Je suis tombé sur un article de la nutrition.fr qui se fait l’écho d‘une revue de la littérature qui conclue qu’il n’y a pas de preuve de l’intérêt de tout faire pour avoir une glycémie basse dans le diabète.

C’est très dérangeant comme information. C’est la raison pour laquelle, nos « chers » médias ne s’en sont sans doute pas emparés. Par ailleurs, ce n’est pas un scoop. C’est une conclusion qui circule dans la littérature depuis pas mal de temps.

Par ailleurs, je viens de lire le dernier article d’un confrère endocrinologue qui sur son blog analyse en détail une étude sur un médicament du diabète. A la fin dans sa conclusion, il pose une question :  » pourquoi est-ce aussi difficile de montrer un bénéfice CV en rapport avec la baisse d’HbA1c ? »

C’est une excellente question et bien que médecin généraliste et donc très loin des connaissances de mon confrère sur le sujet, je vais formuler une hypothèse : Et si nous avions tout faux ? Et si le chemin thérapeutique choisi était mauvais ? Alors logiquement les résultats serait décevants non ?

Tout d’abord, je voudrais rappeler ce que quasiment tout le monde sait : il y a 2 types de diabète ( 3 en fait) , le diabète de type 1 et le diabète de type 2, c’est celui qui nous occupe aujourd’hui. Le diabète de type 2 a été différentié de celui de type 1 en 1936. Le diabète est malgré tout une maladie qui est connue depuis très longtemps. Contrairement à une idée reçue, le diabète de type 2 n’est pas d’apparition récente même si c’est une maladie qui « explose » ces dernières années dans le monde.

Une maladie est déterminée par sa physiopathologie; pour faire simple c’est le pourquoi et le comment d’une maladie.

Le diabète de type 1 est caractérisé par le fait que l’organisme ne produit pas d’insuline et donc le sucre ingéré ne peut pas être utilisé par la cellule. En effet, le rôle de l’insuline est de faire entrer le sucre dans chaque cellule et ainsi permettre à chaque cellule de fonctionner. En absence d’insuline, la glycémie ( sucre dans le sang) monte . Le traitement du diabète de type 1 est donc d’apporter de l’insuline à l’organisme puisque celui-ci n’en produit pas.

Le diabète de type 2 est lui caractérisé par le fait que bien que l’organisme produise de l’insuline,  cette insuline produite ne peut pas faire son rôle du fait d’une résistance du corps à son utilisation. Le traitement ne consiste donc pas à apporter de l’insuline ( il en produit d’ailleurs beaucoup trop pendant longtemps) mais de favoriser son utilisation par le corps, jusqu’à que celui-ci, épuisé, ne puisse plus en produire et on a alors recours à l’insuline pour traiter ce diabète de type 2. C’est ce que l’on appelle parfois, le diabète de type 2 insulinorequérant.

Il est clair que même si la conséquence de ces deux maladies est de faire monter la glycémie, son traitement ne devrait pas être le même. En effet, les causes sont différentes. On peut même considérer que ce sont deux maladies différentes qui ont en commun une conséquence identique : l’hyperglycémie. On aurait donc pu nommer ces deux maladies d’un nom distinct. Mais cela n’a pas été fait, pourquoi ?

Dans les deux cas, la cible thérapeutique est donc la glycémie qu’il faut amener dans une fourchette normale.mme_echelle_glycemie

Si le traitement du diabète de type 1 est évident et sans contestation : pas de production d’insuline, il faut donc fournir cette insuline qui n’est pas produite. C’est la même chose pour toute les maladies qui comportent un dysfonctionnement du corps comme l’hypothyroïdie où là le traitement consiste à apporter, non pas de l’insuline, mais des hormones thyroïdiennes car non produites par le corps.

Pour ce qui est du diabète de type 2, les choses sont beaucoup plus complexes.

Tout d’abord, nous ignorons encore aujourd’hui la physiopathologie du diabète de type 2. Et c’est bien là que le « bas blesse ». Nous ignorons pourquoi une résistance à l’insuline se met en place. Nous savons bien qu’elle a un rapport avec l’obésité et avec l’alimentation, mais c’est à peu près tout. Nous ignorons encore aujourd’hui quels sont les mécanismes en jeu dans le diabète de type 2.

Pourtant les traitements proposés, visent uniquement l’augmentation du sucre dans le sang.5721061-diabetes-sukker

En agissant ainsi, à la différence du diabète de type 1, les traitements proposés ne visent que la conséquence d’un dysfonctionnement de l’organisme et non la cause comme dans le cas du diabète de type 1. Et cette différence est énorme. Traiter une conséquence n’est pas traiter une cause.

Après cette longue digression, j’en viens donc à mon hypothèse : et si on avait tout faux et que traiter l’hyperglycémie n’est pas ce qu’il faut faire.

Chacun sait pourtant que traiter les conséquences et non la cause peut amener une amélioration mais en aucun cas une guérison. Par exemple, il est évident pour chacun que traiter une infection bactérienne par du paracétamol va sans doute faire baisser la fièvre mais en aucun cas  guérir la maladie qui elle a besoin d’antibiotique pour disparaître.

Aujourd’hui dans le cas du diabète de type 2 c’est comme si l’on donnait du paracétamol et pas d’antibiotique. On ne s’étonnera donc pas de ne pas avoir les résultats escomptés

Donc pour répondre à la question de mon confrère : « pourquoi est-ce aussi difficile de montrer un bénéfice CV en rapport avec la baisse d’HbA1c ? » C’est parce que l’on se focalise sur le traitement de la glycémie et que notre cible n’est pas la bonne. Ce n’est pas le sucre que l’on doit chercher à faire baisser, c’est la cause qui doit être traitée et non la conséquence. Que penseriez vous d’un garagiste à qui vous apportez votre voiture parce qu’un voyant c’est allumé au tableau de bord et qui comme traitement enlèverait l’ampoule du voyant?enlever-ampoule Vous seriez furieux de ce « traitement ». Et pourtant c’est ce que l’on fait avec le diabète de type 2 en traitant les conséquences et non la cause.

Le problème est que l’on ignore la cause.

J’entends immédiatement les objections suivantes : « Alors on ne fait rien ? », « On ne peut pas ne rien faire ».

Il faut en effet tâcher de traiter  mais est-ce que s’acharner, comme c’est le cas depuis plusieurs dizaines d’années à faire baisser la glycémie pour qu’elle atteigne les normes fixées, est-ce vraiment la solution ? La preuve semble bien que non avec cette étude présentée au début de ce billet.

