Le terme « innovation » se retrouve de plus en plus quand il est question de santé.

Mais que signifie le terme innovation?

Le dictionnaire Larousse nous en donne une définition :

« Introduction, dans le processus de production et/ou de vente d’un produit, d’un équipement ou d’un procédé nouveau. »

Le terme important est ici « nouveau ».

En effet qui dit innovation, dit quelque chose de nouveau. Rien de plus.

Or, aujourd’hui, l’innovation en particulier en santé, est associé immédiatement à un bénéfice : « C’est-à-dire une démarche qui apporte un bénéfice à la personne. « 

C’est ainsi que toute la communication officielle est axée vers ce qui est présenté comme des bénéfices , que ce soit le ministère de la santé et dans son sillage les agences qui dépendent de ce ministère. D’ailleurs, il est aujourd’hui en permanence question d’innovation en santé.

 

 

En fait ce terme a été popularisé par l’industrie pharmaceutique, au point qu’il devienne aujourd’hui une banalité .

Il n’est ainsi pas surprenant de trouver 564 résultats pour ce terme sur le site du LEEM (Organisation professionnelles des entreprises du médicament)

 

 

 

 

 

Innovation est-elle synonyme d’amélioration, de bénéfice santé supplémentaire, comme cela nous est suggéré ?

 

 

 

Actuellement, la santé connectée est le sujet où l’on parle le plus d’innovation.

Apple avec sa montre est un leader sur le marché.

Mais ces nouveautés, appelées uniquement innovations, ont-elles un quelconque bénéfice pour le patient?

Sur le site sur lequel s’enregistre les études cliniques en cours, il en existe 20 sur la montre connectée d’Apple.

Parmi ces 20 études, aucune ne s’intéresse de savoir si cet appareil améliore la santé ou même est susceptible  de diminuer les coûts.

Mais déjà Apple est en contact avec des mutuelles pour que les personnes âgées à risques puissent disposer de cette « innovation ».

 

 

Cet article est intéressant car il montre combien les médias, friands de « buzz », font la promotion d’appareils qui n’ont aucune preuve d’une quelconque efficacité, efficacité qui n’est pas non plus recherchée comme l’indique John TOZZI, un journaliste reporter.

J’ai relevé quelques éléments de cet article en plus de ceux que j’ai surligné dans ma traduction de cet article.

« Une victoire pour Apple, les assureurs et les patients » n’hésite pas à affirmer l’article. Pour Apple et les assureurs sûrement, pour les patients, rien n’est moins sûr!

« les responsables de l’assurance disent qu’ils travailleraient avec Apple si la société pouvait montrer qu’elle aide ses membres à détecter les problèmes de santé potentiellement graves avant qu’une intervention coûteuse ne leur soit nécessaire. » Or il vient d’être montré que sur les 20 études cliniques en cours, aucune n’a pour sujet l’amélioration de la santé.

Détecter des problèmes, sûrement.

Que cette détection soit utile, c’est une autre question autrement plus épineuse.

Ainsi ceux qui connaissent les études, savent que la quasi totalité de celles-ci ne sont réalisées que pour permettre la mise sur le marché d’un « produit ». Son bénéfice est toujours accessoire. Il y a donc fort à parier qu’avec ces 20 études en cours, Apple n’ait aucune difficulté à montrer que sa montre permet de « détecter des problèmes de santé potentiellement graves« . Apple pourra donc générer du chiffre d’affaire par la vente de sa montre « innovante ».

« La dernière montre Apple Watch comprend désormais un électrocardiogramme conçu pour détecter la fibrillation auriculaire, une maladie qui touche beaucoup plus de personnes âgées de plus de 65 ans que leurs homologues plus jeunes et qui les expose à un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral et de maladie potentiellement mortelle les résultats. »

Le problème est que nous ignorons complètement ce qui se passe dans notre cœur à chaque minute de notre vie. Nous ignorons s’il n’existe pas, parfois, des fibrillations auriculaires « non pathologiques » et donc sans conséquence.

C’est le problème d’aujourd’hui : que faire d’anomalies que nous détectons? Sont-elles toutes à développement pathologique? Ou tout simplement font-elles partie de la « normalité »? Nous en avons une petite réponse à cette question avec les surdiagnostics et les sur-traitements générés par la mammographie de dépistage.

« ...nous en sommes juste au début.. » 

C’est bien ce qui, de mon point de vue est inquiétant.

 

 

Un autre article, lui critique, est publié par le site Kaiser Health News un site américain indépendant dont le but est l’analyse du système de santé.

Cet article analyse avec humour, les dérives actuelles de la santé connectée. Vous y trouverez des appareils pour le moins étonnants.

Vous pourrez trouver une traduction de mon cru ici.

 

 

 

Il n’est question, partout aujourd’hui que d’innovations en santé.

Mais il semble bien que tous les acteurs se préoccupent plus des bénéfices que cela va générer que de savoir si cela est vraiment utile.

En effet, il y peu d’études sur la normalité physiologique d’un corps humain. Et cela d’autant plus que toutes anomalies détectées est immédiatement considérées par les médecins comme pathologiques et cela souvent même en dehors de tous signes cliniques.

Or la médecine s’est toujours intéressé à la maladie, aux signes qui permettent de diagnostiquer un processus pathologique. Mais elle ignore tout de ce qui fait la normalité et la santé . Il est à déplorer que le plus souvent, elle considère comme pathologique tout évènement qu’elle détecte. Et une fois détecté, la médecine s’empresse de traiter cette « anomalie ».

Cette tendance n’est pas prête de s’inverser comme en témoigne ces articles.

 

 

 

Je suis très inquiet, dans cette « course à l’innovation » car je pense sincèrement que nous avons tous quelque chose à perdre et rien à y gagner.

 

Comme tous ceux qui se préoccupe de l’indépendance en médecine en général et de la qualité des publications médicales en particulier, je suis avec beaucoup d’intérêt la crise qui secoue la collaboration Cochrane.

En effet depuis de nombreuses années, les publications de cette fondation sont reconnues dans le milieu médical comme des bases solides et fiables de la médecine par les preuves (EBM).

Mais depuis le début 2018, une crise majeure secoue cette collaboration.

Cette crise est importante car c’est l’esprit critique et l’indépendance des publications de cette collaboration qui est en jeu.

 

 

Mon confrère, le Docteurdu16 a écrit un billet détaillé sur le sujet.

Il semble que les journaux médicaux français n’en aient pas parlé.

Quand aux médias nationaux, seul le journal Le MONDE semble en avoir parlé dans deux articles, ici et ici.

 

 

Pour être informé il faut donc se tourner vers la presse anglosaxonne. Comme souvent d’ailleurs.

Un article très récent, publié dans le BMJ (British Medical Journal) a attiré mon intention car il fait une synthèse de la situation.

Il apparait que ce qui caractérise la nouvelle direction de Cochrane peut se résumer à ce que le président et le coprésident ont écrit :

« Board co-chair Martin Burton insists that the majority of Cochrane supported the decision to expel Gøtzsche. “The anti-group has been very vocal, but this is a community of 13 000 people and way over 90% of those people want to move on with the job in hand,” he says.
This sentiment is echoed by Mark Wilson. “The empty drum sounds loudest,” he tells The BMJ. “If we were seeing that vast numbers of people were leaving Cochrane then you could quite rightly say our strategy is failing. That’s not the case. The community has grown hugely.”

Qui peut se traduire par :

« Martin Burton, co-président du conseil d’administration, insiste sur le fait que la majorité de Cochrane a appuyé la décision d’expulser Gøtzsche.

« L’anti-groupe a été très actif, mais il s’agit d’une communauté de 13 000 personnes et bien plus de 90% de ces personnes souhaitent passer à autre chose », dit-il.

