Cette question m’est venue à l’esprit en découvrant , le rapport de la concertation citoyenne sur la vaccination.

Le comité « indépendant » présidé par le Pr Alain FISCHER, dans son rapport final, propose d’étendre l’obligation vaccinale.

Tout d’abord, évacuons la déclaration des liens d’intérêt, car là n’est pas mon propos. Juste pour son président, la consultation du site transparence santé trouve ceci: capture-du-2016-12-03-10-59-40Que signifie étendre l’obligation vaccinale?

Il s’agit d’imposer à tout un chacun des vaccinations.

Or on ne peut imposer quelque chose à quelqu’un que s’il existe un lien de « subordination ». Obliger fait référence à un règlement, à une loi qui s’applique.

On oblige un travail à un salarié quand on est son supérieur hiérarchique mais en aucun cas on ne peut l’obliger à quelque chose qui dépend de sa liberté personnelle.

Or obliger à un traitement, quel qu’il soit et les vaccins sont des traitements, certes préventifs mais des traitements quand même, n’est-ce pas quelque part abusif car cela revient à nier la liberté personnelle de l’individu?

N’y-a-t-il pas dans cette obligation vaccinale un abus d’autorité?

En effet, si chacun dans la société doit se conformer aux lois, chacun reste normalement libre de ses choix de vie et donc de ses choix de santé. Non ?

Chaque citoyen, n’est-il pas capable de réfléchir et de choisir pour lui et ses enfants dont il est le responsable légal?

Pourquoi quand il s’agit de vaccination, l’état veut se substituer à chacun d’entre nous?

Ne sommes nous pas calable, de réfléchir et de décider pour ce qui nous concerne ou concerne nos enfants, ce qui est le mieux pour notre  santé et celle de nos enfants?

Ne sommes nous pas responsables?

Pourquoi alors l’état nous considère comme des irresponsables en nous « prescrivant » des obligations, uniquement dans ce domaine de la vaccination?

 

 

Pourquoi, si l’état se préoccupe de façon si aiguë de notre santé, pourquoi alors l’état ne nous oblige-t-il pas à la sobriété alcoolique et à ne pas fumer? Chacun sait que dans ces deux cas la consommation d’alcool ( surtout en excès) et le tabagisme, mettent gravement en jeu notre santé.

Obliger à vacciner et ne pas interdire l’abus d’alcool et le tabagisme n’est pas cohérent.

Je vous propose une réponse à cette interrogation : pourquoi cette incohérence?

La réponse est L’ARGENT

Autoriser de fumer et de boire génère énormément d’argent tant pour l’état que pour le milieu de la santé ou des fabricants et bien d’autres.

De la même façon obliger à vacciner va aussi générer des flux financiers non négligeables.

Il y a donc dans cette recommandation d’obligation vaccinale, quoiqu’on en dise une volonté ( consciente ou non) financière. Nous sommes loin de la volonté de préserver notre santé.

 

 

Je viens de démontrer que l’obligation vaccinale qui est promu n’a rien à voir avec une quelconque volonté de promouvoir la santé.

Ne soyons donc pas naïf,  la santé n’est ici qu’un prétexte.

C’est mon analyse.

Et vous qu’en pensez vous?

 

PS : lire l’article du Formindep sur le sujet :

http://www.formindep.org/La-guerre-c-est-la-paix-La-liberte.html

Il existe dans les médias, des interrogations sur pas mal d’institutions, des enquêtes, des réflexions, mais il n’existe pas grand monde pour s’interroger sur le rôle et le fonctionnement du Conseil de l’Ordre des médecins. Il est vrai que cette institution ne concerne pas tout un chacun. Je voudrais malgré tout partager mes réflexions.

Ainsi, je voudrais mettre en parallèle 3 événements de l’actualité récente et essayer de réfléchir de façon transversale  pour essayer de répondre à la question que je pose dans le titre.

Tout d’abord, le dictionnaire Larousse dans sa définition de la justice fait apparaître la notion d’équité. Le Conseil de l’Ordre des médecins possède une chambre disciplinaire qui juge et sanctionne. Cet organisme ne juge ni ne sanctionne que les médecins. Chacun pourrait donc croire que cette « justice » ne s’applique que pour tout ce qui a trait à l’exercice de la médecine. C’est en effet, ce qui serait « logique ».

Premier événement, un fait divers récent, rapporté par le Dr Jean-Yves NAU, médecin journaliste, interroge sur ce point. La sanction est lourde: 1 mois d’interdiction d’exercer. Pendant 1 mois, cette consœur ne pourra pas travailler, interdit. Cette sanction est avec sursis, elle pourra donc travailler, mais quand même. N’importe quel citoyen aurait pu commettre le « délit » pour lequel elle a été sanctionnée. Ce citoyen « lambda » aurait-il été sanctionné de la même façon? Sûrement pas puisque n’étant pas médecin, le Conseil de l’Ordre n’a aucun « pouvoir » sur lui. N’y-a-t-il pas des juridictions de droit commun pour sanctionner le « délit » de cette consœur ? La réponse est oui. A-t-elle été sanctionnée pour la juridiction de droit commun? L’article ne le dit pas, mais on peut supposer que non. Pourquoi alors le Conseil de l’Ordre s’est-il « substitué » au droit commun? Parce que les médecins sont soumis à un code de déontologie qui n’existe que pour eux. N’est-ce pas alors une problématique qui rentre dans le cadre de l’exception ?

Pour le dire autrement, je suis scandalisé que le Conseil de l’Ordre des médecins ait sanctionné cette consœur pour des éléments qui n’ont strictement rien à voir avec l’exercice de la médecine.

Le deuxième événement où le Conseil de l’Ordre des Médecins s’est illustré, c’est à propos du livre de Martin Winckler : « les brutes en blanc ».

Vous trouverez ici le communiqué de l’ordre des médecins qui met en garde Martin Winckler: https://www.conseil-national.medecin.fr/node/1891

Là aussi, je m’interroge : Martin Wincker a-t-il fait la promotion dans son livre de thérapeutiques non éprouvées, dangereuses ? Non il a dénoncé les violences de certains médecins vis à vis de patient(e)s. Qu’a-t-il pu faire avec ce livre qui a justifié la réaction « courroucée » du Conseil de l’Ordre ? Il a tenté d’altérer, selon cette institution, le lien de confiance qu’il y a entre les patients et leurs médecins. Son crime est donc de porter atteinte à la confiance des patients. Mais les violences qu’il dénonce ne sont-elles pas plus graves pour « altérer la confiance des patients » que le fait de les dénoncer?

En cette période où les « élites » n’entendent pas les plaintes de la « base », ne faudrait-il pas au contraire se battre contre ces violences?

Un témoignage poignant devrait intéresser le Conseil de l’Ordre si soucieux de confiance. Qu’attend le Conseil de l’Ordre du département indiqué dans ce billet pour s’auto-saisir et d’entendre les médecins incriminés dans ce billet? Le silence de l’Ordre sera, je le prédis « assourdissant ».

Dernier événements : les médicaments antialzheimers et les Pr …. qui les défendent.

Vous pouvez consulter le code de déontologie sur lequel se base la pratique des médecins. J’ai relevé pour vous 2 articles sur lesquels le Conseil de l’Ordre pourrait s’appuyer pour demander des « comptes » à ce professeur ( mais il n’est pas le seul à défendre ces médicaments) :

Article 13 (article r.4127-13 Du CSP)

Lorsque le médecin participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu’en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. il doit se garder à cette occasion de toute attitude publicitaire, soit personnelle, soit en faveur des organismes où il exerce ou auxquels il prête son concours, soit en faveur d’une cause qui ne soit pas d’intérêt général.

Article 40 (article r.4127-40 Du CSP)

Le médecin doit s’interdire, dans les investigations et interventions qu’il pratique comme dans les thérapeutiques qu’il prescrit, de faire courir au patient un risque injustifié.