Est-ce la solution de passer son temps à discourir sur de nouveaux médicaments qui continuent à avoir comme cible la glycémie? Ne serait-il pas plus pertinent d’en rester aux médicaments anciens que sont la metformine et les hypoglycémiants oraux que de perdre son temps avec tous ces nouveaux médicaments proposés par l’industrie pharmaceutique? Aujourd’hui, à part ce médicament, seul une modification du régime alimentaire et la pratique d’une activité physique ont une efficacité réelle sur cette pathologie. En attendant une vraie thérapeutique qui agit sur la cause, pourquoi ne pas se concentrer pour améliorer ce qui fonctionne bien et non ce qui fonctionne mal ?

Par ailleurs, traiter le diabète est devenu avec les dernières « nouveautés » proposées par l’industrie pharmaceutique, une véritable « usine à gaz » comme en témoigne le billet de ce confrère : https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html.

Il est d’ailleurs intéressant de consulter le document de la Haute Autorité de Santé ( HAS) de janvier 2013, sur les recommandations de bonnes pratiques pour la stratégie thérapeutique dans le diabète de type 2. Il est clairement écrit que seule la metformine ( grade B) possède une présomption thérapeutique. Toutes stratégies qui utilisent les autres classes thérapeutiques ( donc les plus récentes) ne sont que le résultat d’accord d’expert ( grade AE) . En d’autres terme, il n’y a aucune preuve ni présomption de preuve ni même un faible niveau de preuve mais un avis d’expert, c’est à dire un avis d’autorité. Or chacun sait ce que vaut en médecine l’avis d’autorité.

Donc, pour l’écrire clairement, le traitement médicamenteux actuel du diabète de type 2 ne repose, en dehors de la metformine, sur aucune preuve d’efficacité. Car c’est de cela que l’on parle.

Il me parait donc clair qu’aujourd’hui le traitement du diabète de type 2 se fourvoie complètement dans ses objectifs de traitement, raison pour laquelle malgré les millions ( milliards) investis pour le développement de nouvelles thérapeutiques, les résultats sont nuls.

Comment voulez vous atteindre un objectif, si vous vous trompez de cible?

C’est je crois ce qui se passe dans ce cas particulier.

Pourquoi alors passer autant de temps à décortiquer des études qui n’apportent aucune preuve? Ce n’est pas moi qui dit qu’il n’y a pas de preuve mais l’ HAS dont je vous ai mis en lien la dernière recommandation sur le diabète de type 2.

Pourquoi alors, des stratégies thérapeutiques aussi compliquées ? Je vous livre ma réponse : pour cacher notre incapacité à apporter des réponses aux malades mais aussi pour renforcer la toute puissance médicale malgré cette incapacité.

Enfin, pour terminer, je ne peux pas m’empêcher de penser que cela ne dérange pas vraiment l’industrie pharmaceutique qui malgré l’inefficacité de ces traitements ; engrangent chaque année toujours plus de bénéfices. Cependant, ni les médecins et encore moins les patients ne devraient se satisfaire de cet état de fait.

Mais peut être ne se satisfont-ils pas de cela? Alors pourquoi prescrire ces médicaments et les patients les prendre ? Pourquoi toutes ces personnes impliquées ne le disent-elles pas haut et fort aux représentants de l’industrie pharmaceutique ? Peut être parce que cette même industrie pharmaceutique est un partenaire fort, et on ne contrarie pas un partenaire d’autant plus qu’il permet d’exister . Je vous engage ainsi à consulter les partenaires nombreux et variés de l’Association Française des Diabétiques.

Voilà ma réflexion sur ce sujet qu’est le traitement du diabète de type 2.

Et vous, qu’en pensez vous ?

 

 

 

 

 

 

Il ne faut pas confondre prévention et dépistage.

Pourtant, beaucoup d’articles, vous présente le dépistage comme une prévention. Juste un exemple trouvé sur le net : Préserver votre santé : dépistages et action de prévention pour tous.

Cet article est assez caricatural car il fait un amalgame de choses aussi différentes que le dépistage du cancer du sein, la vaccination anti-grippale et l’arrêt du tabac.

La prévention est une mesure qui permet d’éviter la survenue d’un événement médical. Faire du sport permet d’avoir une action préventive sur les événements cardio-vasculaire, le cancer, les infections.

Un dépistage, est la recherche de quelque chose qui existe déjà : présence du virus du sida, de lésions cancéreuses, de tuméfactions « infra-cliniques » ( qui n’a aucune traduction si on ne la cherche pas).

Autant, toute prévention est à valoriser car apporte des bénéfices certains sans véritables risques, autant les dépistages sont loin d’être tous utiles.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis cervico-vaginal, a fait la preuve de son efficacité et de son utilité et certains sites officiels s’en font l’écho. Par contre d’autres, pourtant relevant des autorités sanitaires mettent sur le même plan un dépistage d’un intérêt certain avec une vaccination qui aujourd’hui n’a aucune preuve d’efficacité. Sans entrer dans le détail, on ne saura si le vaccin HPV est vraiment efficace dans la prévention du cancer du col de l’utérus, au mieux que dans quelques années seulement.triste mais juste. Banksy

Réponses

Simples mais fausses                                            Complexes mais justes

Par ailleurs, il est maintenant bien connu ( sauf pour les urologues et nombres de médecins) que le dépistage du cancer de la prostate est plus « dangereux » qu’utile.

De la même façon, de plus en plus de doutes se font jours sur l’intérêt du dépistage du cancer du sein par mammographie, malgré le battage médiatique fait autour d’Octobre Rose.

Aujourd’hui, des campagnes pour le dépistages du cancer colo-rectal apparaissent affirmant sans véritable preuve, l’efficacité et l’intérêt démontrés de ce dépistage.

Pour une vision assez similaire lire l’article de Jaddo :Et mes fesses, elles sont roses, mes fesses ?

Tous les dépistages sont valorisés au point que beaucoup de patients viennent réclamer à leur médecin un bilan sanguin annuel pour « voir si par hasard ils ne sont pas malades sans le savoir ». Dr Knock qui faisait tant sourire, est devenu une réalité. Les patients viennent d’autant plus facilement réclamer ces « dépistages » que toutes les caisses d’assurance maladie comme par exemple celle de Haute-Garonne, en font la promotion.

Vous remarquerez avec ce lien, que ce qui est utile ( contrôle dentaire ou visuel) est mis sur le même plan que ce qui n’a pas d’intérêt comme le bilan sanguin ou l’ECG de repos qui tous deux sont des examens diagnostics mais en aucun cas n’ont prouvé un intérêt préventif.

Mais l’exercice de la médecine est ainsi en 2016 : tous les dépistages, quels qu’ils soient sont mis en avant, au mépris de leurs intérêts réels.

Quand, vous, médecin, vous avez fait l’effort de faire la part des choses, vous ne pouvez vous trouvez qu’en décalage avec la « doxa » officielle.

C’est dans cette position intenable que je me suis trouvé.