Ce sentiment est repris par Mark Wilson.

«La batterie vide a le son le plus fort», a-t-il déclaré au BMJ.

«Si nous voyions un grand nombre de personnes quitter Cochrane, vous pourriez donc affirmer à juste titre que notre stratégie est un échec. Ce n’est pas le cas. La communauté a énormément grandi. »

 

Cela n’est pas si simple, bien au contraire.

Je vous engage donc à lire l’article intégral.

J’ai traduit en français pour le lire, avec l’aide que m’a fourni internet.

Je me suis dit que ce « travail » pouvait intéressé mes lecteurs qui comme moi ont des difficultés avec la lecture en « version originale ».

Vous pouvez donc télécharger l’article traduit en cliquant ici.

 

 

Peter C. Gøtzsche vient d’annoncer son intention de créer un institut scientifique indépendant.

J’ai aussi traduit son texte  que vous pouvez trouver ici.

 

 

 

Tout cette « histoire » est très importante.

C’est l’indépendance de la science médicale qui est en jeu. Rien de moins!

Cette citation de H.L.MENCKEN est très connue et souvent citée.
La problématique de la thérapeutique homéopathique a occupé une partie de l’année 2018, chez les médecins depuis la tribune de 124 médecins dénonçant l’absence de preuves de l’homéopathie.
Je m’en suis fais largement l’écho : ici, ici ou encore ici
La « guerre » a continué pendant toute l’année 2018.
Vous trouverez une dernière synthèse chez un médecin blogueur, connue pour son calme et son recul. Il n’empêche que lui aussi n’échappe pas à ses croyances et ses convictions.
Je ne vais pas faire une rappel exhaustif de cette « guerre entre médecins » mais voudrais attirer votre attention sur un article du Huffingtonpost qui me parait essentiel.
Il rappelle que les deux camps se sont affrontés de manière violente : « les camps du oui et du non s’affrontent, parfois de manière virulente. »
« les Français semblent être très attachés à cette forme de médication. »
Cette question est essentielle.
Il semble bien que le camp de médecins qui ont dénoncé cette thérapeutique, enfermé dans leurs certitudes que leur confèrent leur diplôme de médecine et la formation qu’ils ont suivi; il semble donc qu’ils ne se soient pas posés la question de savoir pourquoi tant de patients font appel à cette thérapeutique.
Les raisons sont énoncés dans cet article :
« Je reconnais les bienfaits des médicaments traditionnels quand on n’a pas d’autre choix, confie la trentenaire. Mais on a tendance à les consommer à outrance, ce qui n’est évidemment pas bon pour le corps, ni pour notre environnement. »
Consommation à outrance !
Telle est l’une des raisons.
Il n’y a pas négation des bénéfices des traitements « allopathiques » , médicaments prescrits par tous médecins non homéopathes et ayant une « preuve » d’efficacité sur la pathologie présentée; mais bien un excès de ce type de thérapeutique.
« Une idée de douceur pour le corps, doublée du sentiment d’absence d’effet secondaires. Des critères pour les aficionados de l’homéopathie qui sont justement au cœur des critiques de ses détracteurs. »
Cet argument est majeur : la thérapeutique n’entraîne pas d’effets secondaires. En effet, les tenants de la médecine « traditionnelle allopathique » sous-estiment gravement les effets secondaires des thérapeutiques qu’ils prescrivent, ce que nombres de scandales sanitaires ont mis à jour. Il y a donc une perte de confiance sur l’innocuité des thérapeutiques allopathiques. Il parait évident que cette suspicion est légitime, tant le manque de transparence des autorités, dès qu’il s’agit d’un médicament ou d’un vaccin est patent.
« …c’est surtout pour ne pas faire le jeu des grands laboratoires pharmaceutiques pour qui, d’après elle, « l’argent passe avant les malades ».
Cette accusation est difficilement réfutable.
« Ce qui joue le plus, c’est comment le médicament est prescrit, assure cette dernière. L’aspect relationnel qui lie le médecin au patient a une efficacité symbolique. »
« L’homéopathe prend le temps. Les consultations peuvent durer plus d’une heure. On est loin des rendez-vous parfois expédiés chez un généraliste. Un côté « sur-mesure » qui séduit. »
Même si un nombre de plus en plus important de médecins essaient de consacrer du temps à leurs patients, il est clair que les médecins homéopathes prennent du temps pour écouter les patients qui font appel à eux.
Et c’est bien là aussi le problème des médecins non  homéopathes et de secteur 1.
Que vous passiez 5 minutes ou 1 heure avec un patient, la consultation est facturée 25 euros.
Nombres de médecins homéopathes, ne sont pas en secteur 1 et donc facturent la consultation en fonction du temps passé avec leurs patients. Le coût de cette consultation dépasse les 25 euros conventionnels.
De nombreux médecins non homéopathes de secteur 1 passent le temps qu’il faut avec leur patients, mais cela au détriment des autres patients qui se plaignent de devoir attendre comme en témoigne la vidéo en fin de cet article.
Les médecins non homéopathes se retrouvent donc dans une logique d’injonction paradoxale : passer du temps avec leurs patients, voir tous les patients, et être payés la même chose s’ils passent 5 minutes ou 1 heure avec leur patients.
Comment voulez vous qu’ils ne soient pas frustrés?
Comment voulez vous qu’ils ne soient pas en colère?
Comme à chaque fois que l’on est confronté à un problème, il est plus facile d’attaquer un bouc émissaire que de s’attaquer à la cause réelle du problème.
Ici cet article montre à quel point, les médecins qui se sont lancés dans le combat contre l’homéopathie au prétexte que cette thérapeutique n’a aucune preuve d’efficacité, se sont complètement trompés de cible.
Ce n’est pas l’homéopathie et son manque de preuves qui est le problème.
C’est le manque d’écoute, d’empathie et de temps que les médecins traditionnels passent avec leurs patients, qui est  problème.
C’est donc le système actuel qui est le problème.
Le système qui rémunère de la mème façon la thérapeutique pour un rhume ou celle pour la prise ne charge d’un cancer.
Le problème de notre système est globalement ce manque de temps à consacrer aux patients, et ce n’est pas la gestion actuelle des hôpitaux et des services d’urgence qui me contredira.
Mais force est de constater, que nos dirigeants, ceux qui nous gouvernent ne font rien pour que cela évolue dans le bon sens. Bien au contraire.
Je voudrais donc pour terminer que mes confrères qui pour la très grande majorité d’entre eux veulent le meilleur pour le système de soin et pour leurs patients, comprennent que ce n’est pas en s’opposant les uns aux autres que les choses changeront mais en s’unissant et cela au delà de leurs différences.

Nous avons vu dans un premier volet que « le ministère de la vérité » s’occupait de vaccination antigrippale et de dépistage du cancer du sein.

Mais est-ce les deux seuls sujets dont ce ministère s’occupe?

Il n’est est rien. C’est tout le champ de la médecine qui est concerné.

Dans ce deuxième volet nous allons voir que le ministère de la vérité s’occupe aussi de propagande pour les médicaments.

Je voudrais donc attirer votre attention sur cet article publié sur le site du FORMINDEP .

Accès au marché des nouveaux médicaments : pourquoi accélérer ?

Cet article est long à lire et je vais en tirer les « meilleurs feuilles » comme l’on dit dans la presse.

Je vais m’intéresser plus particulièrement au deuxième volet :

Fake innovations de rupture

Le mirage des « innovations thérapeutiques » et les dangers du projet gouvernemental

Mais le premier volet de cet article mérite aussi votre attention car il montre combien nos élus, le premier ministre et même notre président de la république, sont plus intéressés par l’intérêt des firmes que par celui de ceux qui les ont élus.