Faire la promotion de médicaments inutiles et dangereux n’est-ce pas, pour le moins « faire courir au patient un risque injustifié »? C’est d’autant plus vrai que la Haute Autorité de Santé ( HAS) l’écrit.

Que va faire le Conseil de l’Ordre, dans ce cas?

Je vous le prédis : RIEN. Mais j’aimerai me tromper. Cependant, une autre affaire a montré qu’un professeur incriminé par un médecin généraliste pour des faits que l’on peut considérer comme similaires, n’a rien fait.

La justice doit être équitable, sinon c’est une justice d’exception.

Je n’ai cité que 3 cas très récents, mais ceux qui connaissent le sujet, savent que régulièrement le Conseil de l’Ordre des médecin fait preuve d’iniquité et aussi d’un silence assourdissant pour des cas où il devrait agir.

Je voudrais enfin, conclure ce billet en rappelant que François MITTERRAND, dans sa 85ème proposition pour l’élection à la présidentielle de 1981, souhaitait abolir le Conseil de l’Ordre des médecins car c’est une institution qui est « une offense à la démocratie ». Je suis d’accord avec lui

 

De plus en plus le médecin est confronté dans sa pratique aux « exigences » des patients.

L’exercice de la médecine, comme je l’ai appris et comme elle s’enseigne sans doute encore aujourd’hui doit se pratiquer de la façon suivante :

Un patient vient avec des signes, symptômes, qui le plus souvent l’inquiètent et qu’il relate au médecin. Celui-ci après avoir écouté, pose des questions pour « affiner » les éléments recueillis par le patient, c’est ce qui constitue l’interrogatoire qui est le premier temps d’un acte médical.

Le deuxième temps est constitué par l’examen clinique. Dans cet examen, le médecin recherche des signes qui vont s’ajouter aux éléments de l’interrogatoire.medecin-patient

A partir de là, le médecin émet une hypothèse diagnostique. C’est à dire qu’il va évoquer une maladie qui « colle » avec les éléments de l’interrogatoire et ceux de l’examen clinique.

Si cette hypothèse diagnostique n’a pas besoin d’être confirmée par aucun examen complémentaire disponible ( imagerie médicale, biologie) le médecin passera immédiatement au quatrième temps qui est la thérapeutique. Dans le cas où des examens complémentaires sont nécessaires pour former un diagnostic ou confirmer une hypothèse pas encore assez solide, la thérapeutique sera différée pour permettre l’analyse des résultats des examens complémentaires.

Voilà comment devrait se dérouler chaque consultation médicale.

Chacun a sa propre expérience de ce qui se passe « dans la vraie vie ».

Je laisse de coté, la réflexion sur ce que fait le médecin « dans la vraie vie » lors d’une consultation pour rester sur le tout premier élément : la raison pour laquelle le patient consulte, raison qui devrait donc être quasi exclusivement, la description des signes relatés par le patient.

Je ne sais pas ce qu’en penseront mes confrères et consœurs mais cela ne se passe jamais comme cela. Il est rare que le patient décrive les signes qui l’amènent à consulter. Dans la majorité des cas, il vient avec un diagnostic qu’il a lui même imaginé ou que quelqu’un dans son entourage lui a « soufflé ». C’est le classique « ma belle-sœur ( mettre ici tout lien de parenté ou de connaissance) a eu cela, c’était « la grippe » ( mettre ici tout diagnostic possible et imaginable) et son médecin lui a donné  » de l’Orélox® ( antibiotique) ( mettre ici tout médicament possible et imaginable).10-cartoon-internet_et_patient

Parfois, nous n’avons que la version courte : « je viens car j’ai la grippe ». Je prends cet exemple volontairement.

Le médecin devra donc faire reprendre les éléments comme indiqués ci-dessus. Sauf que dans la plupart des cas, une fois le diagnostic asséné par le patient, il considère qu’il n’y a pas à « discuter » et que l’on peut immédiatement passer à la thérapeutique.

Dans ce cas, très courant c’est ce que l’on appelle « mettre la charrue avant les bœufs ». En effet, comme le patient n’est pas médecin, il est fort possible que le diagnostic soit erroné et donc le médecin devra suivre la procédure de consultation médicale pour faire son propre diagnostic et infirmer ou confirmer le diagnostic « amené » par le patient.

Pour illustrer, revenons au patient qui vient voir le médecin en lui affirmant qu’il a la grippe.

Première question du médecin : avez-vous de la fièvre ?

Réponse du patient : je n’en sais rien, je n’ai pas pris ma température mais je ne me sens pas fiévreux.

Dès cette question, le médecin sait que le patient n’a pas la grippe. En effet, la grippe est une maladie virale qui s’accompagne obligatoirement de fièvre, même « intense » comme l’indique ce site.

Étonnant, non ?

Je ne vais pas dérouler l’ensemble des possibilités que l’on peut trouver dans le vocable « j’ai la grippe ». Le plus souvent le patient a une infection virale, mais le virus en cause n’est pas celui de la grippe. Il existe des dizaines de virus qui donnent des signes que la plupart des gens mettent sous un seul vocable « grippe ». Pour mémoire, le vaccin anti-grippal n’agit lui que sur le seul virus de la grippe raison pour laquelle quelqu’un qui s’est fait vacciné contre la grippe peut attraper « une grippe » car alors c’est un autre virus qui est en cause et qui peut lui aussi donner beaucoup de fièvre.

Pour terminer avec cet exemple, le patient qui vient avec un diagnostic, vient aussi avec le désir d’une thérapeutique. L’exemple le plus courant est la volonté de prendre des antibiotiques. pac-man-fleur_w590_h390_r4_q90Or comme chacun sait, contre les virus les antibiotiques n’ont aucun effet. Cependant, nombre de patients qui réclament des antibiotiques se basent sur une expérience personnelle dans laquelle bien que sa maladie était due à un virus, un médecin lui a prescrit un antibiotique ( les médecins ne sont pas toujours « raisonnables » !!) et qu’il s’est senti mieux rapidement et a guéri en quelques jours. Le problème est que le patient de peut pas faire la part des choses entre le rôle du traitement et la guérison spontanée sans traitement. Il ne peut pas être à la fois celui qui prend le traitement et celui qui prend un placébo comme dans les études pour prouver l’efficacité d’un traitement.

Donc, comme le patient désire un traitement particulier ( ici un antibiotique), son désir, sa volonté risquent de rentrer en conflit avec l’analyse du médecin du fait de ses compétences médicales.colere

Et c’est donc là que survient la problématique médicale : j’accède à la demande du patient qui quelque part « outrepasse ses compétences : il n’est pas médecin » ou je m’oppose à sa demande.

Chacun sait ce qu’il en est dans la vraie vie. Accéder à la demande du patient, quelle que soit sa demande, et les demandes sont de plus en plus importantes, et ainsi « avoir la paix ». Le patient est alors le plus souvent content du médecin, même si celui-ci n’a pas fait son travail de médecin ( mais qui va le savoir et surtout qui va l’en blâmer ?).

Ou alors passer de longues minutes à informer et expliquer pour au final « négocier » entre la réalité médicale et la réalité du patient et refuser la demande du patient. Mais même dans ce cas là, vous risquez de vous heurter à la réaction parfois violente de patients qui n’ont pas eu leurs « désirs » exaucés. L’actualité quasi quotidienne rapporte les violences à l’encontre des soignants comme en témoigne cet article.

Ici, je vous ai relaté un cas courant.

Mais comme médecin, j’ai eu à faire face à toutes les demandes possibles et inimaginables venant du désir du patient, du « je veux ».

Je vous livre pèle mêle : je veux une radiographie et toutes ses déclinaisons suivant la partie du corps : cheville poumon, crâne, etc.

Ensuite de plus en plus sophistiqué : je veux une échographie, un scanner, une IRM ( si, si !!).