Comment moi simple médecin, pouvais-je tenir un discours opposé à nombre de positions officielles et d’affirmations péremptoires de « grands professeurs de médecine » reçus sur tous les plateaux de télévision. Qui se soucie alors des faits quand tant de publicité est faite autour de « produits de santé » dont les preuves d’intérêts sont au mieux faibles et au pire inexistantes ?

Un jour, je n’en pouvais plus de passer plus de temps à expliquer à mes patients qu’ils ne doivent pas suivre les conseils entendus dans les médias que de soigner au mieux des connaissances actuelles de la science ces même patients.

Je n’en pouvais plus d’être « agressé » par mes confrères qui eux suivent la « doxa ». Je n’en pouvais plus de subir professionnellement les conséquences du fait de vouloir soigner les gens au mieux.

C’est une raison de plus pour laquelle j’ai laissé tomber le soin: je n’en pouvais plus d’être « hors norme ». J’ai donc jeté l’éponge et ai quitté la médecine de soins. Quelque part, je l’ai fait pour me préserver et aussi parce que j’ai pu le faire, même si cela n’a pas été facile. Je crois qu’un certain nombre de médecins de ma génération font la même chose.

Je ne suis pas optimiste pour l’avenir. Cependant, je pense que les choses peuvent changer si les patients prennent conscience de ces dérives. C’est loin d’être le cas de tous aujourd’hui. Mais il est clair que certains reprennent leur santé en main.

Beaucoup suivent encore les « sirènes » des bienfaits des dépistages. Ils les suivent d’autant mieux que l’argument de la peur est couramment utilisé par ceux qui défendent les dépistages « de tout crin ». Or si chacun sait que la peur n’est pas l’alliée de la réflexion, peu ont les moyens de lutter contre.

Il ne faut pas non plus méconnaître que la « folie » des dépistages permet de « rendre malade » des bien-portants ou du moins de médicaliser la vie humaine en dehors de toute maladie qui s’exprime.

En faisant la promotion du dépistage, le médecin ne soigne plus, ne voit plus le résultat de son activité médicale. Il perd son ancrage dans le réel pour être complètement dans le virtuel, dans les chiffres, dans les statistiques qui peuvent être instrumentalisées par les autorités sanitaires comme le montre l’excellent dernier article du Formindep : Cancer, des chiffres et des hommes. Comment puis-je alors, simple médecin de base lutter contre la désinformation organisée par rien de moins que nos autorités sanitaires?

Dans mon précédent billet, ASK a écrit en commentaire, ceci  :

« Les choses étaient-elles différentes lorsque tu as débuté ta carrière ? Est-ce le contexte qui s’est empiré ou toi le docteur qui le supporte moins ? »

Dans ce billet, je vais lui répondre, car son commentaire m’a interpellé et fait réfléchir.

J’ai commencé à exercer en 1984.

Sortant de la faculté de médecine, la « vérité » de la médecine était exprimée par les professeurs agrégés qui nous faisaient cours. La « science médicale » et aussi l’évolution de cette science étaient publiés dans des revues papiers que l’on pouvait trouver pour les plus réputées à la bibliothèque de la faculté. Nous pouvions aussi nous abonner à des revues mensuelles françaises comme la Revue du Praticien ou le Concours Médical pour ne citer que les plus « célèbres » pour un médecin généraliste. Il y avait aussi le Quotidien du médecin ou le Généraliste. Tout cela en version exclusivement papier, internet n’existant pas pour tout un chacun. Il avait aussi le début de la revue Prescrire.

Tout cela pour dire, qu’il ne serait venu à l’idée de personne de mettre en cause l’enseignement d’un professeur et encore moins de contester la moindre de ses affirmations. Nous étions donc dans la soumission totale à l’autorité de nos professeurs qui nous disaient la « vérité » de la médecine. Nous étions d’autant plus soumis, que nous lisions au mieux la presse médicale française et aller consulter des ouvrages ou des revues à la bibliothèque n’était plus possible ou très difficile, une fois quittée la faculté et entré dans « la vie active ».

Ainsi, outre ces lectures rarement faites, notre information sur l’actualité médicale se faisait par l’intermédiaire des visiteurs de l’industrie pharmaceutique qui se déplaçaient dans nos lieux d’exercice. Cette « formation continue » était complétée par les soirées à thèmes organisées par ces même visiteurs, où un de ces professeurs hospitaliers venait à l’issu d’un repas dans un bon restaurant, nous délivrer « la bonne parole » des « progrès » et de la « nouveauté » en pratique médicale.

Ce temps qui remonte à une trentaine d’année peut sembler proche et lointain à la fois. A titre anecdotique, je n’ai jamais reçu le moindre enseignement durant mes études sur le SIDA car on venait juste de « découvrir » cette maladie en 1982 et j’ai passé ma thèse en 1984. J’ai donc tout appris de cette maladie dans les revues et les éventuels enseignements post universitaires.

Tout cela pour situer qu’il y avait une médecine avant l’usage d’internet, mais que ce moyen de communication a révolutionné mes connaissances et ma pratique. Donc oui, les choses étaient différentes quand j’ai débuté ma carrière.

Internet a révolutionné l’accès aux connaissances.

En effet, aujourd’hui, à la différence des année 1990, où j’ai commencé à exercer, l’information médicale est disponible en temps réel, directement de chez soi. Elle est disponible pour les médecins mais aussi pour les patients s’ils le souhaitent. C’est une révolution. Avant les médecins détenaient la connaissance, de façon exclusive, aujourd’hui elle est partagée. Cela change tout.

Or, j’ai l’impression qu’un certain nombre de mes confrères, sans doute les plus anciens, sont toujours restés à l’exercice de 1990 : soumission à l’autorité des « grands professeurs », repas de « formation » sponsorisés par les laboratoires, congrès dans différentes parties du monde pour un petit nombre.

Si tout cela était sans doute utile, à l’époque, aujourd’hui avec l’accès internet et la masse de connaissances disponibles, ces méthodes d’un ancien temps sont devenues complètement obsolètes. Alors pourquoi perdurent-elles? Pourquoi beaucoup de médecins sont-ils encore attachés à ce mode de connaissances ancien ? Par peur de ce « nouveau monde » ? Par confort ? Pour d’autres raisons ? Chacun peut avoir son opinion sur les raisons d’un tel « archaïsme ».

Le contexte a-t-il empiré ?

Je pense que oui.

L’industrie pharmaceutique des années 2016, n’a plus rien à voir avec celle de 1990. Ce sont devenues des industries mondiales avec des capacités financières sans commune mesure avec celles de 1990. Elles sont aujourd’hui plus riches que beaucoup d’états. Leur but n’est plus la santé, mais comme toute industrie, de croître et gagner toujours plus d’argent. Pour cela, les moyens qui sont les leurs pour « influencer » les médecins sont sans commune mesure avec ce qui se passait en 1990.

