organisme doit être le plus bas possible. A-t-on jamais entendu dire que nos hormones doivent être les plus basses possibles. Et pourtant cette affirmation , hors de tout bon sens n’est quasiment jamais remis en cause par personne et au contraire les médecins,  s’en font , pour la plupart les porte-paroles.

En prenant donc notre bon sens avec nous, analysons les informations disponibles.

Grâce à internet la source des informations est quasi infinie. C’est un problème parfois. Malgré tout , il me semble qu’il vaut mieux trop d’informations que pas assez . Donc dans ce flot d’informations il faut faire le tri et surtout recouper les informations. S’il y a un soucis avec un « problème de santé », il y a de grandes chances que vous ne trouverez aucune information dans les grands médias . En effet, vous entendrez  sans doute l’avis des « experts » qui si l’on a un peu de mémoire se sont pour la plupart tous trompés par le passé ( rappelez vous par exemple l’épisode de la grippe H1N1) . D’ailleurs, la problématique récente des pilules 3G montrent bien la limite du discours de toutes les « autorités »

Très récemment, la problématique de l’indépendance des « autorités médicales » a commencé à voir le jour. Si vous lisez ce que j’ai écrit, c’est un problème majeur qui est encore sous-évalué à mon sens. Donc quand vous lisez des avis péremptoires, posez vous toujours la question  » qui l’a écrit ? » C’est valable aussi pour moi, c’est pour cela que j’ai décrit qui j’étais dans l’ « à propos ». En effet, connaître qui écrit permet d’éclairer les propos et peut être de  prendre du recul . Ainsi sachez que quasiment tous les professeurs de médecine sont proches de l’industrie pharmaceutique.

Par ailleurs , les autorités de santé publique sont encore aujourd’hui sur le modèle ancien . Il faut noter une volonté de changement, mais vous savez comme moi le poids de la fonction publique en France . Or dans le domaine de la santé et de la sécurité des patients, il faudrait une révolution pour éviter que ces scandales sanitaires se reproduisent. Il y a donc du chemin à faire!

Par exemple , la pharmacovigilance c’est à dire le signalement des effets secondaires dûs à la prise de médicaments est inexistante en France . Donc tout effet grave d’un médicament n’est pas signalé ce qui fait dire à certains que les accidents sont rares. Pourquoi les médecins ne signalent-ils pas les effets secondaires ? Les raisons sont diverses mais deux essentielles : parce que c’est compliqué et aussi car cela n’aboutit pas ; C’est à dire qu’un nombre important de signalements se perdent . De plus cette surveillance a été confiée récemment à la charge de l’industrie pharmaceutique. Imaginez vous un seul instant de déclarer un vol à celui qui l’a commis !!!! Votre plainte a peu de chance d’aboutir . C’est la raison pour laquelle j’écris qu’il faudrait une révolution pour que les choses changent rapidement.

Nous sommes foutus alors ? Impossible de savoir , quand on est simple patient ?

Non, il y a des moyens , mais encore faut-il se prendre en charge . Comment ?

Savoir le degré de dépendance des médecins . Une question simple à poser à votre médecin : recevez-vous la visite médicale des laboratoires pharmaceutiques? Allez vous à des formations sponsorisées par eux ? Si la réponse est affirmative, il y a de fortes chances qu’il soit influencé ( parfois à son insu, quoique, la naïveté a des limites)  ) .

Pour le reste , informez vous , soit sur internet , soit en lisant des ouvrages qui parlent du sujet et surtout gardez votre bon sens car en définitive vous êtes le seul responsable de votre santé . Ne déléguez pas et n’acceptez pas que l’on ne réponde pas à vos questions . Elles sont toutes légitimes.

 

 

2 commentaires

  1. Pas d’accord, mais alors du tout …
    D’abord, parce que le bon sens est, comme dit Descartes, « la chose la mieux partagée au monde ». Comprendre que même lorsqu’on en est totalement dépourvu, on imagine qu’on est richement doté vu que – comme dit Coluche – c’est avec ça qu’on juge 😉 !
    Ensuite, parce que le « bon sens », c’est l’argument clé, ultime, des vendeurs de médicaments qui servent à rien, et surtout de tous leurs complices – volontaires ou inconscients : le délégué du médicament (ça fait longtemps que je n’en ai plus vu, mais j’ai cru comprendre que hormis leur nombre ils n’ont pas changé), le spécialiste du coin ou l’hospitalier qui passe trop de temps au lit des malades pour avoir le temps de regarder la presse. Lorsque tu leur as démontré que l’essai dont ils parlent est pourri comme les hanches d’un alcoolique, lorsque tu leur as parlé de l’article de « Prescrire » (grimace – beurk), lorque enfin ils ont compris qu’ils ne sont pas équipés pour te battre au jeu de la démonstration, ils dégainent l’argument ultime : « oui, mais VOUS (les MGs, les lecteurs de Prescrire, les universitaires de la discipline, les ceuzes qui ne reçoivent pas les VMs ….) vous n’avez plus de bon sens ».
    Le bon sens, ça nous dit qu’un nouvel oestrogène c’est forcément meilleur qu’un ancien sinon on ne l’aurait pas inventé, que dépister une maladie qui tue ça va forcément sauver des gens, et accessoirement qu’un chef de service d’un hôpital public, ça sait quand-même vachement mieux de quoi ça parle qu’un généraliste de campagne 😉

    • C’est pas faux , vu sous cet angle.

      Cependant, c’est le bon sens qui a fait sentir aux « gens » que la campagne de vaccination H1N1 cachait quelque chose . Et pourtant en suivant ton raisonnement, les spécialistes les plus éminents leur conseillaient de se faire vacciner et donc ils auraient du suivre .

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