Je veux une prise de sang. Dans cette demande, ma « taquinerie » naturelle me faisait demander alors : qu’est-ce que vous voulez que l’on dose dans le sang, dans la mesure où, on peut doser des milliers de composants pour un coût parfois très élevé.

Enfin, le très classique : je veux « tel médicaments » et là le choix est vaste car il en existe des milliers disponibles avec ou sans ordonnance. Le choix est vaste.

Et encore je ne vous parle que des médicaments qui existent car aussi bien souvent, les patients atteints de maladie chronique sont à la recherche du « médicament miracle » qui pourra les soulager quand ils ne peuvent pas guérir. Dans ce cas, ils viennent souvent réclamer le dernier médicament mis sur le marché et dont ils ont entendu tout le bien possible soit dans les associations dédiées, soit directement sur internet, soit ce qui est fréquemment le cas par le spécialiste éminent très proche des laboratoires et qui en a parlé à la télévision ou dans les médias.

Comme la médecine est aujourd’hui un bien de consommation courante, il parait « normal » de réclamer ce que l’on veut au médecin. Cela est d’autant plus normal que le médecin le plus proche de soi, c’est à dire le médecin généraliste n’est plus considéré que comme un « distributeur d’ordonnances ». C’est vrai pour le patient mais aussi pour la hiérarchie médicale qui va des « grands professeurs », de l’hôpital jusqu’au spécialistes de ville.

Je vous accorde que bon nombre de médecins généralistes « donnent le bâton pour se faire battre » en ne faisant plus de médecine mais de la « bobologie » et en adressant systématiquement aux « spécialistes » des pathologies qu’ils pourraient prendre en charge comme le diabète , l’hypertension artérielle etc. Malgré tout il y a encore des médecins généralistes qui font de la médecine, mais ils sont de plus en plus rares et surtout tout est fait pour qu’ils ne puissent plus jouer leur rôle de médecin à part entière. Mais c’est un autre sujet.

Il est donc aujourd’hui de plus en plus difficile de refuser les demandes souvent injustifiées des patients d’autant plus que ces demandes se basent le plus souvent sur la négation des compétences du médecin. Je parle ici des médecins généralistes.

Je crains que la tendance ne soit pas prête de s’inverser quand on voit tous les signes de disparition de la médecine générale.

Bonjour

Comme je l’ai déjà écrit, une étude a montré que le patient français sortait de sa consultation médicale avec une ordonnance dans 91% des cas.

En effet, faire acte médical, c’est agir.call-to-action-social-media

C’est donc prescrire : des médicaments bien sur, mais aussi des bilans biologiques, des radiographies, mais aussi des actes de kinésithérapie etc.

Il ne faut pas oublier que quand la personne n’est pas malade, qu’aucun examen complémentaire n’est utile pour faire un diagnostic, il reste encore les dépistages car comme chacun sait, tout bien portant est un malade qui s’ignore et tout vivant est un mort en sursis.

Même si les dépistages sont inutiles voire dangereux comme ceux du cancer de la prostate ou du sein, l’objection courante est alors : « Mais vous faites quoi alors ? »

Il faut  donc faire. Même si ne pas faire est meilleur pour la santé, il faut faire. Combien de patients se précipitent chez le médecin dès le moindre fébricule qui guérira seul en quelques heures ou jours ? La majorité des infections sont virales et chacun sait que nous n’avons aucun traitement pour combattre les virus et les antibiotiques ne sont utiles que dans les infections bactériennes qui sont rares. Mais dans ce cas là aussi, beaucoup veulent des antibiotiques, au cas où! Au cas où quoi ? Au cas où une infection bactérienne vienne compliquer l’infection virale. Mais agissons nous de la sorte pour toutes autres circonstances de notre vie? Par exemple, est-ce que nous restons chez nous cloîtré au cas où nous ayons un accident de la circulation ? Ou si nous sortons, c’est revêtu  d’une tenue de protection « tous azimuts » .Non bien sûr. Alors pourquoi tant de gens réclament des médicaments dès qu’ils sont malades?

Car il faut agir.

Quelles que soient les circonstances, il faut agir.

Ne pas faire, ne pas agir est un faute.take_action_icon

Les médecins donc suivent pour la plupart cet impératif : faire. Il le suive d’autant plus facilement qu’ils savent que l’on ne leur reprochera jamais de faire mais qu’au contraire beaucoup de plaintes les visent parce qu’ils n’ont pas fait. Avez vous jamais entendu qu’un médecin avaient été condamné parce qu’il avait prescrit une radio, un bilan biologique, un dépistage ?

Et si justement, le mieux n’était pas de faire, de ne pas suivre ces injonctions.

Si justement, il ne fallait pas « prendre en main sa santé » en faisant. En faisant les dépistages conseillés par beaucoup de médecins : dépistage cancer du sein, dépistage cancer de la prostate, dépistage du cancer colo-rectal, dépistage des troubles de mémoires, dépistage d’un excès de cholestérol, que sais-je de plus ?

Si au lieu de se précipiter chez son médecin ou à la pharmacie pour prendre des médicaments, nous laissions notre corps se défendre seul comme il l’a appris depuis si longtemps. Si nous attendions de voir notre « guérisseur » en action. Si par hasard, ce « guérisseur » est défaillant, il sera alors assez tôt d’aller demander l’aide de la « Médecine ». Car le dogme « plus c’est pris tôt mieux c’est » n’est que très rarement vrai.

Donc, si au lieu de faire , chacun commençait par réfléchir sur sa vie et sur comment elle se déroule?

Si chacun réfléchissait à ses habitudes alimentaires, sa sédentarité,  sa consommation de produits psychoactifs ( alcool, cannabis, médicaments anxiolytiques, etc) sa consommation de tabac.

Et si chacun se prenait en main, sans s’en remettre immédiatement aux médecins, aux consultations, aux bilans de toutes sortes. Car chacun sait ce qu’il faut faire : manger frugalement, pas de consommation d’alcool ou alors très modérée, pas de consommation médicamenteuse pour un oui ou pour un non, activité physique régulière, méditation quotidienne.rondesport

Chacun sait ce que sont les bonnes pratiques. Elles s’étalent sur internet pour celui qui veut se donner la peine de chercher.b_1_q_0_p_0

Ensuite, il suffit de décider pour soi-même de le faire. Rien ne nous en empêche. Il suffit de vouloir le faire, et le faire.

Alors, quand commencez vous à réellement décider pour vous et à vous prendre en charge réellement ? Certains le font, pourquoi pas vous ?

 

PS : Quand vous suivez les « directives » actives d’un professionnel de santé, que se soit pour suivre un dépistage ou prendre un traitement, qui prend des risques ?

Ce n’est en aucun cas le professionnel de santé mais le patient qui « agit ».

Si en suivant les « conseils » du professionnel de santé, les bénéfices ne sont pas assurés ( et dans bien des cas , ils ne le sont pas) , les risques eux sont « certains ». Bien évidemment tous les patients qui suivent une « injonction à agir » ne subiront pas obligatoirement les effets secondaires mais ils y seront exposés à 100% alors qu’ils ne seront pas exposés aux bénéfices de la même façon à 100%. L’affaire récente des médicaments anti-alzheimer sans effet thérapeutique mais avec des effets secondaires graves est un exemple criant qui montre le risque pris par le patient.

Vous devez vous demander pourquoi un titre aussi énigmatique. En fait il m’est venu en lisant tout ce qui a été écrit sur certains blogs à propos du livre de Martin WINCKLER « Les brutes en blanc » .

Je tiens tout de suite à préciser que le titre n’a rien à voir avec un roman d’un écrivain célèbre et controversé.