Le nombre de thérapeutiques disponibles a explosé. Ainsi , par exemple, la taille du dictionnaire français des médicaments : Le Vidal, n’a plus rien à voir avec celui de 1990. Or, depuis ces 20 dernières années, il n’y a eu aucun médicament « révolutionnaire » de mis sur le marché. La revue Prescrire s’en fait d’ailleurs l’écho, très régulièrement et cela en contradiction totale avec les messages qui sont véhiculés dans les médias.

Dernière question : Suis-je le docteur qui le supporte moins ?

C’est possible, mais je suis surtout un médecin dont la connaissance et l’information n’a plus rien à voir avec celui qu’il était en 1990.

Je n’ai plus besoin d’autorité médicale pour me dire ce que je dois faire, penser, prescrire. Je peux aujourd’hui me faire ma propre idée en toute indépendance, ce qui n’était pas le cas en 1990.

Or , je m’aperçois que je fais partie d’une minorité. Que bon nombre de mes confrères suivent toujours les avis d’autorité des KOL ( Key Opinion Leader) ou leaders d’opinions. Je crois que les choses changent avec la nouvelle génération et cela me fait plaisir. Mais le chemin est encore long.

Ainsi, aucune nos facultés de médecine n’a de charte vis à vis de ses rapports avec l’industrie pharmaceutique, comme c’est le cas de toutes celles des États Unis. On ne s’étonnera donc pas que dans nos facultés l’industrie pharmaceutiques soit quasiment « chez elle ».

Il est clair que je le supporte d’autant moins que « je sais ».

Dans une moindre mesure, les patients le savent aussi. C’est la raison pour laquelle, nous, médecins devons évoluer en appartenant pleinement à notre époque. Nous devons accepter que nous avons perdu le pouvoir de celui qui sait sans partage. Nous devons modifier notre façon d’exercer en acceptant d’être plus « participatif », plus « pédagogue » et aussi en faisant l’effort nécessaire pour être « à la page » de toute l’évolution médicale et en gardant notre esprit critique au lieu comme bien souvent de répéter sans recul ce qu’un leader d’opinions affirme « haut et fort » dans les médias.

Le « dernier pouvoir » que nous avons est celui de la prescription. En effet, la très grande majorité des médicaments, n’est disponible en France que sous prescription médicale. Mais n’abusons pas de ce pouvoir en multipliant les « lignes » sur l’ordonnance. Le véritable pouvoir médical est ailleurs. Il est dans l’accompagnement des patients dans la « jungle » des informations qu’ils peuvent trouver sur internet. Mais pour pouvoir exercer ce pouvoir, il faut soi même avoir fait l’effort de l’information personnelle et de l’indépendance d’esprit.

 

J’ai quitté il y a peu la médecine de soin. Au bout de plus de 30 ans d’exercice, divers et varié, je n’ai plus envie de soigner ou du moins de soigner dans les conditions actuelles d’exercice.

Je voudrais dans les quelques billets qui vont suivre, vous livrer l’état de mes réflexions. Ce sont mes réflexions, mon analyse, mon ressenti, ce n’est en aucun cas, « la vérité », la « réalité » et donc ce que j’écris est critiquable.

Dans un premier temps, je voudrai évoquer la problématique de la surprescription que le système incite à faire. L’idée de ce billet m’est venu de ce qu‘à écrit un confrère cardiologue, sur son blog et qu’il a intitulé « soupe de sorcière ».sans-fin-pour-faire-la-liste-34342688

Ce qu’il décrit n’est pas quelque chose d’exceptionnel.

Est-ce la norme pour autant ? On peut en douter mais mon expérience me fait dire que sans être la norme ce type d’ordonnance est très courante. Il serait intéressant de connaître l’avis de pharmaciens, qui eux, voient passer toutes les ordonnances des médecins. Pour ma part, j’ai eu connaissance de ce type d’ordonnance dans ma pratique ce qui me fait dire que cela est assez courant.

Je me souviens d’avoir lu, il y a quelques années, une étude qui étudiait les prescriptions des médecins à l’issue de la consultation et comparait la situation en France et aux Pays Bas.

On peut, je pense, considérer que le hollandais, est peu différent du français dans la mesure où ils sont tous les deux européens et peu éloignés géographiquement les uns des autres.

Il ressortait de cette étude que je cite de mémoire, que 93% des français ressortaient de la consultation médicale avec une prescription médicamenteuse alors que ce n’était le cas que de 62% des hollandais.

Peut-on affirmer que les hollandais sont moins bien soignés que les français car se voient moins prescrire de médicaments ? Les chiffres en tout cas, montrent qu’il n’en est rien et que même il semble que les Hollandais font mieux que nous.

Cependant ne l’oublions pas, la médecine française est considérée par ceux qui la font comme la meilleure au monde. Au vue de ces chiffres on peut en douter.

Donc, prescrire pour « tout et n’importe quoi » un traitement médicamenteux n’est pas la solution. Pourtant c’est ce qui se pratique en France comme le montre cette étude. Les raisons sont sans doute multiples, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que la proximité de l’industrie pharmaceutique avec le système médical français et cela dès les études de médecine, n’est pas étrangère à cela. Le médicament est considéré par beaucoup d’acteurs de santé mais aussi par beaucoup de patients comme LA SOLUTION à tout problème de santé.pills

Tout cela pour dire que quand vous n’adhérez pas comme médecin à ce « paradigme », et que vous essayez de modifier les choses, juste à votre niveau, vous vous heurtez au « système ».

Quand vous essayez de réduire la surprescription en supprimant des médicaments de l’ordonnance, vous vous heurtez aux médecins qui ont prescrits ces médicaments. Certains de ceux-ci vont jusqu’à vous menacer des pires sanctions si vous osez « toucher » à « leurs » prescriptions.05-angry_man

Je vous parle ici de circonstances vécues personnellement mais dont je sais que d’autres confrères ont aussi eu à faire face.

De plus, certains confrères s’ils ne vous menacent pas directement, en parlent de façon officieuses à des instances dont vous dépendez et vous en subissez personnellement les conséquences. Là aussi je parle de vécu.

Pourtant chacun sait combien tout médicament s’il apporte ou non un bénéfice, peut être responsable d’ effets secondaires parfois graves. C’est un problème préoccupant qui revient sur le devant de la scène médiatique de façon récurrente comme aujourd’hui avec « l’affaire de la dépakine » . Mais cette problématique dramatique, en permanence d’actualité, est le plus souvent rapidement oubliée par les médias. Une actualité chassant l’autre.medicaments-mort Par contre, ce problème de iatrogénie ( car c’est de cela que l’on parle ) ne semble pas « atteindre » les médecins qui prescrivent sans « état d’âme ». J’ai personnellement le sentiment que la grande majorité du « milieu médical » s’en fout, pourvu que le système continue à fonctionner. Qui plus est, si personnellement, en tant que médecin, vous essayez, à votre niveau, de faire changer les choses en dé-prescrivant ou en attirant l’attention de vos confrères sur certaines de leurs prescriptions, vous risquez de subir professionnellement des conséquences néfastes.