 

 

« un livre blanc livré le 20 juin 2018 « Médicaments et progrès thérapeutique : garantir l’accès, maîtriser les prix – La contribution de la société civile au débat public en France », 8 associations (Aides, France Assos Santé, La Ligue contre le cancer, Médecins du Monde, Prescrire, UAEM, UFC-Que Choisir) »

De nombreuses associations indépendantes s’interrogeaient sur ce que les industriels, les médias, les autorités sanitaires présentent régulièrement comme des médicaments représentant des progrès thérapeutiques.

Présenter des nouveaux médicaments mis sur le marché comme des innovations et donc des progrès en matière thérapeutique, n’est-ce pas de la propagande dans la plus pure tradition du « ministère de la vérité » du roman d’ORWELL?

Telle est la question de ce billet.

 

 

« Ces retards sont en fait dus au temps de négociation de prix, notamment face aux exigences de prix très élevés des industriels pour des médicaments n’apportant pourtant qu’une amélioration du service médical rendu mineure (IV) ou inexistante (V, soit « absence de progrès thérapeutique)« 

D’entrée, le fait notable est que les nouveaux médicaments n’apportent qu’une amélioration mineure pour le traitement de pathologies. Nous sommes loin d’un qualificatif « d’innovation ».

 

 

La HAS constate peu de progrès parmi les nombreux nouveaux produits et nouvelles indications :

Les produits nouveaux que l’industrie, ses représentants, les leaders d’opinion et nombre de médias à leur suite, mais aussi les autorités sanitaires et nos politiques jusqu’au plus niveau, nous présentent comme des innovations; ont un service rendu INEXISTANT. le rapport de l’HAS qui l’indique est un fait consultable ( page 12). La revue Prescrire mais aussi les agences canadiennes et allemandes ou des cancérologues américains, font le même constat d’absence de progrès thérapeutique.

« En fait,… innovation veut juste dire nouveau. Ça ne veut pas dire progrès, ce dont probablement peu de soignants et surtout peu de patients se doutent. Mais, pour les gens dans les agences, c’est évident, innovation ça veut dire nouveau. La plupart des innovations n’apportent pas de progrès tangible pour les patients et certaines s’avèrent de véritables régressions thérapeutiques. »

 

 

« Dans une synthèse consultable librement, Prescrire estime qu’ « au fil des années, il se confirme que l’évaluation des médicaments en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) est trop souvent bâclée ». »

Cela veut dire que les nouveaux médicaments qui obtiennent l’autorisation de commercialisation et donc de prescription n’apportent aucune garantie de leur intérêt et encore moins une garantie de leur innocuité.

Nous sommes complètement dans le marketing le plus sauvage et cela avec la bénédiction quand ce n’est pas la promotion des autorités sanitaires dont le rôle est pourtant la protection de leurs populations.

 

 

« Les autorisations expéditives de médicaments, posent le problème d’une information manquante sur leur sécurité et leur efficacité, qui potentiellement majore les risques pour les patients. »

 

 

« La littérature rapporte de façon récurrente qu’un grand nombre d’anticancéreux n’ont jamais démontré qu’ils allongeaient la vie. »

« Ces médicaments ne sont malheureusement pas retirés du marché. L’autorisation accélérée de mise sur le marché devrait être contrebalancée par un retrait accéléré lorsque le médicament ne confirme pas un bénéfice sur la survie globale ou la qualité de vie dans les essais post-AM »

« L’utilisation par les leaders d’opinion, hélas reprises dans les médias, de superlatifs inappropriés au sujet de ces nouveaux médicaments est un lieu commun. »

« De surcroît, les prix astronomiques observés ces dernières années n’ont aucune justification. »

« Ces médicaments* peuvent s’avérer efficaces avec de substantiels gains de survie, mais uniquement chez un très petit nombre de patients, alors qu’ils sont prescrits à tous. Il en résulte que si l’on peut parfois s’émerveiller devant une différence de médianes de survie entre le groupe de patients traités par ces médicaments et un comparateur actif, il aura fallu pour cela traiter inutilement 83% à 94% des patients qui eux n’ont bénéficié d’aucun allongement de leur vie. A contrario, 14% des patients auront malheureusement subi une « hyperprogression tumorale » associée à un raccourcissement significatif de leur vie ! »

Est-ce alors des innovations comme cela nous est présenté le plus souvent?

Pour un très petit nombre de patient sans doute, mais aucunement pour tous les patients. Or ces « innovations » sont administrés à tous les patients atteints de la maladie éligible et cela avec la bénédiction des autorités sanitaires et avec les fonds de la Sécurité Sociale.

Ainsi :

« Le gain absolu de survie globale après 5,6 années de suivi n’est que de 5,3%, il faut traiter 19 patients (NNT) pour éviter un seul décès au surcoût de près de 5 millions d’euros par rapport au comparateur actif. Dans le même temps, 87% des patients traités par carfilzomib subissent un effet indésirable de grade 3 ou supérieur, c’est-à-dire ayant entraîné une hospitalisation, des séquelles, ou menacé la vie du patient. »

 

 

 

Voilà la conclusion de l’article :

« Quel intérêt auraient les patients à accéder encore plus vite à ces soit-disant innovations alors qu’ils sont si nombreux déjà à être surtraités inutilement sans gain de survie ni de qualité de vie ?

Quel intérêt aurait notre système de santé à rembourser encore plus vite et plus longtemps, et dans l’ignorance totale de leurs effets positifs comme négatifs, des médicaments aux prix exorbitants ?

Quel autre secteur industriel est autorisée à commercialiser à des prix aussi astronomiques une production aussi défectueuse ?

A quelle autre industrie l’État garantit-il une hausse annuelle de son chiffre d’affaires ?

Notre Ministre de la santé, Agnès BUZYN, déclarait le 15 décembre 2017 : « On peut rassurer les français, aujourd’hui il n’y a pas un citoyen français qui n’a pas accès à un médicament parce qu’il serait trop cher. Pas un ! Et ça va continuer. C’est mon engagement. On n’est pas l’Angleterre… Tous les français accéderont à tous les médicaments s’ils sont utiles quelque soit le prix ». Utiles pour qui ?« 

Et l’on retrouve notre « ministère de la vérité » en la personne de sa ministre, le Pr Agnes BUZYN, qui défend « bec et ongle » l’intérêt non pas des citoyens français mais des industriels tout cela en faisant miroiter à ces même citoyens qu’ils pourront bénéficier de médicaments hors de prix car innovants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans son roman 1984, George ORWELL décrit un régime policier totalitaire.

 

 

Ce régime qui restreint les libertés de ses citoyens possède un ministère qui réécrit l’histoire et les faits réels aussi souvent que nécessaire pour « coller » à la propagande gouvernementale.

Ce ministère se nomme: le ministère de la vérité. C’est un outil de propagande qui n’hésite à faire passer des mensonges pour des réalités vraies.

 

En mettant en perspective, le comportement de notre ministère de la santé qui n’hésite pas à « travestir » la réalité, il m’a paru évident que notre ministère de la santé actuel est très proche par son fonctionnement de ce ministère de la vérité imaginé en son temps par ORWELL.

En voici pour preuves, 2 exemples, mais il y en a d’autres.

 

 

Le premier exemple est la vaccination antigrippale.

Chaque année à la même époque, le ministère de la santé lance la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière.

Sur le site du ministère de la santé,  l’on apprend que :

« La grippe est une maladie grave car responsable d’environ 9000 décès chaque année. »

 » La vaccination réduit néanmoins les risques de complications et de formes graves. Les épidémiologistes ont estimé qu’elle permet ainsi d’éviter 2 000 décès chez les personnes âgées de 65 ans et plus et en éviterait davantage si la couverture vaccinale pour les personnes à risque était plus importante. »

Mais qu’en est-il véritablement?