Je ne vais pas faire dans ce billet, un nième commentaire sur ce livre. Beaucoup l’ont fait. Non, je vais développer un élément qui ne l’a été nulle part. Un élément qui a été évoqué mais pour passer rapidement dessus , ainsi je citerai la dernière phrase de ce confrère :

« Les médecins sont bien attentionnés dans leur immense majorité, leur formation ne les prépare ni à la relation avec un malade, ni à l’analyse critique des données de la science et des affirmations parfois péremptoires des leaders d’opinion. Ils sont souvent maladroits avec les patients, et souvent en souffrent. Former les médecins à l’empathie est indispensable, pour les patients, pour eux, pour la société. »

La relation avec un malade, voilà bien le sujet que je vais développer ou plus généralement, la relation avec l’autre. La relation ou plutôt la communication avec l’autre, avec les autres humains.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : nous connaissons notre propre fonctionnement ( ou du moins nous connaissons, notre façon de vivre, de penser, nos croyances, nos connaissances etc), et parce nous sommes des humains comme ceux qui nous entourent et que nous côtoyons, nous sommes convaincus que l’autre fonctionne exactement comme nous. Or c’est faux. L’autre ne fonctionne pas comme nous. Bien sûr, il respire, mange, a les même fonctions physiologiques que nous mais pour ce qui est du fonctionnement de son cerveau et surtout des interactions avec les autres, il fonctionne différemment alors que nous pensons qu’il fonctionne de la même façon.

Ce malentendu est la source et la cause de la plupart des difficultés que nous rencontrons dans notre relation avec l’autre.

Pour revenir au titre, il est un des présupposés de la PNL ( Programmation Neuro Linguistique) « il signifie que ce qu’une personne croit être le monde n’est en réalité que sa représentation personnelle du monde, et non pas la vérité ». C’est quelque chose de simple mais de compliqué à la fois et qui est ignoré de la plupart des personnes. C’est d’autant plus ignoré chez nous en France, que la PNL a été « inventée » et développée par 2 américains, et que cette « technique » n’a pas  eu de véritable débouché en France. La PNL est aussi  souvent vu avec méfiance car souvent associé à des techniques de manipulations marketings.

En tant que médecin, je me suis pendant longtemps interrogé pour comprendre pourquoi quelque chose que je pouvais « prescrire » en tant que médecin, n’était pas suivi par mes patients. Pourquoi dans certain cas, « l’observance » de mes patients était mauvaise.

C’est comme cela que, suivant le conseil d’un confrère psychiatre, qui refusant que je lui adresse une patiente m’a dit : « mais forme toi pour comprendre et tu pourras alors prendre en charge cette patiente sans avoir besoin de moi ». Et c’est ainsi que j’ai suivi une formation complète en PNL. C’est à dire formation en praticien PNL, tout d’abord, puis un peu plus tard comme maître praticien en PNL. Ces appellations peuvent vous faire penser que cela « fleure bon » le charlatanisme et le gourou. Je vous assure, il n’en est rien. C’était une formation très sérieuse basée sur l’enseignement des fondateurs : Richard Brandler et John Gringer.

Toute cette longue introduction pour expliquer combien dans ce « débat » sur le livre de Martin WINCKLER, chacun y va de sa propre interprétation ignorant qu’il exprime « sa carte » sur un « territoire » : le livre « Les brutes en blanc ».

Ce qui m’a donné envie d’écrire ce billet c’est le billet de Christian Lehmann qui lui au moins a lu le livre contrairement à beaucoup qui se sont exprimés.

Je suis suffoqué du nombre de personnes qui ont commenté ce livre, sans l’avoir lu. Qui plus est, quand je pointe ce fait; il en est pour m’affirmer que l’on peut commenter un livre sans l’avoir lu. Pour moi, c’est proprement hallucinant et cela ne l’est pas pour d’autres . Quand je vous écris que « la carte n’est pas le territoire » en voilà un bel exemple.

Pour revenir à l’article de Christian ( j’espère qu’il acceptera cette familiarité car nous avons déjà eu l’occasion d’échanger tous les deux) que j’ai trouvé très bien, vous pourrez remarquer qu’à de très nombreux moments, il emploie le « je ». En effet, quand on dit « je » on exprime ce que l’on pense, ce que l’on ressent, comment on a analysé la chose sur laquelle on s’exprime. Donc il ne devrait pas être question de nier alors ce qui est écrit, de contester quoi que se soit car c’est l’expression de la « carte » de celui qui s’exprime et non l’expression du « territoire ». Avoir une opinion différente de celle ou celui qui s’exprime n’est que l’expression de sa propre « carte » en en aucun cas du « territoire ».

Ainsi quand il écrit que Martin WINCKLER généralise la maltraitance des médecins quand il utilise l’article « LES » ,  il exprime sa lecture du livre, en aucun cas une quelconque « vérité » même si l’orthographe et la grammaire lui donne raison.

De la même façon, quand Matin WINCKLER, dans l’article qu’il publie sur son blog, insiste pour dire qu’il ne généralise pas à l’ensemble des médecins le fait maltraitance même s’il a employé de nombreuses fois, l’article « LES », il exprime sa « carte » de son livre (le territoire).

On ne peut donc contester l’expression de la « carte » de quelqu’un car c’est sa carte et non la notre.Chacun a sa carte, pour « tout et n’importe quoi ». Même quand je vous dit « penser à un chat », vous ne penserez pas au même chat que moi.

Il faut donc avoir bien à l’esprit que dans chaque discussion que nous avons avec « l’autre », chacun de nous s’exprime en fonction de sa « carte ». Si celle-ci est compatible avec la « carte » de l’autre, nous lui dirons sans doute qu’il a raison dans ce qu’il dit, si notre « carte » n’est pas compatible, nous lui dirons qu’il a tord. A aucun moment nous n’envisagerons que nous pouvons avoir raison tous les deux, dans ce dernier cas. Or c’est tout à fait possible.

J’espère que vous avez compris combien ce débat qui s’est « cristallisé » autour du livre de Martin WINCKLER n’est en fin de compte que l’expression, les croyances, la compréhension, l’analyse, en un mot la « carte » de chacun de ceux qui se sont exprimés et dit plus sur eux même que sur le livre « Les brutes en blanc ». En effet, ce livre, exprime la volonté de Martin WINCKLER, comme il l’a dit partout de prendre la défense des patients « maltraités » par des médecins ( pas de généralisation) .

Ce livre exprime la « carte » de Martin WINCKLER et sa volonté de mettre sur la « place publique » la maltraitance du milieu médical. Là dessus, il n’y a pas grand monde pour contester qu’il y a de la maltraitance vis à vis des patients.

Par ailleurs et pour terminer, j’ai compris, grâce à la formation que j’ai suivi, qu’il y a des déterminants dans la communication humaine et qu’en ignorant ces déterminants, on pouvait passer à coté de beaucoup choses.

Et en ignorant, tous ces déterminants, j’ai compris, en tant que médecin, que ma propre communication pouvait être maltraitante même en croyant le contraire.

Pour conclure je ne suis pas d’accord avec  mon confrère qui écrit : « Former les médecins à l’empathie est indispensable, pour les patients, pour eux, pour la société ». Ce n’est pas former à l’empathie qu’il faut former les médecins mais à la compréhension des déterminants de la communication car, pour moi, l’empathie ne peut pas être l’objet de formation, on la possède ou on ne la possède pas.

Quelle la définition de maltraitance ?

D’après Larousse il s’agit de mauvais traitement au profit d’une catégorie de personnes.

Par ailleurs, j’entends par « monde médical » l’ensemble des acteurs de la médecine en France : les autorités sanitaires, le monde du soin médical : hôpitaux, médecins quelque soit leurs statuts, instance ordinale médicale etc.

Ceci étant posé, pourquoi cette question ?

Tout d’abord, le dépistage du sein par mammographie.