S’opposer au fonctionnement du système dans ce qu’il a de délétère, ne pas se fondre dans la norme, c’est s’exposer personnellement. Ce n’est pas spécifique au monde de la santé ( mais c’est dans ce monde que j’évolue) la problématique des lanceurs d’alerte est connue et à chaque fois, « ils ne font pas le poids » fasse à l’institution.

Ce combat que j’ai essayé de mener à mon « petit niveau » et dont j’ai payé un certain prix, est une des raisons pour laquelle j’ai choisi de ne plus soigner dans les conditions qui régissent l’exercice de la médecine en France.

Mais que faire dans une société dominée par le « rêve thérapeutique » comme l’écrivait Ivan ILLICH dans Némésis médicale  ?

 

 

Je viens de lire un article sur l’importance du magnésium dans notre corps.

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Cet article a été écrit par un confrère néphrologue. Il est long, développé, complexe, mais je vais vous résumer l’essentiel ou du moins ce qui m’a interpellé personnellement en tant que médecin généraliste. En effet, cet article est basé sur une conférence que l’auteur a fait au profit de ses confrères néphrologues. Ainsi une grande partie de cet article aborde des problématiques spécifiques de la spécialité comme la dialyse.

Ce que j’en ai retenu et qui m’a motivé à écrire ce billet est que, tout d’abord, notre alimentation est de plus en plus pauvre en magnésium.

C’est vrai pour tous les micro-nutriments que sont les minéraux et les vitamines. Or ces micro-nutriments sont essentiels au bon fonctionnement de notre corps.

fonctionnement humainCela veut donc dire que nous devons fournir à notre corps, par notre alimentation, ce qui est essentiel pour lui. Or depuis quelques dizaines d’années, notre alimentation s’est appauvrie de façon dramatique.

Le développement de l’industrie agroalimentaire pour qui le profit est le seul intérêt, produit de plus en plus d’aliments transformés qui ne sont que des « enveloppes vides ». Ce n’est pas le cas d’une pomme ou un fruit en général, celui-ci vous apportent des calories pour votre énergie mais aussi des vitamines, des minéraux, des fibres et tout un tas d’autres éléments nutritionnels indispensables au fonctionnement de votre corps. Le problème est que cet aliment « naturel » n’apporte plus ce qu’il apportait dans le passé. Et cela du fait de sa production qui n’a plus aucun rapport avec ce qui se faisait dans des temps plus anciens. De plus, nous mangeons de moins en moins de ces aliments naturels « complexes » et de plus en plus d’aliments transformés que produit l’industrie agro-alimentaire et qui sont ces « enveloppes vides ». C’est la raison du conseil « 5 fruits et légumes par jour » que l’on rencontre régulièrement.

Donc premier enseignement : appauvrissement de nos apports en magnésium.

Deuxième enseignement : une insuffisance de magnésium dans le corps entraîne une résistance à l’insuline et donc n’est pas sans rapport avec le diabète.

Le diabète, comme chacun sait est en augmentation constante dans la plupart des pays au point où certains parlent d’épidémie mondiale.

Le diabète est aussi reconnue comme une maladie de civilisation en ceci que c’est une maladie qui apparaît et se développe avec les « progrès » de la société.

Personne n’ignore que le diabète est lié à une problématique de consommation de « sucres » où le corps n’arrive plus à gérer l’apport en glucides.

Mais réduire le diabète uniquement à la problématique du « sucre », c’est passer complètement à coté de cette maladie. En effet, bien que le traitement du diabète consiste à réguler le taux de sucre sanguin, force est de constater que les résultats sur la morbidité ( survenue de complications) et sur la mortalité sont loin d’être ceux qui seraient normalement attendus.

Bien qu’une étude critique de la situation montre que se focaliser uniquement sur le taux de sucre est une illusion, c’est pourtant le message quasi exclusif des médecins et des autorités sanitaires. Ainsi les médecins touchent des primes pour faire au moins 4 dosages de glycémie par an chez les diabétiques. Ils sont aussi encouragés à prescrire le plus de médicaments possible pour obtenir une glycémie dans une fourchette de normalité qui a été définie par les « experts » de la question.

Et malgré cela , le diabète est en progression toujours plus importante.

J’ai fait toute cette digression pour expliquer combien , la santé et la maladie sont complexes et qu’un taux bas de magnésium peut avoir une influence non négligeable sur le diabète. Mais qui s’en soucie ?

On s’en soucie d’autant moins, qu’il n’existe aucune étude clinique ( du moins à ma connaissance) qui ait montré qu’en ayant un apport optimum en magnésium, cela permet de réduire la survenue de diabète. A ce propos, n’oublions pas que les études cliniques se concentrent à démontrer l’intérêt de la prise de médicamentscompléments mg et rarement ( car non monnayable) l’intérêt à manger un aliment « complexe ».

Pour terminer, cet article m’a aussi appris, qu’un médicament que de très nombreuses personnes prennent quotidiennement, fait baisser de façon importante le magnésium . Ce sont les Inhibiteurs de la Pompe à Proton ( IPP), médicaments très efficaces pour traiter le reflux gastro-œsophagien et l’ulcère de l’estomac. Deux des plus prescrits sont l’Inexium et le Mopral.

Déjà que l’apport en magnésium par l’alimentation n’est plus optimale, prendre ce type de médicament en plus, aggrave les choses. Il faut donc que les médecins qui prescrivent, le sachent ( je l’ignorais !!!) mais aussi les patients . J’ai vérifié sur la monographie du médicament, cet effet indésirable est bien noté mais noyé parmi des dizaines ( centaines !!) d’autres ce qui fait qu’il est ignoré.

Que faire alors me direz vous?

Tout d’abord être vigilent . Avoir conscience de ce que l’on mange et surtout de la qualité des aliments que nous ingérons.

 

magnesium

Car seule la conscience peut nous faire agir favorablement pour notre santé.

Cette conscience doit aussi porter sur les médicaments que nous prenons. Aucun médicament n’est sans risque. Il faut donc peser la balance bénéfice/risque de tout traitement. Du plus banal, jusqu’au plus spécifique. Et je dois l’avouer, les médecins sont rarement de bons conseils dans ce cas, car ils surévaluent le bénéfice du médicament, sous estiment les effets secondaires de ces même médicaments ( aidé en cela par le marketing de l’industrie pharmaceutique) et méconnaissent totalement les interactions médicamenteuses quand ils prescrivent plus d’un médicament.