Le site du syndicat national des jeunes médecins généralistes publie récemment un point particulièrement informatif et détaillé en particulier sur l’intérêt de la vaccination anti-grippale et les connaissances acquises sur le sujet.

On peut y lire :

« Toutes les sources indépendantes disponibles …s’accordent sur la modeste efficacité du vaccin »

« Selon la Collaboration Cochrane (Synthèse de la Cochrane collaboration éditée en 2010 et mise à jour en 2012), si la vaccination permet peut-être d’éviter une grippe sur deux, il n’existe aucune preuve que le vaccin soit efficace sur les complications de la grippe et notamment les décès. »

Comment se fait-il alors que notre ministère de la santé puisse chiffrer le nombre de décès chaque année liés à la grippe et affirmer que la vaccination peut éviter tous les ans 2000 décès?

N’est-ce pas un exemple flagrant de propagande?

Qui plus est, chaque année elle se répète.

Lire aussi l’article du Monde Diplomatique de janvier 2018.

 

 

 

Deuxième exemple : le dépistage du cancer du sein par mammographie et les campagnes d’Octobre Rose.

Un article récent du quotidien Le Monde, posait la question de la pertinence de ce dépistage et des campagnes qui en font la promotion.

Un site français indépendant ( que le Monde cite)  apporte de nombreuses réponses aux femmes qui s’interrogent sur ce dépistage dont elles reçoivent de très nombreuses incitations.

Mais quelle est la position de notre ministre de la santé ?

La réponse :

Renforcer l’information ou la propagande?

 

 

Ces deux exemples illustrent mon propos, mais sur quasiment tous les sujets de santé, le ministère a une position qui interroge.

J’aurai pu détailler d’autres exemples.

 

 

Le problème est qu’en tenant ce type de position il y a une remise en question de plus en plus importante de la confiance que tout un chacun peut accorder à la parole gouvernementale en particulier en santé.

Chacun d’entre nous a accès à internet et peut donc trouver des sujets de réflexion et douter de la fiabilité de l’information gouvernementale.

En agissant ainsi, les autorités sanitaires se comportent comme dans les temps anciens où l’information et la connaissance étaient peu accessibles. Un temps où seuls les experts avaient accès à cette connaissances et exprimaient ce que chacun devait savoir et comprendre.

Mais aujourd’hui, en 2018, les temps ont changé. Nous ne sommes plus comme dans le roman 1984 de George ORWELL où l’information pouvait être manipulée suivant la volonté des gouvernants.

Or j’ai le sentiment, qu’en agissant comme le font nos autorités sanitaires en général et la ministre de la santé en particulier, ils se croient toujours comme dans 1984.

Réveillez vous madame la ministre, arrêtez de prendre les français pour des enfants sans cervelles et  de vous adresser à eux comme s’ils étaient incapables de réflexion.

Vous vous indignez régulièrement de la perte de confiance des français dans les informations santé délivrées, mais la confiance se gagne et aujourd’hui en agissant comme si l’information n’était pas disponible, en agissant comme dans « l’ancien temps », c’est  au système de santé dans son ensemble que vous portez préjudice.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir attaqué les médecins qui pratiquent la médecine alternative dont l’homéopathie, le groupe des Fakemedecine s’attaque maintenant aux facultés de médecine qui enseignent l’homéopathie.

« Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.

ABSENCE DE PROGRÈS
La conférence des doyens d’universités, malgré les sollicitations du conseil national de l’ordre des médecins et la réaffirmation de par l’académie nationale de médecine de l’absence de bases scientifiques de l’homéopathie, est restée muette. A l’heure actuelle plusieurs universités proposent encore des formation de type DU ou DIU d’homéopathie pratiques alternatives… »

Ce groupe de médecins, très virulents sur Twitter, a reçu un soutient de poids en la personne de Martin WINCKLER.

 

 

 

Les questions de Martin WINCKLER sont particulièrement légitimes et il existe en effet, un problème à ce qu’une « entreprise du médicament » enseigne la prescription de sa « production ».

Mais en se focalisant sur le laboratoire BOIRON, n’y-a-il pas un aveuglement « coupable »?

En effet, les facultés qui enseignent la médecine aux étudiants, ne sont-elles pas elles aussi des « Écoles  qui « forment » les médecins à la prescription des médicaments … de l’industriel… »?

Certes, les laboratoires pharmaceutiques ne financent pas directement ces « Ecoles ».

Mais quand les professeurs qui enseignent aux étudiants la pathologie mais surtout la thérapeutique, citent le plus souvent les noms commerciaux des médicaments utilisés, n’est-ce pas là aussi une formation à la prescription des médicaments de l’industriel?

Quand ces même enseignants ne déclarent jamais leurs liens d’intérêt avec les laboratoires qui produisent les médicaments dont ils enseignent la prescription, n’est-ce pas une attitude qui s’apparente à ce qui est dénoncé dans l’article de mon confrère?

Pourquoi alors faire ainsi un « focus » sur l’enseignement de l’homéopathie en semblant ignorer que l’enseignement de la médecine dans son ensemble est soumis à des liens d’intérêt très fort avec les industriels du médicaments?

Comment ignorer que sur le sujet, les facultés ont été notés « très mauvaises » avec pour la meilleure 5/26 points?

Et ce classement n’a strictement rien à voir avec l’enseignement de l’homéopathie et l’influence du laboratoire BOIRON.

 

 

 

Poser la question « Comment les médecins qui suivent ces enseignements ne voient-ils pas qu’ils font l’objet d’une manipulation (coûteuse pour eux, qui plus est) ? » si elle s’adresse à ceux qui suivent une formation en homéopathie; n’est-ce pas à l’ensemble des formations en médecine que cette question de la manipulation peut se poser?

Sur le sujet, si l’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale a lancé la campagne #NoFreeLunch est-ce pour lutter contre la manipulation des étudiants par les laboratoires BOIRON ou contre la manipulation des géants de l’industrie pharmaceutique?

Certes qu’une formation comme celle l’homéopathie soit financée par BOIRON interroge, mais c’est l’ensemble de la formation médicale qui est « corrompue » par les industriels.

 

 

 

 

Par ailleurs, je voudrais moi aussi poser une question. Pourquoi les facultés de médecine, du moins pour un certain nombre d’entre elles fournissent un enseignement de l’homéopathie mais aussi parfois, pour d’autres médecines « alternatives »?

Au lieu de dénoncer, de menacer, de « vilipender » et au final vouloir en imposer de sa seule volonté, n’est-il pas plus « intelligent » de s’interroger sur le sujet ?

Il est en effet, particulièrement surprenant que des facultés de médecine se mettent à accueillir en leur sein des « chantres du charlatanisme ».

Pourrait-on savoir pourquoi ces enseignements existent?

Au lieu d’émettre des injonctions en direction de ces universités, ces signataires se sont-ils entretenus avec ceux qui les ont mis en place? La direction de chaque université est aux mains de médecins expérimentés et de « haut niveau ». C’est leur faire injure que de penser qu’ils ignorent le peu de preuves d’efficacité que la thérapeutique homéopathique possède. Malgré cela un enseignement de cette thérapeutique a été mis en place au sein de ces universités, il y a maintenant de nombreuses années, pourquoi?

Je voudrais avancer une hypothèse.

N’est-ce pas tout simplement pour ne pas laisser à des non-médecins l’enseignement de ces thérapeutiques et donc pour apporter à ces thérapeutiques une vision médicale?

N’est-ce pas une ouverture d’esprit que d’accueillir au sein même de la faculté de médecine, une réflexion et un enseignement sur une médecine non conventionnelle?