Sous l’égide de l’ Institut National du Cancer ( INCA) , une concertation citoyenne et scientifique a été lancé le premier semestre 2016. Le but affiché : Améliorer le dépistage du cancer du sein. Vous trouverez sur ce site, le rapport final ( 166 pages).

Ce rapport est important. C’est la première fois, en France qu’un document émanant des autorités sanitaires ( ici l’ INCA) fait état de la « controverse » sur l’intérêt de la mammographie de dépistage et propose l’arrêt de la mammographie de dépistage.

Certains médias se sont fait l’écho de la teneur de ce rapport.

Qu’en est-il de la communication des autorités et en premier lieu , l’ INCA? Vous pouvez chercher sur son site , pas un mot. A croire que ce rapport n’a jamais existé.

Pourtant le président de l’ INCA : Norbert IFRA, s’est fendu d’une lettre à la ministre de la santé, à propos de ce rapport. Une synthèse pour la ministre en quelque sorte. Ce courrier n’est référencé nulle part, vous trouverez ce texte malgré tout sur le site du Dr Dominique Dupagne. Pourquoi tant de discrétion ? Il suffit de lire cette lettre et de la mettre en perspective avec les conclusions du rapport. Cette lettre dit exactement le contraire que ce qui est écrit dans le rapport. C’est à ce point troublant que le Formindep publie un article où il s’interroge sur le fait que ce que dit la concertation citoyenne et scientifique va sans doute être enterré et les autorités vont faire le contraire de ce qui est conseillé dans le rapport.

D’autres comme Que-Choisir s’interroge également.

La mammographie de dépistage maltraite les femmes, c’est le message de beaucoup d’études scientifiques indépendantes : combien de femmes ont été traitées par ablation d’un sein, radiothérapie et chimiothérapie, après un dépistage positif, et cela pour rien ?

Pourtant le président de l’ INCA, persiste et signe : continuons le dépistage organisé. N’est-ce pas alors de la maltraitance ?

Deuxième point le livre de Martin Winckler :  » Les brutes en blanc ».

Ce livre secoue la toile depuis quelques jours . Vous pouvez lire ici et, deux points de vue dans les plus « modérés ».

Pour ce qui est du point de vue d’une « non médecin », vous pouvez lire ceci.

Je ne vais pas moi même rentrer dans le débat, mais ce livre pointe du doigt à quel point certains médecins ( ne pas généraliser !!) peuvent être maltraitants et cela en toute impunité.

Ce livre dit « tout haut » ce que beaucoup d’entre nous savons sans pouvoir le dénoncer.

Pourquoi, tant de médecins s’offusquent-ils de ce livre ? Parce qu’ils se sentent attaqués dans leur profession? C’est ce que l’on appelle du corporatisme. C’est toujours mal vécu à l’extérieur, et rend souvent mal à l’aise à l’intérieur.

Quand j’aurai l’occasion de lire ce livre, je viendrai en parler. Pour l’heure, ce que son titre dit, c’est qu’il existe des médecins maltraitants. Tout le monde le sait. Pourquoi alors de telles réactions? Car c’est douloureux de le lire quand on est médecin soit même? Sans aucun doute car être soignant c’est l’antithèse d’être maltraitant, et pourtant !

Troisième point : le Conseil de L’Ordre des Médecins.

Sans être lui-même maltraitant, le Conseil de l’Ordre des médecins est le « complice » passif et parfois actif de nombre de médecins maltraitants. Une consœur en parle dans un commentaire d’un article cité plus haut .

Par contre, ce conseil se permet de critiquer le livre de Martin WINCKER . Je m’attends même à ce qu’une plainte soit portée contre lui .

Que fait le Conseil de l’Ordre des médecins devant les suicides d’internes en médecine, d’un professeur hospitalier ( sans oublier tous les personnels soignants) ? Il sait pourtant que la cause est la maltraitance des personnels, souvent par le fait d’éminents professeurs.

Que fait le conseil de l’Ordre des Médecins pour faire cesser les maltraitances vis à vis des patients(es)? La réponse va être : il attend une plainte. Or ne sait-il pas que ces violences sont le plus souvent cachées, sous estimées, niées?

Que ne se saisit-il pas du problème au lieu de pointer du doigt un médecin qui ose dénoncer ces « ignominies » ?

Ici et là, certains internautes pointent du doigt le corporatisme médical et l’omerta qui règne. En tant que médecin, je témoigne qu’il nous est impossible de dénoncer un confrère même quand celui-ci commet des actes « abjects ». Ceux qui s’en sont risqués ont été sanctionnés et le « maltraitant » a pu continuer à exercer tranquillement.

Il faut que la justice soit saisie pour qu’un médecin soit sanctionné. La justice ordinale elle, ne fait rien si ce n’est sanctionner pour des délits d’opinion.  Ou alors un médecin du travail qui veut protéger un salarié. Là ils sont très forts.

Le Conseil de l’Ordre des Médecins est donc une instance complice de maltraitance.

Voilà, 3 éléments factuels qui répondent à la question que je posais en titre :

OUI le monde médical français est pour une part maltraitant, alors qu’il ne devrait jamais l’être.

Cela peut-il changer?

Que faire ? Dénoncer les pratiques maltraitantes jusqu’à que les choses changent et non se plaindre comme le Conseil de l’Ordre des Médecins de ceux qui le font.

On peut ainsi espérer de l’avenir.

 

Tous les vaccins qui sont mis sur le marché sont-ils efficaces, indispensables ?

A en croire les autorités, c’est le cas.

Pourtant, le bon sens, le simple bon sens ne peut que douter que cela soit vrai. Qui pourrait penser que tous les médicaments sont utiles, que tous les médicaments ont un rapport bénéfice/risque favorable ? Personne car chacun sait qu’il y a des médicaments plus utiles que d’autres. Cela parait une évidence.

Et pourtant, il semble que les vaccins bénéficient d’un statut particulier en France qui fait dire à notre ministre de la santé la chose suivante :

« La vaccination : cela ne se discute pas » Marisol Touraine , ministre de la santé 29 mai 2015.

Suivant cette affirmation, aucun débat sur ce sujet n’est possible. En effet, dire que « cela ne se discute pas » exclut de fait toute possibilité de dialogue.

Pourtant comme me disait encore récemment une maman : « Comment justifier la vaccination de nourrissons contre l’hépatite B qui est une maladie à transmission sexuelle et sanguine ? »

En France, le dialogue sur la vaccination est impossible. Chacun aura pu le vérifier. Il y a 2 camps : les provaccinalistes ( dans lequel se range la ministre de la santé et derrière elle les autorités sanitaires) et de l’autre les antivaccinalistes. Aucune place entre ces deux extrêmes. C’est soit « blanc » soit « noir ». Pas de place entre .

Or chacun sait que rien dans ce monde n’est blanc ou noir.

Pourtant c’est le cas, en France sur le sujet des vaccins.

Pour ma part, comme vous l’aurez sans doute compris, je me situe entre ces deux positions : je considère qu’il existe des vaccins utiles , voire indispensables et des vaccins peu utiles voire complètement inutiles.

Cette position « entre », est intenable dans l’exercice de la médecine, en France. Si, on émet la moindre interrogation contre le moindre vaccin, on est immédiatement classé comme anti-vaccinaliste. Or beaucoup de patient(e)s se posent des questions, fort légitimes sur certains vaccins.

Que faire ?

Que répondre à des interrogations légitimes ?

Que dire, à ces patient(e)s quand les autorités envoient un message fort vous indiquant que si vous avez le « malheur » de ne pas suivre la position officielle et que simplement vous vous posez des questions sur les vaccins, vous risquez une interdiction d’exercer ?

Voilà la position dans laquelle se trouve chaque médecin, quand il s’agit de vaccination.

Interdiction de penser, interdiction d’être critique.

Qui plus est, vous serez là aussi l’objet de pression, de menaces, de « sanctions » si vous osez vous opposer aux autorités de santé publique et aux médecins qui travaillent pour eux. Je parle d’expérience.