Il ne faut donc jamais se laisser imposer quoique se soit sur le seul avis d’autorité, fut il médical.

Voilà ce que je lui ai écrit :

Mme La Ministre de la Santé

Bonjour
J’ai pris connaissance de la sanction qui touche le Pr Henri Joyeux à propos de ses positions sur la vaccination DTP.
Je suis choqué, en tant que médecin, qu’il puisse être sanctionné pour avoir émis une opinion sur le sujet.
Le délit d’opinion n’existe pas dans notre législation.
Or c’est clairement ce qu’il vient de se produire.
Le code de déontologie qui régit l’exercice des médecins comporte un article qui exprime que chaque médecin doit préserver son indépendance de jugement et d’exercice.
Cette sanction va à l’encontre de cet article.
Quel que soit l’opinion que l’on a sur la vaccination, cette sanction ne peut être acceptable.
La médecine est une science où le débat fait parti de la règle.
Sanctionner une opinion est un déni de science et un déni de démocratie.
Quelque soit l’opinion que l’on défend, elle doit être entendue, et cela dans le respect de la législation, ce qui n’est pas le cas dans cette décision d’exception.
Je vous demande donc d’user du pouvoir  qui est le votre pour rétablir la démocratie dont l’expression d’opinion contradictoire est une des règles.

D’avance je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à ce mail.

Le délit d’opinion semble être devenu, en médecine, une réalité .

délit de pensée

La preuve en est la radiation du Pr Joyeux par le conseil de l’ordre des médecins dont il dépendait.

Dans le domaine de la médecine, il y a un organisme chargé de veiller à ce que les médecins appliquent des règles dites « déontologiques ». Une sorte de « tribunal d’exception »police pensée pour les citoyens qui exercent,  en France, la profession de médecin. Cet organisme qui surveille les médecins se nomme le conseil de l’ordre des médecins. Il est régi en instances départementales qui « gèrent » l’ensemble des médecins dans chaque département ou territoire. Il a été crée sous L’État Français du Maréchal Pétain.

Pour mémoire, le candidat à la présidence de la république qu’était François Mitterrand, avait mis la suppression de cet ordre à son programme pour l’élection de 1981. Ce dernier qualifiait même l’institution ordinale « d’offense pour la démocratie ». Rien moins que cela !!

Chacun peut constater de ce qu’il est advenu de sa promesse électorale.

Il est clair que « cette offense pour la démocratie » est toujours en vigueur et continue de s’exercer. Le Pr Henri Joyeux, vient d’en faire les « frais ».

D’autres avant lui, pour des raisons assez similaires, avaient été sanctionnés de la même façon mais plus « légèrement ».

Par contre, tous les médecins ne sont pas jugés de la même façon. Ainsi il est intéressant de lire la décision du conseil de l’ordre d’île de France à propos de la plainte du Dr Dominique Dupagne, médecin généraliste , contre le Pr Michaël Peyraumore Debord Broca médecin urologue. On remarquera que la liberté d’expression est reconnue au Pr Peyraumore mais que celle-ci est refusée et même sanctionnée pour le Pr Joyeux. Or les deux sujets de fond sont des sujets controversés en médecine : d’un coté le dépistage du cancer de la prostate par PSA, de l’autre certaines vaccinations. Je vous laisse conclure, mais il est intéressant de mettre les deux décisions en perspective.pensée unique

Mon propos n’est cependant pas de rentrer dans le débat sur le fond. Je voudrais par contre citer les propos du Dr Patrick Bouet, président de l’Ordre des Médecins,  à l’origine de la plainte et qui ont motivé cette sanction très lourde :  « des propos non appuyés sur des bases scientifiques qui, aujourd’hui, posent atteinte à la profession de médecin ».

Il est clair que chaque médecin doit appuyer sa pratique et ses propos sur des bases scientifiques. Cependant, seul un naïf peut croire qu’aujourd’hui la science en général et la médecine dans son exercice, sont basées sur des « preuves » solides. Les « bases scientifiques », dont fait références le Dr Bouet ne sont pas solidement établies pour beaucoup d’entre elles. Qui plus est, elles sont aussi l’objet de fraudes. Il ne faut pas chercher longtemps sur internet pour avoir des éléments « solides et sérieux » sur ces fraudes . Par ailleurs, n’y-a-t-il pas des formes d’exercice de la médecine qui ne sont pas elles non plus appuyées sur ces bases scientifiques dont il est question ? Par exemple  l’homéopathie et l’ostéopathie.

Loin de moi l’idée de contester à mes confrères qui pratiquent ces deux disciplines, le droit d’exercer. Cependant en tenant compte de la « jurisprudence Pr Joyeux », certains pourraient être tentés de porter plainte contre eux auprès du conseil de l’ordre des médecins . Que serait alors la décision de ce même conseil qui vient de condamner le Pr Joyeux à la radiation ?

Tout cela pour dire que les arguments qui ont amené à condamner le Pr Joyeux sont à « géométrie variable ». Des controverses en médecine, il y en a beaucoup et condamner quelqu’un sur les seuls arguments présentés, tient plus de la sanction contre un dogme ( Madame la ministre de la santé n’a-t-elle pas déclaré : » La vaccination ne se discute pas «  ) que vouloir la défense d’une médecine véritablement « scientifique ».délit blasphème

N’y-t-il pas alors , une dérive dangereuse ?

De plus, consultant différents articles sur le sujet, je n’ai vu personne s’interroger sur la gravité de la sanction : radiation. Cela signifie interdiction d’exercer, en France, le métier de médecin. Sous prétexte que le Pr Joyeux est en retraite, cette sanction ne compterait pour rien ?

Il est clair, que comme les Pr Even et Debré dans un passé récent, la sanction qui touche le Pr Joyeux ne va pas beaucoup l’ennuyer. Mais est-ce une raison suffisante pour l’infliger ?

Certains affirment même, que le Pr Joyeux n’aura plus le droit de faire état de son statut de médecin. Le conseil de l’ordre des médecins a juste radié le Pr Joyeux de cet ordre, l’empêchant ainsi d’exercer. Cet instance n’a, d’après mes connaissances, aucune « compétence » pour annuler des diplômes universitaires dûment acquis. Alors pourquoi affirmer une telle chose ?

Mais quel crime a donc commis le Pr Joyeux pour recevoir une sanction si lourde ? Un meurtre, un assassinat, une euthanasie, un viol ou tout autre crime ? Non, il a émis un avis , il a exprimé son opinion. C’est donc clairement un délit d’opinion car on lui interdit son métier, non par ce qu’il a fait mais pour ce qu’il a dit et écrit. N’est-ce pas choquant ?