N’est-il pas plus judicieux d’apporter un regard médical sur ces pratiques certes non validées, mais qui malgré tout semblent bien soulager bon nombres de patients; que de vouloir exclure, combattre et au final se retrancher sur un « paternalisme » d’un autre âge? N’est-ce pas une sorte « d’inquisition médicale »?

 

 

 

 

A-t-on une preuve que dans l’histoire, la prohibition a jamais apporté un bénéfice?

La prohibition dans la consommation et la vente d’alcool n’a jamais permis de faire régresser et encore moins disparaître la consommation d’alcool et tous les dégâts médicaux et sociaux qu’elle entraîne.

Est-ce que la « prohibition » de l’homéopathie et des médecines alternatives est alors la bonne solution pour une médecine respectueuse de l’éthique et de la « science »?

Nombre de médecins semblent le penser.

Pour ma part, je pense que c’est une grave erreur.

Je pense qu’au contraire, il est bénéfique pour le patient que des médecins s’intéressent aux thérapeutiques alternatives.

 

 

 

 

Je pense également que ce mouvement qui dénonce les médecines alternatives tient beaucoup dans le corporatisme médical qui supporte de moins en moins bien la disparition d’une forme de paternalisme qui était le sien, dans un passé encore proche.

Le monde et la société ont changé.

Avec internet, tout un chacun peut lire des articles qui, par le passé, n’étaient accessibles qu’aux médecins.

Les médecins doivent ainsi faire face à une sorte de « contestation de leur hégémonie » et c’est absolument inacceptable pour nombre d’entre eux.

Voir que de jeunes médecins, juste sortis de la faculté, sans expérience du soin que ce qu’ils ont appris à l’hôpital et sur les bancs de la faculté, soient, pour un certain nombre d’entre eux si virulents contre l’homéopathie, ne manque pas de m’interroger. J’y vois une volonté de montrer leur appartenance à la « caste médicale » et un gage à leurs professeurs et à l’enseignement qui leur a été donné.

 

 

 

 

 

Que le laboratoire BOIRON sponsorise un enseignement de l’homéopathie à l’université crée des liens d’intérêt pattant.

Mais s’indigner de cette « manipulation » en faisant semblant d’ignorer l’influence majeure des industries pharmaceutiques dans la formation médicale, ne manque pas de m’étonner.

Le Formindep est plutôt seul à se battre contre l’influence des industriels sur la santé.

Les signataires de la tribune et tous leurs soutiens depuis sa parution, en se focalisant sur l’homéopathie et les médecines alternatives, portent un combat de « niches » .

Par ailleurs ils ne s’intéressent, ni ne s’interrogent que très peu à qui au final bénéficiera leur action?

Les patients? C’est peu probable.

 

 

 

 

 

Condamnés par l’Inquisition, de Eugenio Lucas Velázquez (1862), Musée du Prado.

 

Il y a quelques billets de cela, j’évoquais la « guerre » que se livrent les médecins pour la suprématie de leur façon de penser et d’exercer.

Plus récemment, je parlais d’un article d’un confrère qui mettait en avant la complexité de la médecine et combien l’arrogance dans son exercice était problématique.

 

 

 

Le conflit entre les médecins qui dénoncent la prescription homéopathique et les médecins homéopathes vient de connaître un nouveau rebondissement.

Vous pouvez lire des points de vue différents, ici, ou encore .

 

 

Que des médecins en viennent à se « battre » ainsi, par médias et Conseil de l’Ordre interposés, me désolent. En effet, cette « division » est un mauvais coup porté à l’exercice de la médecine.

Que des médecins en viennent à s’entre-déchirer n’est bénéfique pour personne.

Et les patients dans tout cela?

Quelle image de l’exercice de la médecine cela donne-t-elle?

Et cela à l’heure où le suicide de médecins ou de personnels soignants, la grève de certains personnels hospitaliers pour pouvoir tout simplement faire leur métier, et le « malaise » des urgences; font la UNE des médias.

Le problème de la prescription de l’homéopathie, de son remboursement, mais aussi de certaines autres pratiques non validées; est-ce vraiment le problème N°1 de la santé en France? Une telle agressivité, de part et d’autre est-elle justifiée?

 

 

 

Cela étant dit, je me pose plusieurs questions sur cette initiative soutenue par nombre de confrères. Questions que je ne vois jamais posées

 

 

 

1) Cette tribune, quelle image de la médecine et des médecins donne-t-elle dans l’opinion publique?

Le fait d’être médecin, autorise-t-il à prononcer de telles injonctions?

Le médecin n’est-il pas celui qui « propose » et non celui qui « ordonne »?

Le médecin ne doit-il pas respecter la vision du monde de l’autre? Doit-il être celui qui impose sa propre vision de la médecine? Et cela au mépris du fait que personne ne détient la vérité.

 

 

 

 

2) L’ambiguïté du Conseil de l’Ordre des médecins se fait jour avec la plainte ordinale des homéopathes.

Les signataires de la tribune en ont appelé au Conseil de l’Ordre des médecins pour qu’il « sanctionne » les médecins homéopathes au nom de la déontologie du soin.

Et maintenant c’est au nom de la déontologie entre les médecins que les homéopathes demandent que les signataires soient sanctionnés.

N’est-il pas temps, plutôt que de s’indigner de telles ou telles plaintes, de s’interroger sur l’ambiguïté du Conseil de l’Ordre des médecins et donc sur son l’existence ?

Combien de pays dans le monde possèdent ce type de « juridiction »? Il semble qu’il n’y en ait pas beaucoup. Pourquoi si cette institution est si « remarquable » tous les pays ne s’en sont-ils pas dotés?

Il semble que l’Ordre des Médecins ne garantissent en rien un exercice de la médecine « éthique ». Alors ne pourrait-on pas s’en passer utilement? Ce type de question me parait plus importante que de savoir qui des homéopathes ou de leurs détracteurs sont à « sanctionner ».

 

 

 

3) Y-a-il l’instauration progressive d’une « police médicale » qui impose telle façon de soigner et « interdit » telle autre?

En expliquant que l’homéopathie n’a aucune preuve d’efficacité et par ce fait doit être écartée comme manière de soigner, les signataires ne laissent-ils pas penser qu’eux ne prescrivent que des thérapeutiques évaluées.

Or il n’en est rien . Et de nombreuses publications en témoignent.

Y-a-t-il malgré tout la création de nouveaux inquisiteurs qui font la promotion de l’autodafé :

 

 

 

 

 

4) Pourquoi des médecins spécialistes de cardiologie, de neurologie, des urgentistes, ont-ils pris part à cette « croisade »?

Ils ne sont en rien confrontés dans leur pratique professionnelle à la prescription homéopathique. Ce sont essentiellement les généralistes qui le sont.

Alors, même si de nombreux généralistes portent ce combat, pourquoi n’est-il pas exclusif de cette spécialité? En d’autres terme pourquoi des spécialistes « non concernés » sont-ils aujourd’hui parmi les plus virulents?

La réponse qui est fournie à chaque fois est la même : »c’est un problème éthique. Il n’est pas éthique de soigner avec une thérapeutique qui n’a pas fait la preuve de son efficacité ».

Si l’on se positionne sur le volet éthique, il est important d’aborder tous les problèmes qui relèvent de l’éthique médicale. Les liens d’intérêt, la corruption sont des problèmes éthiques graves.

Tous ces signataires, sont-ils « à jour » de ces problèmes éthiques? Je n’ai par exemple vu nulle part la déclaration de liens d’intérêt de tous ces médecins qui s’expriment sur le sujet. Or la loi leur en fait obligation. Obéir à la loi n’est-elle pas la première règle éthique?

 

 

 

 

5) Pourquoi ces signataires vouent-ils une telle « haine » à l’effet placebo?

En effet, ce qui apparaît en filigrane dans cette attaque contre l’homéopathie et les médecines alternatives, c’est le refus de l’effet placebo.