C’est donc un nouveau thème sur lequel je me suis trouvé en porte à faux. Mais même aujourd’hui, je subis encore des interrogations sur ce sujet et ma position « hors norme » me pose problème. Toujours le même positionnement : qui suis-je moi médecin généraliste « de base » pour oser tenir une position opposée aux autorités ? Comment pouvoir être crédible face à toutes ces autorités toutes plus importantes les unes que les autres et à sa tête rien moins que la ministre de la santé?

Intenable, je vous dis !!!!!

 

Je suis tombé sur un article de la nutrition.fr qui se fait l’écho d‘une revue de la littérature qui conclue qu’il n’y a pas de preuve de l’intérêt de tout faire pour avoir une glycémie basse dans le diabète.

C’est très dérangeant comme information. C’est la raison pour laquelle, nos « chers » médias ne s’en sont sans doute pas emparés. Par ailleurs, ce n’est pas un scoop. C’est une conclusion qui circule dans la littérature depuis pas mal de temps.

Par ailleurs, je viens de lire le dernier article d’un confrère endocrinologue qui sur son blog analyse en détail une étude sur un médicament du diabète. A la fin dans sa conclusion, il pose une question :  » pourquoi est-ce aussi difficile de montrer un bénéfice CV en rapport avec la baisse d’HbA1c ? »

C’est une excellente question et bien que médecin généraliste et donc très loin des connaissances de mon confrère sur le sujet, je vais formuler une hypothèse : Et si nous avions tout faux ? Et si le chemin thérapeutique choisi était mauvais ? Alors logiquement les résultats serait décevants non ?

Tout d’abord, je voudrais rappeler ce que quasiment tout le monde sait : il y a 2 types de diabète ( 3 en fait) , le diabète de type 1 et le diabète de type 2, c’est celui qui nous occupe aujourd’hui. Le diabète de type 2 a été différentié de celui de type 1 en 1936. Le diabète est malgré tout une maladie qui est connue depuis très longtemps. Contrairement à une idée reçue, le diabète de type 2 n’est pas d’apparition récente même si c’est une maladie qui « explose » ces dernières années dans le monde.

Une maladie est déterminée par sa physiopathologie; pour faire simple c’est le pourquoi et le comment d’une maladie.

Le diabète de type 1 est caractérisé par le fait que l’organisme ne produit pas d’insuline et donc le sucre ingéré ne peut pas être utilisé par la cellule. En effet, le rôle de l’insuline est de faire entrer le sucre dans chaque cellule et ainsi permettre à chaque cellule de fonctionner. En absence d’insuline, la glycémie ( sucre dans le sang) monte . Le traitement du diabète de type 1 est donc d’apporter de l’insuline à l’organisme puisque celui-ci n’en produit pas.

Le diabète de type 2 est lui caractérisé par le fait que bien que l’organisme produise de l’insuline,  cette insuline produite ne peut pas faire son rôle du fait d’une résistance du corps à son utilisation. Le traitement ne consiste donc pas à apporter de l’insuline ( il en produit d’ailleurs beaucoup trop pendant longtemps) mais de favoriser son utilisation par le corps, jusqu’à que celui-ci, épuisé, ne puisse plus en produire et on a alors recours à l’insuline pour traiter ce diabète de type 2. C’est ce que l’on appelle parfois, le diabète de type 2 insulinorequérant.

Il est clair que même si la conséquence de ces deux maladies est de faire monter la glycémie, son traitement ne devrait pas être le même. En effet, les causes sont différentes. On peut même considérer que ce sont deux maladies différentes qui ont en commun une conséquence identique : l’hyperglycémie. On aurait donc pu nommer ces deux maladies d’un nom distinct. Mais cela n’a pas été fait, pourquoi ?

Dans les deux cas, la cible thérapeutique est donc la glycémie qu’il faut amener dans une fourchette normale.mme_echelle_glycemie

Si le traitement du diabète de type 1 est évident et sans contestation : pas de production d’insuline, il faut donc fournir cette insuline qui n’est pas produite. C’est la même chose pour toute les maladies qui comportent un dysfonctionnement du corps comme l’hypothyroïdie où là le traitement consiste à apporter, non pas de l’insuline, mais des hormones thyroïdiennes car non produites par le corps.

Pour ce qui est du diabète de type 2, les choses sont beaucoup plus complexes.

Tout d’abord, nous ignorons encore aujourd’hui la physiopathologie du diabète de type 2. Et c’est bien là que le « bas blesse ». Nous ignorons pourquoi une résistance à l’insuline se met en place. Nous savons bien qu’elle a un rapport avec l’obésité et avec l’alimentation, mais c’est à peu près tout. Nous ignorons encore aujourd’hui quels sont les mécanismes en jeu dans le diabète de type 2.

Pourtant les traitements proposés, visent uniquement l’augmentation du sucre dans le sang.5721061-diabetes-sukker

En agissant ainsi, à la différence du diabète de type 1, les traitements proposés ne visent que la conséquence d’un dysfonctionnement de l’organisme et non la cause comme dans le cas du diabète de type 1. Et cette différence est énorme. Traiter une conséquence n’est pas traiter une cause.

Après cette longue digression, j’en viens donc à mon hypothèse : et si on avait tout faux et que traiter l’hyperglycémie n’est pas ce qu’il faut faire.

Chacun sait pourtant que traiter les conséquences et non la cause peut amener une amélioration mais en aucun cas une guérison. Par exemple, il est évident pour chacun que traiter une infection bactérienne par du paracétamol va sans doute faire baisser la fièvre mais en aucun cas  guérir la maladie qui elle a besoin d’antibiotique pour disparaître.

Aujourd’hui dans le cas du diabète de type 2 c’est comme si l’on donnait du paracétamol et pas d’antibiotique. On ne s’étonnera donc pas de ne pas avoir les résultats escomptés

Donc pour répondre à la question de mon confrère : « pourquoi est-ce aussi difficile de montrer un bénéfice CV en rapport avec la baisse d’HbA1c ? » C’est parce que l’on se focalise sur le traitement de la glycémie et que notre cible n’est pas la bonne. Ce n’est pas le sucre que l’on doit chercher à faire baisser, c’est la cause qui doit être traitée et non la conséquence. Que penseriez vous d’un garagiste à qui vous apportez votre voiture parce qu’un voyant c’est allumé au tableau de bord et qui comme traitement enlèverait l’ampoule du voyant?enlever-ampoule Vous seriez furieux de ce « traitement ». Et pourtant c’est ce que l’on fait avec le diabète de type 2 en traitant les conséquences et non la cause.

Le problème est que l’on ignore la cause.

J’entends immédiatement les objections suivantes : « Alors on ne fait rien ? », « On ne peut pas ne rien faire ».

Il faut en effet tâcher de traiter  mais est-ce que s’acharner, comme c’est le cas depuis plusieurs dizaines d’années à faire baisser la glycémie pour qu’elle atteigne les normes fixées, est-ce vraiment la solution ? La preuve semble bien que non avec cette étude présentée au début de ce billet.

Est-ce la solution de passer son temps à discourir sur de nouveaux médicaments qui continuent à avoir comme cible la glycémie? Ne serait-il pas plus pertinent d’en rester aux médicaments anciens que sont la metformine et les hypoglycémiants oraux que de perdre son temps avec tous ces nouveaux médicaments proposés par l’industrie pharmaceutique? Aujourd’hui, à part ce médicament, seul une modification du régime alimentaire et la pratique d’une activité physique ont une efficacité réelle sur cette pathologie. En attendant une vraie thérapeutique qui agit sur la cause, pourquoi ne pas se concentrer pour améliorer ce qui fonctionne bien et non ce qui fonctionne mal ?

Par ailleurs, traiter le diabète est devenu avec les dernières « nouveautés » proposées par l’industrie pharmaceutique, une véritable « usine à gaz » comme en témoigne le billet de ce confrère : https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html.