Un certain confrère rappelle que « Pour l’heure nous sommes toujours en démocratie « . Moi je n’en suis pas si sûr quand aujourd’hui notre société par ses institutions sanctionnent aussi gravement un citoyen pour ce qu’il a dit et écrit. Ne sommes nous pas, plutôt dans ce que François Mitterrand qualifiait justement « d’offense à la démocratie » ?

Il n’y a donc pas grand monde, pour s’indigner comme moi de cette grave sanction infligée au Pr Henri Joyeux. Mais ne nous y trompons pas, c’est aussi un avertissement de la « police médicale » pour les autres médecins qui voudraient suivre cet exemple.police pensée 2 C’est un avertissement pour tous les médecins qui exercent. Le message me semble clair : ne remettez pas en cause les décisions et les avis des autorités même si celles-ci sont « gangrenées » par des conflits d’intérêts. Il y a malgré tout, certain journaliste pour s’indigner et s’interroger sur les conflits d’intérêts qui semblent perceptibles sous cette décision.

Malgré tout le message adressé aux médecins est clair : Taisez vous et obéissez.chut 2

Je perçois, chaque jour un peu plus l’évolution de notre société française vers moins de liberté et aussi plus de sanctions pour ceux qui veulent malgré tout exprimer leur liberté et ce n’est pas les exemples de l’état d’urgence en vigueur actuellement et le recours au « 49.3 » qui me démentiront.

La fiction décrit dans « 1984″, « le meilleur des mondes » et plus récemment « SOS bonheur » devient de plus en plus une réalité.

Que faire ?

Ce que l’on croit juste.

 

 

 

être libre

Je crois à la liberté.

Je crois que chacun de nous est libre de diriger sa vie comme il l’entend. Je crois donc que nous pouvons chacun de nous prendre les décisions qui engagent notre vie dans la direction que nous voulons qu’elle prenne.

Pourtant, la phrase de Spinosa qui écrit « nous nous croyons libre car nous ignorons les causes qui nous déterminent », m’interpelle. M’interpelle aussi l’interrogation de Michel Onfray « Un pédophile a-t-il choisi d’être pédophile ? » car en bon Nietzschéen qu’il est, il souscrit à la « volonté de puissance » qui nous anime. Par ailleurs, il ajoute volontiers la phrase du père de Camus, rapporté par ce dernier : « un homme cela s’empêche ».

Loin de ces considérations philosophiques, je voudrais rester plus « terre à terre ». Je crois malgré tout que chacun d’entre nous peut faire des choix pour lui même.

En tant que médecin généraliste, j’ai fait le choix de lire, de réfléchir et d’essayer de soigner en gardant un regard critique sur la pratique de la médecine.

Mon camarade qui tient depuis plusieurs années maintenant le blog « Docteurdu16 », vient de publier un billet sur sa difficulté au quotidien, d’exercer la médecine

Il en ressort de ce texte qu’il passe beaucoup de temps à se « battre » contre le reste de la profession. Cela parait incroyable, mais exercer la médecine aujourd’hui en France, comme ailleurs sans doute, c’est l’obligation de se conformer aux « normes ». C’est suivre les recommandations de tous ordres qu’elles soient issues de la profession ( les « fameuses » sociétés dites « savantes » par exemple de cardiologie, d’urologie etc ) ou des autorités ( HAS, ANSM, INPES, INCA pour les plus connues ). Le problème est, pour un médecin critique, que toutes ces recommandations ne sont pas « fiables ». En d’autres termes, toutes ces recommandations disent la « vérité » de ceux qui les émettent. Elles expriment ce que ces sociétés savantes et autorités veulent que soit l’exercice de la médecine, ce qui ne correspond pas, loin s’en faut aux conclusions d’études indépendantes . Ainsi pour ne prendre que l’exemple du dépistage de cancers, les autorités recommandent la mammographie de dépistage, le dépistage du cancer colorectal , mais pas le dépistage du cancer de la prostate. Par contre , l’Association Française d’Urologie recommande le dépistage de la prostate par PSA et ceci en contradiction avec la recommandation des autorités.

Vous pourriez vous dire qu’il faut donc suivre les recommandations des autorités sanitaires et non celle des sociétés savantes qui elles tirent avantages de leurs recommandations. Ce serait si simple, mais voilà, les autorités font elles aussi des recommandations que je qualifierais de « biaisées » car elles ne suivent pas, pour un certain nombre d’entre elles, « l’état de la science ». Ainsi pour vous en convaincre, je vous recommande chaudement de lire le billet d’une consœur, généraliste et blogueuse sur le sujet des dépistages du cancer . Vous comprendrez alors que le dépistage du cancer du sein mais aussi celui cancer colo-rectal ne sont pas recommandables.

Toute cette digression est pour vous expliquer à quel point être libre de pratiquer une médecine indépendante, est difficile.

Il est clair qu’à la lumière de ce témoignage, être un médecin « libre », c’est être confronté à la « violence » de l’application de la « norme ». Il faut donc se battre pour être libre car tout est fait pour vous « briser », pour vous faire « rentrer dans le rang », pour vous soumettre.

Une citation méconnue d’ Épictète me parait de circonstance :

« Quelqu’un ne t’a pas invité à un repas ? C’est que tu n’as pas payé le prix auquel il vend son repas ; il le vend pour des compliments, il le vend pour des soins. Paye le prix auquel il vend, si tu y trouves un avantage ; mais si tu veux à la fois ne pas payer et recevoir, tu es insatiable et imbécile. »

De très nombreux médecins payent « le prix du repas « , une minorité, non.

Par ailleurs, je me rappelle le récit d’un moine bouddhiste qui incarcéré dans les prisons chinoises pour le seul délit d’être ce qu’il est, expliquait qu’il était parfaitement libre. Ce paradoxe il l’expliquait par le fait que quelles puissent être les conditions extérieures, ses conditions intérieures étaient les même. Il n’était bien évidemment pas libre de se mouvoir ou de faire ce qu’il pouvait vouloir faire mais il restait lui même et qu’ainsi il était libre. On peut donc être libre dans une société qui vous « opprime ».

C’est à cette conclusion que je voulais arriver : nous sommes chacun d’entre nous libre d’être nous même. Cependant, personne ( ou pas grand monde) ne vous aidera à être libre. La liberté, même dans notre société soit disant démocratique et libre n’est jamais donnée ni même acquise une bonne fois pour toute.

Une autre considération est importante :

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Il est aussi évident que les « circonstances extérieures » ont une influence sur nos conditions de vie, d’existence. Mais ce ne sont que des conditions de vie, d’existence, en ce sens qu’elles ne sont pas nous. Nous sommes tout autre chose.

Certains ont sans doute plus de difficultés que d’autres à pouvoir exprimer leur liberté. Il est plus facile de revendiquer sa liberté quand on a un toit et pas de soucis pour se nourrir ou nourrir sa famille. Il n’empêche, même avec des conditions de vie difficiles, chacun peut être libre comme en témoignait ce moine bouddhiste.