L’effet placebo existe dès que l’on soigne.

L’ignorance quand à son fonctionnement est encore aujourd’hui complète.

Cet effet placebo est une « gène » permanente pour qui veut « prouver » qu’une molécule est efficace. C’est la raison pour laquelle l’industrie pharmaceutique ne « supporte » pas l’existence de cet effet qui la contraint donc aux pires « contorsions » pour prouver l’efficacité du moindre médicament.

Cet effet placebo est un « caillou dans la chaussure » de la toute puissance médicale.

Pourtant 30% d’effet, sans aucun principe actif, c’est quand même assez extraordinaire.

Alors pourquoi une telle campagne contre ceux qui utilisent le plus cet effet placebo?

 

 

 

 

Voilà des questions sur lesquelles j’aimerais que l’on puisse débattre et que cette « histoire » met en lumière.

Mais aujourd’hui, le débat n’est pas possible.

Il y a deux camps et si l’on n’est pas dans l’un, on se trouve dans l’autre.

Deux camps qui s’invectivent.

Pourtant la médecine est faite de nuances.

Il semble qu’aujourd’hui toute nuance est interdite. Chacun est « sommé » de choisir son camp.

Et cela est vrai dans tous les champs d’action de la médecine : prévention, vaccination, dépistage, thérapeutiques diverses.

Est-ce cela que l’on nomme le progrès?

 

Nous vivons une triste époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrais vous raconter une histoire qui me touche de près et que je crois emblématique de ce qui se passe dans l’exercice de la médecine en France.

 

 

 

J’ai un ami proche, qui souffre d’un diabète depuis maintenant de nombreuses années.

Cet ami est suivi exclusivement par un endocrinologue qu’il a désigné comme son médecin référent . Il n’a donc pas de médecin généraliste et cela d’autant moins que son diabète est le seul problème pour lequel il consulte.

Mais depuis plusieurs jours et même quelques semaines, cet ami souffre de plus en plus et de façon récente de façon intense, de douleurs articulaires.

Ces douleurs sont parfois intolérables et dans la vie quotidienne, il a besoin depuis peu de l’aide de son épouse pour s’habiller.

il s’en est ouvert à son médecin référent, son endocrinologue, évoquant la possibilité d’un rhumatisme inflammatoire peut-être psoriasique.

Celui-ci a pris donc rendez-vous pour son patient auprès d’un rhumatologue de sa connaissance. Mais le rendez-vous n’aura lieu que dans quelques semaines.

 

 

Cet ami souffre de plus en plus.

Il est retourné voir son médecin référent pour qu’il lui prescrive des médicaments pour être soulagé de ses douleurs qui deviennent par moment difficilement tolérables.

Ce dernier, ne lui a rien donné, au prétexte qu’il ne voulait pas que le traitement en particulier anti-inflammatoire puisse interférer dans la consultation et le diagnostic de son confrère rhumatologue.

Mon ami souffre donc et n’obtient aucun aide pour soulager ses douleurs et doit patienter jusqu’à la consultation du rhumatologue.

Voici donc les faits, du moins dans ce que j’ai pu apprendre.

 

 

Mon questionnement est de savoir pourquoi donc, aucun médecin généraliste n’a été consulté?

Pour répondre à cette question, je vous propose quelques unes de mes réflexions.

 

 

La première est de savoir pourquoi l’endocrinologue dont le patient qu’il suit pour son diabète, devant l’apparition de symptômes qui dépassent sa spécialité, pourquoi n’a-t-il pas conseillé à son patient de consulter un généraliste?

Pourquoi cet endocrinologue a-t-il adressé directement son patient à un confrère rhumatologue alors que notre ministre de la santé réaffirme dès qu’elle le peut, le rôle pivot du médecin généraliste?

Ce spécialiste « d’organe » qu’est le diabétologue semble penser que les seules compétences d’un médecin généraliste est d’orienter les patients qu’il reçoit, dès que la pathologie dépasse « la bobologie », vers un médecin spécialiste du problème évoqué. En ce sens, il est alors assez logique d’éviter la « case » médecin généraliste car prendre rendez-vous est à sa portée et même à celle de n’importe qui.

Il est logique de penser que le médecin diabètologue, par cet acte, semble avoir une piètre opinion des compétences d’un médecin généraliste relégué au rôle d’une simple « secrétaire ».

C’est ne pas avoir conscience que le médecin généraliste a des compétences dans tous les domaines de la médecine dont la rhumatologie.

C’est oublier aussi que gérer la douleur fait partie du quotidien d’un médecin généraliste. Il a une expertise dans le domaine qui est manifestement ignorée par le diabètologue? Par ailleurs laisser croire que l’on ne peut pas soulager dans l’attente de la consultation qui est impossible dans un délai raisonnable, me parait problématique de la part d’un médecin.

 

 

 

Est-ce parce que la vision qui prévaut chez nombre de spécialistes « d’organes » est que le médecin généraliste n’est juste bon à faire des renouvellements d’ordonnances ou remplir des papiers de tous ordres, mais pas suffisamment compétent pour prendre en charge un malade; que cet endocrinologue agit ainsi?

Cet exemple montre à quel point l’arrogance du spécialiste ignorant son confrère généraliste cache de l’incompétence.

Personne ne demande à un diabétologue d’être compétent en douleur rhumatologique, par contre ne pas permettre au patient de faire appel aux compétences d’un généraliste dans ce domaine me parait fautif.

Est-ce que le fait que mon ami n’ait pas de généraliste référent est une raison suffisante pour ne pas consulter un généraliste? En d’autres termes, est-ce qu’un problème administratif (désignation par un patient d’un spécialiste et non un généraliste comme son médecin traitant) lui interdit de consulter un médecin spécialiste en médecine générale?

 

 

 

Pour ce qui est de mon ami qui souffre, comment se fait-il que de lui même, il n’est pas aller consulter un médecin généraliste, même s’il n’en a pas vu depuis de très nombreuses années?

Parce que lui aussi adhère au sentiment largement répandu dans la société et relayé par nombres de médecins spécialistes d’organes, de professeurs de médecine et aussi nombres d’autorités sanitaires diverses et j’en passe; que le médecin généraliste n’a pas de réelles compétences médicales?

Je n’ai pas eu l’occasion d’aborder ce sujet avec lui, mais je ne peux pas m’empêcher de croire que c’est sans doute une part de la « réalité ».

En attendant mon ami continue à souffrir sans prise en charge de cette souffrance.

Il attend avec impatience sa consultation chez le rhumatologue qui est maintenant très proche.

 

 

 

Si j’ai voulu raconter cette « anecdote », c’est qu’elle est, je pense, symptomatique de l’évolution plus ou moins récente de la médecine en France.

J’ai le souvenir d’un de mes patients que j’adressais régulièrement à un gastro-entérologue pour le suivi de sa pathologie digestive et à qui il avait fait part d’une toux qu’il considérait comme persistante. Ce gastroentélogue avait directement adressé mon patient dont j’étais pourtant le médecin généraliste référent, directement à un pneumologue en oubliant sciemment que peut-être je pouvais prendre en charge cette toux pourtant banale. Je pense que nombre de mes confrères généralistes, ont des « anecdotes » similaires dans leurs pratiques.

Alors quand j’entends, dans la bouche des autorités que le médecin généraliste est le pivot du système de soin en France, cet exemple montre à l’envie qu’il n’en est rien. C’est peut-être anecdotique mais c’est à mon sens assez symptomatique de l’état d’esprit assez courant, vis à vis des médecins généralistes.

 

 

 

Si les médecins généralistes étaient reconnus pour ce qu’ils sont : des médecins qui soignent et qui ont les compétences pour cela, nous n’aurions pas de « déserts médicaux ».