Il est d’ailleurs intéressant de consulter le document de la Haute Autorité de Santé ( HAS) de janvier 2013, sur les recommandations de bonnes pratiques pour la stratégie thérapeutique dans le diabète de type 2. Il est clairement écrit que seule la metformine ( grade B) possède une présomption thérapeutique. Toutes stratégies qui utilisent les autres classes thérapeutiques ( donc les plus récentes) ne sont que le résultat d’accord d’expert ( grade AE) . En d’autres terme, il n’y a aucune preuve ni présomption de preuve ni même un faible niveau de preuve mais un avis d’expert, c’est à dire un avis d’autorité. Or chacun sait ce que vaut en médecine l’avis d’autorité.

Donc, pour l’écrire clairement, le traitement médicamenteux actuel du diabète de type 2 ne repose, en dehors de la metformine, sur aucune preuve d’efficacité. Car c’est de cela que l’on parle.

Il me parait donc clair qu’aujourd’hui le traitement du diabète de type 2 se fourvoie complètement dans ses objectifs de traitement, raison pour laquelle malgré les millions ( milliards) investis pour le développement de nouvelles thérapeutiques, les résultats sont nuls.

Comment voulez vous atteindre un objectif, si vous vous trompez de cible?

C’est je crois ce qui se passe dans ce cas particulier.

Pourquoi alors passer autant de temps à décortiquer des études qui n’apportent aucune preuve? Ce n’est pas moi qui dit qu’il n’y a pas de preuve mais l’ HAS dont je vous ai mis en lien la dernière recommandation sur le diabète de type 2.

Pourquoi alors, des stratégies thérapeutiques aussi compliquées ? Je vous livre ma réponse : pour cacher notre incapacité à apporter des réponses aux malades mais aussi pour renforcer la toute puissance médicale malgré cette incapacité.

Enfin, pour terminer, je ne peux pas m’empêcher de penser que cela ne dérange pas vraiment l’industrie pharmaceutique qui malgré l’inefficacité de ces traitements ; engrangent chaque année toujours plus de bénéfices. Cependant, ni les médecins et encore moins les patients ne devraient se satisfaire de cet état de fait.

Mais peut être ne se satisfont-ils pas de cela? Alors pourquoi prescrire ces médicaments et les patients les prendre ? Pourquoi toutes ces personnes impliquées ne le disent-elles pas haut et fort aux représentants de l’industrie pharmaceutique ? Peut être parce que cette même industrie pharmaceutique est un partenaire fort, et on ne contrarie pas un partenaire d’autant plus qu’il permet d’exister . Je vous engage ainsi à consulter les partenaires nombreux et variés de l’Association Française des Diabétiques.

Voilà ma réflexion sur ce sujet qu’est le traitement du diabète de type 2.

Et vous, qu’en pensez vous ?

 

 

 

 

 

 

Il ne faut pas confondre prévention et dépistage.

Pourtant, beaucoup d’articles, vous présente le dépistage comme une prévention. Juste un exemple trouvé sur le net : Préserver votre santé : dépistages et action de prévention pour tous.

Cet article est assez caricatural car il fait un amalgame de choses aussi différentes que le dépistage du cancer du sein, la vaccination anti-grippale et l’arrêt du tabac.

La prévention est une mesure qui permet d’éviter la survenue d’un événement médical. Faire du sport permet d’avoir une action préventive sur les événements cardio-vasculaire, le cancer, les infections.

Un dépistage, est la recherche de quelque chose qui existe déjà : présence du virus du sida, de lésions cancéreuses, de tuméfactions « infra-cliniques » ( qui n’a aucune traduction si on ne la cherche pas).

Autant, toute prévention est à valoriser car apporte des bénéfices certains sans véritables risques, autant les dépistages sont loin d’être tous utiles.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis cervico-vaginal, a fait la preuve de son efficacité et de son utilité et certains sites officiels s’en font l’écho. Par contre d’autres, pourtant relevant des autorités sanitaires mettent sur le même plan un dépistage d’un intérêt certain avec une vaccination qui aujourd’hui n’a aucune preuve d’efficacité. Sans entrer dans le détail, on ne saura si le vaccin HPV est vraiment efficace dans la prévention du cancer du col de l’utérus, au mieux que dans quelques années seulement.triste mais juste. Banksy

Réponses

Simples mais fausses                                            Complexes mais justes

Par ailleurs, il est maintenant bien connu ( sauf pour les urologues et nombres de médecins) que le dépistage du cancer de la prostate est plus « dangereux » qu’utile.

De la même façon, de plus en plus de doutes se font jours sur l’intérêt du dépistage du cancer du sein par mammographie, malgré le battage médiatique fait autour d’Octobre Rose.

Aujourd’hui, des campagnes pour le dépistages du cancer colo-rectal apparaissent affirmant sans véritable preuve, l’efficacité et l’intérêt démontrés de ce dépistage.

Pour une vision assez similaire lire l’article de Jaddo :Et mes fesses, elles sont roses, mes fesses ?

Tous les dépistages sont valorisés au point que beaucoup de patients viennent réclamer à leur médecin un bilan sanguin annuel pour « voir si par hasard ils ne sont pas malades sans le savoir ». Dr Knock qui faisait tant sourire, est devenu une réalité. Les patients viennent d’autant plus facilement réclamer ces « dépistages » que toutes les caisses d’assurance maladie comme par exemple celle de Haute-Garonne, en font la promotion.

Vous remarquerez avec ce lien, que ce qui est utile ( contrôle dentaire ou visuel) est mis sur le même plan que ce qui n’a pas d’intérêt comme le bilan sanguin ou l’ECG de repos qui tous deux sont des examens diagnostics mais en aucun cas n’ont prouvé un intérêt préventif.

Mais l’exercice de la médecine est ainsi en 2016 : tous les dépistages, quels qu’ils soient sont mis en avant, au mépris de leurs intérêts réels.

Quand, vous, médecin, vous avez fait l’effort de faire la part des choses, vous ne pouvez vous trouvez qu’en décalage avec la « doxa » officielle.

C’est dans cette position intenable que je me suis trouvé.

Comment moi simple médecin, pouvais-je tenir un discours opposé à nombre de positions officielles et d’affirmations péremptoires de « grands professeurs de médecine » reçus sur tous les plateaux de télévision. Qui se soucie alors des faits quand tant de publicité est faite autour de « produits de santé » dont les preuves d’intérêts sont au mieux faibles et au pire inexistantes ?

Un jour, je n’en pouvais plus de passer plus de temps à expliquer à mes patients qu’ils ne doivent pas suivre les conseils entendus dans les médias que de soigner au mieux des connaissances actuelles de la science ces même patients.

Je n’en pouvais plus d’être « agressé » par mes confrères qui eux suivent la « doxa ». Je n’en pouvais plus de subir professionnellement les conséquences du fait de vouloir soigner les gens au mieux.

C’est une raison de plus pour laquelle j’ai laissé tomber le soin: je n’en pouvais plus d’être « hors norme ». J’ai donc jeté l’éponge et ai quitté la médecine de soins. Quelque part, je l’ai fait pour me préserver et aussi parce que j’ai pu le faire, même si cela n’a pas été facile. Je crois qu’un certain nombre de médecins de ma génération font la même chose.

Je ne suis pas optimiste pour l’avenir. Cependant, je pense que les choses peuvent changer si les patients prennent conscience de ces dérives. C’est loin d’être le cas de tous aujourd’hui. Mais il est clair que certains reprennent leur santé en main.

Beaucoup suivent encore les « sirènes » des bienfaits des dépistages. Ils les suivent d’autant mieux que l’argument de la peur est couramment utilisé par ceux qui défendent les dépistages « de tout crin ». Or si chacun sait que la peur n’est pas l’alliée de la réflexion, peu ont les moyens de lutter contre.