Mais pour être libre, il faut aussi voir la réalité comme elle existe et non comme nous nous la représentons.

La grille

Et en faisant l’effort de voir la réalité comme elle existe vraiment, beaucoup de choses que l’on croyait impossible deviennent alors possible et alors que nous nous sentions « enfermés » nous nous retrouverons libres.

 

 

Bonjour

Je voudrais revenir sur l’actualité immédiate que constitue le NON à la communauté européenne des citoyens du Royaume Uni.

Cela n’a rien à voir avec la santé.

Quoique ? Le « projet de la peur » comme il est expliqué dans cet article , est souvent employé en santé .

Les citoyens appelés à se prononcer sur une question, ont répondu. Je ne commenterai ni  cette question ni la réponse.

Par contre, je m’interroge sur cette démocratie qui pose des questions aux citoyens pour connaître sa réponse.

Chez nous , le dernier référendum remonte au 29 mai 2005 . Nos politiques de l’époque sont allés à l’encontre du résultat de ce référendum. Pourquoi alors demander l’avis des citoyens quand au final, on décide le contraire?

Pour revenir à la santé dans notre « beau pays » , une pétition qui rassemble plus d’un million de signatures demande une action sur un vaccin : le DTP. Quel résultat ? Rien

Avons nous d’un coté un pays démocratique et de l’autre une dictature ? Je ne fais que poser la question sans apporter de réponse.

Il n’empêche, que ce qui vient de se passer au Royaume Uni, va avoir un nombre incalculable de conséquences dont on ignore encore la portée. Il y aura des conséquences favorables et des conséquences défavorables. L’avenir nous dira comment et de quel coté la balance penchera.

Tout cela pour dire que chacun possède un pouvoir. Et que ce pouvoir même s’il est faible, il n’est pas négligeable. Je remets le dessin publié dans mon dernier billet :

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Tout cela pour rappeler qu’un « colibri » peut  « changer le monde » dans la mesure où il fait sa part .

Il faut donc que chacun se prenne en main, que chacun, « fasse sa part » et au final, des montagnes peuvent être renversées. Si elles ne le sont pas, chacun dans son action peut en tirer un bénéfice personnel important.

Donc en faisant ce qui est en notre pouvoir, nous pourrons changer notre quotidien et si nous sommes nombreux à changer, peut être changerons nous les choses pour le plus grand nombre ?

Bonjour

Plus de 6 mois sans écrire le moindre billet.

La raison ?

Un blocage de mon site qui avait atteint la capacité maximale de la base de donnée. Pour régler ce problème, il fallait que je « mette les mains dans le moteur ».

main-de-mcanicien-avec-le-moteur-de-voiture-de-fixation-de-cl-50370023C’est à dire aller dans les « entrailles » informatiques de ce blog au niveau de l’hébergeur. J’ai donc, comme à mon habitude quand quelque chose m’ennuie à devoir faire, procrastiné. Et le temps a passé.

Sans raison particulière, je me suis hier « attaqué » au problème et j’ai réussi à le résoudre, non sans avoir fait appel à l’aide de mon hébergeur. Je l’en remercie encore.

Cette histoire « technique » est intéressante car j’en retire une leçon : aujourd’hui grâce à internet, et pour peu que l’on se donne la peine, on peut arriver à résoudre seul beaucoup de problèmes.

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Quand j’écris seul, cela signifie que l’on ne confie pas la résolution de son problème à un autre. Que l’on ne se contente pas de déléguer à un autre ses propres problèmes.

Résoudre un problème seul, ne veut pas dire que l’on ne peut pas se faire aider. Bien au contraire. En évoquant cette problématique, je pense au poème de Pablo Néruda : « Il meurt lentement ».

Dans ce cas précis, sans aide, je n’y serais pas parvenu. Mais il y a un monde entre faire les choses soit même mais avec de l’aide et attendre que les choses se règlent grâce aux autres.

Cela m’amène à ce blog.

Ne rien écrire pendant 6 mois m’a permis de réfléchir.

Pendant 3 ans et une centaine de billets, j’ai exprimé mon raz-le-bol vis à vis de l’exercice de la médecine aujourd’hui en France.

haddock-coup-de-gueule-305x293J’ai râlé après les autorités et leaders d’opinion, plus occupés à leur carrière et à soutenir l’industrie pharmaceutique, qu’à véritablement se mettre à la place des malades et des patients et peser la balance bénéfice/risques des soins et thérapeutiques.

J’ai le sentiment, qu’à part valoriser mon ego, ces billets n’ont pas servi à grand chose. Rien n’a vraiment changé. L’industrie pharmaceutique prospère, les leaders d’opinions « pavoisent » dans les médias, les autorités n’écoutent que leurs conseillers et les patients et les malades ne sont pas mieux soignés, ne sont pas plus écoutés.

Cette période de « silence » m’a permis d’arriver à ce constat : à quoi bon ?

Il est clair que je ne changerai pas le monde. J’en avais donc la prétention ? Mon ego sans doute, mais moi non.

D’un autre coté,  la fable de l’enfant à l’étoile de mer et la légende du colibri, me parle. De plus je crois à l’échange, aux rencontres, à la possibilité de changer. Comme disait Mark Twain : « Il ne savait pas que c’était impossible, c’est pour cela qu’ il l’a fait ».

Je vais donc continuer ce blog.

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Mais sans doute, moins dans le « coup de gueule » qui je crois ne sert à rien, à part faire plaisir à celui qui le pousse. C’est bien de se faire plaisir, mais n’y-a-il pas d’autres moyens ? Par ailleurs, j’aime écrire et partager. N’est-ce pas alors une bonne raison pour continuer ?

Je vais donc essayer d’être « moins négatif » et plus « colibri ».

J’ai cet outil, ce blog, que j’ai créé. Autant continuer à l’utiliser pour me faire plaisir et peut être aussi « faire ma part ».

Enfin je crois qu’il est important que chacun prenne sa vie en main.

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Personnellement, je progresse par mes lectures et mes échanges. Je progresse car je bénéficie ainsi de l’expérience que d’autres ont bien voulu partager.

Pour finir, Je crois profondément à la citation de La Boétie : « Soyez résolu de ne plus servir, et vous serez libre ».

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En prenant sa vie en main, en décidant pour soi, nous avons beaucoup à gagner. Ce n’est jamais facile, et nous ne sommes pas tous à égalité dans la possibilité « d’être libre ». Malgré tout je crois sincèrement que c’est une démarche personnelle gagnante; qu’il vaut mieux faire quitte à prendre le risque ne pas y arriver et  échouer, que de ne rien faire et se retrouver au final avec des regrets.

Car la vie est courte, n’en doutons pas.

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