Si la spécialité de médecine générale était en France reconnue comme telle, elle ne serait pas la spécialité si méprisée dans l’enseignement de la médecine en France au point que c’est la spécialité, bien que majoritaire en nombre d’étudiants qui a le taux d’encadrement de ses étudiants la plus faible, et largement.

Et que dire du prix de la consultation de médecine générale qui est la plus faible de toutes les spécialités? N’est-ce pas en soit une marque visible du mépris et du peu de considération de la « société » pour ses médecins généraliste?

 

 

 

Voilà en quoi cet exemple est je crois symptomatique d’un des « maux » dont souffrent notre système de santé actuel.

 

 

 

Mais loin de ces considérations sociétales, voire corporatistes,  ce qui est à mon sens le plus grave; c’est qu’en agissant ainsi,  le médecin laisse souffrir un patient au seul prétexte de ne pas « perturber » la future consultation d’un confrère.

Exercer la médecine, est-ce de l’entre soi médical ou du soin aux patients?

N’est-ce pas n’avoir également aucune considération pour son patient que de le laisser souffrir et être par le comportement décrit,  maltraitant?

 

 

 

Mise à jour du 17/07/2018

Mon ami a été consulter le rhumatologue.

Malgré l’espoir mise dans cette consultation aucun diagnostic n’a été porté mais un bilan prescrit et des antalgiques sans « particularité » prescrits.

En fait, ce rhumatologue, spécialiste, a fait exactement ce qu’un médecin généraliste aurait fait s’il avait été consulté. Rien de plus et sans doute même moins.

Tout cela pour ça?

 

Mise à jour du 19/07/2018

Docteurdu16, apporte son propre éclairage : c’est ici .

 

Twitter dont je possède un compte depuis maintenant plusieurs années est un réseau social capable du meilleur comme du pire.

Je voudrais aujourd’hui parler du meilleur.

Il me permet de suivre nombres de mes confrères qui mettent en ligne pour une majorité d’entre eux ( une minorité peut-être) des articles, de textes (avec les liens) qu’ils ont aimés et qu’ils veulent partager.

C’est aussi dans ce but que j’ai ouvert un compte sur Twitter.

L’un de mes confrères ( il se reconnaîtra sans doute, et je l’en remercie pour ce « signalement ») a partagé un article d’un confrère généraliste dont le titre est : « L’evidence based medicine (ebm) et la légitimité du pouvoir de guérir« .

Je voudrais vous parler de cet article aujourd’hui en espérant que nombre d’entre vous le liront. Cet article est d’une rare intelligence et apporte une réponse à notre actualité médicale. Il apporte une réflexion sur la pratique de la médecine aujourd’hui en opposition avec ceux qui veulent limiter la réflexion sur le sujet.

Sans faire un résumé, je voudrais juste citer quelques phrases de cet article certes de 2011 mais d’une actualité « criante ».

 

 

« Ainsi, depuis ce temps, la médecine occidentale scientifique considère que la guérison ne prouve rien. »

Cette phrase très forte, devrait être rappelée et méditée par nombre de mes confrères mais aussi par beaucoup de commentateurs, journalistes etc.

Dans bien des cas, c’est le fait de prendre une causalité pour une cause qui génère beaucoup d’erreurs d’appréciation. Nombre de personnes confondent les deux et affirment une cause là où il n’existe au mieux qu’une causalité. Nos journaux sont pleins de ces articles qui confondent causes et causalités et font dire à certains qu’il s’agit de « stats à la con ».

« Un médecin qui essaye un traitement et qui guérit ses malades est porté à croire que la guérison est due à son traitement. Souvent des médecins se vantent d’avoir guéri tous leurs malades par un remède qu’ils ont employé. Mais la première chose qu’il faudrait leur demander, ce serait s’ils ont essayé de ne rien faire, c’est-à-dire de ne pas traiter d’autres malades ; car, autrement, comment savoir si c’est le remède ou la nature qui a guéri ? » (1)

 

 

« Diminuer la glycémie ou la cholestérolémie n’est pas un objectif de médecin mais de biochimiste. »

Combien de médecins ont en tête cette affirmation?

Combien de médecins fondent leur pratique sur le respect des normes biologiques édictées par des « sociétés savantes », oubliant que c’est un humain qu’ils soignent et non des critères biologiques?

 

 

« 1. La médecine et sa thérapeutique peuvent tout d’abord faire plus de mal que de bien. C’est ce qu’on appelle la iatrogenèse.

2. Ce n’est pas la médecine qui est principalement responsable du déclin des maladies, même des maladies infectieuses. »

Ces affirmations d’une criante vérité, sont contestés tous les jours dans la très grande majorité des publications ou par des affirmations péremptoires des autorités sanitaires et à la suite de celles-ci par nombre de médecins.

Or ces réalités vont même jusqu’à être niées par les tenants de la toute puissance médicale et pharmaceutique dont on sait les intérêts financiers.

Mais aujourd’hui, des mensonges mainte fois répétés deviennent des vérités et cela contre la réalité des faits. Ainsi par exemple l’éradication de la variole à moins à voir avec la vaccination qu’avec les progrès de l’hygiène, or c’est le contraire qui est affirmée comme par exemple par notre ministre de la santé lors de la décision de rendre obligatoire dès janvier 2018, 11 vaccins. Le rapport de 1980 de l’OMS sur le sujet est pourtant clair, il y est écrit : « « Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. […] ». Mais qui s’en soucie?

 

 

« Ainsi, avec l’ECR (l’Essai Clinique Randomisé) contre placebo en double-insu, une thérapeutique se définit par sa supériorité à un placebo et non pas par rapport à l’absence de traitement.
Cette définition de la thérapeutique expose à deux risques majeurs :

• Le premier est de discréditer toute thérapeutique qui ne peut pas être évaluée en double-insu, comme des thérapeutiques complexes, les psychothérapies, les régimes, l’activité physique ou certaines médecines dites alternatives…

• Le deuxième risque est celui de discréditer l’effet placebo. En effet, avec l’ECR (l’Essai Clinique Randomisé) en double-insu contre placebo, l’EBM n’accepte au final que les traitements dont l’efficacité spécifique est prouvée et dénigre alors les facteurs que l’on nomme par opposition « non spécifiques », comme la relation médecin-malade ou les composantes symboliques d’un remède. Or, ces facteurs « non spécifiques » peuvent tout à fait guérir. »

 

 

« Pourquoi se priver au nom de la science d’un traitement pour la seule raison
qu’il optimise ce qu’on appelle l’effet placebo ? »

C’est ce que tous ces médecins, les 124 signataires de la tribune contre les Fakemeds mais aussi tous leurs soutiens, ne comprennent pas. Ils seraient utiles que tous lisent cet article. Mais pas sûr que cela change grand chose, tant les croyances que ce soient en médecine ou ailleurs sont fortes.

 

 

« Dans une médecine étroitement scientifique, une EBM que je qualifierais de « restrictive », il ne faut prescrire que des thérapeutiques dont l’efficacité est prouvée par l’essai clinique randomisé en double-insu contre placebo. Dans une médecine soignante, le but est de soulager du mieux possible et donc d’optimiser au mieux cet effet placebo ! »

L’auteur exprime dans des mots simples ce qui me gène dans ce « combat » de confrères : refuser d’admettre que des patients soient soulagés par l’homéopathie, et alors même que cette thérapeutique n’a pas de preuves « scientifiques » de son efficacité. Qui plus est, quand on sait que dans nombres de cas, la médecine « par les preuves » n’a pas de réponses médicamenteuses à apporter à ces patients et quand elle en a, la balance bénéfice/risques est souvent défavorable.