Il ne faut pas non plus méconnaître que la « folie » des dépistages permet de « rendre malade » des bien-portants ou du moins de médicaliser la vie humaine en dehors de toute maladie qui s’exprime.

En faisant la promotion du dépistage, le médecin ne soigne plus, ne voit plus le résultat de son activité médicale. Il perd son ancrage dans le réel pour être complètement dans le virtuel, dans les chiffres, dans les statistiques qui peuvent être instrumentalisées par les autorités sanitaires comme le montre l’excellent dernier article du Formindep : Cancer, des chiffres et des hommes. Comment puis-je alors, simple médecin de base lutter contre la désinformation organisée par rien de moins que nos autorités sanitaires?

Dans mon précédent billet, ASK a écrit en commentaire, ceci  :

« Les choses étaient-elles différentes lorsque tu as débuté ta carrière ? Est-ce le contexte qui s’est empiré ou toi le docteur qui le supporte moins ? »

Dans ce billet, je vais lui répondre, car son commentaire m’a interpellé et fait réfléchir.

J’ai commencé à exercer en 1984.

Sortant de la faculté de médecine, la « vérité » de la médecine était exprimée par les professeurs agrégés qui nous faisaient cours. La « science médicale » et aussi l’évolution de cette science étaient publiés dans des revues papiers que l’on pouvait trouver pour les plus réputées à la bibliothèque de la faculté. Nous pouvions aussi nous abonner à des revues mensuelles françaises comme la Revue du Praticien ou le Concours Médical pour ne citer que les plus « célèbres » pour un médecin généraliste. Il y avait aussi le Quotidien du médecin ou le Généraliste. Tout cela en version exclusivement papier, internet n’existant pas pour tout un chacun. Il avait aussi le début de la revue Prescrire.

Tout cela pour dire, qu’il ne serait venu à l’idée de personne de mettre en cause l’enseignement d’un professeur et encore moins de contester la moindre de ses affirmations. Nous étions donc dans la soumission totale à l’autorité de nos professeurs qui nous disaient la « vérité » de la médecine. Nous étions d’autant plus soumis, que nous lisions au mieux la presse médicale française et aller consulter des ouvrages ou des revues à la bibliothèque n’était plus possible ou très difficile, une fois quittée la faculté et entré dans « la vie active ».

Ainsi, outre ces lectures rarement faites, notre information sur l’actualité médicale se faisait par l’intermédiaire des visiteurs de l’industrie pharmaceutique qui se déplaçaient dans nos lieux d’exercice. Cette « formation continue » était complétée par les soirées à thèmes organisées par ces même visiteurs, où un de ces professeurs hospitaliers venait à l’issu d’un repas dans un bon restaurant, nous délivrer « la bonne parole » des « progrès » et de la « nouveauté » en pratique médicale.

Ce temps qui remonte à une trentaine d’année peut sembler proche et lointain à la fois. A titre anecdotique, je n’ai jamais reçu le moindre enseignement durant mes études sur le SIDA car on venait juste de « découvrir » cette maladie en 1982 et j’ai passé ma thèse en 1984. J’ai donc tout appris de cette maladie dans les revues et les éventuels enseignements post universitaires.

Tout cela pour situer qu’il y avait une médecine avant l’usage d’internet, mais que ce moyen de communication a révolutionné mes connaissances et ma pratique. Donc oui, les choses étaient différentes quand j’ai débuté ma carrière.

Internet a révolutionné l’accès aux connaissances.

En effet, aujourd’hui, à la différence des année 1990, où j’ai commencé à exercer, l’information médicale est disponible en temps réel, directement de chez soi. Elle est disponible pour les médecins mais aussi pour les patients s’ils le souhaitent. C’est une révolution. Avant les médecins détenaient la connaissance, de façon exclusive, aujourd’hui elle est partagée. Cela change tout.

Or, j’ai l’impression qu’un certain nombre de mes confrères, sans doute les plus anciens, sont toujours restés à l’exercice de 1990 : soumission à l’autorité des « grands professeurs », repas de « formation » sponsorisés par les laboratoires, congrès dans différentes parties du monde pour un petit nombre.

Si tout cela était sans doute utile, à l’époque, aujourd’hui avec l’accès internet et la masse de connaissances disponibles, ces méthodes d’un ancien temps sont devenues complètement obsolètes. Alors pourquoi perdurent-elles? Pourquoi beaucoup de médecins sont-ils encore attachés à ce mode de connaissances ancien ? Par peur de ce « nouveau monde » ? Par confort ? Pour d’autres raisons ? Chacun peut avoir son opinion sur les raisons d’un tel « archaïsme ».

Le contexte a-t-il empiré ?

Je pense que oui.

L’industrie pharmaceutique des années 2016, n’a plus rien à voir avec celle de 1990. Ce sont devenues des industries mondiales avec des capacités financières sans commune mesure avec celles de 1990. Elles sont aujourd’hui plus riches que beaucoup d’états. Leur but n’est plus la santé, mais comme toute industrie, de croître et gagner toujours plus d’argent. Pour cela, les moyens qui sont les leurs pour « influencer » les médecins sont sans commune mesure avec ce qui se passait en 1990.

Le nombre de thérapeutiques disponibles a explosé. Ainsi , par exemple, la taille du dictionnaire français des médicaments : Le Vidal, n’a plus rien à voir avec celui de 1990. Or, depuis ces 20 dernières années, il n’y a eu aucun médicament « révolutionnaire » de mis sur le marché. La revue Prescrire s’en fait d’ailleurs l’écho, très régulièrement et cela en contradiction totale avec les messages qui sont véhiculés dans les médias.

Dernière question : Suis-je le docteur qui le supporte moins ?

C’est possible, mais je suis surtout un médecin dont la connaissance et l’information n’a plus rien à voir avec celui qu’il était en 1990.

Je n’ai plus besoin d’autorité médicale pour me dire ce que je dois faire, penser, prescrire. Je peux aujourd’hui me faire ma propre idée en toute indépendance, ce qui n’était pas le cas en 1990.

Or , je m’aperçois que je fais partie d’une minorité. Que bon nombre de mes confrères suivent toujours les avis d’autorité des KOL ( Key Opinion Leader) ou leaders d’opinions. Je crois que les choses changent avec la nouvelle génération et cela me fait plaisir. Mais le chemin est encore long.

Ainsi, aucune nos facultés de médecine n’a de charte vis à vis de ses rapports avec l’industrie pharmaceutique, comme c’est le cas de toutes celles des États Unis. On ne s’étonnera donc pas que dans nos facultés l’industrie pharmaceutiques soit quasiment « chez elle ».

Il est clair que je le supporte d’autant moins que « je sais ».

Dans une moindre mesure, les patients le savent aussi. C’est la raison pour laquelle, nous, médecins devons évoluer en appartenant pleinement à notre époque. Nous devons accepter que nous avons perdu le pouvoir de celui qui sait sans partage. Nous devons modifier notre façon d’exercer en acceptant d’être plus « participatif », plus « pédagogue » et aussi en faisant l’effort nécessaire pour être « à la page » de toute l’évolution médicale et en gardant notre esprit critique au lieu comme bien souvent de répéter sans recul ce qu’un leader d’opinions affirme « haut et fort » dans les médias.

Le « dernier pouvoir » que nous avons est celui de la prescription. En effet, la très grande majorité des médicaments, n’est disponible en France que sous prescription médicale. Mais n’abusons pas de ce pouvoir en multipliant les « lignes » sur l’ordonnance. Le véritable pouvoir médical est ailleurs. Il est dans l’accompagnement des patients dans la « jungle » des informations qu’ils peuvent trouver sur internet. Mais pour pouvoir exercer ce pouvoir, il faut soi même avoir fait l’effort de l’information personnelle et de l’indépendance d’esprit.