 

 

 

« En effet, l’optimisation de « l’effet placebo » ne peut être légitime que si la thérapeutique n’est pas dangereuse pour les malades. Il s’agit de connaître son rapport bénéfice/risque. Théoriquement, si son risque tend vers zéro, le rapport bénéfice/risque tend vers l’infini, ce qui permet de l’utiliser en pratique, même si son efficacité « spécifique » est minime, voire nulle, car ce qui importe au final pour les patients, c’est bien l’efficacité « globale ».

Cette phrase est capitale et ignorée par la majorité des confrères : le risque de la prise d’homéopathie tend vers zéro.

Et vouloir le nier en argumentant avec un possible retard au diagnostic et donc d’un possible retard à la prise d’un médicament « efficace » donc capital, est spécieux.

D’ailleurs à ce propos j’aimerai bien que ces médecins me fournissent une preuve scientifique de l’existence de ce retard qu’ils mettent en avant partout!

 

 

L’auteur conclut par cette phrase :

« Face à la maladie et la souffrance, en médecine soignante, toutes les thérapeutiques définies ainsi sont légitimes.
La médecine ne peut se fonder uniquement sur les preuves du niveau exigé par l’EBM, car elle s’amputerait alors elle-même de thérapeutiques potentiellement utiles. Ce n’est pas la recherche de la preuve qui légitime la thérapeutique, mais bien l’Homme malade qui l’appelle à son secours…
 »

 

 

Merci à Rémy Boussageon, Médecin généraliste, Docteur en médecine et en philosophie pour ce texte. Il est pour moi, un rayon de soleil dans la noirceur du ciel de l’exercice actuel de la médecine.

Ce texte devrait être étudié chaque année de la formation des médecins en France pour qu’il imprègne l’esprit des futurs médecins.

Il devrait aussi être le « livre de chevet » de tout médecin en exercice.

 

 

 

 

 

1- Cl. BERNARD, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865), Paris,
Flammarion, 1984, p. 272-273.

Si vous ne le savez pas, sachez que le Pr JOYEUX s’est vu annulé sa radiation de l’ordre des médecins .

 

 

Cette décision de la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des Médecins est surprenante. Ce fait n’est en effet pas banal.

Il faut rappeler que le Conseil de l’Ordre National des médecins s’est positionné clairement, très tôt, comme soutien de la vaccination et de l’obligation décidée par la ministre de la santé.

Ainsi en annulant la radiation du Pr JOYEUX considéré par beaucoup comme un antivaccinaliste notoire, radiation décidé par un comité département soutenue par les dirigeants de l’ordre national, la chambre disciplinaire a fait preuve d’une rare indépendance.

 

 

 

Quelque soit ce que l’on peut penser du Pr JOYEUX et je ne fais pas partie de ses soutiens je tiens à l’affirmer, il est clair que les pétitions dont il s’est fait le porte parole et le signataire ne comportaient pas ce pour quoi il était accusé, condamné et sanctionné. Ces pétitions n’étaient pas comme beaucoup l’ont affirmé, contre les vaccins. Le dire et l’écrire est de l’interprétation et de l’amalgame à propos du personnage et de nombre de ses positions; et non une lecture factuelle de ces pétitions.

Il est heureux que la chambre disciplinaire d’appel se soit concentrée sur les faits et non l’interprétation que beaucoup en ont fait.

Car aujourd’hui travestir les faits et les interpréter dans le sens de ce que l’on croit est la règle. Le Pr JOYEUX d’ailleurs, n’y déroge pas lui aussi en affirmant « Je ne suis pas du tout radié, je n’ai pas de blâme. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que j’ai raison! ». En effet cette décision ne lui donne pas raison, elle signifie juste que les éléments mis en avant pour le condamner n’étaient pas de nature à le faire.

De la même façon, ceux qui soutenait la radiation du Pr JOYEUX, et qui voit dans le pourvois en cassation de Conseil de l’Ordre National, la volonté de contester les positions antivaccinalistes du Pr JOYEUX, ne font qu’interpréter les faits dans le sens de leur croyance. En effet, il n’y a pas appel de la décision mais présentation en cassation. Or le tribunal qui juge en cassation ne juge pas sur la fond du dossier mais sur la forme. En d’autre terme, le tribunal ne va juger que sur le fait que le droit a été respecté dans la forme et non rejuger des motifs de la condamnation de son annulation.

A ce propos que penser de l’Ordre des Médecins qui « porte plainte » contre sa propre juridiction. C’est pour le moins « hallucinant ». Imagine-t-on, par exemple,  un organisme du gouvernement annuler une des décisions de celui-ci et ensuite le gouvernement porter plainte contre une de ses propres structures.

Peu semble surpris de cet état de fait.

 

 

Et que penser du coup de gueule du médecin français sans doute le plus médiatique, j’ai nommé le Dr CYMES. Il affirme devant les caméras de l’émission qu’il anime: « Être médecin, Monsieur Joyeux, c’est être responsable ». Je suis complètement d’accord avec lui mais je crois que la responsabilité il devrait, avant de vouloir faire la leçon au Pr JOYEUX, se l’attribuer à lui-même. En effet, il semble avoir oublié qu’il y a quelques années il s’est fait le chantre du dépistage du cancer de la prostate en lançant une campagne d’affichage pour le moins originale. Or déjà à cette époque, les études indépendantes, qui l’ont confirmé depuis, montraient que le dépistage du cancer de la prostate faisait « plus de mal que de bien ». Ce dépistage, qui continue à être proposé encore aujourd’hui par de nombreux médecins à la suite du Dr CYMES, est responsable d’incontinence et d’impuissance chez les hommes qui s’y soumettent,  au point que l’HAS dont nous savons la lenteur dans sa prise de décision ne recommandait pas le dépistage et cela des 2012. Donc oui Mr CYMES être médecin c’est être responsable et nous attendons donc de vous que vous expliquiez que vous vous être trompé en 2011 en médiatisant une campagne de promotion de dépistage du cancer de la prostate. Or vous ne l’avez jamais fait. Et pour vous paraphraser, tous les patients qui sont devenus incontinents et impuissants en suivant vos conseils médiatiques pourraient vous demander des comptes car être médecin Mr CYMES, c’est être responsable.

 

 

Enfin, pour terminer, je voudrais vous faire prendre connaissance de ce qu’à dit un confrère étranger , John Ioannidis:

« In most developed countries and clearly in the US, we’re just spending so much and we’re wasting so much that healthcare is one of the leading public dangers for health….. I think at some point we need to fight against medicine. »

Cela pourrait se traduire ainsi :

« Dans la plupart des pays développés et clairement aux États-Unis, nous dépensons tellement et nous gaspillons tellement que les soins de santé sont l’un des principaux dangers pour la santé publique … Je pense qu’à un moment donné nous devons nous battre contre la science médicale qui consiste à donner des médicaments« .

Que croyez vous qui pourrait arriver à ce médecin s’il était français?

Que lui arriverait-il après avoir affirmé que les soins en santé sont un danger important et qu’il est important de lutter contre la prescription de médicaments?

En mettant en perspective les ennuis du Pr JOYEUX avec l’Ordre des médecins, il est plus que probable que ce médecin risquerait la radiation!

 

PS : mise à jour du 30/06/2018

« Les six académies, dans leur devoir de protection de la santé des populations, déclarent solennellement que la liberté d’expression a des limites et qu’elle n’excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé »

La liberté d’expression a des limites !Oui mais qui décident de ce qui peut se dire ou ne pas se dire? Qui décide de la « vérité » et des « mensonges »? Les autorités autoproclamées sans doute, les académies?

Que viennent faire l’académie de l’agriculture de France ou celle de chirurgie dentaire dans cette histoire de vaccination?

Cela ne les empêchent pas, malgré tout,  de signer cette dénonciation du Pr JOYEUX.

Tout cela me donne l’impression comme d’un parfum d’inquisition!